Sky Tower

31 03 2011

Ecrit à Frienz, Auckland, 31 mars 2011, 22:25

17h00 : il est temps de quitter le CACM, après une journée passée à coller des jauges. Un bol d’air frais me fera le plus grand bien après avoir passé une bonne partie de la journée à respirer des vapeurs de divers solvants. Retour à Auckland, un petit passage à Frienz pour déposer mes affaires. Le soleil brille sur un fond céruléen marbré de quelques nuages. C’est parti pour admirer un nouveau coucher de soleil, toutefois, cette fois-ci, je prendrais de la hauteur. Je remonte Victoria Street de l’autre côté de Queen Street, et pénètre dans l’Atrium du plus haut bâtiment de l’hémisphère sud. La Sky Tower domine du bout de son antenne culminant à 328 mètres la Cité de la Voile et ses nombreux volcans. Sa fière silhouette est devenue le symbole de la skyline d’Auckland ; l’élégance de ce tube d’acier et de verre, couronné par un disque où prennent place restaurants et galeries panoramiques, n’est plus à démontrer.

La Sky Tower se découpant sur l'horizon aucklandais

Depuis le temps que je shootais son profil photogénique à partir de presque tous les lieux que j’ai visité : Mt Eden, One Tree Hill, Rangitoto, Devonport, Auckland CBD, … Après 2 ans et 9 mois de constructions, Auckland accouché d’un jeune monument touristique. Son poids à la naissance, environ 20’000 tonnes d’acier, de béton et de verre. Une fois le ticket acheté, un des trois ascenseurs, m’amène à la vitesse de 18[km/h], soit en environ 40 secondes à 186 mètres de haut, au pont d’observation principal. De là, la vue s’étend à plus de 80 kilomètres sur 360° par beau temps

Cage d'ascenseur vu depuis son plancher vitré : le sol est 200 mètres plus bas

Le panorama est juste vertigineux et embrase tout Auckland, des buildings centraux aux petites maisons de sa banlieue. De place en place, un volcan pointe son cratère, ou quelques parcs étendent leur verdure. Vraiment magnifique. La salle d’observation est ceinte d’une petite coursive, où le béton est remplacé par deux plaques de verre (épaisseur 38 mm)  aux quatre points cardinaux. Un grand moment de bonheur que de marcher dessus, et regarder passants et voitures près de 200 mètres en contrebas. Bien qu’un écriteau indique que le verre est aussi résistant que le béton sur lequel les gens marchent sans soucis, bien peu de monde traverse calmement ces zones, sans compter les quelques personnes qui osent s’y aventurer en poussant des cris d’effroi.

38 millimètres de vitre, 186 mètres de vide en dessus de Victoria Street

Je profite du dernier ascenseur pour monter au Sky Deck, situés 34 mètres plus haut. Les architectes ont voulu ici une baie vitrée exempte de montants opaques, les renforts sont ainsi aussi construits en verre. Si la vue sur l’horizon ne diffère pas énormément, celle offerte en contreplongée est saisissante. Des portions de place alors cachée se dévoilent complètement à notre regard. Je ne me lasserai pas de la vue, ni de regarder quels endroits j’ai déjà visité, et où je dois encore aller.

Westland Marina & Auckland Harbour Bridge

Le temps passe toutefois trop rapidement et le soleil se couche déjà. Quelques grincheux nuages empêchent que tout Auckland se pare de bronze, mais le spectacle est magique. En contrebas, toutes les rues sont recouvertes par l’ombre, tandis que nous profitons encore des derniers rayons de soleil.

Devonport et Rangitoto

Avant de descendre, je prends un petit verre au Sky Lounge, situé en-dessous du pont principal. Dégustant un verre de Stonleigh, j’y ferai la connaissance d’une finnoise, Era, venant de passer près de 3 mois à visiter la Nouvelle-Zélande, et la discussion se poursuit pendant l’apéro. Elle me conseillera quelques lieux à visiter, ainsi qu’un ou deux parcs nationaux à absolument ne pas manquer. Comme beaucoup d’autres, si elle ne devait retourner sur un dernier lieu avant de partir dans 3 jours, elle aurait été incapable de faire un choix.

Avant de redescendre, je fais un dernier tour sur le pont d’observation, afin de profiter des lumières de la ville que j’ai tant admirées de loin.

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Dernière régate des Summer Series

30 03 2011

Ecrit à Frienz, Auckland,  le 31 mars 2011, 7h30 (GMT+12)

Au menu de la journée, fraisage des trous pour les capteurs de pression, suite de l’usinage de leurs adaptateurs, marquage des emplacements des jauges de pression, lecture d’un ou deux papiers supplémentaires relatifs à ma problématique. La journée passera très vite, et surtout dans l’expectative de la dernière régate.

En compagnie d’Erwan, Quentin nous conduit à Viaduct Harbour pour la dernière régate des Summer Series de l’année 2011. 17h30 : j’embarque à nouveau sur Pork Chop. La météo est splendide : ciel avec quelques traînées nuageuses, une bonne brise établie (3bf), la marée descendante. Malgré un petit cafouillage en pré-départ, nous talonnons les deux premiers de notre catégorie. L’ambiance est aussi détendue que la dernière fois, même un peu plus. La présence des rayons du soleil couchant et d’un néo-zélandais revenu d’un expatriement de 9 ans à Londres en sont sans doute la raison. Je ne vais pas poursuivre plus longtemps dans les détails et juste vous laisser admirer quelques photos d’une régate à Waitemata Harbour avec le soleil couchant :

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Devonport

29 03 2011

29 mars, Frienz, Auckland, 22h18

Question boulot au CACM, j’ai rajouté quelques pages et quelques figures à mon rapport. Sur le projet impliquant ma présence à Auckland, la forme des adaptateurs pour les capteurs de pression est finalisée et validée. Callum, un des mécaniciens, est en train de les usiner aujourd’hui. Demain, les panneaux seront percés, les adaptateurs montés à l’intérieur, une partie des jauges de contraintes collées. J’espère pouvoir faire les premiers essais au début de la semaine prochaine.

