Parnell et Winter Series

30 04 2011

Frienz, Auckland, 3o avril 2011, 19h30

Comme tous les soirs, à partir de 23h00, le toit est fermé. Nous sommes donc descendus de cinq étages, pour finir nos bières juste devant l’immeuble. La consommation d’alcool étant bannie des rues, excepté les fêtes et les terrasses licenciées, il ne faudra pas longtemps avant que des vigiles nous reconduisent à l’intérieur. Bien qu’il soit interdit à partir de minuit de consommer quelques verres dans le backpack, nous nous glisserons dans le salon pour finir tranquillement nos Cuba Libre ! Après avoir refait le monde plusieurs fois, je regagnerai mon plumard au alentour de 2h00.

Réveillé ce matin par les bruits de circulation, je suis en pleine forme bien que ce ne soit que 7h30. N’ayant que grignoté hier soir, je meurs presque de faim; une demi-douzaine d’œufs brouillés, du bacon et deux bonnes tartines de miel auront tôt fait de me caler l’estomac, et me donneront de l’énergie pour la régate de cette après-midi, les Winter Series débutant cette après-midi.

La dernière visite dans le quartier de Parnell m’ayant laissé un excellent souvenir et ayant récupéré un prospectus narrant l’histoire de quelques maisons lors de la visite de Kinder House, j’en ferai les jalons de ma promenade matinale. Ces bâtisses se regroupent en deux architectures. La première est celle du XIXe siècle, du Parnell originel, datant des années suivant l’installation des colons à Auckland. Hulm Court en est un très bel exemple. L’histoire raconte qu’il s’agit du plus vieux bâtiment d’Auckland, érigé encore sur son site original. L’autre style, plus tardif, est le style Arts and Craft, du début du XXe siècle, où l’utilisation des briques est prépondérante, comme pour les 4 maisons de Parnell Terraces,  ou Neligan House, l’ancienne demeure de l’Evêque.

Une des portes de Parnell Terraces

Avant de retourner au backpack récupérer mes habits de voile, je fais un dernier détour par Ruskin Street, à la Cigale. Tous les samedis et dimanches matins un marché de grande notoriété se tient; presque aucun produit n’est lié à la culture néo-zélandais:  tout est résolument tourné vers le vieux continent : étals de fromages français, mets marocains dont les odeurs d’épices envahissent les étals, véritables mozzarelles fumées, fabriquées à partir de buffles déportés en terre kiwie, olives marinées à la mode espagnole ou italienne, humus aux différentes senteurs, … L’ambiance habituelle, déjà très festive, est aujourd’hui renforcée par la ferveur populaire. En effet, un des princes du Commonwealth s’étant marié hier, les drapeaux anglais flottent au vent, un livre d’or est présenté, dans lequel les gens s’empresse d’y annoter leurs meilleurs vœux, les chapeaux mêmes sont aux couleurs de l’Union Jack.

Le marché de La Cigale, aux senteurs européennes

Au Frienz, j’emporte mes habits, et file en compagnie de François-Xavier, un français formé en architecture navale à Southampton, jusqu’à Westhaven Marina. Après avoir arpenté quelque peu les quais, nous trouvons chacun de notre côté un équipage et son fidèle destrier. Le mien est un FARR MXR, le deuxième des onze monotypes amarrés côte à côte dans le bassin. Alors que tous les autres sont ornés de publicités, celui sur lequel je navigue arbore une coque vierge d’écritures, et si ses voiles ont dû arborer un certain temps des encarts, aujourd’hui ces derniers sont décousus. Alors que sur Pork Chops mon rôle se bornait à celui d’être un ballast sur pattes, id est, de me masser contre la filière au vent à chaque virement de bord afin de disposer le poids de manière idéale, mon rôle aujourd’hui est plus sportif en tant que trimmer. A chaque virement, mon travail consiste d’une part à avaler le maximum d’écoute, afin de border au maximum le génois, le réglage fin étant effectué par Georgy, un grec habitant Auckland depuis plus de 9 ans, d’autre part à préparer le prochain en redisposant l’autre écoute autour de son winch, avant de retourner m’accrocher dans la filière au vent. Lors du long bord de retour, je me bornerai au rôle de trimmer, autrement dit à être la force motrice des winchs, en tournant la manivelle lorsque la demande se fait sentir. Très belle course: l’équipage termine deuxième sur les 8 Farr MXR de sortie aujourd’hui. Comme à l’accoutumée, je suis invité à participer à la prochaine régate dans deux semaines.

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