J-6 – Wellington

16 05 2011

iPlay, Wellington, 17 mai 2011, 18h42 (GMT+12)
Il paraît que le surnom de Wellington est Windy Welly l; pour ma part je trouve que le vent y souffle bien peu avec le volcan que j’ai essuyé hier et aujourd’hui sur les routes et les plages.
Effectivement, j’ai trouvé des habits imperméables et après avoir flâné quelque peu dans les rues, dont la célèbre Cuba Street où l’on trouve tout ce que l’on a besoin, et déambulé sur les quais du front de mer, je suis entré à Te Papa, que j’ai visité pendant une bonne heure et demie. Un véritable régal pour les yeux, un brillant exemple de muséologie. Un de mes endroits préférés; sans nul doute la partie géologie et celle décernée au poulpe géant, dont c’est le seul exemplaire entier, au monde, visible au public sont extraordinaires.
Retour à la civilisation! Un petit détour par un cybercafé est obligé pour poster quelques billets. L’aventure commence ici, le 12 mai 2011, et la suite continue les jours suivants.
Demain, je m’apprête à traverser le détroit de Cook, avant de descendre par la côte Est. Le vent d’Ouest a amené trop de nuages sur cette côte pour que les précipitations soient plus qu’abondantes et j’ai déjà suffisamment pris l’eau ces derniers temps.

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J-6 : Te Horo Beach – Wellington

16 05 2011

Downtown backpacker, Wellington, mardi 17 mai 2011, 13h30

D= 922.0 km

Et voilà, je suis à Wellington, porte de départ pour la magnifique, fantastique, splendide South Island. D’accord, j’en fais un peu trop! Revenons en tout début de journée. Quel doux plaisir d’avoir été bercé par le grondement des vagues, les feulements des vents, ainsi que les doux mouvements de mon van, oscillants dans les rafales. 6h30: alors que l’aube pointe à peine, je me réveille en pleine forme. Le temps que l’eau bout pour le thé, je range l’intérieur de mon gîte. Puis petit-déjeuner face à la mer toujours en furie.

Furie aqueuse à l'assaut des plages

Je rencontre à nouveau la même dame que hier soir, une kiwie mariée à un français qui promène son chien au lever et au coucher du soleil, tous les jours. Elle m’affirme qu’elle ne quitterait Te Horo Beach qu’à contre-cœur, ce que je conçois tout à fait. Moteur! de retour sur la SH1, une soixantaine de kilomètre me séparent encore de Wellington. Je ne les parcourrai pas d’une traite, avec un premier petit arrêt à Waikanae. Le livre que Jonathan m’a donné, intitulé 202 Great Walks in New Zealand, est une petite merveille. M’ayant déjà entraîné à Mangapohue Arch et Ruakuri Cave, il m’amène aujourd’hui à flâner le long de la rivière Waikanae. Un retraité près du boat club m’indique le chemin et me propose de me parquer à proximité, comme cela il pourra garder un œil sur la voiture pendant qu’il poursuit la construction d’une rampe amenant jusqu’au perron du bâtiment.

Après avoir traversé le cours d’eau, je descends en direction de son embouchure. La surface est agitée, le courant naturel luttant contre la marée montante, poussée par le vent. Il semblerait bien qu’en période de vives eaux, comme actuellement, le marnage conjugué aux airs tempétueux, la marée submerge partiellement le chemin.  Grimpant sur le talus, il est toutefois possible de descendre jusqu’à l’estuaire, et admirer les brisants. A mesure que l’on s’approche de la plage, l’air devient chargé d’embruns et de sable. Si le premier est agréable, le deuxième l’est beaucoup moins. Je remonte ensuite le long de la berge, quelques kilomètres en amont de la première passerelle.

Estuaire de Waikanae

La rivière a retrouvé son air calme et s’écoule avec quelques petits rapides. La balade est pittoresque avec des chevaux pâturant tranquillement dans les prés, des gués pour cavaliers, l’ombre naturelle de ces feuillus déplumés par l’automne et ces arbustes fleuris. Toutefois, elle ne possède pas le charme plus sauvage de la première partie. De retour au boat club, Roy, le retraité, m’invite à partager un thé et discuter du temps, de la Nouvelle Zélande, de mon voyage, … je devrai même sortir une carte pour lui montrer mon périple de Pâques et par où je suis descendu jusqu’à présent. Bien entendu, lorsque je remonte, si l’envie me prend de m’arrêter à proximité de Waikanae, je n’ai qu’à m’installer près du boat club, lui téléphoner et il me donnera la clef pour les commodités. Peu après il me libère, car j’aurai bien besoin de ces six semaines si je continue à m’arrêter aussi souvent.