Emirates Team New Zealand

Emirates Team New Zealand

Après avoir rapidement vu Mark Battley en début d’après-midi pour discuter de la suite, au lieu de me mettre en position d’attente au labo, et surtout comme le soleil brille dehors, je prends un petit après-midi de congé pour aller visiter Devonport. J’embarque sur le ferry qui me mène sur la rive Nord de Waitemata Habour. Durant la traversée, j’ai le plaisir d’admirer à tribord Emirates Team New-Zealand, un ancien IACC, et sur bâbord, un peu plus loin un AC 45, prénommé Artémis.

AC 45 : Artemis

A peine débarqué, un petit passage par le iSite, l’office du tourisme en Nouvelle-Zélande, puis je pars à la découverte du quartier, depuis le lieu de débarquement des premiers colons à Aotearao en direction de North Head. La ballade commence en longeant le bord de mer sur King Edward Parade, où deux maisons jumelles de style victorien peuvent être admirées. Construites dans les années 1900, elles furent ensuite réquisitionnées par la Navy pendant la deuxième guerre mondiale pour y loger les soldats. Elles ne furent rendues à l’utilisation civile qu’en 1990. Côté mer, quelques coulées de lave sont visibles au ras des flots. En bas de Church Street, le monument Tanui Memorial commémore le lieu d’arrivée d’un des sept premiers canoës de guerre maoris au environ de 1350. Le monument est surmonté de la réplique de l’oiseau mythique Korotangi qui fut amené par les maoris depuis leur terre natale.

Korotangi, l'oiseau mythique, ramené de la terre natale sur un canoë de guerre jusqu'à Aotearoa

30 mars, Frienz, Auckland, 7h40

Un petit aparté stratégique est nécessaire pour comprendre la militarisation de Devonport. Historiquement, si la Nouvelle-Zélande a toujours été en retrait des grands conflits en raison de son éloignement, la longueur de ses côtes n’en fait pas une nation facile à défendre ; de plus, son principal allié, la Grande Bretagne, est situé de l’autre côté de la terre. Ainsi dès l’instant où de puissantes flottes guerrières, appartenant à des nations considérées comme ennemies de celle du Commonwealth, telle que la Russie, il fut nécessaire à la Nouvelle-Zélande de se militariser. C’est pourquoi elle commença par ériger une ligne de défense autour d’Auckland, alors la capitale. Les meilleurs points de vue étaient bien sûr Rangitoto, où des casemates furent installés lors la deuxième guerre mondiale, North Head et Mont Victoria, plus près de la cité, qui possède une vue imprenable sur le Golf d’Hauraki et Waitemata Harbour. Ces deux volcans furent donc fortement militarisés, spécialement North Head, le verrou qui ferme l’accès au port. Cette dernière tête est d’ailleurs presque autant percée de galerie que les Alpes suisses, hérissées de tourelles, batteries sur tout son pourtour. A partir du XXe siècle, la Navy est la présence armée prépondérante à Devonport. Elle y possède toujours l’une de ses bases, du côté du Mont Victoria, à partir de laquelle des navires gris sillonnent le golf, ou encore son musée près de North Head.

Je ne profiterai pas de l’instruction offerte gratuitement sur la glorieuse histoire de la Navy, et gravirai tout de suite Maungauika. Toutefois, je ferai un détour par la batterie sud, pour rentrer dans la casemate souterraine. Les tunnels, non éclairés, sont libres d’accès pendant la journée. Tout un chacun est libre de prendre une lampe de poche et de s’y aventurer. Si au début cela m’a surpris, je me suis vite rendu compte que les souterrains ne sont pas aussi grand que ceux excavés en Suisse, et ne présentent pas de longs couloirs non protégés par une carapace en béton, où le risque d’un éboulement existe toujours. Petite visite sympathique, mais au final bien peu impressionnante.

King Edward Parade et North Head

Comme depuis tous les volcans d’Auckland, le panorama à partir du sommet est magnifique. A chaque fois le point de vue diffère, l’œil se focalise sur des détails différents, d’autres îles, découpes de côtes, … sont observées. Mais de tous les volcans, Maungauika est l’un des plus plaisants pour se balader. Des chemins sont soigneusement entretenus, tondus au travers de la prairie d’herbe grasse qui recouvre le mont. Quelques bancs épars sont situés à l’ombre des arbres aux branches tarabiscotées, … Un vrai petit parc mi-anglais pour les allées, mi-sauvage là où la nature est laissée à elle même.

North Head : juste profiter de la vue, du soleil et de la brise marine

Au nord, un escalier me permet de descendre jusqu’à la plage de Cheltenham, une des plus belles de North Shore. Alors que je suis déjà à moitié à l’eau, comme surgis de nulle apparaissent deux oiseaux noirs, aux ailes rigides. Les deux AC 45 d’Oracle, pattes levées tracent leur route, à une allure vertigineuse par cette petite brise. Un vrai plaisir de les voir passer. Je ne résisterai pas à la tentation, et me précipite vers mon appareil photo.

Le temps de prendre quelques clichés et me voilà à discuter de ces catamarans avec un baigneur, sortant de l’eau tel Neptune. 10 minutes plus tard, assis sur le muret délimitant la plage, en train de parler des raisons de ma présence à Auckland, ou encore des différents termes marins pour parler de la marée montante, descendante, du jusant, il sort le fatidique « My name is Mick, and you’re ». Moins de 5 minutes après, je suis invité à manger, 3 Saint-Aubyn Street, aux alentours de 18h00, 18h15. Je prends le temps de nager quelques longueurs, avant de longer la plage et admirer les quelques maisons dont les portes s’ouvrent sur l’océan.

Maisons sur Cheltenham Beach

Revenant dans Devonport, j’emprunte Albert Road pour voir le numéro 28, paraît-il une splendide maison de style edwardienne. La légende urbaine ne ment pas, malgré les hauts taillis et la grille qui en protège l’accès, il est tout de même possible de voir le corps du logis, arborant une magnifique galerie, flanqué de deux annexes aux fenêtres blanches courant sur le pourtour.

