J 10 – Péninsule de Banks et mornes plaines du Canterburry

21 05 2011

Peel Forest, samedi 21 mai 2011, 19h00

Akaroa – Peel Forest (Central Canterburry)

D=1856 km

Alors que je m’étais endormi sous un ciel étoilé, durant la nuit, des gouttes de pluie rebondissant sur la carrosserie se font entendre. Je me rendors tranquillement, persuadé que demain les nuages se seront enfuis. J’ai presque eu raison : quelques traînées blanches rosissent encore dans les lueurs matinales. Petit déjeuner et en route sur la Summit Road qui permet de parcourir les hauteurs de la péninsule et permet de jouir d’une vue plongeante sur les baies et les vallons, ou encore sur Akaroa Harbour et son isthme central, ancien Pa maori.

Toutefois, je ne résisterai pas à la tentation d’un détour par Okains Bay pour découvrir une des vallées, logée entre deux tentacules. Profitant de la pente importante de la route, j’avale en quelques minutes les 300 mètres de dénivelée, sur une petite route sinueuse. Arrivé au niveau de la mer, je traverse un petit hameau d’une dizaine de maisons avant d’atteindre la plage de sable fin. Une petite balade me permet d’observer les pieux des anciens wharfs qui servaient au débarquement de la main-d’œuvre pour le fauchage et au chargement des ballots d’herbes fourragères sur les navires à destination de Lyttelton, port de Christchurch. En 1877, une jetée est construite. Après l’ensablement du chenal, la route y menant est prolongée, et un nouveau ponton est construit. Suite au deuxième ensablement, un troisième wharf est alors bâti. Aujourd’hui, il ne reste plus que les vestiges des deux plus récents, ainsi qu’une partie de la chaussée. Mon détour, après m’avoir fait gravir le coteau ouest, traversé un petit vallon (Chorlton) rempli de moutons, me mène à Little Akaroa Bay, où le village éponyme est construit au fond de la rade. Hibiscus remonte alors péniblement le chemin jusqu’à Summit Road.

J’avais décidé que je devais me balader dans une des baies avant de quitter la péninsule de Banks. La rencontre avec deux voyageurs, cheminant en campervan Escape, m’avait convaincu de faire la randonnée de Pigeon Bay. Cette petite colonie bâtie en grande partie par deux familles écossaises, Hays et Sinclair, ne compta pas moins de 350 habitants à la fin du XIXe siècle et posséda une école, un docteur ainsi qu’une office postale. Aujourd’hui, seuls quelques fermiers descendants des Hays y exploitent encore les terres. Les consignes du DOC préconisent environ 5h30 pour longer la côte est de la baie jusqu’au bout du cap et revenir. J’approvisionne donc mon sac en eau, pain, fromages, pommes et petits coupe-faim avant de partir. Il ne faut pas s’attendre à un petit sentier côtier sinueux, comme les GR français ou portugais: le tracé suit une large route agricole, bien délimitée dans le paysage, se déroulant plus ou moins au même niveau.

La vue sur Pigeon Bay est magnifique, avec ses eaux turquoises, scindées par de petites falaises volcaniques couronnées par des prés verdoyants où paissent moutons et vaches. Mes yeux ne cessent de se régaler, tout comme mes oreilles. Les seuls bruits audibles, à part le chant des oiseaux et celui des grillons, celui sourd de mes pas arpentant la terre battue. Aucun murmure de moteur que ce soit aérien ou routier, un vrai bonheur. A mesure que l’on s’approche du cap, le regard porte plus loin, sur les autres découpes de la côte, ou sur le profil bleui des montagnes à l’horizon, ou encore sur les neiges arborées par quelques cimes encore plus lointaines. Le panorama depuis le cap whitehead s’ouvre sur l’immensité de l’océan Pacifique.

Le chemin du retour suit exactement le même tracé qu’à l’aller. Toutefois, ayant le soleil dans le dos, je profite encore plus de la vue sur la rade. N’ayant pas de montre, de retour à la voiture, je regarde l’heure. Je m’attendais à mettre moins de temps que celui préconisé par le DOC, mais je n’aurais jamais misé sur une division par deux. Et pourtant il me semble que je me suis passablement arrêté pour regarder le paysage, prendre des photos, laisser mes pensées divaguer lorsque j’étais au bout.

Je dois malheureusement quitter Akaroa et ses environs pour continuer mon périple. Entre le Far North, le Waitomo ou encore les environs d’Auckland, la Banks Peninsula est ma région pastorale préférée en raison de ses nombreuses découpes côtières, de la variété de son paysage. Une fois passé le col de Hilltop, à 475 mètres au-dessus de la mer, je rejoins la route au tracé si particulier, située au niveau de la mer.

A Tai Tapu, je quitte la SH74, pour rejoindre directement la 1 sans passer par Christchurch. J’aurais bien volontiers foncé directement vers les montagnes, où la SH72, nommée Inland Scenic Route fut construite. Toutefois, je voulais emprunter le plus long pont de Nouvelle Zélande qui enjambe Rakaia River. Effectivement, je suis passé dessus, il doit bien mesurer plus d’un kilomètre de long, mais par contre aucune prouesse architecturale. Il s’agit d’un bête pont, bâti sur le modèle standard kiwi. Je vous laisse admirer la photographie, cela se passe de commentaires.

Après avoir bifurqué pour les 40 prochains kilomètres en quittant la SH1 à Rakaia, je rejoins enfin la SH72. Scenic, scenic, un bien grand mot. Toutefois, je dois quand même reconnaître qu’entre le paysage ici, ou aux environs de la SH1, il y a déjà une nette amélioration. Les champs sont subdivisés en plus « petites » parcelles, des haies végétales sont érigées régulièrement, des bosquets vivifient le paysage, … Ce n’est pas encore le paradis, quoique le coucher de soleil en contre-jour sur les MacKenzies vaut largement le coup d’œil.

17h40. Alors que le camping du DOC de Peel Forest est fermé pour l’hiver, je me pose tranquillement sur la grande place herbeuse située quelques mètres plus haut.  Bien que je ne puisse pas profiter d’une douche chaude, cela m’arrange presque. Situé proche d’un petit marais, où les premières brumes font déjà leur apparition, le matin aurait pu être humide. Sinon, ce fut une grande journée, très partagée entre de magnifiques paysages jusqu’en début d’après-midi puis une longue route à travers les vastes plaines planes du Canterbury. Akaroa est splendide, Bank Peninsula grandiose,  Christchruch devait être magnifique. Leur seul défaut: être situés à plus de 150 km de tout autre point d’intérêt.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Actions

Information

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :