Combat de reines

2 10 2011
Ne manquez pas non plus ma crapahutée au service de Diane dans les hauts de Conthey.
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Riddes, le 2 octobre 2011, 1600
Couché tôt hier soir, cette longue nuit de sommeil fut plus que bienvenue après ces deux jours passés à crapahuter dans les hauts de Conthey. J’hésitais ce matin à grimper jusqu’au sommet d’un petit béquet. Lorsque le soleil inonde enfin la plaine du Rhône, je traînachoquerais par la maison. Il faut dire qu’entre les photographies à trier, la lessive qui ne serait pas un luxe, ma journée sera bien remplie.
Peu avant midi, je décide de parfaire ma culture valaisanne. Si j’avais déjà vu des vaches d’Hérens combattre sur l’alpage, je n’avais encore jamais été à un véritable combat de reines. Si celui d’Aproz est une véritable institution, celui qui prend place le premier weekend de la Foire du Valais a gagné ses lettres de noblesse ces dernières années. Le cadre du combat est par ailleurs exceptionnel, vaches et génisses ayant remplacé les gladiateurs dans l’amphithéâtre romain d’Octodurus.
A mesure que je m’approche de l’arène, bétaillères et grosses jeeps occupent les parkings, jusqu’à ce que les premières bêtes à corne apparaissent au sommet d’un petit talus. Avant d’aller admirer les combats, je me balade dans le grand pré où les combattantes attendent presque sagement. Par moment deux voisines ne peuvent s’empêcher de se chamailler. Elles seront toutefois rapidement séparées et calmée par les propriétaires. Si je savais que les vaches luttaient par catégorie de poids, j’apprends qu’elles ne sont pas fixes. Le matin même, toutes les inscrites sont pesées, puis la liste est divisée en trois : catégorie I pour les plus lourdes et catégorie III les poids plumes. Ainsi aux grès des tournois, les dernières d’une catégorie peuvent être les premières dans une autre. A savoir qu’aujourd’hui la plus lourde est la 73, Parise pesant 808 kilogrammes, alors que la plus légère, Massacre, n’en pèse que 492.
Quittant les paisibles ruminants, je rejoins l’amphithéâtre : les gradins sont bondés. Depuis ce matin, aux alentours de 9h15 plus aucune place assise ne sont disponibles. De toutes les classes d’âges, les spectateurs vibrent au grès des combats. Dans l’arène, une dizaine de bêtes luttant par paire. Au fur et à mesure des victoires, les perdantes quittent le pré et à la fin seule les dernières lutteuses accèderont à la finale. Dans le tintement des cloches, les chocs sont impressionnants, la poussière vole, les gardiens ont fort à faire pour calmer la vache victorieuse lorsqu’elle se met à pourchasser la perdante. Autour de moi, les gens discutent avec entrain, dans un jargon bien spécifique : tourailler, … les mots fusent, teintés de l’accent régional de tout un chacun : des Haudères, de Bagnes, d’Isérables, de Savièse, de Tourtemagne, nombreux sont les paysans qui ont fait le déplacement. L’âpre lutte peut durer longtemps, lorsque deux vaches de force égale se jaugent, se confrontent, se reposent avant un nouvel assaut. Finalement, ce sera les propriétaires qui d’un commun accord décideront de séparer leurs bestiaux, sous les acclamations de la foule en délire. Si le spectacle est merveilleux, les commentaires intéressants, l’ambiance phénoménale, je finis quand même par me lasser d’observer les vaches lutter. Je pense qu’il faut avoir la fibre paysanne ou posséder soit même des vaches pour vibrer pendant une journée complète devant tant de fureur. Il est aussi vrai qu’en dehors du simple combat, il y a tout l’aspect social de la rencontre entre connaissances, de verres partagés autour d’une planchette de saucisses ou d’une raclette d’alpage.

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N.B. Pour la petite histoire, l’arrière petit-fils de Géronimo l’apache, invité à la Foire du Valais, est venu admiré les combats de reines, où il reçu une ovation du public valaisan après avoir déclaré trouver impressionnant des bestiaux se battre de la sorte.

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