28 Albert Road : une maison de style edwardienne

Je m’aiguille alors sur Church Street et emprunte l’impasse Flagstaff, d’où je gagne le sommet du Mont Victoria par un escalier qui se transforme en petit chemin abrupte. Dans la réalité, il existe un petit sentier légèrement pentu qui s’enroule autour du volcan, mais je ne voyais aucune raison de l’utiliser. A peine arrivé au sommet, je vois un champ de gros champignons au bonnet rouge à pois blancs. Que celui qui ne pense pas à Mario Bros en voyant ces champignons m’offre une bière.

Mario Bros, fut ma première idée, mais non, il s'agit simplement de la décoration des events des casemates sur le Mont Victoria

Le temps d’admirer le paysage, maudire l’énorme bloc locatif qui gâche la vue sur Auckland Harbour Bridge, et il est déjà presque 18h00. Je me mets donc en quête de la maison de mon hôte. Ce dernier vit seul, sa femme l’ayant quitté il y a 9 ans, avec un magnifique labrador noir. Pour commencer apéro, vin rouge et terrine – d’agneau il me semble au goût. Pendant que l’on prépare le repas, nous poursuivons notre discussion : famille, travail, … J’apprends ainsi que cet Anglais d’origine travaillait pour une entreprise londonienne travaillant dans les chemins de fer, possédant des succursales dans de nombreux pays. Il s’est occupé entre autres de la rénovation des wagons de l’Orient-Express dont les pièces provenaient de l’Europe entière. Il y a plus de 20 ans, il a atterri à Auckland, une cité où il fait bon vivre, un pays avec un système scolaire performant pour ses quatre enfants (juges, avocat, banquier et un dernier possédant aussi un très bon travail), et surtout la nature à proximité. Actuellement, il a repris les affaires, et monte une boîte avec des contacts dans divers pays d’Asie. Un sexagénaire qui ne doit avoir que quarante ans dans sa tête.

La maison de Mick

Vers 8h20 je prends le chemin du retour, Mick ayant une présentation à préparer pour demain, moi quelques courses à effectuer avant de rentrer à Frienz. Au moment de partir, il me fait promettre que si je reviens à  Devonport, je dois passer le voir. J’attrape le ferry de 8h30, admire Auckland, qui comme beaucoup d’autres cités, peut ravir à Paris le surnom de Ville des Lumières dans son sens littéral.

Auckland by Night, vu depuis l'autre côté de Waitemata Harbour

Finalement, si je n’ai pas découvert Devonport de la manière dont je m’y attendais, je garde un excellent souvenir de ce quartier. En effet, il représente pour moi une sorte d’archétype de ce à quoi devait ressembler Auckland il y a une dizaine d’années en arrière. Il s’agit d’ailleurs du quartier qui a conservé l’un des plus grands nombre de maisons de style victorien et edwardien. Dès l’instant où j’ai commencé à le visiter, je me suis senti comme chez moi, très à l’aise avec ces grandes rues ouvertes, ces maisons à partir desquelles l’océan est visible, l’ouverture dont les gens font preuve, … Et bien sûr sans oublier Mick et cette superbe soirée passée en sa compagnie.

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Mission Bay

28 03 2011

29 mars 2011, Frienz, Auckland, 7h20 (GMT+12)

Aujourd’hui, journée de travail plutôt tranquille. J’attends toujours les pièces d’adaptation pour mes capteurs de pression : l’usinage de la première est presque terminé en fin d’après-midi. Le premier essai de montage sera pour demain matin, avec perçage de nombreux trous sur les panneaux, puis collage des jauges de contrainte. Bref, pour tuer le temps, et surtout pour avancer dans mon travail, je passe la journée à finir de rédiger un rapport, pas le boulot le plus attrayant du monde. Mais il faut bien une fois traiter les données, et en tirer des conclusions.

Comme il fait beau, grand ciel bleu avec juste quelques traces de nuages, une température plus que clémente (24°C), je me fais déposer à Mission Bay par Quentin et Erwan en fin d’après-midi. Il s’agit de LA plage où les Aucklandais vont se détendre pendant la fin de semaine et se dégourdir les jambes après une journée de travail.

Mission Bay

Peu de monde, beaucoup de volatiles marins (mouettes & goélands), et un grand plongeon dans l’eau salée. Que du bonheur. Un peu comme la plage des Pélicans à Saint-Su’ après une dure journée d’étude, mais en mieux. Et bien sûr une vue magnifique, sur Rangitoto dont la silhouette se détache parfaitement sur le fond céruléen.

Rangitoto vu depuis Mission Bay

Imaginez ce paysage, maintenant, avec deux AC45, leurs voiles rigides brillant au soleil, se tirer la bourre dans la baie. Un moment définitivement magique. Par contre, étant en train de nager, je n’ai pas pu immortaliser cet événement, peut être qu’une prochaine fois… Je retourne vers la cité en empruntant Tamaki Drive, la route côtière avec une vue imprenable sur la baie et Auckland, dont la skyline se détache à contre jour.

Auckland's skyline vu depuis OkahuSoirée tardive à Frienz, avec des backpackers allemands en jouant à Januv – à prononcer Januf – un jeu de carte afghan, qui consiste à marquer le moins de point possible.





Rangitoto et Motutapu

26 03 2011

28 mars 2011, Frienz, Auckland, 7h10 (GMT+12)

Levé de bonne heure, bien que la majorité de mes collègues de chambre ne finisse de regarder leur film qu’à 2h00, et que la petite moitié ne rentre qu’à 4h00, je dévale les escaliers jusqu’à la rue, observe le ciel avec méfiance : le sol est toujours mouillé, le plafond nuageux semble plus élevé, le sommet de la Skye Tower est d’ailleurs largement visible, une éclaircie semble se profiler sur l’horizon. Adjugé, vendu, je pars à Rangitoto, le dernier né des volcans du Golf d’Hauraki, avec son éruption ne datant que de 600 ans en arrière.

