D’Ecublens à Saint-Prex

28 07 2012

Ecublens, le dimanche 29 juillet 2012

Trajet : Ecublens – St-Prex par le Venoge et le long du lac

Itinéraire Suisse :  Chemin du Panorama Alpin (3), Via Jacobi (4), Via Francigena (70)

Tracé GPS : http://www.endomondo.com/workouts/oj4sCHo757U

5h30 le réveil sonne. Dehors le ciel est couvert et une légère averse tambourine sur le regard métallique situé au milieu de la pelouse. Le soleil se lèvera bientôt, mais le ciel restera drapé de gris. Je me retourne dans mon lit et me rendort aussitôt.

8h30 je me réveille. Dehors le ciel est toujours gris et les brins d’herbes sont couverts de gouttes d’eau. La météo n’est pas au grand mauvais temps, elle s’emble plutôt d’inspiration Bretonne. La couverture nuageuse est fine, et arbore de magnifique teinte de gris et luit d’un blanc étincelant là où le soleil darde ses rayons. Petit-déjeuner avalé, appareil photo en bandoulière, chaussures aux pieds, je pars en balade, direction Saint-Prex par le bord du lac.

Quittant Ecublens, je rejoins les rives de la Venoge, cette petite rivière qui inspira le poète vaudois Gilles. Une véritable apologie où ce petit court d’eau revêt, dans une envolée lyrique, les traits d’un fleuve. Tranquillement, les eaux s’écoulent en méandres. Sur les deux rives, l’humidité profite à la végétation luxuriante, bouleaux et hêtres se dressent fièrement, fourrés où dominent les noisetiers, buttes où foisonnent épilobes et orties. Un petit chemin de terre battue suit les circonvolutions de la rivière ; de temps à autres, une sente descend jusqu’à de minuscules grèves. Il est alors possible d’admirer les filets d’eau se glisser entre les troncs d’arbres échoués, sous les branches feuillues, ou encore les élégants petits tourbillons créés aux abords des berges. Tout autour de moi la forêt murmure d’activité, lapereaux fuyant le bruit de mes pas, écureuils sautant de branches en branches s’égayant à mon arrivée. A mesure que je m’approche de l’embouchure, le havre de paix est troublé par le bruit des voitures suivant la route cantonale.

La Venoge

De l’autre côté, la Venoge a perdu sa douce sauvagerie, des bateaux sont régulièrement répartis de part et d’autre de son court, rattaché aux estacades par deux amarres. De chaque côté, la présence humaine est marquée par les maisons, terrains de sport ou de camping. Arrivant au bord du lac, je rejoins le sentier pédestre. Jusqu’à Saint-Prex, il ne me reste plus qu’à suivre le sentier emprunté par les deux grands itinéraires de randonnée de la Via Jacobi (3) et du Panorama Alpin (4), reliant Genève à Rorschach.

Jusqu’à Morges le sentier n’a rien d’extraordinaire, je longe le lac, bordé par la longue plage artificielle de Préverenges. Quelques joggeurs et cyclistes me dépassent. Une ou deux familles sont venues profiter des rives malgré le temps maussade. L’absence de soleil ne rebutera pas un vieux couple de nager, comme cela doit être leur habitude. La baie de Morges est remplie de voiliers et canots amarrés à leur bouée respective. Au loin, la massive stature du château, dressant ses quatre tour, veillent au-dessus du port alors que dans le lointain, la haute tour du château de Saint-Prex détache sa silhouette de la rive. En arrivant par l’ouest, le quai de Morge est bordé par de magnifiques propriétés. Mitoyenne les maisons dressent leur élégante façade, percée de grandes fenêtres, au fond de grand jardin arborisé ceint d’un mur. Deux portes s’y découpent, l’une petite laisse le passage aux particuliers. L’autre s’ouvre sur un hangar à bateau. Au pied de la large ouverture, deux rails jaillissent et se jettent dans le Léman. Un élégant système de poulies et de treuilles, aujourd’hui caché, permettent la mise à l’eau d’un canot à moteur. Je me plais à imaginer la scène autrefois, avant que les barcasses en plastique ne remplacent les élégants runabouts construit en teck et acajou.

Le long du quai de Morges

Après avoir quitté Morges, et surtout laissé derrière mois son deuxième port, la nature reprend ses droits. Empruntant le sentier de la truite, je longe la pointe du Boiron où poussent fourrés et feuillus aussi dru que sur les rives de la Venoge. Entre deux arbres je redécouvre la petite grève où j’étais venu échouer mon catamaran bien des années auparavant. Par une semaine de forte bise, j’étais parti à l’aventure pour quelques jours sur le Léman. Ayant quitté le Bouverêt le matin, dans l’impossibilité de remonter au vent, je m’étais réfugié dans le port d’Evian vers midi. Ne voulant pas rester bloquer dans la ville française si le vent ne se calmait pas dans les jours à venir, j’ai profité d’une petite accalmie en fin d’après-midi pour la côte Suisse. Hélas, la bise était trop forte, et sur mon catamaran mal équilibré – il y avait un gros tonneau étanche au centre où je rangeais mes affaires -, il m’était impossible de maintenir le cap sur Morges. C’est ainsi que je suis venu m’échouer pour la nuit à la pointe du Boisrond. Mon aventure commençais par une belle journée de près de 20 milles parcouru. Mais elle ne devait pas s’arrêter en si bon chemin. Le lendemain je devais chavirer devant Rolle. Remis d’aplomb deux jours plus tard, une manille lâcha en face d’Yvoire et le mat s’est abattu. Je rejoignis la côte pour le remater, maintenant tant bien que mal le mat sur le trampoline pendant que je pagaillais. Le retour au Bouverêt fut bien plus calme, avec que des brises légères. Trèves de bons souvenirs, il est temps de poursuivre la route.

A la pointe du Boiron, la grève sur laquelle j’avais échoué mon catamaran

Peu avant d’arriver à Saint-Prex, le chemin s’éloigne de la côte. Bafouant une loi garantissant le libre passage à pied le long de la côte lémanique, il est interdit sur quelques propriétés – sans doute aux bénéfices de forfaits fiscaux – au quidam de traverser leur belle pelouse. En rejoignant le village par l’intérieur des terres, j’arrive devant l’ancienne porte de ce vieux bourg. Dernier vestige des remparts encore visible, la Tour à l’Horloge, percée d’une porte cochère dont les anciens gonds sont encore visible, se dressent fièrement. De part et d’autre, elle est aujourd’hui entourée de solides masures mitoyennes, construites avec les pierres des murailles détruites. L’office du tourisme est sise dans une petite épicerie-fromagerie pittoresque. Une fois à l’intérieur, les odeurs affluent à s’en pourlécher les babines. La sympathique tenancière de l’échoppe s’occupe aussi de renseigner les touristes à la recherche d’information. Fait rare pour le relever, je découvre un petit livret – tenant sur une feuille A4 – qui emmène le badaud pour une balade commentée. La promenade débute avec l’histoire de Saint-Prex à la Tour de l’Horloge, puis m’emmène à travers le bourg, narrant de manière succincte mais intéressantes les points dignes d’importance. Descendant la Grand’Rue, j’admire au passage le Foyer une splendide maison communautaire bâtie en moellons. Sur l’angle à la croisée avec la rue Saint-Porthais, elle arbore une magnifique enseigne en fer forgé symbolisant un coq. Au fond de la rue se dresse le Manoir Forel, une grande bâtisse datant du XIIIe siècle, construite et embellie par une famille de célèbre médecin et psychiatre, juste en aval de la pointe Suchet, d’où la vue, par temps claire, embrase tout le Léman de Genève à Villeneuve, du Moléson à la Dôle. Amer des plus reconnaissables du Léman, au même titre que l’église de Meillerie ou le clocher de Vevey, je découvre enfin la tour du château, peinte de blanc. Une plaque scellée dans la base du donjon narre l’histoire de la fortification de Saint-Prex, les changements d’allégeance entre chanoines Lausannois, Duc savoyard, envahisseurs bernois et finalement indépendance vaudoise. J’achèverais ma visite du village en déambulant dans le reste du village découvrant tour à tour le bain des Dames, le Vieux Collège ou encore la maison Warnery-Dessaux. Mais c’est sur la façade avant d’une vieille grange que je découvrirais le spectacle le plus pittoresque, des dizaines d’hirondelles se sont abritées sous l’avant-toit, perchées sur des câbles téléphoniques.

Une colonie d’hirondelles

De retour à l’échoppe, je demande à la fromagère l’origine du couronnement des Rois qui a lieu demain dans la Grand’Rue. Elle m’expliquera qu’il s’agit d’une vieille tradition instaurée par la non moins ancienne société de tir. Devant mon intérêt, elle m’indique que des visites guidées du bourg s’effectue pendant l’été, emmenée par un passionné, féru d’histoire qui conte l’histoire au moyen d’anecdote et d’élément architecturaux. Avant de regagner la rue, je n’ai point résisté à la tentation d’acheter un petit fromage frais de brebis ainsi qu’un morceau de tome vigneronne provenant du village.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :