Waitakare Ranges Regional Park

1 05 2011

Frienz, Auckland, 1 mai 2011, 20h36

Levé vers 7h00, après avoir avalé un petit déjeuner, je pars avec François-Xavier, direction Waitakare Ranges Regional Park, située sur la côte ouest, plus ou moins à la même altitude qu’Auckland. Après avoir récupéré son Campervan à Parnell, nous quittons définitivement les faubourgs la ville par le nord-ouest; la moitié de l’île est traversée dans sa largeur, et nous pénétrons directement dans la forêt de Waitakare par Scenic Drive.

Le premier arrêt, effectué au centre des visiteurs d’Arataki, nous permet de faire une première connaissance avec cette jungle. Les 16’000 hectares du parc étaient recouverts par des kauris jusqu’au début de leur exploitation au milieu du XIXe. Aujourd’hui, poussant par amas dans le bush, et la forêt tropicale régénérée, ils représentent moins de 5% des arbres. Une boîte, au couvercle vitré, contenant une poudre noire, attire mon regard. Sur le verre repose un aimant, dont le mouvement dessine des arabesques avec les grains. De la limaille de fer, non, bien mieux encore: il s’agit de sable noir provenant des plages de la côte ouest. Ce dernier, issu de l’érosion de la roche basaltique contient une fraction élevée d’éléments ferreux, le rendant réactif au courant magnétique. L’accès au centre, occupant un immense bâtiment en bois, se fait par deux immenses rampes de part et d’autre de la forêt principale. Celle située à gauche étendant sa langue à hauteur de la canopée, la frondaison des kauris est alors admirable, un fait plutôt surprenant pour ces arbres, qui, dès leur très jeune âge, possèdent un long fût. La demeure est affublée de moelleux matelas aux pieds d’une immense baie vitrée donnant sur la jungle. La vue est encore plus magnifique depuis la terrasse, sur la jungle en contrebas.

Sur le trajet menant à Piha, la jungle borde la route des deux côtés. Toutefois, elle me semble un peu rabougrie, chétive, peu sauvage, alors qu’avant d’avoir pénétré Waipoua, elle m’avait sembler luxuriante. Peut-être que la forêt où pousse Tane Mahuta représentait mon archétype de forêt vierge, et  que, devant le souvenir de sa grandeur, les jungles régénérées depuis quelques dizaines d’années me paraîtront ternes. Peu avant le milieu de matinée, Lion Rock, élévation rocheuse dont le sommet culmine à une centaine de mètre, apparaît au détour d’une courbe. Piha, nous voilà. Impression étrange que de contempler un sable noir, virant quand même sur le gris en raison des nombreux coquillages réduits en poussières, et des grains de silice.

La visite commence par le sud: nous longeons les falaises faites d’un agglomérat solide de sables et de pierres ovoïdes de différentes tailles. Un panneau met en garde contre le danger de chutes de pierres. Escaladant quelques gros morceaux d’un pan écroulé, nous atteignons une sorte de petite piscine, protégée du large par un immense roc. Les vagues se ruent soit par un petit goulet, soit ressortent en gargouillant d’un trou dans le roc, alimentant le tranquille lagon. Pieds nus, chaussures et pantalons dans les mains, nous traversons le réservoir et escaladons le rocher, dénommé Camel. Du sommet, la vue sur l’eau couleur caraïbe de la baie de Piha est fantastique; en contrebas des falaises, quelques pêcheurs aventureux, casqués et arborant gilet de flottabilité s’adonnent à leur sport favoris, campés sur le rocher glissant.

La piscine, vue du Camel : admirez en bas à droite, la vague en demi-arc surgissant du tunnel

De retour au niveau de la mer, nous gagnons l’extrémité Nord de la plage. Le Lonely Planet parle d’une colonie de pingouins bleus y nichant, mais seuls des surfeurs et quelques touristes sont visibles. Légèrement déçus, nous grimperons Lion Rock, dont le sommet, un ancien Pâ, est inaccessible, le sentier ayant disparu dans un éboulement, laissant le rocher à nu.

Lion Rock

Quittant les plages noires de Piha pour celles de Karekare nous nous arrêterons au sommet d’une côte pour pénétrer sous le couvert de la forêt, bien décidés à rendre visite aux Chutes d’eau de Kitekite. Sitôt sur le chemin, un écriteau, avec à ses pieds une caisse contenant brosse et bouteille à spray, nous incite à bien rincer nos souliers pour éviter la propagation de la Maladie des Kauris, fatale à ces derniers. Le trajet se poursuit sans encombre sur un sentier marqué profondément dans le sol ; aucune herbe ne repoussera plus sur ce sol dénudé. Toutefois de part et d’autre la végétation, à laquelle je suis désormais habitué, présente quelques faits surprenants, dont un arbre ayant décidé de se rebeller au cours de sa croissance : son tronc, pourtant rectiligne à la base, effectue un looping avant de retrouver sa droiture habituelle.

L'arbre rebelle

A l’approche des chutes, le chemin, redevenu plat, longe une petite rivière dont l’eau laiteuse présente de légers reflets. Un grand bon nous permet de traverser la rivière et d’accéder au chemin nous menant jusqu’à la goulotte au pied des chutes : 40 mètres de franchis en l’espace de 3 bonds. Une végétation luxuriante de part et d’autre, des kauris à nos côtés, cette balade est sans doute l’un des moments les plus merveilleux de cette journée, et la couleur opalescente de l’eau restera longtemps fixée dans mon souvenir.

Une eau laiteuse coule dans la rivière

De retour sur la côte, une petite balade sur la plage de Karekare révèlera un sable encore plus foncé que celui de Pahi. Un cours d’eau a découpé une tranchée dans la dune, dont le  noir contraste avec la couleur platine des hautes herbes y poussant. Sur la plage, un tronc mort, amené par la marée, est recouvert d’un grand nombre de petits coquillages blancs, et de petits trous d’un demi-centimètre de diamètre. Si certains sont vides, d’autres sont reliés aux coquilles par un petit corps cylindrique et rougeâtre.

Le tronc flotté et ses coquillages

Avant de repartir, un petit détour pédestre nous amène au pied de la Chute d’Eau de Karekare, ricochant à plusieurs reprises contre le roc. Elle est moins jolie que la précédente, et d’ailleurs mon regard est plus accroché par une maison aux formes tarabiscotées, reliées aux divers corridors avec des angles tout sauf droits.

La surprenante maison de Karekare

Avant de rentrer, un dernier détour nous conduit jusqu’à Anawhata, la plage de sable noir préférée de Sir Edmund Hillary. Un peu à l’écart de celle de Piha ou Karekare: une route gravillonnée termine en cul de sac après 9 kilomètres. De là, un long raidillon conduit jusqu’à la plage; il faut bien compter une petite demi-heure pour y descendre. D’ailleurs, bien moins de surfeurs y profitent des vagues. Il s’agit d’un petit coin de paradis, reculé en pleine nature, seules deux maisons sont construites à proximité. Au milieu de la longue plage s’écoule une rivière, qui finit par former un immense delta sur la plage, la marée quotidienne l’empêchant de creuser un véritable lit.

Anawhata Beach, la préférée de Sir Edmund Hillary

Lors de la remontée depuis la plage, la pluie nous rattrape et nous aurons droit à notre petite douche quotidienne. Retour sur Auckland en empruntant Scenic Drive, qui comme à son habitude n’a pas grand chose de scénique : la mer est invisible, la route traverse des quartiers d’habitations, … Je me demande définitivement où les néo-zélandais vont chercher leur inspiration. Nous nous arrêterons chez un maraîcher faire le plein de légumes frais, pour  un prix bien moindre à celui pratiqué par les magasins à Auckland. Un petit arrêt au Countdown permet de compléter les futurs repas avec de la viande, et quelques pâtes ou grains de semoule. François m’a aussi fait connaître les TimTam chocolat noir, un biscuit aux forts arômes de cacao, une véritable drogue-dur. N’existant actuellement qu’en Nouvelle-Zélande et Australie, je songe d’ailleurs à créer une filière d’exportation vers l’Europe, je suis persuadé qu’il existe un marché.

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