Du port de La-Tour au Bouverêt

31 07 2012

Ecublens, le 31 août 2012

Trajet : La-Tour-de-Peilz – Bouverêt

Lever ce matin presque en même temps que le soleil, je m’empresse d’aller chez Freddy, une des meilleures boulangeries – à mon avis – de la côte vaudoise. Quelle ne sera pas ma déception de la découvrir fermée jusqu’au 5 août pour les vacances estivales. En attendant que les supermarchés ouvrent, je retourne au voilier pour bricoler un ou deux petits trucs.

Ayant récupéré hier un nouveau feu de mat pour remplacer celui qui ne fonctionnait plus, je déplace le bateau de quelques mètres pour amener le mat à la verticale de la grue à mater. J’envoie au sommet du mat un bidon contenant l’ampoule, une brosse de nettoyage, un spray au téflon, une patte, un ou deux tournevis de tailles diverses si j’en ai besoin. Quelques minutes plus tard, perché au sommet de la grue, j’essaie d’attraper le mat. Mais celui-ci se dérobe une dizaine de fois avant de réussir à l’attacher. Nettoyage de la tête de mat, détoilage (d’araignée) la girouette, sprayage des réas des multiples poulies, et enfin changement d’ampoule. La première phase de test débouche sur un échec : aucune lueur n’apparaît au sommet du mat. Plutôt que de remonter, je démonte les connecteurs au niveau du pont et découvrir une pellicule de vert-de-gris sur les connecteurs cuivrés. Après les avoir brossé, tout fonctionne de nouveau et le feu de tête luit enfin.

Alors que je retourne dans le bourg, je me souviens qu’il existe une deuxième boulangerie, presque aussi bonne que la première. Adieu les croissants secs de la coop ou de la Migros, à moi les brioches et les croissants au chocolat, toutes deux confectionnées avec amour et beurre. Petit déjeuner excellent à la terrasse du club nautique local, avec vue sur le port. A la veille du premier août, quelques voiliers arborent oriflamme et grand pavois. Une bien belle image.

Le port de La-Tour-de-Peilz

J’appareille peu après 8h30. Le soleil matinal a suffisamment réchauffé les côtes pour qu’une légère brise thermique ride par endroit la surface du lac. Glissement lentement, je grappillerais les encablures, yards après yards, je m’approche doucement du Bouverêt. Tout au long de la traversée, je profite de bichonner Voyage – c’est le nom du voilier – : gratouiller le pont pour le débarrasser de ces horribles traces grisâtres et des fientes de canard, nettoyer le liston pour supprimer les araignées, épousseter haubans et manœuvres pour le débarrasser des toiles. Arrivé dans la baie du Bouverêt, je m’amarre à une bouée pour me jeter à l’eau, et bien entendu profiter de lustrer sa coque. Peu après midi, c’est pimpant, la coque au vent, que je rentre dans le port du Bouverêt.

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A la découverte du Haut-Lac : les Grangettes

30 07 2012

Saint-Maurice – Renens VD, le 31 juillet 2012

Trajet : Villeneuve – Bouverêt – Vevey – La Tour-de-Peilz

Ayant promis à deux amies blekiennes, Charline et Natacha, de les embarquer sur le voilier de mes parents au port de Vevey ce soir à 18h00, pour rallier la cité vaudoise, il me faut tout d’abord rejoindre le Bouverêt, port d’attache du bateau. Au lieu de prendre un bateau de la Compagnie Générale de Navigation qui m’amènerait de Lausanne au Bouverêt en passant par Saint-Gingolphe, je décide de traverser le chablais à pied, en longeant la réserve des Grangettes.

Arrivé à Villeneuve, il me suffit de traverser l’Eau Froide pour me trouver à la lisères de la deuxième plus grande zone de marais de Suisse, qui s’étends de Villeneuve jusqu’au bord du Rhône sur les berges du Léman. Depuis le sol, les Grangettes se résument à un mur de végétation : roselière surmonté d’une canopée verdoyante. Une tour d’observation, me permet de prendre de la hauteur et surtout de prendre conscience de l’écosystème : étangs entourés de roselière, clairière marécageuse, agglomérats de feuillus, … et dans ce complexe, la vie fourmille : multiples races de canards (grèbes, foulque, colvert, …), mouettes, goélands et cormorans, poissons divers (tanche et …) et encore deux paires de tortues, prenant un bain de soleil sur des branches mortes.

