News

19 08 2012

[update : les nouveaux épisodes sont en caractère gras, les anciens épisodes comportent un astérisque en début de ligne]

J’ai eu un peu de temps pour vous narrer le début de mon périple breton.

Ainsi qu’une petite semaine passée sur le haut de Chesières, entre farniente et balade

Ainsi qu’une balade à *Romainmôtier. et une excursion à Zürich pour participer à la Limmatschwimme.

Je vous demande encore un peu de patience pour les titres, dont les récits ne sont pour l’heure qu’à l’état d’ébauche dans ma tête.

Publicités




Limmatschwimme

18 08 2012

Dimanche 19 août 2012, 9h00, Aarau

Lors de ma dernière visite à Chesières, au cours d’une discussion Vanessa a laissé tomber qu’elle allait participer à la Limmatschwimme à Zürich. Il s’agit de descendre le cours de la Limmat depuis sa source à la sortie du Lac de Zürich, jusqu’aux bains fluviaux d’Oberer Letten, situé 2 kilomètres en aval. Si une option sportive existe, qui consiste à accomplir le parcours dans le minimum de temps, la majorité des participants se laisse emporter simplement par le courant.

Samedi en début d’après-midi, après avoir rejoint Vanessa et Max à la gare de Zürich, tout en gagnant les rives du Lac, nous regardons tous ces baigneurs glisser au fil de l’eau, accrochés à leur flotteur officiel, cette année en forme de papillon jaune aux ailes vertes. Pour plus de confort certains ont emporté leur matelas gonflable ou un petit radeau pneumatique où sont disposées quelques bières. Ne devant pas nous élancer avant 15h20, nous nous délectons d’une petite salade avant d’aller piquer une tête dans le lac au Chinagarten.

Limmatschwimme

Enfin, il est l’heure d’aller récupérer notre petit papillon et de se jeter dans la Limmat. Avec la chaleur de ces derniers jours, la température est plus qu’agréable et atteins officiellement la valeur de 23.5°C. Une fois à l’eau, le courant nous entraîne tranquillement pour une véritable découverte touristique de la ville. Les vieux bâtiments construits sur les rives de la Limmat possède déjà un certain charme, observé du quai d’en face. Observé depuis le ras de l’eau, cette perspective nouvelle et inhabituelle leur confère un cachet extraordinaire. La façade de la Grossmünster, flanquée de ses deux clochers aux toits arrondis, semble s’élever directement au-dessus du quai, le mur de soutènement cachant les autres bâtiments.

Au fil de l’eau

Répartis au fil de l’eau, des sauveteurs bénévoles observent attentivement la surface. Les mieux organisés, sans doute ceux ne venant pas pour la première fois, ont équipé leur nacelle, ancrée au milieu de la rivière, d’un parasol. La police fluviale, quant à elle, surveille les nageurs et sort de l’eau tous les resquilleurs, reconnaissable à l’absence de papillon. Avec près de 4200 nageurs officiellement inscrits, si plusieurs dizaines de personnes s’élançait dans la Limmat pour les accompagner, la tâche des sauveteurs seraient accrues et la sécurité ne serait plus forcément garantie.

Au fil de l’eau, les ponts rythment l’avancée. Arrivée à la hauteur de Zürich, la magnifique façade du Musée National d’Histoire Suisse se dresse derrière une rangée d’arbre. Après la Platzspiz, nous rejoignons un couple, dont la demoiselle porte un flotteur des plus insolites : reposant de ses deux pieds sur les épaules de la nageuse, une poupée gonflable se dresse fièrement au-dessus des flots. Au niveau de la jonction avec la Sihl, l’autre rivière zurichoise, un barrage entraîne une réduction de la largeur de la Limmat, et une accélération notable dans le flux hydraulique. Emporté plus rapidement, nous arrivons bientôt en vue des bains. Comme dans mon souvenir, lorsque Lis m’avait emmené voir ces bains lors d’une visite à Zürich, la rive droite est bondée par des baigneurs. En aval, quelques jeunes sautent avec entrain d’un pont en arche, s’élevant à une petite dizaine de mètres au-dessus des flots. Peu avant 17h00, nous arrivons malheureusement à la fin du parcours.