Un nouvel arrêt deux villages plus loin pour découvrir Queen Elizabeth II Park, où un chemin gravillonné en forme de huit sillonne dans les dunes. Vue sur la plage, ou plutôt sur ce qui en reste, car la mer Tasmane en a presque pris possession dans son intégrité, ou sur les montagnes à l’intérieur des terres; tout est troublé par la présence d’embruns dans les airs. Un brouillard salin s’élève à proximité de la côte, pâlissant les horizons.

Queen Elizabeth II Park : vue en direction de Wellington

SH1, de nouveau la SH1, aucune autre alternative pour gagner Wellington. Je passerai à pleine vitesse à côté des collines, décors des champs Fellanor. Puis soudain, la route, pour une fois une véritable autoroute digne de nos contrées, se ressert, perd une voie, puis celle d’arrêt d’urgence dans les deux sens. Il faut dire qu’entre le front de mer et la montagne, il y a tout juste la place pour la ligne ferroviaire et une route bidirectionnelle. De temps à autres, lorsqu’une vague plus forte que les précédentes arrive, elle éclate contre l’accotement et les embruns sont propagés sur la route.

Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je suis dans Wellington. Le temps de trouver un parking pour la nuit. Je descends au Downtown Backpack, effectue ma petite lessive. 15h00. Il est temps de partir à la découverte de la ville. Peut être irai-je faire un tour à Te Papa, après m’être trouvé un pantalon étanche? M’arrêter dans un cybercafé ou dans un bar avec un wifi libre pour blogguer un petit peu. Puis au retour, il me faudra passer par le supermarché pour me mitonner quelques petits plats à emporter tout congelés pour la suite des aventures.





J-5 : Wanganui – Te Horo Beach

16 05 2011

Te Horo Beach, 16 mai 2011, 18h20

D=835.2 km

Houlà! la journée s’annonce plutôt mal. Depuis un peu avant 5h00 le bruit de la pluie n’arrête pas de se faire entendre et le son est celui de grosses gouttes plutôt que celui d’une petite bruine. 6h30: je finis par me lever. Dehors l’obscurité commence tout juste à se retirer. A l’abri de la porte arrière, je prépare un double thé, mes tartines et retourne déguster le tout à l’intérieur. Toutefois, il paraîtrait qu’une bonne douche ne me ferait pas de mal. Prenant mon courage à demain, il fait quand même un peu frisquet sous la pluie, sans compter que l’eau de lavage n’est pas chaude non plus. Un peu rude les conditions mais c’est tellement bon que de se sentir propre.

7h00. Il pleut toujours. Il paraît que le point de vue depuis Atene Lookout sur Whanganui River est magnifique, mais je ne me mouillerai pas pour une marche de deux heures quand la limite nuageuse est encore descendue. Je poursuis mon chemin sur Whanganui River Road. Jusqu’à présent il s’agit de la route la plus étroite qu’il m’ait été donné de voir en Nouvelle-Zélande: il serait parfois même impossible de croiser juste un motocycliste. Son tracé suit toujours la rivière, méandre après méandre, parcourant la forme en V de la vallée, toujours refermée sur elle-même. La route commence à grimper, et, arrivée au sommet d’Aramoana Hill, d’où la vue est magnifique sur un coude du fleuve, quitte la vallée.

Méandre de Whanganui

Whanganui River, un méandre

Je retrouve le fleuve alors que je m’approche des faubourgs de Whanganui, la ville cette fois-ci. Vous qui me suivez depuis (peut être) le début, je pense que vous avez déjà remarqué que nombre de villes possède tout simplement le nom du fleuve à proximité duquel elles ont été construites. Je dois dire que Whanganui, ou plutôt Wanganui, comme elle est orthographiée sur le panneau indicateur à l’entrée de la cité, m’a laissé une impression bizarre. Rues tirées au cordeau, un certain nombre de vieux bâtiments du début du siècle, souvent décrépis, quelques entrepôts, véhicules parqués dans toutes les rues – encore plus que d’habitude –… un peu comme si après sa naissance dans les années 1840, elle avait grandi beaucoup trop rapidement. Historiquement, elle fut une plaque tournante de l’exportation du bois, acheminé par flottaison, puis un centre touristique, dont les seuls vestiges sont la Waimarie, le dernier vapeur a avoir circulé sur la rivière, jusqu’à son naufrage. Son épave fût renflouée dans les années 1995 et, après 6 ou 7 ans de travail bénévole, il navigue à nouveau, embarquant des touristes pour les amener jusqu’à Pipiriki. L’association qui le rénova tient un musée et s’est attelée à la réhabilitation d’un autre navire.

Waimarie

Aujourd’hui, Waimangu est connue pour ses souffleurs de verre, comme ceux de Chronicle Glass Studio que j’ai observés un petit moment. Leur galerie comporte des pièces splendides que j’aurai bien aimé ramener chez moi, malheureusement Crésus ne fait pas partie de mes ancêtres. Certaines personnes m’avaient dit que la ville était un peu triste. Une promenade d’une petite heure m’a permis de leur donner en partie raison. Les vieilles bâtisses construites en dur, ou encore cette rangée de maisons en bois, ou bien cette fontaine originale au milieu du rond-point donne un certain cachet à cette cité. S’il y a le fond, il manque vraiment le contenu, tant elle paraît vide.

Dernier détour avant de partir: je récupère les clefs de St Paul’s Memorial Church à l’office du tourisme, puis trotte jusqu’à Putiki, de l’autre côté du fleuve, où cette église est érigée. L’extérieur ne paie pas de mine, et ressemble à nombre d’autres monuments religieux. Par contre, une fois la porte passée, vous voilà propulsés en pleine culture maorie. Je vous avez parlé à Rotorua d’une église, St Faith’s Anglican Church. L’intérieur est similaire. Coloré dans les teintes rouge, blanche et noire, il arbore des tukutuku, panneaux muraux finement ciselés. Les pupitres, les extrémités des bancs, même le bénitier étalent des sculptures. Officiellement, il est interdit de prendre des photographies, mais je trouvais dommage de ne pas vous en faire profiter.

Putiki Church : vue d’ensemble

Voilà, je quitte Wanganui moins de 2 heures après y être arrivé, direction Palmerston North, distant d’un peu plus de 70 kilomètres. Imaginez les plaines au sud de Paris, rasez les champs de blés blondis par le soleil, plantez des pâturages verdoyants, ajoutez des barrières,  saupoudrez de milliers de blancs moutons, parsemez le tout de quelques fermes et bosquets, vous obtiendrez le paysage de cette région.

Palmerston North: pas grande chose à dire de cette cité, comme surgie de nulle part. Effectivement, elle n’est pas aussi ancienne que Wanganui, Auckland, Wellington ou encore d’autres lieux touristiques comme Pipiriki ou Waitomo. D’architecture pseudo-moderne, construite autour d’un immense square comportant mare aux canards, sculptures maories, tour à l’horloge, … mais rien n’y fait. Hub centrale de cette région agricole et diurne, elle a tenté de parsemer ses rues de sculptures et autres objets artistiques, mais elle manque toujours de personnalité. Seuls quelques bâtiments possèdent un certain cachet, comme la grandiose bibliothèque centrale, ayant gardé la façade de la Direct Imported Compagny.

Bibliothèque de Palmerston North

Pourquoi y être venu? pourriez-vous me poser comme question… et bien il faut dire qu’elle possède le New-Zealand Rugby Museum. Derrière ce grand nom se cache un petit musée. A l’origine, un palmerstonien, suivant la tournée des All Blacks de 1967, admira la chambre des trophées à Cardiff Arms Park et déplora le manque d’un équivalent en Nouvelle-Zélande. Encouragé par le New-Zealand Rugby Federation, il commença, avec l’aide d’un autre féru, à récupérer et accumuler d’anciens trophées, souvenirs et autres objets liés au rugby néo-zélandais depuis la tournée triomphale de l’équipe nationale en 1905. Aujourd’hui, le musée occupe une maison bien trop petite pour les nombreux objets, et, si l’envie de bien faire se ressent, l’argent manque. Il faut dire que depuis sa création, il est toujours tenu, maintenu et soutenu par une équipe de volontaires, comme nombre de musées locaux en Nouvelle-Zélande. Pour la Coupe du Monde de Rugby, il devrait déménager à Te Manawa, et se refaire une beauté. Espérons que ce sera le cas.