Les Grangettes (depuis la tour d’observation)

Quittant la route bitumée, dévolue aux cyclistes, je bifurque sur une petite sente qui s’enfonce dans les Grangettes. Entourés de part et d’autre de bouleaux et de hêtres, le sous-bois est moussu, fougères et prêle d’hiverd’hiver occupent les bordures humides alors que roseaux et nénuphars envahissent les plans d’eau. De temps à autre, j’aperçois un chêne ou un saule qui a poussé sur une éminence plus sèche. Craquements de bois, glissements visqueux, bruissement des roseaux, froissements de l’humus, autant de symboles d’activité d’une faune adaptée à la moiteur du lieu, bruyante mais presque invisible. Parfois j’aperçois un ou deux canards, ou un lézard qui se glisse dans les racines d’un arbre couché par les vents. Seuls les insectes virevoltent en essaim, se rappelant de temps à autre que mes mollets et avant-bras sont des places privilégiées, bien que parfois un peu dangereuses, pour déguster une pinte de sang.

Piste créée par un blaireau dans les prêles d’hvier

De l’utre côté d’un petit canalon, dans une propriété privée je discerne à travers les arbres les murs rouges d’une maison. J’envie déjà ce particulier, qui vit dans un endroit presque paradisiaque. J’enlèverais le presque quand les suceurs de sang auront disparu. Peu à peu, alors que les contours de la bâtisse se dévoilent, je découvre un jardin où le désordre organisé semble régner en maître. Le jardin instinctif, décoré par Gérard Bonnet, un véritable artiste, regorge de dizaine d’essences différentes, séparée par des allées et des œuvres en bois flottés ou des sculptures en métal rouillés. Un vrai régal pour les yeux. A l’entrée du jardin, au bord de ce qui pourrait être un petit port, à l’ombre d’un parasol, sur une table métallique, entourées de quatre chaises, de celles que l’on trouvait autrefois sur les terrasses citadines, est posés une carafe d’eau, des citrons et des verres insiste le promeneur à s’arrêter pour profiter de l’instant présent.

Un semblant de port

Un peu plus loin, d’autres maisons perdues dans la cambrouse forme le hameau des Grangettes. Le chemin pédestre me fait traverser un camping, endroit que j’ai en horreur. Des centaines de touristes s’entassent dans des tentes, des dizaines d’habitués se massent dans leur caravane, s’étalent dans leur petit jardinet coincé entre deux mobilehomes. Heureusement, je suis déjà de l’autre côté dans un petit chemin qui se perd dans la nature. Le long d’une petite grève, un chêne déraciné s’est abattu dans l’eau. Reposant sur deux de ses branches, le reste de sa frondaison est d’un vert éblouissant, tranchant avec le bleu du Léman.

Chêne ayant chu

Des bateaux sont amarrés de part et d’autre du Grand Canal. Sur chaque rive, une route dessert les quelques bungalows. L’endroit est bien plus charmant que le hameau précédent. La largeur du canal est une véritable fenêtre sur le Léman. La côte vaudoise est visible au loin, sous le Mont Pellerin, il est facile de reconnaître Vevey, à la Tour Saint-Martin de son église perchée sur les hauteurs. Un kilomètre en amont, un pont me permet de continuer en direction du Bouverêt. En m’avançant plus au milieu des terres, les forêts marécageuses laissent la place à des prairies humides limitées par des bocages touffus. Sur ma gauche, une vieille grange construite sur la rive d’un grand étang, n’est plus guère entretenu. D’ici quelques années, si les trous dans la toiture ne sont pas bouchés, la charpente va partir en morceau et ce ne sera plus qu’une ruine. En bordure du lac, il est possible d’admirer des gerris – insectes glissant sur l’eau, aussi connu sous le nom d’hydroptère – à l’envergure impressionnante. Et pour ceux dont la faune aquatique laisse froid, il est aussi possible d’observer de splendides demoiselles, toutes de bleu vêtues.

Lac à la Praille

Au port du Vieux-Rhône, je revois avec plaisir Pénélope. Ce voilier appartenant à un vieux couple de vaudois est armé comme pour affronter l’océan pour un tour du monde. Fidèle à l’adage « trop fort n’a jamais cassé », au-dessus de sa coque métallique, peinte de rouge, il arbore une solide mature divisée pour en faire un ketch. Ses superstructures blanches sont régulièrement percées d’hublot rectangulaires. Il rappelle par de nombreux points le mythique « Joshua » de Bernard Moitessier. La dernière surprise de cette petite balade est de découvrir un écriteau au lieu-dit du fort indiquant que cette propriété, située juste à côté du Rhône, appartient à la commune de la Tour-de-Peilz. Une dernière passerelle me permet d’enjamber le Rhône et une vingtaine de minute plus tard, je suis arrivé au port du Bouverêt.