Le temps d’avaler un solide petit déjeuner, préparer des sandwichs au pain mou, remplir ma gourde, et me voilà parti, direction le quai n°2 à partir duquel, à 9h15 sonnante, partira le ferry Fullers à destination de Rangitoto, avec escale à Devonport. Finalement, le premier départ aura lieu à 9h15, mais à peine nous étions-nous éloignés du quai, que nous y revenons pour y récupérer une personne n’étant pas montée à bord. Ce n’est pas en Suisse que l’on verrait une telle chose : se mettre en retard pour le retard d’un illustre inconnu.

40 minutes de traversée de la baie d’Auckland, à admirer la City ou North Shore, les deux volcans ou encore les pêcheurs sur la jetée de Devonport, Rangitoto dont le sommet est couronné par la brume, ou encore à discuter avec une rousse australienne, doctorante de son état, profitant d’une conférence en Nouvelle-Zélande pour faire un peu de tourisme.

Pêcheurs sur la jetée de Devonport

Pêcheurs sur la jetée de Devonport

Une dernière annonce pendant la traversée nous rappelle que l’île est complètement dépourvue de point d’eau ou encore de kiosque et qu’il est encore temps de passer à bord de celui du navire. L’île est intégralement recouverte d’une forêt, dont la verdure s’aperçoit de loin.

Rangitoto

Rangitoto, couronné par les nuages

En dehors de sa silhouette, il faut attendre d’être proche de l’île pour découvrir le noir de ses rives, pierres volcaniques solidifiées au contact de l’eau, ainsi que des champs de lave épars dans la forêt. De même, ce n’est qu’à ce moment que l’on peut observer quelques Bach perdu sur la côte.

Jetée de Rangitoto

Jetée du débarcadère à Rangitoto

Débarqué avec les autres touristes à Rangitoto Wharf, je prends tout de suite le chemin des écoliers en pénétrant dans la forêt pour rejoindre Kowhai Grove puis Kidney Fern Walk. Si, de loin, la forêt ne semblait pas si sauvage, dès l’instant où quelques pas nous mènent sous la canopée, la forêt vierge se laisse découvrir. Seul le chemin marqué de chaque côté par une petite bordure de basaltes recouverts par la mousse et le lichen me permet de ne pas me perdre et être sûr de suivre le bon chemin.

Kowhais : il s'agit des grands arbres formant la canopée de la forêt

Forêt de Kowhais : il s'agit des grands arbres qui forment la canopée

Les couleurs me semblent de deux tonalités, les verts de la forêt et les noirs de cette pierre basaltique. Il s’agit pour moi de ma première marche sur quelque volcan que ce soit, et surtout de voir des scories. Des gens bien attentionnés m’en avaient déjà ramené, connaissant ma passion pour les pierres, mais je n’en avais jamais encore observé dans leur état naturel, si je puis m’exprimer ainsi. C’est très différent de voir une scorie en Valais, où elle prend tout de suite une dimension extraordinaire, que d’en fouler du pied des dizaines. Mais toujours est-il que je ne me lasse pas de regarder ce minéral: toutes pareilles avec leur porosité, et si différentes par leur taille et leur forme. En continuant ma route, je croise les ruines de la prison dont Rangitoto était pourvue à l’époque. Dans la réalité, des ruines il ne reste pas grand chose, si ce n’est quelques petits murs, hauts d’à peine d’un mètre.

Ruine des anciennes prisons, admirez les murs en basaltes

Quittant la petite sente entourée par les fougères géantes, je rejoins le sentier principal, en route pour le sommet. Je suis étonné du peu de monde que je croise, il semble que la majorité des personnes ait choisi l’option motorisée pour rejoindre le volcan, plutôt que de se dégourdir les pattes. Le temps s’y prête d’ailleurs plutôt bien, l’absence de soleil rend la marche très agréable, bien que je n’aie pas l’habitude de me promener avec une humidité si importante.

La route trace un sillon noir de scories entre deux pans végétales jusqu'au sommet de Rangitoto

La route trace un sillon noir de scories entre deux pans végétaux jusqu'au sommet de Rangitoto

Dans son ensemble l’île ressemble à un gigantesque œuf au plat. Il faut tout d’abord parcourir le blanc, avec une courte marche d’approche entre forêt vierge, champs de lave, chemin de scories, et souvent l’impression d’être loin de tout océan puisque le sentier est presque plat.

Coulée de lave, en attente depuis 600 ans d'être colonisée par la forêt

Puis finalement gravir le jaune, le cône de lave, où les scories perdent leur couleur noire, pour prendre une teinte ocre. A l’approche du sommet, le chemin se perd dans une brume légère. Une longue volée d’escaliers à gravir et l’on se retrouve à côté d’un point de triangulation.  Entre deux passages de brume, la vue sur Auckland, Devonport, Brown Island, Waikiki est magnifique.

Devonport avec Auckland Harbour Bridge, reliant Auckland à North Shore

Avant de redescendre en direction de Motutapu, je contourne le cratère sur le chemin de crête. Grosse déception : le mur de végétation ne permet pas de voir l’intérieur du cratère. Seule une plateforme surplombant les arbres permet d’embraser les 200 mètres de diamètre du cratère et ses 80 mètres de profondeur recouverts par une forêt dense.

Vue du cratère depuis la plateforme

Vue du cratère depuis la plateforme

Il semblerait qu’un début de piste se soit créé depuis le dessous de la plateforme. J’ose. Toutefois des écriteaux à l’arrivée sur l’île indiquent qu’il est interdit de quitter les sentiers officiels. Je n’ose pas. Pourtant ça serait magnifique de descendre au fond de ce cratère. J’ose. Mais encore, les cratères étant hautement tapù (tabou) pour les maoris, y descendre est un sacrilège. Je n’ose pas. Un coup d’œil à gauche, une furtive vision à droite, aucun touriste. Départ, j’ose. Je descends rapidement les quelques premiers mètres. Les petites scories roulent sous mes pieds. Je comprends mieux que la majorité des personnes ne s’y aventurent pas avec leurs simples baskets. 10 minutes à crapahuter dans une belle végétation, encore humide de la pluie de la veille, à me faufiler entre deux fougères, me baisser pour passer sous une branche et me voilà au fond du cratère, T-shirt et short trempés. Il est occupé à moitié par un massif d’arbrisseau mort, et à moitié par une minuscule prairie d’herbe grasse, profitant du trop plein d’humidité pour pousser. Tout autour se dresse une magnifique muraille verte, couronnée par le brouillard qui s’effiloche sur la crête.

