J50 – AKL – SYD

30 06 2011

International Airport, Auckland, jeudi 30 juin 2011, 16h41 (GMT+12)

Trajet : Auckland – Sydney

Autre backpacker, autre aménagement, autre ambiance. Au Fat Camel, en plus d’un étage commun à tous les voyageurs comportant un salon géant, chaque étage comportant des chambres fonctionne comme une sous-unité propre avec un séjour (cuisine et petit salon) et sanitaires propres. Le point le plus important est sans doute les lits, avec des matelas de bonne qualité, suffisamment durs pour dormir confortablement, sans compter l’absence de grincement. Je viendrai presque à regretter de ne pas avoir déménagé, mais le passé est le passé, cela ne sert à rien de revenir là-dessus.

Après avoir passé une bonne partie du début de soirée à discuter avec un étasunien de Boston, un canadien de Vancouver et une israélite de Tel-Aviv, nous décidons finalement de rejoindre Globar, le bar d’un autre backpacker d’Auckland, où le prix des boissons défie toute concurrence dans la cité. Je n’avais encore jamais vu des pintes de bières à 5$ en Nouvelle-Zélande. La soirée sera sympathique, centrée sur des discussions de backpackers, comparant nos pays respectifs, narrant nos expériences dans le pays kiwi, nos envies de revenir, ou encore le plaisir d’y rester pour ceux qui séjourneront encore quelques mois. Autour de la table de billard, nous serons tour à tour challenger avant de gagner la partie, puis defender pour la garder. Notre équipe internationale jouant contre les locaux : maoris, descendants de colons anglophones ou encore asiatiques, reflétant le visage multiculturel d’Auckland. L’un des maoris est tout simplement impressionnant: jouant sans fioriture, il aligne les balles les unes après les autres, vidant le plateau en moins de temps qu’il n’en faut pour le décrire. Je m’y essaierai à mon tour, la première fois depuis au moins cinq longues années, je me surprendrai moi-même, ainsi que les autres en n’étant pas si mauvais que ça. Cette dernière soirée s’est déroulée presque trop rapidement: à 2h00 déjà passée nous rentrons au Fat Camel.

Loin du silence des contrées sauvages de Nouvelle-Zélande, les nuits d’Auckland sont bruyantes:  travaux nocturnes sur les chaussées, fêtards attardés, éboueurs vidant les poubelles avant que le soleil ne se lève, camions de livraisons circulant dès l’aube. Je ne dormirai pas mal, mais la nuit sera courte. Il n’est que 6h40 quand je suis complètement réveillé. Est-ce le tumulte urbain ou l’excitation de partir pour l’Australie? Je ne sais point. Je profiterai de l’heure matinale pour dévorer un solide petit déjeuner, finissant le pot de confiture, raclant soigneusement les dernières traces de miel sur le récipient, avalant un demi-litre de lait. Le temps de finir de rédiger mes notes, préparer un colis à destination de la Confédération Helvétique contenant cartes, livres et autres souvenirs, empaquetant toutes mes affaires dans mon sac à dos et il est déjà le milieu de la matinée.

Sur le chemin du City Campus, je m’arrête dans une libraire le temps d’acheter un guide sur Sydney et ses environs, avant de passer au Frienz, revoir d’anciennes connaissances, spécialement Nico et Marina, un couple de chiliens. Si Nico est absent, l’accueil de Marina est plus que chaleureux. Tout comme au CACM, j’ai droit à « welcome Grizzly bear » au vu de ma barbe de quelques jours. A sa question de « How are you today » (comment vas-tu), je lui répondrai par l’invariable « fine, as usual » (en pleine forme, comme d’habitude).  Une tradition qui s’était imposée entre nous lorsque je descendais préparer mon petit déjeuner aux environs de 6h30 il y a quelques mois en arrière. Nous nous raconterons nos aventures de ces dernières semaines, mon tour de Nouvelle-Zélande, leur escapade à Raglan, Waitomo, et Taupo. Ce n’est pas sans un petit pincement au cœur que je quitterai cette grande famille de backpackers qui séjournent longuement au même emplacement.

