J57 – Jenolan Cave

7 07 2011

Old Ford Reserve, Blue Mountain, New South Wales, jeudi 7 juillet 2011, 2010 (GMT+10)

D = 623.5 Km

Hier soir, les bras de Morphée m’ont appelé alors que je n’avais pas encore terminé mon récit. Vers 21h00, je dormais du sommeil du bienheureux. La nuit fut longue et s’est avérée très réparatrice lorsque je me suis levé vers 6h30 pour admirer l’aube poindre. Mon premier lever de soleil à l’intérieur des terres. Beaucoup de personnes m’avaient parlé des couleurs que pouvait revêtir cet instant en Australie. Jaune, orange, rouge, … l’horizon s’embrase. La base de massifs nuages gris se teinte de mauve, alors que végétation et montagnes se détachent à contrejour. Déjeuner aux premières lueurs du jour, un de mes grands plaisirs pendant ces vacances. Alors que la fraîcheur (NZ) ou le froid (AU) vous refroidit, profiter de la chaleur des premiers rayons est un vrai délice. Si je veux atteindre le cœur Blackheath ou Katoomba au cœur des Blue Mountains avant la fin d’après-midi, je ne tarderai pas à partir.

Première étape: parcourir les 60 kilomètres de chaussée non bitumée me séparant de la route Goulburn-Oberon. Hier, lors de mon passage au Fitzroy Falls, je m’étais renseigné sur l’état de cette route. La logique aurait voulu que, comme tous les touristes, j’effectue le détour par Goulburn : 150 kilomètres de route bitumée. Le principal défaut de cet itinéraire est qu’il fait partie du réseau des routes importantes avec beaucoup de circulation. Bref, je préférerai de loin prendre plus de temps pour parcourir 80 kilomètres, dont 60 sur du gravier et profiter de la cambrousse. L’avis de la ranger sera catégorique : la route est de bonne facture, sans nids-de-poule importants: il faudra juste que je prête attention aux branches et autres déchets résiduels de la tempête de ces derniers jours. Avant de partir, elle me demande si je suis prêt pour l’aventure sur cette route étroite, sinueuse et déroulant son ruban sur de raides flancs montagneux. Si, au début, la route n’est que sinueuse, déroulant son ruban à flanc de collines, les autres qualificatifs apparaissent les uns après les autres. Si la route n’est pas large par endroits, le nombre de virages possédant un léger élargissement où deux véhicules peuvent se croiser est plus qu’important. La balade s’avère pittoresque entre la rivière occupant le fond du canyon, les eucalyptus, les kangourous bondissant sur la route, la fine bruine plus qu’intermittente, la rencontre avec deux grosses jeeps, dont l’une possède le mythique par-buffle orné des cornes d’un taureau avec le sommet du crane. Après avoir gravi l’autre côté de la vallée jusqu’à Woombeyan Cave, le tracé s’assagit pour mon premier passage dans le Blue Mountain National Park : une longue et large route en terre battue, ornée d’eucalyptus à la place de peupliers ou de platanes.

Peu avant mon retour sur le macadam, j’ai rejoint les pâturages de l’Upper Lachlan Shire. Il me reste encore  à engranger une centaine de kilomètres avant d’arriver enfin à Jenolan Caves. Lors de mes arrêts photographiques, je finis par enfiler une fourrure polaire, en raison de la fraîcheur du fond de l’air. Un petit arrêt à Oberon me permet de m’enquérir sur la météorologie ainsi que d’obtenir quelques informations sur la région. Je ne m’attendais pas à être monté jusqu’à 1200 mètres – d’où le froid hivernal –. Aujourd’hui et demain le temps devrait rester mitigé avec une couverture nuageuse abondante et quelques bruines intermittentes.

Alors que j’imaginais les grottes de Jenolan s’enfoncer à partir de la surface du plateau, la route disparaît dans une vallée. La descente sera rapide, non en raison d’une faible différence d’altitude, mais d’un tracé raide à faire frémir tout ingénieur civil helvétique. Arrivé au fond, je me parque en amont d’une immense bâtisse, dont la facture me rappel ces hôtels touristiques du début du XIXe siècle. J’apprendrai plus tard que le bâtiment date effectivement de cette époque, et a été construit dans ce style pseudo-victorien si cher à cette époque. Les complexes spéléologiques de Jenolan se sont formés il y a approximativement 340 millions d’années, faisant de ces grottes de loin les plus vieilles du monde. Connue depuis des millénaires par les aborigènes, ces derniers descendaient leurs blessés et malades dans le réseau de galerie pour les baigner dans les rivières souterraines, auxquelles ils prêtaient des vertus médicales magiques. Il faudra moins d’un quart de siècle depuis la fondation de Sydney, pour que les grottes soient (re)-découvertes par les européens. Dès 1840, les premiers touristes visitent les grottes et le gouvernement décidera de les protéger dès 1866. Dès lors, une liaison routière reliant Jenolan à Katoomba voit le jour en 1887 avec la route Six-Foot et la construction d’une immense bâtisse servant de relais et d’auberge. Aujourd’hui l’exploration continue encore : si plus de 350 entrées sont répertoriées, le réseau est loin d’être complètement connu dans son intégralité.