Le musée du Rugby à Palmerston North

Pour les petites histoires, le nom des All Blacks provient d’une erreur de compréhension d’un journaliste britannique en 1905. Alors que l’équipe néo-zélandaise avait écrasé les britanniques 50-à pas grand chose, le journal avait marqué le score en faveurs des anglais, titrant que les néo-zélandais étaient complètement dans le cirage, all black dans la langue de Shakespeare. Depuis, le surnom leur est resté. Sinon, le musée a été construit à Palmerston car il se trouvait que les tarifs immobiliers proches du centre n’étaient pas aussi élevés que dans d’autres villes, et que cette cité est aussi le lieu où habita pendant 50 ans CJ Monro, l’homme qui a introduit le rugby en Nouvelle-Zélande.

Te Manawa: il s’agit du complexe culturel de la ville qui regroupe aujourd’hui un musée d’art et un autre d’histoire. Je profiterai du premier qui expose des artistes néo-zélandais. J’ai particulièrement bien aimé les travaux, que ce soit peintures ou sculptures, de Paul & Fran Dibble. Bien que possédant près de 50’000 objets maoris, je préfère découvrir la culture maorie au Te Papa, le célèbre et moderne musée de Wellington.

Peu à peu je m’approche de Wellington, par la côte ouest de l’île du Sud. Cela fait un moment que je n’ai plus parlé de météo. Depuis que j’ai quitté Wanganui, il ne pleut plus; par contre un puissant vent d’ouest souffle depuis la Mer de Tasmanie. Il vaut mieux accrocher le volant à deux mains tant les rafales secouent brutalement le véhicule. Passant par Foxton, je suis intrigué par la silhouette qui ne m’est pas inconnue d’un moulin à vent. Que fait pareil monument ici? aurait-il été ramené depuis la Hollande ? Sa visite m’éclaira tant sur son histoire que sur celle des environs. Accueilli par un charmant couple de bénévole – encore –, ils me racontent son histoire, et me convient, moyennant un billet-donation pour soutenir leur association « De Molen Flour Mill » à grimper aux étages supérieurs. Ce moulin à vent, dont le dispositif mécanique provient de Hollande, n’est pas une aberration dans le paysage, puisque le premier de ce type fut construit à Wellington en 1843. Sa construction est plutôt d’un intérêt historique que pratique, bien qu’il soit couramment utilisé pour moudre de la farine. Aujourd’hui, le vent soufflait toutefois trop fort et les meules étaient immobilisées.

Le moulin de Foxton

A l’étage, je rencontre un autre volontaire avec qui je commence par discuter de la pluie et du beau temps, avant de parler de mon pays d’origine, de mon voyage, … et enfin des environs. Notamment le fait que Foxton fut une véritable ville, grouillante d’activité lorsqu’à l’époque, juste devant le moulin, se trouvait encore un immense port destiné au commerce du flax, ce chanvre néo-zélandais. Mais aujourd’hui, du port, il ne reste qu’un petit méandre, où le marnage se fait à peine sentir. Une barque ne pourrait même plus y naviguer et une zone de nidification pour espèce locale, et où les sternes arctiques viennent nicher lors de chaque migration, est apparue. Un projet est en cours pour réhabiliter le méandre et pouvoir y promener les touristes à la rencontre des volatiles. Au risque de détruire le biotope et la quiétude du lieu, je doute que ce soit la meilleure solution. Il me raconte aussi que les touristes ne s’arrêtent d’habitude pas à Foxton, ne connaissant pas cette ville, malgré les petits musées qu’elle recèle, dont un décerné au Flax et un autre aux Tramways. Tout en déplorant le manque de volonté des bénévoles qui les tiennent, fermant souvent bien avant l’heure par manque de visites. J’apprends aussi qu’à l’origine, les plans de Palmerston North, étaient destinés à Foxton. Toutefois, l’histoire ne s’est pas déroulée ainsi, et plongea Foxton dans l’oubli.