Arbres morts et prairie verdoyante se partage le fond du cratère

Arbres morts et prairie verdoyante se partagent le fond du cratère

La remontée est un peu plus difficile car les gravillons, sur lesquels l’appui se fait, ont une fâcheuse tendance à être soumis à la force de gravité. Un coup d’œil en haut, personne sur la plateforme, je me glisse à nouveau sur le chemin, en direction de Motutapu. Un petit détour en route m’amène aux grottes de lave, deux couloirs d’environ huitante mètres de long dans lesquels il faut s’aventurer avec une lampe torche. Atmosphère Indiana Jones garantie, avec au plafond nombre de toiles d’araignée, des racines surgissant de la terre, des gouttes d’humidité tombant à intervalle régulier, au sol humide des cailloux épars, et quelques trous. Sympathique visite, mais qui ne vaut pas toutefois la petite heure de détour. Une fois encore je pesterai contre ces brochures néo-zélandaises qui n’ont aucun respect des distances et surtout où il est impossible de savoir sur quel chemin l’on se trouve.

Toiles d'araignées, racines tombantes, ... tout un programme

Toiles d'araignées, racines tombantes, ... tout un programme

L’heure de marche suivante sera très agréable; je tombe sur un charmant couple de retraités aucklandais qui sont venus avec leur fifty-fifty mouillé en baie d’Islington et ont profité de faire une petite balade sur l’île. Nous poursuivrons notre chemin de conserve en discutant d’Auckland, de Nouvelle-Zélande, de Suisse, des Kiwis (tant animal qu’humain), … Je les quitte peu avant d’arriver au petit pont me menant sur Motutapu.

10 mètres de pont sépare Rangitoto de Motutapu

10 mètres de pont séparent Rangitoto de Motutapu

La différence entre les deux îles est à l’image de leur terrain. Si Rangitoto, jeune et volcanique, s’est laissé envahir il y a 600 ans en arrière par une végétation dense, Motutapu, plus âgée et non-volcanique est recouverte de prairies, avec quelques bosquets éparpillés. Très tôt colonisée par les maoris, elle est aujourd’hui encore exploitée : vaches et moutons paissent sur ses pâturages.  Il y a un petit côté d’Appenzell, avec ces collines aux pentes douces, ces verts presque électriques. Je longe la route en terre battue, enfin plutôt en terre boueuse aujourd’hui, pour gagner le plus au point de l’île. Chemin faisant, deux grosses jeeps passent à côté, et à chaque fois le conducteur me demande si j’ai besoin d’un brin de conduite. Définitivement sympathiques ces kiwis.

Motutapu : patûrage et clôture

Motutapu : patûrages et clôture

Malgré l’envie d’aller encore plus loin, jusqu’au bout de l’île, je rebrousse chemin. Il ne faudra pas que je rate le dernier départ du ferry à 17h00, et les panneaux indicatifs me donnent encore 3 heures pour retourner au point de départ. Les kiwis n’étant pas de grands randonneurs, je peux en tout cas diminuer ce temps de ¾ d’heure. Au lieu de prendre la morne route noire qui amène directement au wharf, je m’engage sur un petit chemin pédestre menant à la jetée d’Islington Bay, où l’on trouve quelques petits bachs, bien entretenus, ou ce qu’il en reste.

Ruine d'un bach : seul les éléments solides perdurent

Ruine d'un bach : seuls les éléments solides perdurent

J’emprunte alors the coastal track, qui, malgré son nom, m’engloutit dans la végétation, et me prive de la vue sur Hauraki Gulf. Le chemin, traçant sa route sur la lave, ne cesse de zigzaguer pour éviter marais ou agrégats volcaniques, de monter ou de redescendre pour escalader les coulées. Parfois, quelques petites surprises, tel ce poteau électrique perdu au milieu de nulle part

Poteau électrique, sis sur une coulée de lave, perdu dans la forêt vierge

Poteau électrique, sis sur une coulée de lave, perdu dans la forêt vierge

Finalement, je parcourais le trajet en un peu plus d’1h15. Je profite de l’avance acquise pour me jeter une première fois à l’eau, dont la température est plus qu’agréable. Par contre, malgré ma prudence, quelques coquillages ont profité de lâchement s’attaquer à ma plante du pied. Résultat : deux petites coupures qui ne m’empêchent toutefois pas de marcher.

Jetée de Rangitoto, mon premier lieu de baignade

Jetée de Rangitoto, mon premier lieu de baignade

Retour à Auckland. Rangitoto est maintenant exempt de nuage. Pour souper, un bon steak découpé dans un gigot d’agneau désossé. L’emballage en contenait deux, j’ai grillé les deux en pensant en garder un pour le lendemain, j’ai bien dit penser.

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P.S. Des fois je me demande comment je fais pour être si loquace.






Voyager et Auckland Museum

25 03 2011

26 mars 2011, Frienz, Auckland, 21h42

Ce matin, j’avais prévu de visiter les quelques maisons de Parnell, avant d’aller à l’Auckland Museum découvrir la culture maorie. M’étant levé de bonne heure, le petit déjeuner étant avalé, il n’est que 8h45 quand je suis prêts à partir. Sitôt descendu les escaliers, je découvre un véritable petit crachin breton qui bruine sur la ville, le froid en moins –  il doit bien faire 20°C. Si c’est plutôt agréable au premier abord, il est difficile de se balader pour prendre des photos, l’objectif étant tout de suite recouvert de fines gouttes de pluie. Je pars dans la direction opposée, vers Viaduct Harbour pour visiter Voyager, New-Zealand Maritime Museum, qui ouvre à 9h00. En chemin je profite de lever les yeux vers la Sky Tower, dont le sommet se perd dans la nébulosité, avant que ma vue ne soit cachée par les avant-toits des immeubles recouvrant la majeure partie des trottoirs, et permettant aux gens de circuler sans se mouiller.

