Chalet des Tailles – balade au Lac de Bretaye

10 08 2011

Ecrit au chalet des Tailles, Chesières, jeudi 11 août 2011, 10h25

Après une bonne nuit de sommeil, il est temps de prendre le petit déjeuner au grand air sur la terrasse, pour profiter des rayons calorifères du soleil matinal. A l’inverse des autres années où nous passions nos journées à discuter, jouer, … en un mot procrastiner, je décide de me balader. Quittant le chalet, je gravis l’arrête, montant par le Crot et la Truche avant d’arriver au sommet de la crête surplombant les Tailles. Si le paysage ne cesse de changer entre forêts, alpages et clairières, le sentier est un véritable raidillon, grimpe dru en haut la pente, et seuls quelques petits tronçons horizontaux, suivant des tracés forestiers, permettent de reprendre le souffle. Tout au long de la montée, je ne peux m’empêcher de regarder dans les trouées forestières, le panorama sur les Alpes françaises, le massif du Mont Blanc dressant sa silhouette reconnaissable : les Grandes Jorasses et les Aiguilles Vertes siégeant à l’Ouest du Mont Maudit, alors que les Dents du Midi cachent le Dôme du Goûter.

 

Le chalet des Tailles

Ecrit au chalet des Tailles, Chesières, jeudi 11 août 2011, 21h00

Je retrouve avec plaisir la végétation alpine des contrées helvétiques : sapins, mélèzes, épicéas, violettes, gentianes, marguerites, boutons d’or, … si différentes de celle que j’ai connue ces derniers mois. Les orties ne manqueront pas non plus de me rappeler à leur bon souvenir lorsque je traverse les prés. Alors que je m’apprête à descendre sur le col des Argnautes, je rencontre un troupeau de vache paissant tranquillement, regardant paisiblement les touristes se rendre à la cabane des frêtes pour s’y restaurer. Chemin faisant, à la lisière supérieure de la forêt, j’arrive au Roc d’Orsay, où la gare d’arrivée des télécabines en provenance de Villars est érigée. Marchant sur les prairies d’alpages, déambulant entre les mozons, je gravis les dernières centaines de mètres qui me sépare encore du sommet du Chamossaire. Je profite du terrain découvert pour admirer le panorama qui s’étend au sud sur les alpes valaisannes et françaises, avant que ces dernières ne soient happées par quelques nuages de condensation estivale.

Arbre mort

Le Chamossaire, 2112.0 mètres au dessus du niveau de la mer. L’altitude n’est pas si élevée pour la Suisse, et pourtant, cela me fait bizarre de penser que c’est la première fois depuis une peu plus de quatre mois que je me retrouve à pareil hauteur. Au lieu de redescendre tout de suite, je resterais scotché près d’une demi-heure par le panorama alpin : des Tour d’Ai au dessus de Leysin, jusqu’aux Dents de Morcle, en passant par le Grammont, ou l’Eiger, de la Vallée du Rhône jusqu’au Léman, sur lequel s’avance le promontoire caractéristique de Meillerie avec sa carrière en avant-plan. Comme l’autre jour lorsque je suis monté à Isérables, la plaine me semble bien trop construite, bien trop domestiquée par rapport aux sauvages contrées néo-zélandaises. De même, je ronchonnerais contre les ronflements des moteurs s’élevant des vallées, contre les grondements des nombreux cylindres des motocyclistes dévorant des kilomètres de goudron, la quiétude des randonnées néo-zélandaises est bien loin maintenant. Et pourtant cette petite randonnée me procure un réel plaisir. Il fait bon de retrouver ces paysages connus.

La Tour d'Ai

Quittant la pointe, je poursuis mon chemin le long de la crête, se muant momentanément en itinéraire de montagne, comme me l’indique le célèbre rectangle blanc barré d’une bande rouge. Jusqu’à présent j’avais beaucoup apprécié le sentier : à l’inverse des tracés touristiques ripolinés de l’autre bout du monde, je retrouve un chemin tortueux, mal-plat, où cailloux et racines sont autant d’obstacles à franchir ou de marche d’escalier improvisée. Maintenant cette sensation de liberté est retrouvée, le randonneur est libre de tracé son chemin : d’escalader le rocher ou de faire un détour, de s’élancer à travers les rhododendrons ou plutôt de les contourner. Alors que je surplombe les hautes falaises plongeant dans la vallée de la Grande Eau, j’aperçois des chamois, allongés dans les hautes herbes couronnant un promontoire rocheux émergeant de la paroi. Je redescendrais sur le versant moins abrupte, en direction du Lac de Bretaye. N’ayant pas pris de maillot de bain, ni de linge, trop de familles se baladent sur ses rives pour que j’ose y piquer une tête.

Lac de Bretaye

Arrivé à la maison militaire en contrebas du Col de Bretaye, je descends en direction de Villars, en espérant pouvoir rejoindre un autre chemin à travers les près. Un sous-bois composé en grande partie de ronces fera échouer mon projet et je remonte jusqu’à la route qui me reconduit jusqu’à la Truche. De là, j’emprunterais en sens inverse le chemin pour redescendre jusqu’au chalet.

En attendant Sophie, une amie de Vanessa, qui doit nous rejoindre en début de soirée, nous prenons un petit apéro sur le toit, avant que la fraîcheur de la fin d’après-midi, conjuguée à l’ombre des arbres, nous repousse dans la galerie. L’heure de la première projection a sonné : la foule présente plébiscite « The Boat That Rocked », un film narrant l’histoire du glas des radios pirates anglaises dans les années soixante. Un magnifique film, entièrement rock’n’roll, avec un bande son juste exceptionnelle.

Ne s’étant pas perdue dans la banlieue de Chesières, Sophie arrive à l’heure prévue. Dès son arrivée, je me rends compte qu’elle ne dépariera pas dans l’ambiance, avec une graine de folie assez grande pour déclencher de grand éclat de rire avec ses histoires, notamment celle des deux avocats. Elle s’était débrouillée, et surtout stressée, pour aller en acheter deux pendant sa pause de midi, et voilà-t-y-pas qu’à son arrivée elle se rends compte qu’ils sont lâchement abandonnés sur le rebord de la fenêtre de son cabinet d’osthéothérapeute. Et qu’elle n’y retourne pas avant mardi de la semaine prochaine… Excellente soirée autour de quelques bouteilles, que ce soit pour l’apéro ou pour accompagner la fondue. Alors que les filles rejoignent leurs pénates à l’étage inférieur, je monte sur le toit, préparé mon matelas isolant en empilant quelques couvertures, avant de me glisser dans sac de couchage, et m’endormir en regardant la voute étoilée de l’hémisphère nord.

Panorama des Alpes Valaisannes depuis le Chalet des Tailles

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