Les bains fluvieuax d’Oberer Letten

Retour à la gare de Zürich, où nous prenons le train jusqu’à Baden, une charmante petite bourgade sise sur les bords de la Limmat. L’ambiance y est festive pour une dizaine de jour kermesses estivales. Entre les échoppes vendeurs de spécialités étrangères, une quinzaine de bars à la décoration déjantée occupent les rues de la veille ville. Il ne faut pas imaginer de simple cantine, mais de véritable construction en dur s’élevant sur deux étages, avec terrasse sommitale, avant-toit, … Un vrai régal pour les yeux. J’ai particulièrement bien aimé celui du Léviathan, dont la façade est recouverte d’objets en bois aléatoirement disséminé : bâtons et skis, botte-à-cul,  mécanisme de morbier, portes, … ainsi que celui de Hell’s Vespa où la décoration un peu plus trash et steam-punk fait appels à des éléments de mécanique, de vieilles vespa, ainsi qu’une ancienne 2CV, en version break dont le coffre sert de frigo pour les boissons. Toutefois, nous nous y arrêterons pas, ou plutôt uniquement le temps d’acheter une canette de bière, que nous siroterons tout en marchant.

Mur du Léviathan et clocher de l’église à Baden

A Wettingen, petit arrêt au centre commercial avant de gagner Aarau en voiture. Après un dernier apéro, la nuit est depuis longtemps tombée quand nous nous mettons au fourneau. Point de grande gastronomie ce soir, patates grillées, côtelettes de porc et salade de tomates. Simple mais délicieux.

Ce diaporama nécessite JavaScript.





Sous le miroir d’Argentine

10 08 2012

Trajet :           Barboleuse – Solalex – Barboleuse

Samedi 18 août 2012, 12h30, train Renens VD – Zürich HB

Après une magnifique soirée, nous allons nous coucher bien avant notre heure habituelle. Il est tout juste passé minuit quand je monte sur le toit pour m’installer. La lune n’est pas encore levée et je regarder la voûte céleste. Devant les astres immobiles, la brève traînée d’une étoile filante illumine de temps à autre le firmament, alors que deux chauves-souris volètent autour du toit.

Le matin venu, la table du petit déjeuner est prête quand mes deux collègues émergent enfin de leur chambre. Une petite vingtaine de minutes plus tard, nous nous régalons d’œufs brouillés et de bacon, arrosé de thé chaï. Décidé pour une petite balade, notre choix se porte sur la boucle Barboleuse-Solalex et sa vue sur le miroir d’Argentine, une magnifique dalle corallienne, dressée presque à la verticale dans le massif éponyme. Depuis des années, chaque soir passé à ce chalet, je l’observe lorsqu’elle se pare de milles couleurs au coucher du soleil.

Partis de Barboleuse, nous descendons au fond du vallon pour remonter à flanc de l’ubac. Longeant la rivière, nous découvrons tour à tour des clairières où broutent de paisibles vaches, l’ombre rafraîchissante des conifères, un petit ru remuant ou encore des champs composés de magnifiques et hautes fleurs jaunes sur lesquelles abeilles et papillons viennent butiner. A mi-chemin, au lieu-dit de la Benjamine, les anciens ont élevés une cabane. Pour la protéger des dangers de la montagne et des touristes, au-dessus de la porte, un panneau s’orne de l’inscription suivante :

 « Gentils lutins des bois, génies de nos monts,
Protégez cet abri, que domine Argentine
Et vous forestiers, touristes, bûcherons,
Aimez et respectez la jeune Benjamine 
»

La Benjamine

En milieu d’après-midi, alors que nous sortons de la forêt, les verts pâturages de l’alpage de Solalex s’étendent dans la plaine au fond du vallon. Aucun bruit de véhicules dans ce village d’alpage, seuls les babillements incessants des touristes troublent le calme. Enchâssé entre les versants vertigineux, dominé par le miroir d’Argentine, loin du bruit des voitures, il possède presque l’éclat d’une perle dans un écrin. Finalement, nous revenons jusqu’à Barboleuse en suivant l’autre versant. La vue sur le massif d’Argentine est plus saisissante. Il faut dire que les montagnes n’apparaissent pas écrasées par une perspective en enfilade.

Le Miroir d’Argentine

De retour au chalet, cinq autres hôtes nous rejoignent bientôt aux Tailles. Nous profitions des derniers rayons du soleil pour prendre un verre sur la terrasse avant de regagner la galerie pour continue l’apéro. A l’arrivée du dernier membre du groupe, il est temps de préparer le feu pour les grillades. Bien après le repas, accompagnés de quelques mojitos, nous grimpons sur le toit pour profiter de quelques étoiles filantes. Les discussions et remarques allant bon train, ce n’est que tard dans la nuit que je finirais par m’endormir. Au petit matin, j’admire une dernière fois un magnifique lever de soleil, avant de rôtir à nouveau sous les rayons ardents.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

P.S. Il semblerait que nous n’ayons pas perduré la tradition de Solalex, qui est d’y manger une meringue à la crème.





