J37 – Nelson Lakes National Park

17 06 2011

Marahau, vendredi 17 juin 2011, 21h25

Trajet : Lake Rotoroa – Lake Rotoiti – Motueka

D = 5565.4 Km

Les brumes matinales nimbent les forêts descendant sur les rives du lac, alors que le ciel est voilé par les nuages. L’univers semble comme teinté de gris. Après quelques pancakes pour le déjeuner, j’effectue une petite balade pour amorcer la digestion dans la forêt attenante. Je retrouve les hêtres, mais un tapis de fougères remplace ici le sol moussu du fjordland. Je quitte le Lake Rotoroa, toujours timidement caché par le brouillard pour son petit frère, Lake Rotoiti dans la vallée d’à côté. Alors que je roule, un petit vent d’est commence à dissiper les brumes. Si j’ai de la chance, à mon arrivée à Saint-Arnaud, le temps sera découvert à basse altitude.

La crête et les sommets des montagnes se détachant sur un ciel blanc, je me décide pour la randonnée de Bushline Hut. D’après Mark Pickering, l’itinéraire donne les meilleures vues sur le lac. Départ à environ 870 mètres, je commencerai la boucle d’une dizaine de kilomètres par le côté le plus ardu, une raide montée de 500 mètres, jusqu’à Mount Robert, nommé ainsi par Julius von Haast en l’honneur de son fiston. Le sentier zigzague sur le flanc nord-est de la montagne. Côté aride, les forêts laissent rapidement place à la prairie alpine. A mi-hauteur, alors que le panorama sur le West Arm et la baie baignant Saint Arnaud, le chemin passe l’arrête, et s’enfonce dans la forêt poussant jusqu’à 1200 mètres sur les faces sud et ouest, bien plus humides. A mesure que je m’approche de la crête, la montagne s’arrondit, les herbes sèches gagnent du terrain et finissent par occuper tout le sommet. Longeant la crête, ma vue porte jusqu’aux Arthur’s Range, dominant l’Abel Tasman National Park, aussi loin que les Victoria Range au sud de Buller Gorge mais est stoppée à l’est par les montagnes dominant l’autre rive du lac.

Je redescends de l’autre côté de la montagne, passe à côté de Kea Hut, la première cabane construite dans Nelson Lakes National Park en 1934 par 6 skieurs. Je rejoins alors Bushline Hut, la cabane du DOC. Je profiterai de sa douce chaleur, subsistante après son occupation durant la nuit par un groupe de quatre allemands, pour me désaltérer, grignoter une pomme et quelques carrés de chocolat. A mesure que je poursuis le chemin, l’itinéraire tout en perdant de l’altitude s’avance sur un promontoire, dominant le lac. En contrebas, la forêt remplace à nouveau la prairie, épouse le changement de courbure de la pente et descend jusqu’au lac. Elle occupe toutes les rives, ne laissant apparaître qu’une mince bande de grève grise. Malgré la réflection du ciel, l’eau semble limpide, presque verte, glaciale. Je rejoins alors les premiers arbustes, manuka et tanuka croissent rapidement et masquent ma vue. Il ne me reste plus qu’à suivre le tracé plus ou moins horizontal pour regagner le parking.

Après cette charmante balade, passant par la source de Buller River, je rejoins le bord du lac à Saint-Arnaud, afin de découvrir son fin bras, s’élançant vers le sud, qui m’était caché pendant la randonnée. Une mince surface liquide enchâssée dans une vallée en V. De chaque côté, des montagnes, dont les formes leur furent donnée par l’érosion glaciaire. Nombre de vallons rythment ces pentes touffues, au centre desquelles le lit d’un tonitruant torrent se devine. Du bord du lac, j’admire sa surface lisse comme un miroir, regrettant amèrement l’absence de caillou adéquat afin d’y faire quelques ricochets.

Je reprends la route, direction Motueka, le dernier grand village avant l’Abel Tasman National Park. Sur le chemin, je remonte une vallée dont les flancs sont recouverts de forêts d’exploitation. Les cimes des pins sont alignées couverts, comme les casques des soldats lors une parade militaire, alors que des plantons sont régulièrement espacés sur les longues surfaces précédemment défrichées. Si je n’assisterai pas à la coupe du bois, je verrai par contre le chargement des fûts sur les camions. Pas comme chez nous, un tronc après les autres, la procédure est bien plus efficace, par paquet de dix, en trois bordées, la remorque est pleine. A mesure que je m’approche de la côte, les forêts artificielles laissent place à de verts pâturages, puis ces derniers sont remplacés par les plantations fruitières : kiwis, pommes, poires… ou encore houblon. Les arbres et poteaux s’alignent à perte de vue dans ces plaines collinéennes.

Arrivé à Motueka en milieu d’après-midi, je rejoins l’Office du Tourisme, afin d’y retirer quelques renseignements. Si aucune compagnie n’est d’accord de louer un kayak à un groupe composé d’un seul énergumène, les prévisions météorologiques me mettront du baume sur le cœur : pluie intermittente, températures de 4 à 16[°C] ne me semblent pas un temps idéal pour pagayer. Tant pis, je découvrirai l’Abel Tasman National Park à pied. Une des plus belles parties tant pour la variété du paysage que pour découvrir faune et flore de Bark Bay jusqu’à Anchorage. Si le temps est clair, je n’hésiterai pas à enchaîner cette portion avec le dernier tronçon menant à Marahau : 24 kilomètres, soit 6 à 7 heures de marche ne me font pas peur. Mais sous la pluie, peut-être que cela risque de perdre de son charme. Si je me restreins à la section Bark Bay jusqu’à Anchorage, je risque d’y attendre le bateau pendant 2 heures. Un compromis idéal semble débarquer à Onetahuti Bay vers 10h15, passer par l’intérieur des terres et rejoindre Anchorage pour 15h30. Environ 17 kilomètres à parcourir en 5 heures, aisément faisable, tout en profitant du paysage.

Je parcours encore la petite vingtaine de kilomètre me séparant de Marahau. Apercevant une place peu avant l’arrivée au village, je profite d’y parquer mon campervan, je suis persuadé que les panneaux : « no overnight camping » doivent fleurir sur les deux derniers kilomètres. Alors que je finis de rédiger ce billet, la pluie a commencé à tambouriner sur mon toit. S’il continue ainsi toute la nuit, peut être considérerai-je demain matin uniquement l’option Bark Bay-Anchorage avec un peu de temps à tuer. La nuit porte conseille, je verrai bien.

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