J-1 : Auckland-Whaiharakeke

12 05 2011

Whaiharakeke, 12 mai 2011, 20h05 (GMT+12)

D=200.5 km

9h00. Je me présente au dépôt d’Escape Rental pour y récupérer mon campervan. Après avoir lu les documents d’usage (contrats, interdictions, …), apposé mon paraphe sur de nombreuses pages, je dois encore attendre une quinzaine de minutes avant de prendre possession de mon véhicule. En attendant, je file au supermarché, situé à 100 mètres, acheter les produits de base. A mon retour,  je contrôle l’état de Fat Freddys, mon futur véhicule, tagué avec un énorme animale sur fond de jungle . Tout semble en ordre, je me rends à l’office du DOC d’Auckland pour acheter une carte du Tongariro Crossing, et au moment où je tente de fermer à clef, rien ne se passe, la serrure de la portière conducteur est morte.

Retour au dépôt, où j’ai le choix entre attendre un serrurier (2h00) ou simplement récupérer un autre campervan. Je choisis la deuxième option, bien plus rapide. Mon nouveau compagnon, Hibiscus, est décoré avec la fleur éponyme. Un peu plus âgé, son compteur affiche déjà 353573 kilomètres : pas de fermeture centralisée, vitre manuelle, un bon vieux véhicule.

Hibiscus, ma nouvelle demeure

Je reprends un nouveau départ, Quay Street, Tamaki Drive, puis je bifurque en direction du Mt Wellington. Petit arrêt au CACM, où je dois rendre un pantalon de voile à Quentin. Avant de m’élancer définitivement vers le Sud, sous un soleil radieux. Il semblerait que la météo néo-zélandaise soit aussi parfaite que sa cousine helvétique.  Je ne m’en plains pas et espère que cette météo va encore durer quelques jours. De toute la journée, seules deux averses orageuses mouilleront les routes.

La Southern Motorway me sort rapidement d’Auckland, et je la quitterai bientôt pour emprunter une route principale, bien plus sympathique, qui me mènera à Raglan, une station de surf. Sur le chemin, un panneau brun me détourne vers Breidal Vell Falls. Au niveau du parking, je rencontre un couple d’étasuniens, originaire de l’Idaho. Nous découvrirons ensemble ces chutes. Un chemin longe un cours d’eau à la turbidité non négligeable. Un panneau explique l’absence de transparence des eaux issues des champs: ces dernières ne sont filtrées par aucune forêt qui pourrait retenir les fines particules.

Vous l’aurez deviné, l’accès amène directement au sommet des chutes, 55 mètres plus haut que la goulotte. La vue sur la vallée en contrebas est magnifique. Un sentier, équipé d’escaliers et d’une plateforme intermédiaire, permet de descendre jusqu’au bord du petit lac. Il semblerait bien que les Rainbow Falls de Kerikeri soient détrônées par la beauté de l’endroit. D’un seul gigantesque bon, l’eau se déverse le long d’une falaise basaltique, aux piliers curvilignes.

Breidal Vell Falls

Revenant sur mes pas, je reprends mon chemin jusqu’à Raglan, contourne par l’est le Mt Karioi et arrive enfin au village, quelque peu endormi. Il faut dire qu’en milieu d’automne les surfeurs ne s’y pressent pas. Je m’engage néanmoins sur la route côtière qui mène jusqu’aux divers spots. A Manu Bay, j’embarque un surfeur germanique que je dépose à son backpack près de Whale Bay, un spot moins prisé. Il faut dire que l’unique accès se fait en longeant la côte sur 600 mètres, cette dernière étant constituée de coulées de lave solidifiée, aux formes arrondies ; un chemin quelque peu fatiguant pour ces tranquilles surfeurs.

Whale Bay

Continuant en longeant la côte ouest, j’y découvrirai un coin magnifique, la gorge Te Toto. Cette dernière s’ouvre sur la mer en un demi-cercle à la prairie verdoyante, cernée de toute part par une falaise. Magique et paisible, je resterai un long moment à contempler les herbes ondulant sous le vent. Définitivement le meilleur moment de la journée, avec le plus beau panorama. Ne pouvant y rester éternellement, quoique j’y aurai bien passé la nuit, je passe à nouveau proche de Breidal Vell Falls, puis avance par monts et par vaux, tantôt au sommet de pâturages, tantôt au bord d’Aotea Harbour. Alors que le soleil se couche, je rejoins une route gravillonnée, quoiqu’il s’agisse plutôt de gros cailloux déposés sur un limon devenu boueux avec les pluies de ces derniers jours.

L'ouverture sur la mer Tasmane de la gorge Te Toto

De nuit, je rejoins les abords de Kawhia Harbour. Alors que les lumières de Whaiharakeke sont visibles à quelques kilomètres, je m’arrête peu après avoir traversé un pont. Un petite place, séparée de l’eau par quelques buissons me semble bien accueillante à la lumière de mes phares. Le temps de ranger mes affaires à l’intérieur, les pâtes cuisent gentiment, il ne me reste plus qu’à réchauffer mes légumes de hier pour avoir un excellent souper.  Un petit morceau de chocolat en dessert, et me voilà prêt à affronter la nuit, et les bruits des opossums qui gambadent à quelques mètres de mon lit.

Définitivement, l’intérieur d’Hibiscus est bien plus douillet que celui du campervan que j’avais pour Pâques. Aucune technologie, à l’arrière le coin cuisine, une étagère en contreplaqué dans laquelle est intégré un évier métallique muni d’un robinet à pompe. A droite, deux tablards pour ranger ustensiles de cuisine et  nourriture; toujours à droite, réserve d’eau et cuisinière, un simple brûleur monté sur une bombonne, ainsi qu’un bac thermostatique. De chaque côté du meuble deux espaces, l’un occupé avec tables et chaises de camping, l’autre par des sacs de nourriture. Le carré est monté entre le cockpit et le meuble. Sous les sièges se trouvent d’immenses rangements. J’apprendrai toutefois qu’il ne faut pas rouler trop vite, sous peine que de l’eau jaillisse du réservoir, l’embranchement du tuyau n’étant pas des plus étanches. Quand la table est démontée, le carré se transforme en immense tatami pour y dormir, et les coussins sont maintenus en position par un drap. Et enfin le must du cocooning, à ma disposition, 3 moelleux duvets pour me faire un nid douillet. Je n’en n’utiliserai toutefois que deux, il ne faut pas exagérer quand même.

Avant de sombrer dans les bras de Morphée, je sors une dernière fois du Van: une demi-lune éclaire le paysage, sous une voûte dont l’éclat et le nombre d’étoiles est impressionnant. Bien loin de la pollution lumineuse entachant le ciel européen. Je me réjouis de la côte Ouest du South Islands, encore plus esseulée.

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