Sky Tower, la tête dans la nuage

Sky Tower, la tête dans la nuage

Le musée de la marine nous plonge tout de suite dans l’histoire maorie au moyen d’un petit film d’animation d’une quinzaine de minutes qui nous montre le peuplement d’Aotearoa, la Nouvelle-Zélande, par les maoris, embarqués sur leurs catamarans propulsés par des voiles en pince de crabe. S’ensuit une exposition temporaire sur les baleines, celles menacées et celles en voie de disparition, ainsi que le revirement d’un pays qui passa de près de 200 baleines tuées en 1960, à la dernière harponnée en 1964 et devint l’un des plus fervents défenseurs des cétacés. Les salles suivantes amènent le visiteur à un voyage dans le temps, autant visuel que sonore, dans l’univers maritime.

Dès l’instant où la porte est franchie, nous nous transportons en pleine Océanie, sur quelques îles perdues, pas encore colonisées par les européens, à l’intérieur d’un faré où sont exposés des objets en bois finement sculpté. Face à la porte, à la place de l’étendue de sable fin et de mer turquoise sont exposés une vingtaine de voiliers océaniens originaires des différents archipels, ainsi qu’une dizaine de petites maquettes. Le clou de la collection : une réplique d’un prao maori destiné à couvrir de longues distances.

Univers océanien

Univers océanien

Le premier saut temporel fait un bond de quelques centaines d’années en avant avec l’arrivée des premiers immigrants européens en Nouvelle-Zélande, dont certains ont fait plus de cinq mois de voyage avant d’arriver à destination dans des conditions précaires. Une de leur première occupation sur les deux îles fut la chasse à la baleine, d’abord à la voile et à la lance, puis finalement avec des navires mus à la vapeur et aux harpons explosifs pour ne pas manquer le coup. Quelques dizaines d’années seulement nous séparent de l’étape suivante qui est un peu l’industrialisation des échanges commerciaux entre les différents ports, la généralisation des bateaux mécaniques, le début des grandes lignes commerciales, avec un transport facilité des passagers

Blue Water, Black Magic : a tribute to Sir Peter Black

Blue Water, Black Magic : a tribute to Sir Peter Black

Il est alors temps de faire un grand bon en avant, celui en direction de la voile classique, et bien entendu des régates. Cette partie, intégrant de nouveaux locaux, est sobrement appelée Blue Water, Black Magic : A tribute to Sir Peter Blake, assertion, qui peut-être ne parle pas à tout le monde. Peter Blake est une figure monumentale de la voile ; il était le patron de la deuxième équipe à ravir le trophée, tant convoité, de l’America’s Cup sur le voilier Team New Zealand, immatriculé NZL32, et tout simplement surnommé Black Magic en raison de son exploit, et surtout celui de la première à conserver le trophée lors de sa remise en jeux en l’an 2000, sans compter aucun de ses autres exploits, comme quintuple participant à la Whitebread – actuellement Volvo Ocean Race – qu’il remporta lors de sa dernière participation sur Steinlager, recordman dans le Trophée Jules Verne. A 53 ans, retraité de sa vie de régatier, il prend les commandes de SeaMaster – anciennement Antartica de Jean-Louis Etienne, et devenu depuis Tara – pour se consacrer à l’étude de l’environnement marin.

Black Magic

Black Magic

Dans cette salle, l’origine de la plaisance néo-zélandais, ainsi que très tôt l’esprit de compétition qui est née, est relatée aux moyens de demi-coques de voiliers exposées au mur parmi de vieilles photographies et d’anciens plans. Les époques plus récentes sont toujours comptées avec les mêmes moyens mais il est possible d’y observer Mammoth, le 4ème bateau dessiné par Bruce Farr et construit de ses mains avec lequel il remporta l’International des Moths à l’âge de 16 ans, d’autres petits dériveurs plus ou moins célèbres, ainsi que les matériaux utilisés suivant les époques : bois, ferro-ciment, fibre de verre, structure sandwich, … Le clou du spectacle est bien entendu NZL 32 qui trône fièrement au centre de la salle, avec son bulbe ornementé des flammes devenues célèbres.

Bulbe enflammé de NZL32

Bulbe enflammé de NZL32

A titre d’anecdote, comme le budget des kiwis n’était pas très important, ces derniers ne purent usiner dans une masse d’acier une deuxième paire d’aile pour le bulbe, c’est pourquoi ils bricolèrent une paire d’aile avec un cœur en acier, un profil en bois et recouvert de fibre de carbone. Et il s’agit de cette dernière paire qui les a amenés à la victoire à San-Diego. De même, une manille de titane est exposée dans une vitrine, rappelant que même un matériau considéré comme incassable peut casser, et mener à la fin d’une série. Pour rappel il s’agit de la manille qui a cassé lors de la finale opposant Team New Zealand à Alinghi en 2003, et obligeant les kiwis à abandonner une manche suite à l’impossibilité d’envoyer un deuxième spinnaker après que le premier a explosé.

L'anneau brisé : comme quoi, le dimensionnement est aussi important pour le titane

L'anneau brisé : comme quoi, le dimensionnement est aussi important pour le titane

On accède à l’étage supérieur au moyen d’une longue rampe bordée par des dériveurs appartenant au diverses classes néo-zélandaises, plus toutes folles les unes que les autres. L’étage supérieur est dévolu complètement à la vie de Sir Peter Blake et aux voiliers dont il a été skipper. La légende veut que son absence, ainsi que celle de ses célèbres chaussettes rouges, n’aient pas permis aux néo-zélandais de défendre victorieusement une deuxième fois leur coupe. Un seul petit mot à propos de la Suisse, celui de désigner Ernesto Bertarelli de Swiss Business Tycoon.

MK II

Dériveur MK II

Flashback dans les années 1950, retour sur les côtes sablonneuses de la Nouvelle-Zélande, avec le Bach d’un Kiwi, un de ces petits bungalows avec juste le nécessaire pour un ouikènne à la plage entre surf dans les rouleaux et repos à l’ombre des cocotiers, posé à côté d’un magasin de premier nécessité au carrelage noir et blanc digne de cette époque.

Intérieur typique d'un bach : juste le stricte nécessaire

Intérieur typique d'un bach : juste le stricte nécessaire

Cette époque correspond aussi à la naissance des premiers hydrojets, inventés par un néo-zélandais. Il faudra attendre quelques années avant que ce moteur soit au point et donne naissance à l’Hamilton Jet. Pendant ce même temps, les flottes commerciales n’ont pas cessé de se développer avec la création de Transpacific pouvant transporter plus de gens, de bateaux de pêche toujours plus grands, plus spécialisés, sans oublier la douane dont le nombre et la taille des vedettes n’a cessé de s’accroître.

Hamilton Jet

Hamilton Jet

Remonter vers le passé d’un gros siècle nous amène à la création des premiers phares sur l’archipel, avec la création d’un comité dans la première moitié du dix-neuvième siècle destiné à déterminer quelles sont les endroits les plus dangereux de la côte. Depuis lors, les phares se sont mis à pousser, tous de blanc vêtus à l’exception de Cape Campbell, Dog Island – blanc rayé de noir – et de Cape Pallisser – blanc rayé de rouge. La dernière galerie est destinée à l’art maritime, subdivisé en trois parties. La première, permanente, présente une quinzaine de figures de proue ayant ornés des navires néo-zélandais, la deuxième est décernée à l’expédition Tara et sa dérive de 2 ans et demi à travers la banquise du pôle Nord, avec une série de magnifiques photographies noir/blanc, et enfin la dernière destinée à un voilier ayant fait naufrage à l’entrée du Golf d’Hauraki.

Comme il est juste midi quand je rejoins le quai destiné aux modèles grandeur nature, j’ai droit de voir et surtout d’entendre le traditionnel – mini – coup de canon que le musée tire chaque midi, avec un modèle réduit. Je traîne encore un moment sur les quais à observer les divers voiliers amarrés aux pontons, ainsi que la demi-coque de Steinlager 2 accolée au mur du Museum.

Steinlager 2 accolé au mur du musée maritime. A gauche de la grue, la nouvelle extension Blue Water, Black Magic

Steinlager 2 accolé au mur du musée maritime. A gauche de la grue, la nouvelle extension Blue Water, Black Magic

Suite du programme : regagner l’Auckland Museum pour m’imprégner de culture maorie. En chemin, je profite de passer par St-Patrick Cathedral, afin de la (re-)prendre en photo, suite à mes aventures de dimanche. Je n’ai pas changé d’avis, elle reste bien petite pour une cathédrale mais possède un cachet quelque peu étrange avec sa blancheur crème éclatante. Son plafond ainsi que ses arcs en bois sculptés restent tout aussi magnifiques.

St Patrick's Cathedral

St Patrick's Cathedral

Remontant par Queen Street, je remarque quelques vieux bâtiments que je n’avais pas remarqués, comme The Guardian, au style américain, avant de m’engouffrer par Vicotria Street, Albert Park et arriver au parc The Domain. J’emprunte alors the Lovers Walk, une petite sente qui s’enfonce dans la forêt tropicale, nichée au creux d’un vallon où s’égaie bruyamment un petit torrent. Comme j’ai encore un peu de temps devant moi pour rejoindre Auckland Museum avant la performance culturelle maorie, je rejoins Parnell pour visiter Kinderhouse, dont je n’avais vu que l’extérieur mardi soir.

Horloge du bâtiment "The Guardiant"

Horloge du bâtiment "The Guardiant"

27 mars 2011, Frienz, Auckland, 21h30

Après avoir tiré la sonnette, une vieille dame m’ouvre la porte. Sitôt pénétré dans le vestibule, elle n’arrêtera pas de me compter l’histoire de la maison et du révérend Kinder avec enthousiasme, voletant de ci, de là pour me montrer photographies, peintures – ma foi, le révérend avait un très bon coup de pinceau -. La visite me permet de découvrir finalement un agencement intérieur pas si éloigné de ce qui se faisait à la même époque en Angleterre. Pour la petite histoire, à l’origine la maison s’est élevée bien en dehors d’Auckland, perdue en rase campagne, faisant face à l’école où enseignait Kinder. Ce dernier, au lieu de demander la construction d’une maison en bois, comme il est courant dans la région, demanda une maison de pierre, ici volcanique, afin de bien montrer qu’en temps que prêtre et maître il était différent de la majorité des gens.

Kinderhouse, avec son jardin privatif

Kinderhouse, avec son jardin privatif

Après un petit tour dans le jardin, il alors temps de prendre congé de la vieille dame. Cette dernière me remet alors deux prospectus pour découvrir les maisons de Parnell, comme elles étaient à l’origine. Je rejoins alors l’Auckland Museum, situé à moins de 10 minutes pour une première rencontre avec la culture maorie. D’une durée d’une trentaine de minutes le spectacle débute par une chanson traditionnelle, puis les différents instruments  nous sont présentés individuellement, avec à chaque fois une danse à la clef. Il se clôt par la présentation de leur plus grande arme, autrement dit le Haka. Et clairement, même si j’avais déjà vu les All Blacks l’effectuer avant un match de rugby, malgré une stature plus faible des maoris, cela reste très impressionnant.

Haka

Représentation du Haka à Auckland Museum

Très bonne introduction à la civilisation maorie par des adolescents qui pratiquent leur culture dès leur plus jeune âge. Je passerai la majorité de mon temps jusqu’à la fermeture du musée dans les salles ayant comme sujet principal les maoris ou encore l’histoire néo-zélandaise dans son intégrité. Juste pour présenter cette civilisation en quelques mots il faut savoir que les maoris vivaient de façon clanique, regroupés autour d’un chef, et habitant tous un même village, le Pa. Ces derniers étaient pour la plupart construit sur des volcans, dont les flans, taillés en escaliers, accueillaient des palissades en bois pour se protéger des autres tribus.