D’ailleurs, même moi je n’y serai pas passé si je n’avais pas eu besoin de rejoindre la SH1 afin d’aller jusqu’à Waitarere, dont la forêt a servi de lieu de tournage pour Osgiliath Wood et Trallshaw Forest dans Lord of the Rings. Toutefois, sur ces terres privées, mais où les braves gens peuvent se balader, je découvre une forêt de pin exploitée par l’homme plutôt que ce qui aurait pu être un décor de cinéma. Peut-être que plus au nord, quelque part sur ces plus de 2000 hectares, se trouve un lieu où les espèces végétales n’ont pas encore été supplantées par l’arbre européen. Pour me réconforter, petite virée jusqu’à la plage : le rivage est blanc d’écume, les vagues se brisent et se brisent encore, et ne cessent de déferler sous le puissant vent d’Ouest. Juste grandiose.

Comme je me trouve à l’intérieur d’un village, et de surcroît sur une route qui continue sur la plage, je ne peux pas rester ici pour cette nuit. Sur la carte, une petite route mène jusqu’à la côte, quelques kilomètres au sud d’Otaki et les ramifications sont moins nombreuses. Comme il n’est que 16h30, je pourrai y être pour le coucher de soleil, car oui, depuis un peu plus d’une heure, je baigne dans les rayons solaires. Un véritable bonheur. Pour descendre jusqu’à Te Horo Beach, je rejoins la SH1, que j’avais abandonnée à la sortie d’Auckland. Sur cette route à fort trafic, impossible de traînasser: à moins de 90km/h, les klaxons se font entendre. Il y a bien la solution de se mettre sur la bande d’urgence, pour laisser passer les gens pressés, mais alors, que de difficultés pour rentrer à nouveau dans la circulation. Question paysage, je roule au milieu d’une large plaine bordée à ma droite par la Mer Tasman, et à ma gauche par les monts de Tararua Range.

Finalement, j’arrive à Te Horo Beach un peu déçu, car l’endroit est quand même plus qu’habité avec une rangée de maisons en front de mer. Mais il se trouve qu’une place, à proximité de la plage où se trouve deux bâtiments combinant vestiaire et toilette, autorise jusqu’à 3 campervans à s’y installer pour la nuit. Je serai seul. Face à la mer qui déferle, se brise, s’écrase sur cette plage où le sable est recouvert de galets. Du vent ou de la mer, je ne sais quel bruit est plus important. Une chose est sûre: j’y reste. L’endroit est magnifique et le coucher de soleil grandiose.

Te Horo Beach

En apéro: avocats dégustés sur un tronc de bois flotté, à admirer les dernières lueurs. Il ne manque que le petit coup de blanc. Tomates en salade, cheddar, œufs, et timtam accompagné de thé Chaï, un véritable régal. Et demain, encore quelques kilomètres à parcourir, une petite balade et je serai à Wellington, à deux pas de South Island. Traversée prévue pour après-demain, tôt le matin. D’après le bénévole du moulin à vent, j’ai intérêt à avoir un estomac bien accroché, car la traversée du détroit de Cook, par pareil vent, qui ne va pas faiblir d’après la météo, est quelques peu mouvementée.

A la lueur de la pleine lune, l’ambiance est encore plus magique. Le blanc de l’écume tranche avec le noir de la plage. Embruns et mousses viennent maculer le pare-brise de mon campervan. Après une petite balade, au cours de laquelle je vois les vagues déferler jusqu’au sommet de la plage, une idée traverse mon esprit ; si par hasard, la marée monte encore pendant 2 ou 3 heures, l’eau salée ne risquerait-elle pas de venir baigner mes pneus, et surtout propulser les quelques troncs épars au sommet de la plage contre ma carrosserie ? Petit moment de doute, avant que je contrôle les horaires de marée. Elle devrait encore gagner 0.6 mètre, donc il n’y a pas de souci à se faire. Je vérifierai quand même de temps à autre par la fenêtre, si je ne dois pas trouver refuge ailleurs.

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