Les pyramides de Gypses

9 08 2012

Trajet :           Les Tailles – La Truche – Bretayes – Col de la Croix – Lac des Chavonnes – Bretayes – La Truche – Les Tailles

Samedi 18 août 2012, 11h00, train Renens VD – Zürich HB

Ce matin, le soleil se lève sur un ciel exempt de nuage. Peu à peu les sombres silhouettes des Montagnes Valaisannes se parent de couleurs vives. Mais Morphée m’emporte avant même que le Muveran en soit complètement drapé. Deux heures plus tard, sous un soleil éclatant je me réveille en sueur dans mon sac de couchage. Rien de mieux qu’une douche d’eau froide pour me redonner vie, avant d’avaler un copieux petit déjeuner.

Lever de soleil sur les Dents de Morcle

Pour rejoindre les Pyramides de Gypse, Vanessa et moi gravissons la raide montée jusqu’à la Truche, avant de longer la route jusqu’à Bretayes. Bien que le soleil soit déjà haut, j’apprécie les températures plus clémentes que lorsque j’ai suivi le même chemin hier en début d’après-midi. Quittant la route goudronnée, nous empruntons une route de terre battue aux ornières saillantes. Dominé par le Roc à l’Ours, nous avançons à flanc de coteau tantôt sur l’alpage, tantôt à couvert de la forêt. Si la vue sur la plaine du Rhône, recouverte d’une brume bleutée, n’est pas des plus jolies, le Val d’Illiez, dominé au Nord par les Dents du Midi est un magnifique écrin pour le massif du Mont-Blanc, dont les cimes enneigées se dressent dans le lointain : Mont-Blanc, Mont-Maudit, Les Drus, l’Aiguille Vert et Celle d’Argentière, les Courtes et les Droites, le Glacier du Trient, autant de noms liés aux excellents souvenirs hivernales de la Vallée Blanche.

Devant nous se dresse le pittoresque hameau d’Ensex. Une dizaine de vieilles bâtisses aux fondations de pierre arbore encore des toits de bardeaux. L’odeur du fromage fraîchement pressuré charme mes narines, alors que passons devant une alignée de boilles d’aluminium, séchant au soleil. En tout début d’après-midi, nous arrivons au but de notre randonnée. Les Pyramides de Gypse doivent être cachée dans le bosquet qui nous sépare encore du Col de la Croix. Le chemin s’enfonce dans les conifères, où les formations blanches restent invisibles. Avisant une petite sente, je quitte le sentier pédestre, sur lequel continue Vanessa. Grimpant en zigzag à travers les arbres, j’arrive sur un petit faîte. De l’autre côté d’une doline, se dresse un monticule dont la couleur blafarde tranche avec la verdure environnante. S’avançant entre les emposieus, tantôt grimpant abruptement jusqu’à une crête, tantôt dérupitant à mi-hauteur, je continue le long de la sente. Bien que je ne sois pas éloigné de plus d’une centaine de mètres de l’itinéraire pédestre, je suis comme perdu au milieu de nulle part. Jouant à l’équilibriste entre les trous, les uns remplis de ronces, les autres occupés par de l’eau stagnante, j’apprécie ce spectacle d’érosion de ces pyramides qui se dressent autour de moi.

Les Pyramides de Gypse

De retour sur le chemin officiel, je retrouve Vanessa, qui n’a encore aperçu aucune ombre des formations géologiques. Au Col de la Croix, un panneau portant la mention « Pyramides de Gypse » envoie sur un petit sentier retournant dans les bois, qui débouche sur un point de vue au bout de quelques dizaines de mètres. Le sentier semblant continuer plus loin, nous empruntons le tracé en terre battue s’enfonçant dans les hautes herbes. A mesure de notre progression, la pente se fait plus raide, la piste plus étroite, le sol plus glissons au point de devenir impropre à la circulation de touristes. Ne reculant presque devant rien, Vanessa me suit sans broncher. Finalement, de l’autre côté des Pyramides nous déboucherons sur un terrain humide où foisonnent des épilobes, dont les semences pelucheuses s’envolent autour de nous.