Reconstitution d'un Pa

Reconstitution d'un Pa


Ces villages étaient, en règle générale, regroupés autour d’une case principale aux parois de bois. Cette dernière se reconnaît au fait qu’elle est entièrement sculptée, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le travail du bois est sans doute l’art où les maoris excellaient le plus, comme en témoignent les nombreux outils de la vie quotidienne, dont les courbures épousent les formes naturelles, ou encore les sculptures dont ils sont ornés pour la majorité.

extérieur d'une maison des ancêtres

extérieur d'une maison des ancêtres

Le musée abrite une case principale d’une taille gigantesque : elle doit bien mesurer 10 mètres de large pour une petite trentaine de long. Les pans intérieurs sont complètements boisés, y compris les trois piliers centraux qui soutiennent le toit. L’ornementation picturale est un plus : les couleurs rehaussent les reliefs sculptés.

Intérieur d'une maison des ancêtres

Vu de l'intérieur d'une maison des ancêtres

Le deuxième clou du musée est la présence de Te Toki a Tapiri le dernier grand canoë de guerre maori, construit en 1836. D’une longueur de 25 mètres, il accueillait jusqu’à une centaine de guerriers. A l’instar des autres objets, si la figure de proue sculptée, rehaussée avec des yeux en nacre est magnifique, le travail pour la poupe est encore plus impressionnant avec ses volutes, ses détails

Proupe de Te Toki a Tapiri

Proupe ciselée de Te Toki a Tapiri

Le reste de la salle présente un impressionnant nombre d’objets maoris. Il s’agit du plus grand défaut de ce musée, que l’on retrouve aussi dans toutes les autres salles : il y a trop d’objets dans trop de vitrines, ce qui ne permet pas de remarquer les pièces les plus importantes, ni de les mettre en valeur. Un bien grand dommage pour un musée national. L’heure de la fermeture approchant, je me suis encore attardé à l’étage supérieur à la section d’histoire naturelle pour me familiariser avec la faune locale, et notamment quelques kiwis empaillés, ou encore la reconstitution d’Auckland dans les années 1880 avec les diverses devantures de magasins : barbier, imprimeur, maréchal-ferrant, chimiste, …

Le dernier étage, quant a lui, est plus consacré à l’histoire moderne de la Nouvelle-Zélande qui débute avec la Guerre de Nouvelle-Zélande qui a vu s’opposer les maoris aux colons locaux. Il s’ensuit les rôles qu’ont joué les kiwis dans les deux guerres mondiales, entre autres en Europe, la menace japonaise dans le pacifique. Entre deux salles se trouve le hall de commémoration où sont notés tous les noms des soldats néo-zélandais tombés pendant la deuxième guerre mondiale, avec, accrochés aux murs, les drapeaux des différents départements. Si en Europe, les monuments aux morts sont communs, ce doit être la première fois que je pénètre dans un tel lieu de commémoration, et ça fait quand même un drôle d’effet.

World War II Hall Of Memories

World War II Hall Of Memories

A la sortie du musée, un petit tour par le War Memorial, dont le petit obélisque trône devant le bâtiment. Dans la réalité, le Museum, bâtiment magnifiquement classique, fait lui même partie du mémorial, comme en témoignent les nombreux noms de batailles gravés sur les murs. Je rentre finalement au Frienz en descendant le Lovers Walk dans the Domain. Il s’agit d’un petit sentier traçant son chemin à l’intérieur d’une forêt presque vierge. Plutôt impressionnant de trouver pareille végétation en pleine forêt.

Lovers walk, mon premier contact avec la forêt vierge

Lovers walk, mon premier contact avec la forêt vierge

Petit souper rapide, puis discussion en franco-germano-anglais avec un groupe d’allemands s’apprêtant à retourner dans leur mère patrie, une allemande fraîchement débarquée de Cuba, un français cherchant du travail à Auckland depuis trois semaines et un petit suisse expatrié pour effectuer quelques tests mécaniques.

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Conduite à l’envers

24 03 2011

CACM, Auckland, 1320 (GMT+12)

Et bien, il est quand même temps de vous présenter mon environnement de travail, le Centre pour les Matériaux Composites Avancés (CACM) qui occupe la moitié droite du  bâtiment Ray Meyer Research Center sur le Campus de Tamaki de l’Université d’Auckland, situé dans le quartier de St-Johns dans le sud d’Auckland. Deux navettes partant toutes les demi-heures relient l’Université du Centre au Campus de Tamaki réduisant le tant de trajet à environ 25 minutes contre près de 30 minutes pour les transports en public. Le bus n’ayant que ces deux points de dépose, il emprunte à chaque fois des itinéraires différents pour les relier en fonction de la circulation, une belle manière de découvrir les faubourgs d’Auckland.

Building ...

L’autre partie est occupée par le Plastics Centre of Excellence et un laboratoire dévolu au Wine Science, avec un certain nombre de fûts et de bouteilles dans leur atelier.

Vu du laboratoire de recherche de la section dévolue à la science du vin

Si je suis passé la plus grande partie de lundi et mardi dans une des petites salles jouxtant l’immense atelier au rez-de-chaussée à préparer les surfaces pour le collage des jauges, depuis jeudi,  je suis essentiellement assis dans un bureau, mes neurones tournant à plein régime. En effet, n’utilisant pas des matériaux courants dans mon travail, de nouvelles difficultés se sont présentées que ce soit pour l’instrumentation ou encore pour l’usinage des matériaux. Bref, il me faut trouver une solution pour résoudre ces quelques problèmes.

Atelier du CACM

Atelier du CACM, avec le couloir donnant accès au bureau au 1er étage

Trêve de tergiversation ! Il est temps d’aller dîner. Quentin n’étant pas là et Erwan ayant ramené son repas depuis la maison, ce dernier me dit qu’il est temps de faire une première expérience de conduite à gauche en allant chercher mon repas. Départ pour la Noodle Factory, un peu la base de mon alimentation sur le campus. Finalement, la conduite à gauche s’avère assez facile : étant assis du côté droite dans la voiture, il est logique de rouler sur l’autre voie. Seules quelques petites règles me laissent perplexes. Les priorités de droite reste des priorités de droite, ce qui fait qu’en voulant tourner à droite, ce qui m’amène à traverser l’autre voie, si une voiture vient en sens inverse, elle doit me laisser le passage, diminuant ainsi la fluidité du trafic.