Le Rhône depuis la passerelle des Grangettes

Le temps d’avitailler le bateau en fromage et saucisson pour la sortie de ce soir et je largue les amarres, direction Vevey. Il est malheureusement trop tôt pour que les thermiques se lèvent et je traverse au moteur. Le bruit d’une petite tondeuse à gazon m’accompagnera jusqu’à la Pointe à la Becque. De là, un très léger biset m’a permis de hisser les voiles. Un demi-mille en un peu plus d’une demi-heure, l’allure n’est pas des plus fulgurantes. Je ne patienterais qu’une petite dizaine de minute avec que les demoiselles n’embarquent. Si à la sortie du port, une petite brise nous tire sur quelques centaines de mètres, elle s’essoufflera rapidement. Avec le passage régulier de nuages cette après-midi, les écarts de température entre l’eau et la terre sont faibles et les thermiques ne seront guère enclin à se lever. Que cela ne tienne, les vieux gréements du lac sont réunis à Vevey pour une rencontre de tradition. Regarder voguez la Vaudois et la Savoie sous voile, admirer les lignes élégantes de la galère ou apercevoir l’Aurore, la petite nau valaisanne est un vrai spectacle. Surtout quand le soleil vient à se coucher et embrase d’orange le paysage.

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Première montée au chalet

17 12 2011

La Tsoumaz, 30 décembre 2011, 17h10

Hier dans le courant de l’après-midi, mes parents me téléphonent pour savoir si je rentre en Valais cette fin de semaine. Comme Joachim nous a amené beaucoup de neige ces derniers jours, je me décide pour les accompagner au chalet. Avant de raccrocher, papa me dit qu’il va acheter des chaînes pour la voiture. Il doit être tombé beaucoup de neige pour que papa se soucie d’en avoir à bord. Il est plutôt du genre à les laisser à la maison. D’après mes souvenirs d’enfance, le nombre de fois où nous avons dû chaîner la voiture se compte sur les doigts d’une main, par conséquent papa doit être presque sûr de devoir les utiliser demain pour être si pressé d’en acquérir.

Samedi matin, il fait toujours mauvais temps lorsque je vais prendre le train. Un ciel couleur gris plombé s’étends au-dessus du Léman. Les flots sombres sont agités, de blancs moutons parsèment la crête des vagues. Les teintes du paysage sont restreintes, tous semblent noyés dans une palette bleue pétrole. Au loin, la neige apparaît, recouvre les vignobles du chablais vaudois. Sur les flancs du Grammont, la cheminée de l’usine de Chavalon se découpe sur le fond nuageux. Un véritable paysage de fin du monde.

Je quitte les abords du Lac. A mesure que le train s’enfonce dans le Valais, des nuages toujours plus épais de particules neigeuses sont projetées de part et d’autre de la locomotive. A Martigny, en attendant le régional, quelques flocons épars tombent. A Riddes, ils se sont faits plus nombreux et je découvre un village recouvert par une vingtaine de centimètres. Bien plus que j’en ai vu depuis des années en Valais. Sitôt arrivé à la maison, nous repartons pour les mayens. Papa au volant conduit prudemment. Quelques virages après avoir quitté la plaine, la route se pare de blanc. Un tapis neigeux, de plus en plus épais, la recouvre. Des flocons continuent de tomber. Nous continuons de monter lentement. Par endroit, une voiture de touriste est stationnée au bord de la route, le conducteur chaînant les routes. Ailleurs, nous observons les traces sinueuses d’une voiture ayant perdu l’adhérence. Partout des branches de sapins et de mélèzes jonchent la chaussée. Derrière une voiture, nous nous engageons dans le dernier virage. Là où la pente est la plus raide, la voiture ralentit, patine. Il est temps de chaîner. De toute façon, nous n’aurions pas échappé, l’automobile devant nous est arrêtée à son tour.

Une fois les chaînes installées, la conduite est presque un jeu d’enfant. Les roues s’accrochent à la neige, et nous gravissons sans problème la dernière côte. Peu avant l’arrivée en station, sur notre gauge, s’élève des montagnes de neige. Déblayée des routes du village, elle est déversée sur ce parking en attendant sa fonte. Le dernier tronçon de route pour arriver jusqu’au chalet est à peine dégager : une quinzaine de centimètre de neige tassée recouvre encore la chaussée. Lentement, derrière des voitures de touristes nous nous engageons. Le plus dur est fait. Il ne nous reste plus qu’à descendre jusqu’au chalet.

Une fois débarqués, la hauteur de neige de part et d’autre de la route est encore plus impressionnante. Le manteau neigeux doit bien mesurer un mètre d’épais. Pour rejoindre le chalet, nous nous engageons sur le chemin commun, dégagé avec une fraiseuse. De petits murets d’une soixantaine de centimètres s’élèvent de part et d’autre. L’aventure débute à nouveau lorsque nous quittons le sentier. Si l’été nous devons traverser une haute prairie herbeuse, aujourd’hui je trace le chemin dans un plus-qu’épais manteau neigeux. A peine engagé sur le tracé habituel que je m’enfonce jusqu’à mi-cuisse. Secoué par le vent, la neige accrochée sur les branches du sorbier profitent de dégringoler sur ma tête au moment où je passe dessous. Peu après, le niveau atteint le sommet des hanches. A chaque pas, je dois ressortir complètement ma jambe de la neige, la jeter en avant, pour m’enfoncer à nouveau. Lentement je progresse jusqu’au chalet. Dans mon souvenir, je ne me souviens plus avoir vu pareil quantité de neige tomber en une fois. Maman, elle se souvient ne l’avoir vu qu’une seule autre fois, un matin de février – mois reconnu pour ses importantes chutes de neige. J’arrive enfin au chalet, l’escalier et le balcon sont ensevelis sous la neige. Je cherche à tâtons les marches jusqu’au palier.