Après avoir grimpé à travers les pâturages, nous franchissons les barbelés pour rejoindre le sentier situé de l’autre côté de la crête. La vue sur les Pyramides de Gypse, dominée par le massif des Diablerets, est bien plus charmante que lors de notre arrivée. Alors qu’il était impossible de les voir lors de notre arrivée, d’ici les formations géologiques portent bien leur nom. Montant tranquillement jusqu’au col d’Encrène, le chemin ne devient abrupt que pour franchir la dernière cinquantaine de mètre. De l’autre côté, il dérupite dans le versant, suivant presque la ligne de plus grande pente. Au fond du vallon, nous rejoignons une route gravillonnée qui nous ramène sur les hauteurs du Lac des Chavonnes en passant par l’alpage de la Perche.

Le Lac des Chavonnes

Un petit tour du lac à la nage pour se rafraîchir, un morceau ou deux de saucissons et de fromage pour se restaurer, nous reprenons en suite la route en direction du chalet. Col de Bretayes, Les Bouquetins, La Truche et nous voici déjà aux Tailles. En attendant l’arrivée de Max, il est l’heure de prendre l’apéro.

Ce diaporama nécessite JavaScript.





Balade jusqu’à Villars

9 08 2012

Chesières, le 8 Aout 2012, 15h45

Trajet : Les Tailles – Les Bouquetins – Villars – Les Tailles

Le beau temps étant de retour sans risque d’orage pendant la nuit, je profit de dormir à la belle étoile sur le toit terrasse de la galerie. L’éclat de la lune à demi-pleine est telle qu’elle fait pâlir les étoiles. Baignant dans une lumière blafarde, je sommeille à moitié, regardant la lune avancé lentement au-dessus des alpes valaisannes. Sans m’en rendre compte, Morphée m’emporte dans ses bras.

Au petit matin, les Dents de Morcles sont les premières à baigner dans une lumière orangée, vienne ensuite les deux Muveran et enfin toutes la chaînes se pare de sa robe matinale. A nouveau endormi, lorsque le soleil darde ses rayons sur le toit, la chaleur inonde peu à peu mon sac de couchage, me tirant de ma torpeur. Je profiterais encore de l’agréable chaleur un moment, avant de rentrer dans la galerie pour trouver une fraîcheur bienvenue.

En début d’après-midi je pars faire quelques commissions à Villars. Au lieu de couper court par les prés, je remonte presque jusqu’au Col de Bretaye par les Tailles, suivant la route inverse de hier. Au lieu-dit des Bouquetins, je bifurque en direction de la Maison Militaire, un ancien refuge de l’Armée Suisse, servant aujourd’hui comme hôtel-restaurant. De ses anciennes fonctions, il garde l’allure sévère et les volets décorés de chevrons rouge sur fond blanc. Je gagne Villars en suivant l’itinéraire du Tour des Alpes Vaudoises (Chemin Pédestre 46). Longeant la crête, le sentier est constitué de copeaux de bois, contenus entre deux poutres, à la manière des pistes finlandaises. J’ai l’impression de cheminer sur un sentier réaménagé pour touristes ne sachant pas marcher. Perdu dans une forêt de sapins, la vue n’est pas des plus intéressantes. Quelques ouvertures permettent d’admirer Villars avec la plaine du Rhône en contrebas, un paysage pas des plus gratifiant. Par contre, entre deux arbustes il est possible par moment d’admirer la crête à la Truche, et les clairières des Tailles.

Le Chalet aux Tailles

Arrivant au Col de la Sou, je rejoins la route serpentant dans les champs, à l’orée des bois. Si je perds la fraîcheur de la forêt, je gagne en panorama, le massif d’Argentine, reconnaissable à la dalle du Miroir, celui des Diablerets émergeant sur la gauche ou encore les sommets valaisans. La perspective sur le massif du Mont-Blanc et des Dents du midi est étonnante. Bien que je connaisse le nom d’un certain nombre de sommets, la forme sous laquelle il apparaisse me surprend. Arrivé au Scex, marqué comme un point de vue, alors que je pensais bénéficier d’un magnifique panorama, je déchante. Les arbres ont poussé, masquant la vue sur une partie du paysage et le panorama sur les Alpes Françaises est bien plus esthétique depuis le Col de Bretaye, situé à une altitude supérieure.

