J66 – Deira – fishmarket

17 07 2011

XVA Hotel, Dubaï, dimanche 17 juillet 2011, 6h27 (GMT+4)

En fin d’après-midi, alors que j’ai plus ou moins planifié l’itinéraire pour ces prochains jours et surtout réservé mon moyen de locomotion, je retourne en abras de l’autre côté de Khor Dubaï. Je ne résiste pas à faire un petit détour par le marché aux épices pour humer encore une fois ces senteurs, avant de me rendre dans des ruelles plus vénales. Abrité par un large toit portant l’inscription « Dubaï, cité de l’or » en anglais et en arabe, le Souk de l’or, un vaste entrelacs d’allées où les vitrines miroitent et scintillent d’or et d’argent. Des tonnes et des tonnes d’or ciselés sous forme de bagues, bracelets, boucles d’oreille, parures, … D’après le guide, pas moins de 25 tonnes de cet inestimable matériau sont présentes en tout temps chez les joaillers. Les devantures ne brillent pas par leur simplicité, croulant sous les anneaux et les bustes, surmontés par de gigantesques enseignes lumineuses. Un monde complètement à part. Je visiterai quelques boutiques : un portier vous ouvre la porte, les marchands arborent costard-cravate, … tout semble des plus artificiels. Je préférai de loin Al Romaizan, une échoppe tenue par des arabes vêtus de leur costume traditionnel. L’atmosphère est bien moins guindées : ici, aucun prix n’est affiché et toute estimation est sujette à discussion. L’une des créations, une parure pectorale à motifs floraux, me séduit par la qualité de son travail, spécialement la représentation des badianes. Toutefois, elle est bien hors-de-portée de ma bourse, même si son prix reste « raisonnable » comparativement à ce qu’un joailler européen en demanderait.

Sur le chemin me menant au marché au poisson, je longe la ruelle où sont présentes les parfumeries, d’où sortent des effluves entêtantes. Chacune propose les Grands Parfums de la mode, ainsi qu’une petite sélection de senteurs plus prisées par les arabes, sans oublier les différents types de musc. En dehors d’une importante activité matinale, le marché au poisson retrouve toute sa vigueur en début de soirée. Partageant les lieux avec les fruits et légumes, quelques employés me taquinent en me disant que jamais je n’oserai mettre les pieds dans la partie poiscaille, tant l’odeur est impressionnante. Malgré les lits de glace, par une journée où la température ne descend pas en dessous de 40°, le fumet est plus que développé. Cela ne m’arrêtera pas et  je découvrirai sans doute le marché le plus actif depuis mon arrivée. Les vendeurs crient, gesticulent dans l’espoir d’attirer l’attention des acheteurs et finissent d’écouler leur stock. Me faisant interpeller à plusieurs reprises, je les surprendrai, quand, sans hésitation, je saisis le poisson, la seiche ou encore le requin qu’ils me tendent, dans l’espoir que je sois séduit par le produit. En retrait des principaux stands, une zone est attribuée uniquement aux poissons séchés : morues, sardines, alevins, … l’odeur, un peu âcre, est encore plus forte que dans le reste du marché.

Dès l’instant où je prendrai une ou deux photographies, quelques employés me demandent d’être immortalisés à côté de leur stand, puis m’entraînent auprès de leurs amis pour que je saisisse l’instant présent. De bonne humeur, ils ne cesseront de se taquiner, qui déposant un poisson sur l’épaule de l’autre, qui glissant une seiche dans le cou, … Il s’agira sans doute d’un des meilleurs souvenirs de Dubaï, tant l’ambiance est complètement délirante, ouverte… Les discussions iront bon train sur ce petit suisse qui se balade sans être dégoûté par les poissons défraîchis et les odeurs. Avant de quitter l’endroit, je déambule entre les étales colorés du marché aux légumes. Discutant avec les détaillants, certains me feront goûter leur produits locaux : concombres, tomates,… si je prends en photographie leur stand. En plein au milieu de la zone trône un long étalage rempli de dattes : tailles, couleurs, états de séchage, origines, varient. Je serai forcé par les vendeurs à en déguster quelques unes. Je découvre être particulièrement friand de la datte mûre à point, qui vient d’être cueillie. Au lieu d’être sèche, le noyau est entouré d’une chair sucrée, moelleuse, ressemblant presque à un miel coulant. Avant de quitter le marché, je siroterai le lait d’une noix de coco fraîche, avant de me régaler de sa chair. Deux vrais régals.

Quittant cet endroit fantastique, je me perdrai dans les rues de Deira Covered Souk. Un dédale de ruelles à ciel ouvert, où les échoppes de marchands de tissus, rubans, fils, boutons… se suivent, intercalées avec des tailleurs et des officines de confection. Si j’avais écouté les nombreux indiens, je serais reparti avec une garde-robe complète. Arrivant l’heure du souper, je me dirige vers Afghan Kebab House. Il ne faut pas imaginer un kebab comme nous avons l’habitude en Europe. Il s’agit plus d’un véritable restaurant où des brochettes de viandes – mouton, poulet et bœuf – sont simplement servies avec des galettes, du riz, et quelques légumes. Si l’un des employés m’amène une fourchette et un couteau, je me fondrai dans la clientèle, surprenant les habitués, en me délectant de cette nourriture à pleine main. Je l’avoue, pour notre culture, manger avec les mains fait un peu homme de Cro-Magnon, mais les aliments possèdent un tout autre goût.

Pour ces prochains jours, je saute presque dans l’inconnu. Après une petite visite au musée de Dubaï, je récupère une voiture et je pars dans les Emirats. Mon premier arrêt sera pour Sharjah, avant de rejoindre la côte Est à Dibba et de la descendre jusqu’à la frontière avec Oman et de revenir, peut-être par Al-Ain. Je me réjouis de voir des levers et couchers de soleil, de passer des nuits à la belle étoile; par contre je ne sais pas encore ce que je vais manger. Il m’a été impossible de trouver le bon modèle de bouteille de gaz pour mon brûleur. J’ai encore l’espoir d’en trouver une dans un magasin de camping le long de Jumeira Beach Road. Avant de partir à l’aventure, il me faut encore m’avitailler en eau, légumes et pain. Mon seul souci majeur est le début d’après-midi, entre 12h00 et 16h00: je ne sais pas encore comment je vais le gérer. Peut-être me réfugierais-je dans un café traditionnel, à moins que je ne reste planqué dans la voiture climatisée. Je découvrirai cela dans quelques heures.

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