Il est temps d’allumer le feu du potager pour dégager le conduit de la cheminée. Le bois se consume difficilement, la fumée peine à trouver son chemin vers la sortie. Il faudra atteindre quelques minutes avec que le feu ne ronfle comme à son habitude. Il est alors temps d’allumer le foyer principal, puis de déblayer les abords du chalet. Que de neige, à pousser en bas du balcon, à enlever des escaliers, à dégager pour accéder au bûcher. Une bonne heure sera nécessaire pour venir à bout de la tâche.

Alors que le chalet commence à se tempérer, nous partons pour une petite randonnée en peau de phoque. Après avoir chaussés les skis devant le chalet, nous nous enfonçons dans un paysage de Grand Nord. Les barrières disparaissent sous la neige, d’épaisses couches recouvrent les toits, les branches ploient sous les amas blancs, … Seule la route principale est bien dégagée, lorsque nous gravissons les deux raidillons en direction du bisse, la chaussée est encore recouverte par une vingtaine de centimètre. Arrivé en vue de la Maison de la Forêt, situé en aval du bisse, je grimpe sur le sentier pédestre. Personne ne nous a précédés, en tête, je choles – trace mon chemin – dans un demi-mètre de neige, laissant un profond sillon derrière mois. La progression est lente, un peu pénible, mais le paysage est splendide.

Avec papa nous nous relayons en tête, alors que maman ferme la marche. Par moment, il est possible d’enfoncer les bâtons dans la neige jusqu’à la poignée sans qu’ils ne touchent le sol. Nous rejoignons la route forestière lorsqu’elle s’enfonce dans les bois. Les ratracs ont du passé hier sur la piste, les skis s’enfoncent moins profondément et la progression est facilitée sur ce chemin damé. Par deux fois, un épineux déraciné par la tempête s’est renversé, il faut baisser la tête et courber le dos pour passer l’obstacle. Arrivé à l’intersection avec le chemin pédestre, il est temps de rejoindre le sous-bois. Le passage du talus est ardu, l’importante quantité de neige ne facilite pas l’accroche des peaux de phoques, et la pente, momentanément importante, rend la tâche d’autant plus difficile.

Sous le couvert des arbres, avec les importantes chutes de neige, le manteau est tout aussi important. Il faut à nouveau choler cinquante centimètres. Mais la vue est bien plus jolie que sur la route. Les arbres ont cessés de formé deux hautes murailles, il faut zigzaguer entre les troncs, chaque changement de direction apportant un nouveau point de vue, chaque courbe dévoilant une nouvelle merveille : branches d’épineux alourdies, noisetiers et sorbiers ployé sous le poids de la neige, sapenets dont la cime émerge tout juste de la surface, …  Arrivé à la lisière supérieure de la forêt, les bourrasques de la tempête nous cueille, les flocons poussés par les rafales s’engouffrent dans les moindres ouvertures, la neige nous cingle le visage, … Nous regagnons la piste de ski, enlevons les peaux de phoque, buvons rapidement du thé, versé fumant depuis le thermos puis redescendons jusqu’au chalet. Ne résistant pas à l’attrait de la poudre, je coupe à travers une ancienne trouée. La neige est toutefois un peu plus lourde qu’escomptée et sans l’importante pente, je serais resté immobilisés à la fin de certains virages. Demain, je recomence.

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Lavaux, par un beau matin d’octobre

29 10 2011

La Tsoumaz, 1er janvier 2012, 18h30

A lire en écoutant Lunik, Edith Piaf et Sting & the Police

Comme les prévisions météorologiques annoncent une dégradation du temps pour ces prochains jours, j’ai décidé de profiter du dernier grand jour de beau. Au environ de 8h00, je descends du train à la gare de Pully. Au centre du rond-point, un magnifique marronnier aux feuilles vermillon se dresse tel un sémaphore interdisant toute circulation. Déambulant dans les vieilles et étroites rues, je rejoins l’hôtel de ville, contigüe à l’église. Devant cette immense bâtisse, s’étends une terrasse gravillonnée à la vue imprenable. Face à moi, sitôt passé les maisons blanches sizes au pied du vignobles viticoles s’étends le Léman. Majestueux, plat, en ces heures matinales, il se pare de nuance pastel, reflétant les lueurs roses du soleil qui se lève sur les Alpes Bernoises. De l’autre côté, le massif où se dressent le Grammont et les Cornettes de Bises est encore noyé dans les brumes. Les silhouettes bleus pétroles se dressent, dominent le lac de toutes leurs hauteurs. L’ambiance est calme, seul le babillement de quelques oiseaux vient troubler la quiétude des lieux.

