Les Crêtes du Jura (Noiraigue – Sainte-Croix)

12 02 2011

Encore une semaine ensoleillée, aux températures printanières sans chutes de neige ni gouttes de pluie… Une météo identique en cette fin de semaine, propice à la balade. Pour changer du paysage recouvert de vignobles, envahi par l’homme, je me suis décidé pour la région au nord-ouest du Lac de Neuchatel, à l’orée du Jura. Entre longer le Doubs, explorer Sainte Ursanne,découvrir le Creux du Van, se balader par mont et par vaux, j’ai conjugué les deux dernières options en empruntant le chemin des Crêtes du Jura à partir de Noiraigue.
Départ en train de Renens vers 930, ICN entre Lausanne et Neuchâtel, puis un régional me mènera à l’heure de l’apéro au village de départ. De là, je gagne le Creux du Van, une profonde entaille circulaire dans la montagne. Pour gagner le sommet des falaises qui ceignent le Creux, je gagne d’abord le centre de la dépression à travers une forêt de feuillu, dans une sente recouverte par la neige. Légèrement croûtée, je ne m’enfonce pas à travers son manteau. Une route forestière m’amène jusqu’à Fontaine Froide, un coin fortement ombragé, où se fait sentir un petit biset descendant des hauteurs. De là, je grimpe jusqu’à la crête. Le chemin se fait parfois traître, les feuilles ayant recouvert la neige devenu verglas, seuls quelques cailloux émergeant de la glace permette de gravir la pente. Au fur et à mesure de l’ascension, sur cette face orientée nord, les conifères remplacent les feuillus, la vue se dégage sur les falaises.

Creux du Van

Arriver au sommet, je coutourne le Creux en longeant le bord. Ce dernier est ceint d’un petit muret en pierre destiné à empêcher les vaches de s’approcher de falaise. Afin que bergers et touristes puissent quand même circuler, ces derniers sont percés de petites portes, construite à l’aide de deux pierres verticales espacée d’une vingtaine de centimètre, ne permettant pas le passage des ruminants. Je retrouverais cette ingénieuse construction tout au long du chemin. Arrivé au Soliat, le point le plus haut autour du Creux du Van, je m’élance pour de bon sur le chemin des Crêtes du Jura, marquée par la première borne limitrophe entre le canton de Neuchâtel et celui du Jura.

Chemin des Crêtes du Jura : vue depuis le Soliat

Par monts et par vaux est sans doute le meilleur qualificatif de ce chemin : tantôt à gravir une colline, tantôt à redescendre le long d’un vallon, tantôt à flanc de côteau. Il est tracé entre routes forestières, petites sentes dans la forêt ou à travers pâturages, … Lors d’un hiver normal, il est sans nul doute impossible de chausser une paire de soulier et de marcher comme je l’ai fait aujourd’hui, comme en témoigne les indicateurs de pistes de ski de fond que j’ai croisé. Mais ces dernières semaines ont été suffisamment douce pour que les pâturages soient exempts de neige. Seul sur les tracés dans la forêt subsiste encore un manteau blanc.

Les paysages découverts sont justes magnifiques avec de grand espace (pour un pays de la taille de la Suisse), où seules quelques fermes éparses, et les routes qui s’y mènent, rappellent la civilisation. A travers les bois j’y observerais pendant une longue minute un renard à moins de trente mètres, avant qu’il ne se réfugie dans un fourré, et finisse par déguerpir après avoir senti ma présence. Au Creux de la Pey, je découvre une des plus belle ferme que j’ai vu, avec un magnifique toit de bardeaux. Devant la bâtisse, deux grosses buttes de terre, ceintes d’un muret en pierre, sont visibles. Sur chacune une trappe rouillée y donne accès. Cédant à ma curiosité, je découvre qu’il s’agit en fait de deux grosses citernes enterrées, pour pourvoir au manque d’eau de ces régions où les sources ne doivent pas être foison. Tout comme les enclos minéraux, avec leur porte typique, ces citernes se retrouvent aussi au pied des autres fermes.

Ferme du Creux de la Pey : noté le toit de bardeaux

Avant d’arriver à la Calame et d’entamer la dernière montée jusqu’au Chasseron, je traverses une immense clairière, qui fait aussi office des pâturages au lieu-dit des Gillardes, avec une ferme perdue à l’orée de la forêt. Alors qu’il avait fait beau tout la journée, les stratus ont envahi le ciel, apportant un petit air maléfique à ces contrées, et au chasseron que l’on aperçoit dans le lointain.

 

Patûrage des Gillardes avec le Chasseron en arrière plan (photo HDR)

 

Pour la dernière montée, le soleil a disparu derrière les nuages, la fin de l’après-midi est proche, le chemin, orienté plein nord, est en grande partie recouvert de neige; mais la température clémente fait que l’on s’y enfonce facilement. La petite ascension sera la plus longue de la journée. Toutefois sitôt passé les Cernets-Dessous, la végétation se fait petites, les arbres deviennent arbustes, l’eil embrasse le panorama, du Jura au lac de Neuchâtel, et jusqu’au Alpes dans le lointain par beau temps. Un dernier effort conduit au Chasseron, dont la pointe est recouvert par la tétraèdre caractéristique des points de triangulation suisse de première et deuxième catégorie.

 

 

 

 

Finalement, j’arriverais à Sainte Croix aux dernières lueurs du jour, éloigné  de 41 kilomètres de mon point de départ. Au Buffet de la Gare, la bière limonade a ce goût fantastique de la boisson attendue pendant toute la journée en guise de réconfort.

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