Chasse haute – bredouille

1 10 2011
La Tsane, 1er octobre 2011, 14h00

Ce matin, levé vers 600, lorsque l’aube se pointe nous sommes à Scex-Riond, planqué à l’affût des trois mélèzes. Hier matin, trois chamois sont sortis de la forêt, remontant à travers les prés. Benjo avait alors mal ajusté son tir. Aujourd’hui, fidèle au rendez-vous, ils apparaissent à l’autre bout de la prairie, hors de portée des chasseurs. Nous ne pourrons que constater à contrecœur leur disparition lorsqu’ils descendent dans une combe. Laissant Benjo à son poste, suivant Gaby, je contourne le pré pour rejoindre les hauteurs où le gibier à disparu.

Caché dans un autre affût, où des branches mortes forment un véritable balcon, nous dominons une grande clairière pentue. Rien ne bouge lorsque j’aperçois deux bêtes au pied d’un mélèze, puis un autre caché derrière des branches. Si Gaby identifie un cabri, il n’aura pas le temps de déterminer le sexe et l’âge des deux autres chamois, avant que ces derniers poussés par un obscur instinct se cachent dans les arbres pour ne plus réapparaître. Quand Benjo nous rejoint pour nous remplacer à l’affût, alors que nous prévoyons de descendre jusqu’au replat où les bêtes ont disparu pour les faire sortir, Gaby aperçoit en contrebas du gîte d’Aïroz trois bêtes paissant dans la friche où poussent de jeunes mélèzes parmi les paravalanches. Trop grandes pour des chevreuils ou des chamois, il ne peut s’agit que de biches. Oubliant notre première idée, nous rebroussons chemins pour tenter notre chance. Entre les combes et les petits conifères, les cervidés resteront introuvables. Si la chance nous a souri pour les déceler, les sales bêtes sont retournées sous le couvert des arbres, dès que la baraka nous a quittés.

En milieu de matinée, il fait déjà presque trop chaud pour le gibier. Bien que les animaux doivent se cacher à l’ombre des conifères, étendus dans la prairie et ne ressortiront sans doute pas avant la fin de la journée, nous allons à l’affût à Pont, dominant une cassure dans le terrain à pic, reliant les hauts de Scex-Riond aux forêts situées en contrebas. Après avoir observé avec conviction les sous-bois, les acrobaties aériennes des éperviers et des corneilles capteront toute notre attention. Peu avant 11h00, nous jetterons l’éponge et retournons à la voiture. Claude nous y rejoint, il a de nouveau crapahuté derrière son chamois, sans plus de chance que les jours précédents.

Nous rejoignons Coucou à sa Tsane, avant de dîner en commun à celle de Gaby. En début d’après-midi, alors que chacun retourne à ses occupations, Gaby gagné par la torpeur méridionale plonge dans les bras de Morphée. Pour ma part, je m’assois à l’ombre d’un muret et profites d’écrire quelques lignes.

Riddes, le 2 octobre 2011, 12h53

En fin d’après-midi, après que Gaby se soit réveillé, nous mettons un peu d’ordre dans la Tsane. La chasse haute se terminant aujourd’hui, il est temps de faire le ménage, éliminer les cadavres de bouteilles, ramener en pleine le trop plein de victuailles, tout comme les habits chauds qui n’auront pas servi beaucoup cette année. Coucou nous rejoint ensuite pour le café, avant que nous partions à  nouveau et surtout pour la dernière fois à  l’affût des cerfs. Coucou rejoint son poste au Mappa, alors qu’avec Gaby nous retournons près d’Aïroz où nous avions vu les trois biches ce matin.

Longeant la lisière de l’ancienne friche où de jeunes et fringuant mélèzes restreignent la vue à  quelques dizaines de mètres, nous contournons l’orée en quête d’un poste adéquat, ni trop proche, ni trop loin, suffisamment dégagé. Ne trouvant malheureusement pas notre bonheur, nous rejoignons le poste à  Pont, dans l’espoir d’observer les trois chamois de ce matin. Seul changement depuis ce matin, les volatiles acrobates ont disparus. Aucun gibier ne se montre, seul le cri d’un brocard nous rappelle que la forêt est censée regorger de vie. Alors que le soleil éclaire encore les contreforts des sommets, nous nous remettons en route, direction l’extrémité de Scex-Riond.

Cheminant lentement, nous nous arrêterons à plusieurs reprises pour jumeler la lisière, mais aucune ombre ne trahira la présence d’un chamois. Un petit biset se lève. Descendant de la montagne, il emporte nos odeurs jusque dans les bois. Nous sommes encore une fois obligés de changer de poste. Nous passerons non loin de l’endroit où les chamois ont disparu ce matin, avant d’arriver à la prairie qui marque presque la fin du Scex. L’obscurité s’empare des pointes des plus hauts 4000. Il est temps de faire demi-tour, les détails marquant les différences entr cabri, éterle ou jeune devenant indiscernables.

Peu après huit heures, nous sommes de retour à la voiture, sans avoir vu une seule bête, pas même un chevreuil alors que nous les avons entendus crier. Noua rejoignons Coucou en bas du Mappa, où ce dernier discute avec un autre chasseur. Autour d’une bouteille, il nous raconte divers échos des dianes valaisannes. Il paraitrait même que ces deux semaines n’ont pas souris à certains, puisqu’un groupe de 9 chasseurs n’auraient abattu qu’un seul chamois. D’autres peuvent être bien plus joyeux comme ce premier permis qui a abattu un cerf de quatorze cors.

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