Descendant à travers les parchets de vigne, la présence de l’automne est trahie par le brunissement des sarments. Les feuilles ont presque toutes perdus leur chlorophylle et se parent de leurs plus beaux atours mordorés. Je grappille les quelques grains de raisin, accrochés aux dernières grappes. Asséché par leur soleil, le jus s’est enrichi en sucre au fils des jours. Il est aussi gouteux qu’un miel d’acacia. Arrivé au bord de la route principale, un petit chemin pédestre sis aux bordures d’une propriété conduit jusqu’au bord de l’eau. Loin à l’Est, les Dents de Morcles, la Tour d’Aï découpent leur silhouette dans les rayons solaires tels des ombres chinoises à la lumière d’un projecteur. Je  longe le Lac, de grèves en ports privés, de jardin privatif en hangar à bateau. Devant moi,  le mur de briques d’une propriété se termine en un pavillon de jardin, dont les fondations émergent de l’eau. Nulle part où passer, je suis obligé de retourner dans les terres, contourner ce long mur qui ne semble pas finir. J’arrive de l’autre côté, là où le mur s’arrête au niveau d’un petit port. Un canot à moteur et un voilier tranquillement amarré profitent des premiers rayons du matin. Le mur se mue en balustrade. Tout au bout, là où le môle du port prend naissance, une gloriette est construite en porte à faux. Ses formes arrondies se découpent sur la végétation exubérante du parc. Sérénité matinale, que rien ne semble venir déranger.

La Tsoumaz, lundi 2 janvier 2012, 14h30

Arrivant au nouveau port de Lutry, sur le quai s’allongeant en forme de croissant, je trouve le magasin de marine fermé, les cafés clos. Endormi par l’automne, les lieux sont désertés, les dériveurs sont démâtés, les catamarans prêts à être hivernés. A côté de moi, une joggeuse passe, sans un salut. Seuls les aboiements rageurs de son caniche parviennent à mes oreilles. Quittant ce lieux triste je continue jusqu’au vieux port de Lutry. Sitôt passé la grève, le havre tranquille surgit, bien à l’abri d’une jetée en pierres équarries. A l’ombre des platanes, près de la rampe de mise à l’eau, un ancien hangar abrite maintenant les locaux du sauvetage et un bistrot. Repeint de vert, ses devantures affichent en lettre blanche « Glaces – Café – Panini ». Une brune demoiselle s’affaire à chasser les feuilles mortes de la terrasse avant d’installer quelques tables et chaises en bordure de l’eau. Je continue mon chemin dans la calme matinale.

Quittant le vieux Lutry et ses maisons arborant de si étranges cheminées tarabiscotées, je suis le bord de la rive. Grève, enrochement invite à se prélasser. Mais je ne succomberais pas à la tentation. Par endroit, un vieil écriteau affirme encore que l’accès à la propriété privée et la baignade sont interdites, selon un édit du juge de la paix datant du 16 juin 1986. Seule la présence d’une inscription manuelle rappelle que « le sentier public est autorisé ». Il est vrai que la loi garantit une libre circulation sur les rives du Léman, mais bien souvent les nantis font fi de cette règle. Ainsi, un grand mur couronné d’une barrière acérée barre la route. Je rejoins l’intérieur des terres, traversant à nouveau la route cantonale. Me voici de retour dans le vignoble. Le vert de l’herbe contraste avec le jaune des feuilles et le gris des murets de pierres sèches.

En contrebas, les rails et les lignes électriques du chemin ferroviaire brillant dans le soleil levant se fondent dans le lac étincelant. Le paysage est comme noyé dans une légère brume, atténuant les vives couleurs de l’automne. Je m’approche peu à peu de Cully où sur la Place du Major Davel est planté un de plus vieux marronniers. Un écriteau suspendu au large tronc indique que le vénérable arbre aurait été planté en 1798. Cully, un village qui ne me remémore que de bon souvenir. Pendant trois, je suis venu m’échoué au port de Mortel avec mon catamaran pour baguenauder dans le vignoble et me régaler des filets de perches au Restaurant de la Poste. Passé la petite grève, située au nord de la jetée, un endroit où il fait bon de s’y baigner, je découvre une petite crique où trois petits vieux mettent un petit canot à l’eau. Je les regarde s’embarque, avant que l’un commence à ramer en direction d’un voilier se balançant, paisiblement amarré à un corps mort.

