Navigation crépusculaire

10 09 2011

Ecublens, lundi le 19 septembre 2011

Cela faisait longtemps que je n’avais plus repris la plume pour conter mes péripéties. Depuis le lundi, un fort vent d’Ouest balayait le Léman. Paul et moi étant tour à tour occupé en début de semaine, ce n’est que le mercredi soir que nous pouvions profiter de cette belle brise. A notre grand désespoir, les airs se calment durant la matinée. Toutefois, la décision est prise de tenter notre chance. 17h00, je rejoins Paul au laboratoire. Avant d’aller récupérer Bénédicte, sa demoiselle, ainsi que ses affaires de navigation, nous passons par chez moi pour que je prenne la clef du voilier, que j’y avais oublié. Le temps de faire trois courses pour le pique-nique, que Mathieu nous rejoigne et nous quittons Lausanne peu avant 18h00.

Si entretemps le vent s’est renforci, depuis l’autoroute, nous observons ce dernier s’essouffler au large de La Pichette. Devant ce triste constat, seules les vagues levées dans le Grand-Lac doivent agiter la baie du Bouverêt, à l’abri des pointes de Meilleries et Saint-Gingolphe. Au port, une petite brise souffle de la terre, j’ose espérer qu’elle se renforcera à mesure que le Soleil se couche sur l’horizon. Voyage est rapidement débâché, les vivres et passagers embarqués, le génois endray. Une fois le moteur démarré nous appareillons. Alors que nous glissons entre deux estacades, Paul finit de préparé les bouts. Sitôt l’entrée franchie, nous hissons les voiles.

Au grand largue, nous traversons la baie du Bouverêt. Arrivé à l’embouchure du Rhône, les airs sont suffisants pour envoyer le spinnaker et notre bulle grise se gonfle rapidement. Paul prends la barre pour expérimenter pour la première fois de sa vie, la conduite d’un voilier naviguant vent arrière, et affrontons les vagues de face. Si en règle générale, les vagues avancent dans la même direction que le vent, parfois sur le Léman, les brises thermiques levées au couchant et au lever du soleil inverse le phénomène. La douceur n’est pas l’apanage de ce cas particulier : si le voilier s’élance facilement dans les vagues, il s’arrête tout aussi brusquement dans la suivante. Par à coup et relance, à mesure que nous approchons de Saint-Gingolphe, Mathieu perd ses belles couleurs. Sujet à un léger mal de mer, il reconnaît qu’il préfère lorsque ses deux pieds touchent fermement la terre.

Aux abords du village franco-suisse, les airs deviennent changeants : les thermiques descendants du Grammont s’opposent à ceux provenant du Valais, sans compter des risées intrusives de vent d’Ouest. La navigation sous spi devient un peu plus hasardeuse : il faut dire que cette voile n’est guère faite pour remonter au pré comme nous le pratiquons par moment. Après l’avoir affalée et remplacée par le génois, nous virons lof pour lof, cap sur notre port d’attache. Chemin faisant, il est l’heure du pique-nique : bouteille de blanc, saucisses, fromages, pain, pâté font leur apparition sur leur pont. Un véritable délice.

Alors que la nuit est tombée, nous arrivons en vue du port. Seul le feu rouge scintillant sur notre gauche marque l’entrée de la passe, le phare vert doit être en panne. Accompagné du seul ronronnement de notre moteur, nous regagnons notre place. Ce fut une sympathique petite navigation crépusculaire.

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