Sur le campus universitaire, je croise Max et profiterai de ses droits d’accès pour me connecter sur internet, vous raconter mes dernières aventures mais aussi lire quelques mails et chercher quelques informations sur ma prochaine destination, comme par exemple, la location d’une voiture avec le matériel de base pour quelques jours dans l’arrière pays australien. Un gentil courriel de ma môman me fait penser à vous donner des nouvelles suite aux mésaventures de hier. Aucun symptôme inquiétant, aucune douleur, je suis toujours en pleine forme. En début d’après-midi, je croise Tom Allen pour lui transmettre les données analysées des essais; nous discuterons de mon petit voyage et de ce qui m’attend à l’avenir. Avant de me quitter pour une petite navigation dans le golfe d’Hauraki, il me recommande un petit restaurant chinois situé à quelques centaines de mètres du campus si j’avais une petite faim. Pourquoi ne pas profiter des délices de ce mixage culturel. Impossible de découvrir ce restaurant auquel le seul accès est une porte vitrée, sans enseigne, au fond d’un escalier. Si j’aperçois des tables à l’intérieur, aucun comptoir ou cuisine n’est visible. Une jeune asiatique me confirmera qu’il s’agit bien du restaurant et me guidera dans les profondeurs du local, repeint dans un blanc clinique. Le mobilier est résolument épuré: un mur cache le comptoir qui pourrait troubler la zénitude de la salle à manger. Je dégusterai des nouilles apprêtées par un vieux chinois, dont le nom n’est pas prononçable pour un européen.

Peu avant deux heure, je repasse par le Fat Camel récupérer mes bagages, embarque dans le « blue bus » à destination de l’aéroport, passe le check-in aux environs de 15h30, profites de déambuler dans l’aéroport, visiter les dutyfree, alourdir mon sac d’un ou deux souvenirs, puis me dirige vers ma porte d’embarquement. Alors que les bâtiments rosissent sous le soleil couchant, il est l’heure d’embarquer.

Sydney Central YHA, Sydney, jeudi 30 juin 2011, 22h39 (GMT+9)

L’avion a décollé à l’heure prévue:  le nuage de cendre qui revenait à nouveau vers la Nouvelle-Zélande pour le 4ème ou 5ème survol du pays n’a pas perturbé le trafique aérien. Parti de nuit, dos à la cité, je ne pourrai admirer une dernière fois la Skytower. Après 3 heures de vol, il est possible d’apercevoir les premières lueurs de Sydney. Alors que nous survolons la ville, les longues artères se distinguent par les teintes orangées de leurs nombreux lampadaires au sodium, alors que les rues citadines sont éclairées de manière plus parcimonieuse. Aucun problème au passage de la frontière:  mes souliers sont considérés comme plus que propres. Encore heureux après le nettoyage à l’eau savonneuse  de mardi matin au retour de ma balade et des deux jours nécessaires pour les faire sécher. Je profite de mon trajet jusqu’à mon logement pour admirer l’architecture de la cité. Il y a un petit quelque chose qui me dit qu’elle me plaira bien. Ce soir, je dormirai au Sydney Central YHA, une auberge de jeunesse située à une vingtaine de minutes du célèbre Opera House. Affichant complet pour ce weekend, je migrerai à Funk House, un backpacker un peu plus éloigné du centre, mais aussi de plus petite taille. Si je m’y plais bien le premier soir, j’y installerai peut être mon quartier de base.

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J49 – Auckland et crash

29 06 2011

Northern Steamship Co., Auckland, mercredi 29 juin 2011, 17h50

Trajet : Orere Point – Auckland

D = 7399.2 km

Encore une nuit aux averses intermittentes, entre deux passages de nuages, je profite d’admirer la Croix du Sud, dont l’éclat est malheureusement terni par les lueurs nocturnes d’Auckland dans le lointain.  A mon lever, l’horizon est barré de nuages;  je ne profiterai donc point d’un dernier magnifique lever de soleil sur le golfe d’Hauraki. Alors qu’une fine bruine résonne sur le campervan, le bacon dore dans la poêle et les œufs se brouillent sous mes coups de fourchette. Un vrai régal, ce dernier repas pris en compagnie d’Hibiscus! Après une dernière photographie souvenir, le long de la plage, je rejoins Auckland par le chemin des écoliers, en suivant la côte. Entre plages et pâturages, je profite de ces derniers instants de conduite en Nouvelle-Zélande. Un vrai régal. Au loin, des silhouettes connues réapparaissent : rangitoto, sky tower, …

Alors que je suis encore à plus de trente kilomètres de la cité, le paysage s’urbanise, les frontières entre les villages s’amenuisent, les banlieues se développent. Cela aurait pu être si simple, et pourtant. Mes parents m’avaient souhaité beaucoup d’aventures. Je crois qu’aujourd’hui j’en ai eu plus que ma part. Alors que j’atteignais péniblement le sommet d’une côte, une voiture me double sur les derniers mètres de la voie de dépassement, avant de se rebattre à peu de distance devant moi, en une demi queue de poisson. Je vous laisse imaginer la scène en vous donnant les derniers éléments : la côte se termine avec un virage se terminant sur un rond-point. N’ayant pas la priorité, la conductrice de la voiture pile sur les freins, sans penser qu’elle venait de se rabattre à une distance inférieure à celle de sécurité juste devant moi… Pas de blessé, juste de la casse matérielle. Hibiscus, cette bonne vieille camionnette en tôle d’acier, possède un pare-choc un peu enfoncé, alors que sa carrosserie frontale est légèrement défoncée. L’autre voiture, une Renault Scénic, véhicule en plastique, ne peut pas en dire autant… La police, survenue peu après, entendra nos griefs respectifs et finira par trancher que les assurances devront se partager la casse, ma faute n’étant que partielle… Piètre consolation, à moins de 3 kilomètres de l’arrivée, après 7 semaines et plus de 7000 kilomètres, cela me fait vraiment mal au ventre, et aussi au porte-monnaie.

Je rejoins le CACM, dominé par Mount Wellington. Je profiterai des commodités du labos pour refaire une beauté à mon fidèle compagnon, quelque peu cabossé. Le nettoyage intérieur est plus que nécessaire après ces sept semaines d’exploration. Jamais je n’aurai imaginé aspirer autant de graviers, sables et autres poussières. Je profite de l’arrêt pour mettre de l’ordre dans mes affaires, empaqueter mon sac, ranger mes provisions, afin que tout soit prêt lorsque je rendrai le véhicule. 12h00, un dernier adieu à mes anciens collègues et je roule jusqu’au dépôt. Chez Escape, je remplis les divers papiers nécessaires pour l’assurance. Lisa, l’employée, me demande si je vais bien et si je ne ressens pas de contrecoups. Je la rassurerai, et lui propose même une ou deux améliorations pour l’aménagement des bus, et lui signale un joint défectueux sur Hibiscus. Sachant que ma prochaine destination est l’Australie, elle me recommandera d’être prudent, car les Aussies sont encore plus mauvais conducteurs que les kiwis. De retour à Auckland, je choisis le Fat Camel comme backpack. Le temps que ma lessive tourne, je retourne me balader dans les rues : Queens Street, Viaduc Harbour, Sky Tower, … un vrai bonheur, je m’y sens presque comme de retour à la maison. Au passage devant la banque BNZ, je profite de clore mon compte. Demain je volerai pour l’Australie. Avant de retourner au Backpack me cuisiner un bon plat de pâtes, j’irai me régaler d’une dernière Black Mac au Northern Steamship Co. à Quay Street. A l’endroit même où j’avais dégusté ma première bière dans un bar à Auckland. La boucle est bouclée.

Sinon, à propos de ce voyage, je peux vous fournir quelques chiffres, et comme je sais que certains scientifiques lisent ce blogue, parmi les photographies, vous trouverez un petit graphique résumant l’évolution des principaux facteurs :

  • 7399.2 kilomètres parcourus avec Hibiscus
  • 835.16 litres d’essence sans plomb consommés
  • 1000 kilomètres approximativement parcourus à pied
  • 42 jours de beau temps
  • 11.29 litres de moyenne aux cent kilomètres light
  • 9 brasseries dont la production fût dégustée
  • 7 jours de pluies
  • 4 bouteilles de vins
  • 4 fish’n’chips
  • 4 nuits en cabanes
  • 2 traversées en ferry aller-retour
  • 3 îles
  • 3 bouteilles de GPL pour la cuisinière
  • 3 îles visitées
  • 2 kiwi-burgers
  • 2 jours de bruine
  • 2 kiwis observés
  • 1 accident
  • 1 obligation de revenir (Tongariro Alpine Crossing)

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J-1 : Auckland-Whaiharakeke

12 05 2011

Whaiharakeke, 12 mai 2011, 20h05 (GMT+12)

D=200.5 km

9h00. Je me présente au dépôt d’Escape Rental pour y récupérer mon campervan. Après avoir lu les documents d’usage (contrats, interdictions, …), apposé mon paraphe sur de nombreuses pages, je dois encore attendre une quinzaine de minutes avant de prendre possession de mon véhicule. En attendant, je file au supermarché, situé à 100 mètres, acheter les produits de base. A mon retour,  je contrôle l’état de Fat Freddys, mon futur véhicule, tagué avec un énorme animale sur fond de jungle . Tout semble en ordre, je me rends à l’office du DOC d’Auckland pour acheter une carte du Tongariro Crossing, et au moment où je tente de fermer à clef, rien ne se passe, la serrure de la portière conducteur est morte.