Quittant les abords du Lac, je m’élève dans les coteaux du Dézaley. Du bord du Lac jusqu’au crête la haut, les vignes s’élèvent en terrasse. Paysage viticole entrecoupé d’une multitude de murs de pierres sèches où se croise quelques étroites routes de ciment reliant les bourgs où logent les vignerons. Aucun mot ne saurait décrire ce paysage magnifique, si propre à cette région. Enregistré au patrimoine mondial de l’UNESCO, il est pour moi l’un des lieux les plus magnifiques et plus agréables de Suisse. Il charme l’œil et soigne la soif. Je m’arrêterais à la Tonnelle à Antoine pour profiter de la tranquillité des lieux :

« Pourquoi passer si vite, promeneur ? Installez-vous plutôt sous la tonnelle et savourez l’instant présent !

Selon la saison et l’humeur du moment, vous pourrez alors, à votre guise,…

Prendre un peu de repos, méditer et philosopher,

Refaire le monde avec vos amis,

Dialoguer avec les ceps et le paysage,

Humer le parfum de la vigne en fleur,

Saliver devant le raisin qui mûrit,

Parler d’amour et même…

Boire un verre ! »

Ainsi s’exprime la Tonnelle à Antoine situé dans le beau vignoble du Lavaux. Empreint de cette sagesse, je continuais mon bonhomme de chemin. Peu après le Clos des Moines, appartenant à la Ville de Lausanne, levant mes yeux, j’aperçois, accrochée à un mur de soutènement, les grandes lettres blanches du Dézaley, annonçant la région viticole à la manière d’Hollywood. Peu après, je pénètre dans la partie la plus raide du coteau. Ici, route et voie ferrées semblent avoir disparu, les murets s’accotent aux rochers à pic, le regard saute du vignoble à l’eau turquoise en contrebas. Rives et grèves ont disparu, absorbées par les drus. Le paysage se radoucit alors que je descends jusqu’à Saint-Saphorin. Du large, l’imposante tour carrée servant de clocher à l’église romane est un des amers le plus connu Léman. Marc Aymon a chanté les louanges de ce pittoresque petit village niché entre les vignes et l’eau. J’y découvre malheureusement un caveau fermé. Ce n’est pas non plus ici que je dégusterai un verre de chasselas.

Ma promenade touche bientôt à sa fin, au loin apparaît les premières maisons de Vevey. Quittant les ruelles ombragées, je grimpe à nouveau. Tant et si bien, que je me retrouve presque au contrefort de soutènement de l’autoroute. L’endroit est moins glamour, et je suis bien content lorsque je redescends laissant derrière moi les grondements étouffés des automobiles. Les maisons se font plus nombreuses, les routes passantes plus larges, des feux de circulation règle maintenant les passages à piétons. J’y suis, de retour en ville. Après une matinée passée à flâner dans le calme du vignoble, le retour à l’active civilisation est rude.

Avant de prendre le train pour revenir à Renens, je gravis les escaliers jusqu’au parvis de l’église Saint-Martin de Vevey. Reconnaissable entre tous, le clocher est flanqué de quatre clochetons aux angles de la tour, avant d’être couronné par un toit pyramidal. Loin à la ronde il est l’icône veveysane. L’été lorsque je quitte le Bouverêt pour me rendre à La-Tour-de-Peilz, je cape sur ce repère, tant sa silhouette est reconnaissable entre toute.

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La Côte – d’Aubonne à Nyon par les vignobles de La Côte

5 10 2011

Train, Lausanne-Martigny, le vendredi 7 octobre 2011

Selon les prévisions météorologiques, l’anticyclone des Açores devraient s’affaiblir en fin de semaine. Il avait permis à l’automne de jouer les prolongations jusqu’en ce début d’octobre. Si aujourd’hui les températures devraient grimper jusqu’à 22, voire 23 [°C], la chute sera brutal en fin de semaine : les maxima annoncés ne dépassants pas la quinzaine de degré, ainsi qu’un retour des précipitations. Bref, j’ai décidé de profiter de ce dernier jour pour me balader dans les vignes de La Côte, et éventuellement poursuivre mon chemin jusqu’à la Dôle.

Plongé dans une bande dessinée, après avoir oublié l’heure de mon train, je débarque peu avant dix heures à la gare d’Allaman. A travers les champs, je gagne Aubonne, situé sur le coteau au milieu des vignes. Je retrouve l’atmosphère des villages viticoles du Lavaux où le dédale des ruelles s’articule autour du Café du commerce à sa riche devanture. Dominant l’agglomération, le château médiéval dresse sa tour ronde, couronnée d’une coupole de Zinc. Le corps de logis, blanc, allongé, orné de nombreuses fenêtres, surplombe la route s’enroulant au sud de la colline. La remontant jusqu’au parvis du château, j’admire l’enchevêtrement de toits en contrebas.

Quittant Aubonne en direction de Féchy, je suis le chemin du Panorama Alpin. Ce dernier, long de 510 kilomètres relie Genève à Rorschach, sur les bords du Lac de Constance. Si la majeur partie de l’itinéraire circule dans les préalpes, d’où il jouit d’une magnifique vue sur le sommet des Alpes, aux abords du Léman, il traverse les régions viticoles du Lavaux et de La Côte. C’est ainsi que j’avance sur les routes bétonnées quadrillant les vignobles d’Aubonne à Bégnins. L’odeur, un peu âcre, du marc fermenté de raisins se répands dans les vignes, à mesure que la journée avance, les effluves sous la chaleur du soleil deviennent plus insistante. Les vendanges sont terminées ; je rappillerais les quelques grappes oubliées, aujourd’hui flétries.

Loin des raides pentes du Lavaux, de ses coteaux torturés par les combes et les vallons, ici les lignes sont espacées pour permettre la viticulture mécanisées. Les grandes parcelles s’étendent sur les voluptueux contreforts du Jura, ondulant en de douces courbes. Commun aux deux grands vignobles vaudois, le charme caractéristique des petits villages agricoles : Féchy avec la pyramide acérée de son église, Bougy-Villars avec Tristan, son réputé chocolatier, Bugnaux et ses deux magnifiques manoirs, Vinzel et ses célèbres boules, véritables délices gastronomiques … A mi-chemin, je frôlerais l’orée de la forêt, couronnant les terres viticoles. Hêtres, chataigners et noisetiers ont déjà revêtus leurs livrées automnales : le vert criard estival est remplacé par des teintes plus douces, virant peu à peu sur l’ocre et le brun.

Alors que ce matin, les crêtes du Jura se découpaient sur un fond bleu, de gros nuages blancs se sont déversés depuis la France. A la vue du sommet de la Dôle, disparaissant dans les brumes, je décides de rejoindre Nyon, plutôt que de poursuivre mon chemin par Saint-Cergue. A Bégnins, je quitterais l’univers viticole pour rejoindre les cultures maraîchères sur les berges du Léman. De l’autre côté de La Serine, je traverse le Bois des Chênes, une des rares réserves arboricoles helvétiques où les forestiers n’entretiennent pas la forêt. Depuis 1966, arbres et branches s’effondrent de vieillesse, contribuant à produire un épais tapis d’humus. Une fois Duillier passé, la balade est bien moins pittoresque : j’arrive à Prangins, accolé à la ville de Nyon. De là, je rejoins mes pénates à Renens.

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Combat de reines

2 10 2011
Ne manquez pas non plus ma crapahutée au service de Diane dans les hauts de Conthey.
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Riddes, le 2 octobre 2011, 1600
Couché tôt hier soir, cette longue nuit de sommeil fut plus que bienvenue après ces deux jours passés à crapahuter dans les hauts de Conthey. J’hésitais ce matin à grimper jusqu’au sommet d’un petit béquet. Lorsque le soleil inonde enfin la plaine du Rhône, je traînachoquerais par la maison. Il faut dire qu’entre les photographies à trier, la lessive qui ne serait pas un luxe, ma journée sera bien remplie.
Peu avant midi, je décide de parfaire ma culture valaisanne. Si j’avais déjà vu des vaches d’Hérens combattre sur l’alpage, je n’avais encore jamais été à un véritable combat de reines. Si celui d’Aproz est une véritable institution, celui qui prend place le premier weekend de la Foire du Valais a gagné ses lettres de noblesse ces dernières années. Le cadre du combat est par ailleurs exceptionnel, vaches et génisses ayant remplacé les gladiateurs dans l’amphithéâtre romain d’Octodurus.
A mesure que je m’approche de l’arène, bétaillères et grosses jeeps occupent les parkings, jusqu’à ce que les premières bêtes à corne apparaissent au sommet d’un petit talus. Avant d’aller admirer les combats, je me balade dans le grand pré où les combattantes attendent presque sagement. Par moment deux voisines ne peuvent s’empêcher de se chamailler. Elles seront toutefois rapidement séparées et calmée par les propriétaires. Si je savais que les vaches luttaient par catégorie de poids, j’apprends qu’elles ne sont pas fixes. Le matin même, toutes les inscrites sont pesées, puis la liste est divisée en trois : catégorie I pour les plus lourdes et catégorie III les poids plumes. Ainsi aux grès des tournois, les dernières d’une catégorie peuvent être les premières dans une autre. A savoir qu’aujourd’hui la plus lourde est la 73, Parise pesant 808 kilogrammes, alors que la plus légère, Massacre, n’en pèse que 492.
Quittant les paisibles ruminants, je rejoins l’amphithéâtre : les gradins sont bondés. Depuis ce matin, aux alentours de 9h15 plus aucune place assise ne sont disponibles. De toutes les classes d’âges, les spectateurs vibrent au grès des combats. Dans l’arène, une dizaine de bêtes luttant par paire. Au fur et à mesure des victoires, les perdantes quittent le pré et à la fin seule les dernières lutteuses accèderont à la finale. Dans le tintement des cloches, les chocs sont impressionnants, la poussière vole, les gardiens ont fort à faire pour calmer la vache victorieuse lorsqu’elle se met à pourchasser la perdante. Autour de moi, les gens discutent avec entrain, dans un jargon bien spécifique : tourailler, … les mots fusent, teintés de l’accent régional de tout un chacun : des Haudères, de Bagnes, d’Isérables, de Savièse, de Tourtemagne, nombreux sont les paysans qui ont fait le déplacement. L’âpre lutte peut durer longtemps, lorsque deux vaches de force égale se jaugent, se confrontent, se reposent avant un nouvel assaut. Finalement, ce sera les propriétaires qui d’un commun accord décideront de séparer leurs bestiaux, sous les acclamations de la foule en délire. Si le spectacle est merveilleux, les commentaires intéressants, l’ambiance phénoménale, je finis quand même par me lasser d’observer les vaches lutter. Je pense qu’il faut avoir la fibre paysanne ou posséder soit même des vaches pour vibrer pendant une journée complète devant tant de fureur. Il est aussi vrai qu’en dehors du simple combat, il y a tout l’aspect social de la rencontre entre connaissances, de verres partagés autour d’une planchette de saucisses ou d’une raclette d’alpage.

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N.B. Pour la petite histoire, l’arrière petit-fils de Géronimo l’apache, invité à la Foire du Valais, est venu admiré les combats de reines, où il reçu une ovation du public valaisan après avoir déclaré trouver impressionnant des bestiaux se battre de la sorte.

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Navigation crépusculaire

10 09 2011

Ecublens, lundi le 19 septembre 2011

Cela faisait longtemps que je n’avais plus repris la plume pour conter mes péripéties. Depuis le lundi, un fort vent d’Ouest balayait le Léman. Paul et moi étant tour à tour occupé en début de semaine, ce n’est que le mercredi soir que nous pouvions profiter de cette belle brise. A notre grand désespoir, les airs se calment durant la matinée. Toutefois, la décision est prise de tenter notre chance. 17h00, je rejoins Paul au laboratoire. Avant d’aller récupérer Bénédicte, sa demoiselle, ainsi que ses affaires de navigation, nous passons par chez moi pour que je prenne la clef du voilier, que j’y avais oublié. Le temps de faire trois courses pour le pique-nique, que Mathieu nous rejoigne et nous quittons Lausanne peu avant 18h00.

Si entretemps le vent s’est renforci, depuis l’autoroute, nous observons ce dernier s’essouffler au large de La Pichette. Devant ce triste constat, seules les vagues levées dans le Grand-Lac doivent agiter la baie du Bouverêt, à l’abri des pointes de Meilleries et Saint-Gingolphe. Au port, une petite brise souffle de la terre, j’ose espérer qu’elle se renforcera à mesure que le Soleil se couche sur l’horizon. Voyage est rapidement débâché, les vivres et passagers embarqués, le génois endray. Une fois le moteur démarré nous appareillons. Alors que nous glissons entre deux estacades, Paul finit de préparé les bouts. Sitôt l’entrée franchie, nous hissons les voiles.

Au grand largue, nous traversons la baie du Bouverêt. Arrivé à l’embouchure du Rhône, les airs sont suffisants pour envoyer le spinnaker et notre bulle grise se gonfle rapidement. Paul prends la barre pour expérimenter pour la première fois de sa vie, la conduite d’un voilier naviguant vent arrière, et affrontons les vagues de face. Si en règle générale, les vagues avancent dans la même direction que le vent, parfois sur le Léman, les brises thermiques levées au couchant et au lever du soleil inverse le phénomène. La douceur n’est pas l’apanage de ce cas particulier : si le voilier s’élance facilement dans les vagues, il s’arrête tout aussi brusquement dans la suivante. Par à coup et relance, à mesure que nous approchons de Saint-Gingolphe, Mathieu perd ses belles couleurs. Sujet à un léger mal de mer, il reconnaît qu’il préfère lorsque ses deux pieds touchent fermement la terre.

Aux abords du village franco-suisse, les airs deviennent changeants : les thermiques descendants du Grammont s’opposent à ceux provenant du Valais, sans compter des risées intrusives de vent d’Ouest. La navigation sous spi devient un peu plus hasardeuse : il faut dire que cette voile n’est guère faite pour remonter au pré comme nous le pratiquons par moment. Après l’avoir affalée et remplacée par le génois, nous virons lof pour lof, cap sur notre port d’attache. Chemin faisant, il est l’heure du pique-nique : bouteille de blanc, saucisses, fromages, pain, pâté font leur apparition sur leur pont. Un véritable délice.

Alors que la nuit est tombée, nous arrivons en vue du port. Seul le feu rouge scintillant sur notre gauche marque l’entrée de la passe, le phare vert doit être en panne. Accompagné du seul ronronnement de notre moteur, nous regagnons notre place. Ce fut une sympathique petite navigation crépusculaire.

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