Arrivé à Villars, le timing est plus que parfait. Le magasin est ouvert depuis une dizaine de minutes quand j’arrive devant ses portes. Le temps de faire mes achats et je suis déjà sur le chemin du retour. Comme de nombreuses stations de sport d’hiver, Villars ne me laisse pas un souvenir enchanteur. Les anciens chalets manquent d’esthétisme, les nouveaux sont bien trop gros, de véritables palais. Les gigantesques complexes hôteliers ont les volets clos. Ce qui est marqué comme un chemin pédestre pour rejoindre les Ecovet en passant par les Chavasses, n’est rien d’autre qu’un itinéraire suivant une route de bitume, puis un sentier de gravier en zigzag, évitant les constructions récentes. Le tracé aurait pu être modifié pour passer en bordure d’un champ, deux cent mètres en amont, avant de plonger dans la forêt. Rien ne sert de râler, me voici déjà en vue du chalet.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 





Chemin de l’eau (an 2012)

8 08 2012

Chesières, le 7 août 2012

Trajet : Les Tailles – Chemin de l’Eau – Lac des Chavonnes – Les Tailles

Réveillé à 7h30, il me faudra patienter deux petites heures avant que Vanessa sorte de sa tanière et daigne monter à l’étage pour prendre le petit déjeuner. Une heure après, nous partons pour une petite randonnée le long du Chemin de l’Eau avec un retour par le lac des Chavonnes. Je ne vais pas à nouveau vous décrire la balade dans son intégrité, les paysages n’ont presque pas changé depuis l’année dernière. L’itinéraire est toujours aussi plaisant entre les épilobes poussant dans les pierriers aux pieds des falaises à pic, plongeant sur l’ubac du Chamossaire et toutes les autres espèces alpines en pleine floraison : chardon, tréfle, menthe à feuille ronde, … De plus, en traversant l’une des nombreuses zones humides, nous sommes passés à travers une véritable « grenouillère », où j’ai compté une vingtaine de jeunes et petites grenouilles.

Si la forêt autour du chalet de Vanessa a beaucoup souffert de la tempête de janvier, au premier abord, les arbres ont tenu bon le long du sentier. Seules quelques branches déjà sèches ont dû se rompre sous les assauts du vent et jonchent en plus grand nombre l’humus. Ce n’est qu’en arrivant dans la forêt du Dard, que nous observons les dégâts : de nombreux troncs se sont rompus, éclatant à ras du sol, avant de basculer dans les dévaloirs.

Arrivés au lieu-dit des Cougnons, je suis cette fois  le véritable itinéraire pédestre, au lieu d’emprunter la route sans-issue puis de crapahuter dans les champs et la forêt à la recherche d’une sente qui a disparue. Nous retrouvons les prairies marécageuses en aval de la Fontaine. La dernière fois, pour grimper jusqu’au Lac des Chavonnes, j’étais passé par la gauche pour traverser les prairies éponymes et me souvenais d’un chemin, de type muletier, qui cotait sec. Vanessa n’étant pas la plus grande randonneuse, j’ai emprunté – en espérant que le sentier serait un peu moins raide – le deuxième itinéraire remontant par la Loutze. A peine avons-nous abordé la montée que je dois me rendre à l’évidence qu’il est tout aussi ardu. Montant à travers un champ d’épilobe au sol légèrement boueux, le sentier nous fait par moment grimper sur des pierres. Pauses après pauses, pour que la demoiselle conserve son souffle, nous gagnons peu à peu en altitude. Sa motivation sera dopée quand elle verra un vieux monsieur qui gagne lentement du terrain sur notre équipée et finalement, nous le laisserons – quand même – derrière nous.

Arrivé au Lac des Chavonnes, une planche posée en équilibre sur deux rochers jouera le rôle de banc pendant que nous avalons une morce. Alors que Vanessa restaure toujours ses forces, je me glisse dans l’eau turquoise foncée du lac. Un vrai régal. La température est excellente ni trop fraîche, ni trop chaude. Une fois dehors, il nous reste plus qu’à passer le Col de Bretaye puis à redescendre jusqu’aux Tailles en suivant la route d’alpage.

Ce diaporama nécessite JavaScript.





Romainmôtier : sentier du patrimoine et abbatiale

3 08 2012

Chésières le 6 août 2012

Romainmôtier. Le nom même du village semble porter le poids de l’histoire. Nourrit par les récits et quelques photographies, souvenirs de mon enfance, j’imagine un joli bourg médiéval érigé autour d’une immense abbaye, encore intact, qu’une société monacale fait encore vivre. Un peu à la manière de Saint-Maurice d’Agaune, mais où le village serait encore préservé de constructions contemporaines. A peine débarqué du bus, l’atmosphère des lieux me ramène vers cette image d’Epinal. De vieilles et élégantes bâtissent bordent un côté de la rue principale. Face à elle, une succession de bâtiments à l’allure austère au milieu desquelles s’élève l’imposante Tour à l’Horloge. A sa base, une porte cochère la traverse de part en part, donnant accès au domaine abbatiale. Dans le soleil matinal, je suis instantanément séduit par la beauté des lieux, surtout qu’aucune ombre de touriste ne vient gâcher le tableau.

« Le temps fuit », tel est l’inscription qu’arbore chacun des quatre cadrans de l’horloge. Comme pour faire écho à cette maxime, les moines ont disparus depuis longtemps, et seuls un certain nombre d’édifices, magnifiquement restaurés, ont survécu aux siècles. Je longe l’église, mélangeant les genres, le chevet gothiques fait esthétiquement suite à la nef romane, caractérisée par de hauts murs exempts d’arc-boutant, percés de fines ouvertures se terminant en plein cintre. A l’arrière, un gigantesque tilleul planté dans l’axe de l’édifice, élève sa cime plus haute que le clocher et ombrage le chœur dont les murs sont renforcés par de massifs contreforts. Je quitte ce havre de paix en longeant le Nozon, une petite rivière au destin étrange : ses eaux alimentent aussi bien le Rhin que le Rhône.

Un pont sur le Nozon

 

Je descends le vallon verdoyant, où des feuillus aux teintes rendues presque électriques par les apparitions intermittente poussent drus sur les versants, alors que les chevaux broutent tranquillement le pâturage dans l’étroite plaine. Avant d’arriver à Croy, quittant les rives de la rivière, je longe un petit canal. Au lieu d’amener de l’eau aux moulins, il alimente simplement les lavoirs du village.  Restaurés, il est possible de s’agenouiller à la place des anciennes lavandières. Les genoux à même le sol pavé, le dos courbé, le thorax reposant sur la découpe (presque) ergonomique d’une extrémité de la planche sur laquelle le linge était frappé et rincé, la position n’est guère confortable. Un panneau informatif récapitule les différentes étapes de la Grande Lessive d’autrefois : deux fois par an, entre trois à quatre jours de durs labeurs.

Un des lavoirs de Croy

Au lieu de suivre directement le Sentier du Patrimoine, menant à la découverte des vestiges historiques dans les environs de Romainmôtier, je descends le long du Nozon jusqu’à la cascade du Dard. Au lieu-dit de La Vaux, glissant tranquillement contre une falaise, le flot tranquille prend son élan sur un petit surplomb et se précipite dans le vide, atterrissant dans une goulotte une dizaine de mètre plus bas. Nul puissant arc de cercle, l’eau se déverse en une simple chute, tombant telle une élégante draperie, avant de glisser à nouveau lentement au creux du val.

La cascade du Dard

Gravissant la rive gauche, je rejoins le chemin du patrimoine avant de m’enfoncer dans une chênaie. Loin des solides troncs décrits par La Fontaine, ici leurs silhouettes est chétives, sculptées tant par un sol pauvre, que par les coupes rases, jadis effectuées à intervalles réguliers d’une trentaine d’année. Entre les troncs torturés, les taillis foisonnent, cachant une faune variée. Les vernes ne cessent de bruire, agitées de tremblements alors qu’aucun souffle de vent n’est perceptible. Souvent une pie ou geai en jaillit, parfois ce n’est qu’un écureuil qui fuit, grimpant de façon hélicoïdale jusqu’à la frondaison, mais à plusieurs reprises c’est un chevreuil qui s’enfuit à mon approche. Après avoir été aussi surpris que lui une première fois, j’avance dorénavant plus délicatement, faisant attention à ne pas faire craquer de bois sec sous mes pas. Entendant le cri du brocard, pareil à celui d’un chien enroué, et observant au loin, à mon vent, les taillis s’agiter, mon avance se fait furtive, dans l’espoir de l’épier. Soudain, dans le vide laissé par les feuilles entre les branches, la couleur brune de son pelage apparaît. Me figeant sur place, j’attends qu’il bouge doucement pour l’observer. Peu à peu je distingue son cou, puis sa tête avec deux courtes cornes dont les pointes sont légèrement recourbées. Je reste à l’observer pendant de longue minute, jusqu’à ce qu’il tourne sa tête dans ma direction. Aurais-je suffisamment fait de bruit pour l’inquiéter ?  Toujours est-il que ses yeux fixent ma direction pendant une dizaine de seconde, puis il disparaît faisant craquer les branches mortes sous ses bonds.

Un chevreuil dans les bois

Au milieu de la chênaie, je découvre la carrière du Chanay. Exploitée en 1826 pour la construction d’un pont à Orbe, une dizaine d’année plus tard, elle est reprise par un maître carrier spécialisé dans la construction de bassin. Pendant trente ans, plus de 200 pièces seront extraites, exportée dans tout le canton de Vaud. Aujourd’hui aucun vestige ne subsiste des crics en bois utilisé pour soulever les lourds blocs, tractés ensuite par un attelage comportant jusqu’à 25 bœufs. Les seuls témoins de cette exploitation sont gravés à même le roc : de nombreux trous oblongs sont visibles côtes à côtes. Bien qu’aujourd’hui recouvert par les lichens et parfois à moitié rempli d’humus, leur forme rectangulaire trahisse une origine artificielle.

La carrière de Chaney

Redescendant dans le val, les chênes laissent places aux érables, qui à leur tour cède devant les hêtres et des frênes, pour qui le climat humide du fond de la cuvette est bien plus propice. De l’autre côté du Nozon, le Sentier du Patrimoine évolue dans une réserve naturelle. Remontant dans un vallon humide, je découvre une tufière. La mousse a envahi l’endroit humide, mais le tapis n’est pas encore suffisamment épais pour masquer les traces de l’exploitation passée. La tufière présente une étrange silhouette en escalier, façonnée par l’extraction de blocs aux formes rectangulaires. Un peu plus loin, seul un trou rond marque l’emplacement d’un four à chaux.

Remontant sur l’adret, le climat devient de plus en plus sec. Les plantes thermophiles font leur apparition et les clairières sont envahies par des prairies sèches. Au lieu-dit de la Carrière Jaune, le sentier suit le sommet de la falaise, pourtant j’aperçois un petit sentier traversant l’hémicycle rocheux. Revenant sur mes pas, je découvre une petite sente s’enfonçant dans les taillis et descendant dans le vallon. A ses côtés un poteau indicateur arbore deux écriteaux jaunes, indiquant les directions du chemin agricole. Aujourd’hui seul les attaches de la flèche pointant en direction du vallon sont visibles, le panneau a disparu, comme si une volonté cherchait à protéger cette endroit.

La Carrière Jaune

La Carrière Jaune, aucun endroit n’a jamais porté si bien son nom, sauf peut-être le Rocher à l’Aigle dans le Royal National Park au sud de Sydney. Au milieu du bocage, une paroi d’un jaune lumineux est marquée par des traces de dépeçage. Exploitée du XVe siècle jusqu’au début du XIXe, sa pierre fut utilisée pour orné les encadrements des portes et des fenêtres. Aujourd’hui elle présente un intérêt écologique prépondérant avec un écosystème très particulier caractérisé par un sol calcaire et un milieu des plus secs où non seulement évolue vipères et lézards, mais aussi où de nombreuses plantes menacées ont trouvé refuge, dont quatre orchidée placées sur la liste rouge de l’UNESCO. Bien qu’aucune d’elle ne soit en fleur, le calme des lieux, l’absence de bruit ainsi que la douce chaleur de cette fin de matinée invite à s’allonger dans l’herbe pour prendre un peu de repos. Quittant la carrière j’emprunte l’ancienne route. Le tracé est bien visible dans la combe où la construction d’un remblai, renforcé de part et d’autre par deux petits murets, a permis à la route de s’affranchir des plissements présents. Toutefois il se perd rapidement dans la forêt dès l’instant où son tracé n’exigea pas de travaux de terrassement.

Dans les buis de Ferreyeres, après être passé à côté d’un autre four à chaux, j’arrive près d’un édifice abritant deux fours à fer datant du Vie siècle. Comme son nom l’indique, Ferreyeres fut pendant longtemps un des centres de production de fer en raison des abondants gisements de minerai de la région. Peu après, la chênaie s’éclaircit à mesure que je grimpe jusqu’à déboucher sur une grande clairière où de l’herbe, jaunie par le soleil, pousse entre les larges dalles de pierres affleurantes du lapiez, à l’ombre de quelques tilleuls éparses. Après avoir brusquement tourné sur la droite, le sentier s’enfonce à nouveau dans la chênaie, procurant fraîcheur et ombre au paisible randonneur.

Un lapiez, au senteur méridionale

A mi-chemin de Romainmôtier, aux Gottettes, je découvre le dernier et plus ancien vestige de la journée, une pierre gravée, datée de 4000 av. JC. Ce bloc erratique, perdu au milieu des bois, est décoré de cupules, cercles et sillons, censé représenté une scène de chasse associant un ou deux hommes avec un animal. Témoignage du néolithique, tout au long du Jura, de nombreux blocs erratiques ou des pierres dressées sont décorés ainsi selon les croyances et rituels de l’époque.