Touristiquement parlant, il est possible de visiter 11 grottes différentes. Je me serai bien plu à explorer Orient ou The River Cave, la description me semblait des plus attractives. Toutefois ne voulant/n’ayant pas le temps de patienter 2 à 3 heures à Jenolan, je me rabattrai sur Chifley Cave, l’une des plus veilles grottes à avoir été explorée. Pour y accéder, il faut passer sous la Grande Arche, une grotte semi-ouverte d’une centaine de mètres de long, une cinquantaine de haut, sous laquelle circule aussi la route.

La visite sera plus que sympathique avec un guide dont l’enthousiasme et le charisme est impressionnant. Au travers des cinq arrêts j’apprendrai un peu plus sur l’histoire des grottes, raviverai mes connaissances en spéléologie, de la formation d’une grotte calcaire à celle des voiles, et surtout ne cesserai de m’émerveiller devant ces constructions millénaires. J’avais apprécié la self-spéléologie de Cliffden Cave, l’intimité des visites en petit groupe de Waitomo, ici tout cela sera compensé par la formidable diversité des concrétions de calcite.

De retour à l’air libre, je récupère un audioguide, compris avec la visite guidée, et là je discute cinq minutes avec le guichetier, dont les Grisons sont sa région suisse préférée, puis pars à la découverte Nettle Cave et de Devils Coach House. Il s’agit de la grotte semi-ouverte et de l’arche d’accès qu’exploraiênt les touristes à l’origine, grimpant sur des échelles en bois, ou escaladant des escaliers sommairement taillés dans la roche. Devils Coach House est ma préférée des deux. Non seulement en raison de ses dimensions : 130 mètres de long, 90 de haut, 40 de large, mais aussi pour ses formes et ses nombreuses ouvertures permettant des jeux de lumière tout simplement magiques. Elle fut nommée ainsi après qu’un colon a juré avoir aperçu Satan sur son Carrosse, tiré par des chevaux hennissant, entrer dans la caverne. La description fut mise sur le compte des hallucinations éthyliques, les cris étant sûrement le chant d’un des hiboux y nichant. Le nom est toutefois resté. Pour ma part, après avoir observé l’ouverture nord, large de 20 mètres, haute de 50, hérissée de stalactites, depuis le sommet d’un promontoire, il y a un je-ne-sais-quoi de diabolique dans ce béant orifice minéral au sein de la forêt.

Avant de quitter Jenolan, un petit détour me mène par Blue Lake. J’avais osé espérer observer un des deux platipus ou ornithorynques nichant actuellement dans les environs. Apeurée par l’agitation touristique, la paire n’est malheureusement active qu’en début ou fin de journée. Je reprends la route en direction des Blue Mountains. Le temps de ressortir de la gorge, glisser le long d’un plateau recouvert de pâturages et de pinèdes d’exploitation, et m’y voilà déjà. Dans le lointain, la longue table, arborant une ceinture rouge en-dessous de sa couronne végétale, apparaît. En moins de temps qu’il n’en faut, me voilà embarqué sur la route bidirectionnelles à 4 voies, sans bande d’arrêt d’urgence, ni place d’évitement, il me sera impossible de m’arrêter. De toute manière, je n’aurai jamais osé traverser la route pour accéder à l’autre côté, d’où la vue est bien plus esthétique.

Arrivé à Blackheath, je comprends mieux les bribes que j’avais saisies aux nouvelles radiophoniques affirmant que les Blue Mountains avaient été fortement touchées par les vents violents. Des arbres déracinés jonchent les jardins : il ne s’agit plus de petits eucalyptus, mais de conifères au diamètre important, des troncs, des tas de branches. Des camions grues soulèvent des troncs découpés à la tronçonneuse pour libérer les accès, les services électriques et téléphoniques rétablissent leur service, les pompiers sont venus à la rescousse de la population; les barrières automatiques du train sont remplacées par deux agents ferroviaires de piquets. Ma visite des Blue Mountains s’annonce plus aventureuse que prévue. Un passage à l’office des visiteurs m’informe que la majorité des tracés sont fermés en raison d’un nombre trop important d’arbres bloquant les chemins. Actuellement, seul l’accès à Echo Point est possible. Il me faudra revenir demain pour avoir les dernières nouvelles sur le dégagement des chemins. Personnellement, s’il n’y a aucun danger lié au vent ou aux chutes de pierre et que seuls les troncs obstruent le passage, il se pourrait bien demain que je parte quand même à l’aventure. Ce soir, je rejoins un terrain de camping gratuit, situé à l’abri du vent dans une petite vallée. Il est plus qu’agréable de cuisiner et manger (presque) au chaud.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Actions

Information

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :