Tour de France 2010

13 07 2010

Renens, 13 juillet 2010, veille du départ

Ah le Tour de France, cette compétition cycliste, cette « Grande Boucle », considérée comme la plus prestigieuse épreuve de la petite reine. Depuis 1903, date de la première édition, tout les grands cyclistes s’y sont illustrés (Eddy Merckx, Philippe Thys, Bernard Hinault, Jan Ulrich, Alberto Contador, …), et son attrait reste le même dans ce monde, malgré le dopage vérifié ou non d’un certain nombre de coureurs (Richard Virenque, Floyd Landis, Lance Armstrong, …).

Jamais je n’y serais allé. Je dois dire que je n’ai que rarement trouvé un sport plus benêt que le cyclisme : faire des kilomètres, mouiller son maillot, grimper des pentes vertigineuses pour redescendre de l’autre côté sans même prendre le temps d’admirer le paysage au passage du col, … un sport que je classe au même niveau que les compétitions de peaux-de-phoque telle la Patrouille des Glaciers. Mais tout a changé durant le mois d’avril 2010 lorsque le suisse, Fabian Cancellara, s’est élancé, durant le tour de Flandre, telle une  fusée laissant les autres compétiteurs littéralement sur place. Lorsque quelques semaines plus tard il réitéra sa performance lors du Paris-Roubaix, il n’en fallait pas moins pour que les médias, la presse sportive en particulier, s’emparent de ce fait divers pour l’épingler à la une des quotidiens et parler de dopage mécanique : Fabian Cancellara aurait-il monté un moteur électrique dans son vélo pour gagner quelques Watts supplémentaires.L’histoire fit boule de neige, quelques vidéos apparaissent rapidement sur youtube, montrant Fabian appuyant sur un bouton caché pour enclencher le moteur, alors qu’il ne fait que changer de vitesse. Tout cela sans compter l’habileté de quelques fabricants et vendeurs de vélos électriques, dévoilant la possibilité de cacher un moteur dans le cadre du vélo et les batteries dans les bouteilles de ravitaillement.

Le cyclisme, et particulièrement le Tour de France, ayant été souillé à de nombreuse reprises par les cas de dopage physique, afin d’éviter toute nouvelle esclandre, et devant l’intérêt tapageur du peuple pour cette affaire, l’Union Cycliste Internationale (UCI) pris peur. Pour calmer les rumeurs elle décida dans le courant du mois de juin de développer une méthode pour contrôler les vélos et éviter pareil tricherie, clairement interdite par le règlement, ou plutôt de faire développer un tel dispositif. Le big boss de mon labo, gravitant dans ces hautes sphères sportives du CIO, de la FINA, de l’UCI, … s’est vu approché par un des pontes de l’UCI, et accepta la demande d’une simple phrase. Après tout, il est le professeur titulaire du Laboratoire de Technologies Composites et Polymères, et un pareil travail fait clairement partie de notre champs d’investigation.

La suite de l’histoire remonte à deux semaines en arrière.





Etude de faisabilité

15 06 2010

C’est ainsi qu’au milieu du mois de juin, à deux semaines et demie du départ du Tour de France, qu’il débarqua dans le bureau que je partage avec Antoine, et nous a mis au parfum de l’affaire, qui dit-il doit rester secrète. Branel-bas de combat, durant une semaine déjà fortement chargée, la réponse est exigée sous trois jours, et la solution, le scan aux rayons X, sera trouvée durant le deuxième. Suite à cette courte étude de faisabilité, Antoine et moi disparaîtront de la scène, nous n’entenderons plus parlé de ce problème pendant encore une semaine. Un véritable statuquo, sans aucune nouvelle.