La Pierre Gravèe

De retour à Romainmôtier, je découvre le domaine abbatial et ses évolutions successives. L’histoire commence en 910 par la construction d’un simple monastère sur la route du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Son histoire bascule lorsqu’en 928, il est offert à l’abbaye bénédictine de Clugny, dont les abbés seront à sa tête jusqu’en 1109. L’histoire commune se poursuit jusqu’en 1537, année à laquelle elle est dédiée au culte reformé. Aujourd’hui du monastère il ne reste que l’église et la maison du prieur après que les dépendances des moines aient été transformées en grange et que le cloitre fut démoli lors des réformes. Toutefois, elle reste l’un des rares édifices de style uniquement clunisien. Au fil des ans et des incendies, l’église a évolué, mélangeant l’art roman au style gothique pour former un ensemble d’une rare élégance. Le porche finement sculpté ouvre sur un narthex au plafond ouvragé, où se trouvent les fonds baptismaux. Les deuxièmes vantaux franchis, une volée d’escalier permette d’accéder à la nef. Seuls les piliers à l’impressionnant diamètre subsistent de son origine romane, contrastant avec la finesse des nervures du chœur. Reconstruite dans un style semi-gothique au XIIe siècle, la nef arbore sur son toit en plein cintre des nervures en croisée d’ogive décorées de motifs symétriques et colorés. En la dépouillant de chaire ou de stalles sculptées, la réforme protestante l’a embellie à sa manière, drapant cette église dans une brute sobriété.

L’abbatiale de Romainmôtier

Quittant l’église, je rejoins la maison du Prieur, qui servait à loger les hôtes de marque du monastère. Il faudra toutefois prendre votre mal en patience pour connaître l’histoire rocambolesque de ce bâtiment, le temps de retrouver mes notes, laissées à Ecublens. Il ne me reste plus qu’à tirer la porte pour pénétrer dans la salle sise au troisième étage, que la maîtresse des lieux à transformer en bibliothèque. A peine la porte tirée, je suis transporter comme dans un rêve, planant à des milliers de pieds au-dessus de la terre. La pièce complète est ceinte par des étagères sur lesquelles sont alignés des centaines d’ouvrage. Au centre, séparant la pièce en deux se trouvent un escalier menant aux combles. Sur le côté gauche, canapés, bancs et tables basses forment un espace lecture, alors que sur la droite des tables où sont empilés magasines et lettres constituent, je le suppose, l’espace travail. Partout, sur chacun des meubles, trônent des bouquins aux sujets des plus variés : arts, cinémas, cuisines, contes & légendes, … Et bien entendu, un coin est dévolu aux encyclopédies allemandes, anglaises, françaises, … Parmi elles, deux modèles réduits de voiliers donnent à l’ensemble un certain cachet. Plus d’une dizaine comportant tous les volumes s’empilent sur les rayonnages. Personnellement, je ne trouve qu’un seul défaut, l’absence de bande dessinée.

Une bibliothèque de rêve

Dans les combles sont entassés pêle-mêle divers pièce de tissus, un métier à tisser, des tentures, une table de couturière où trônent une machine à coudre, des bobines de fils, et un mètre à ruban. Quittant ce capharnaüm je descends jusque dans les caves, où jadis se trouvaient les écuries. Aujourd’hui l’aménagement est le reflet du troisième étage, sur le sol pavé repose d’anciennes malles, de vieux outils en fer rouillé ou en bois et sur les étagères, divers bibelots – bouteilles vides, ustensiles en étain, … – sont déposés dans un désordre ordonné.

Ne pouvant arriver à l’heure à la gare de Croy pour prendre le train de 12h07, une dernière balade m’amène jusqu’au Belvédère sur les hauteurs de Romainmôtier. La vue sur le village m’impressionne tant par son unité architecturale que par l’absence de constructions contemporaines qui viendrait à gâcher la vue d’ensemble. De là, je discuterais avec un couple âgé, originaire de Premier, le village d’à côté, qui viennent descendent régulièrement jusqu’au Belvédère et à Romainmôtier pour profiter de son atmosphère particulière. Pour ma part, avant de quitter le bourg, un dernier détour m’amène dans les ruelles pour respirer une dernière fois le parfum qui émane de ce lieu. Sur le chemin du retour en traversant Croy, je découvre une magnifique fontaine du village, composée de deux énormes bassins. J’avais lu en début de matinée que dans la convention liant la municipalité aux tailleurs de pierre de la carrière de Chaney, elle s’était réservé deux belles pour y tailler ses bassins.

Ce diaporama nécessite JavaScript.