Retour au dépôt, où j’ai le choix entre attendre un serrurier (2h00) ou simplement récupérer un autre campervan. Je choisis la deuxième option, bien plus rapide. Mon nouveau compagnon, Hibiscus, est décoré avec la fleur éponyme. Un peu plus âgé, son compteur affiche déjà 353573 kilomètres : pas de fermeture centralisée, vitre manuelle, un bon vieux véhicule.

Hibiscus, ma nouvelle demeure

Je reprends un nouveau départ, Quay Street, Tamaki Drive, puis je bifurque en direction du Mt Wellington. Petit arrêt au CACM, où je dois rendre un pantalon de voile à Quentin. Avant de m’élancer définitivement vers le Sud, sous un soleil radieux. Il semblerait que la météo néo-zélandaise soit aussi parfaite que sa cousine helvétique.  Je ne m’en plains pas et espère que cette météo va encore durer quelques jours. De toute la journée, seules deux averses orageuses mouilleront les routes.

La Southern Motorway me sort rapidement d’Auckland, et je la quitterai bientôt pour emprunter une route principale, bien plus sympathique, qui me mènera à Raglan, une station de surf. Sur le chemin, un panneau brun me détourne vers Breidal Vell Falls. Au niveau du parking, je rencontre un couple d’étasuniens, originaire de l’Idaho. Nous découvrirons ensemble ces chutes. Un chemin longe un cours d’eau à la turbidité non négligeable. Un panneau explique l’absence de transparence des eaux issues des champs: ces dernières ne sont filtrées par aucune forêt qui pourrait retenir les fines particules.

Vous l’aurez deviné, l’accès amène directement au sommet des chutes, 55 mètres plus haut que la goulotte. La vue sur la vallée en contrebas est magnifique. Un sentier, équipé d’escaliers et d’une plateforme intermédiaire, permet de descendre jusqu’au bord du petit lac. Il semblerait bien que les Rainbow Falls de Kerikeri soient détrônées par la beauté de l’endroit. D’un seul gigantesque bon, l’eau se déverse le long d’une falaise basaltique, aux piliers curvilignes.

Breidal Vell Falls

Revenant sur mes pas, je reprends mon chemin jusqu’à Raglan, contourne par l’est le Mt Karioi et arrive enfin au village, quelque peu endormi. Il faut dire qu’en milieu d’automne les surfeurs ne s’y pressent pas. Je m’engage néanmoins sur la route côtière qui mène jusqu’aux divers spots. A Manu Bay, j’embarque un surfeur germanique que je dépose à son backpack près de Whale Bay, un spot moins prisé. Il faut dire que l’unique accès se fait en longeant la côte sur 600 mètres, cette dernière étant constituée de coulées de lave solidifiée, aux formes arrondies ; un chemin quelque peu fatiguant pour ces tranquilles surfeurs.

Whale Bay

Continuant en longeant la côte ouest, j’y découvrirai un coin magnifique, la gorge Te Toto. Cette dernière s’ouvre sur la mer en un demi-cercle à la prairie verdoyante, cernée de toute part par une falaise. Magique et paisible, je resterai un long moment à contempler les herbes ondulant sous le vent. Définitivement le meilleur moment de la journée, avec le plus beau panorama. Ne pouvant y rester éternellement, quoique j’y aurai bien passé la nuit, je passe à nouveau proche de Breidal Vell Falls, puis avance par monts et par vaux, tantôt au sommet de pâturages, tantôt au bord d’Aotea Harbour. Alors que le soleil se couche, je rejoins une route gravillonnée, quoiqu’il s’agisse plutôt de gros cailloux déposés sur un limon devenu boueux avec les pluies de ces derniers jours.

L'ouverture sur la mer Tasmane de la gorge Te Toto

De nuit, je rejoins les abords de Kawhia Harbour. Alors que les lumières de Whaiharakeke sont visibles à quelques kilomètres, je m’arrête peu après avoir traversé un pont. Un petite place, séparée de l’eau par quelques buissons me semble bien accueillante à la lumière de mes phares. Le temps de ranger mes affaires à l’intérieur, les pâtes cuisent gentiment, il ne me reste plus qu’à réchauffer mes légumes de hier pour avoir un excellent souper.  Un petit morceau de chocolat en dessert, et me voilà prêt à affronter la nuit, et les bruits des opossums qui gambadent à quelques mètres de mon lit.

Définitivement, l’intérieur d’Hibiscus est bien plus douillet que celui du campervan que j’avais pour Pâques. Aucune technologie, à l’arrière le coin cuisine, une étagère en contreplaqué dans laquelle est intégré un évier métallique muni d’un robinet à pompe. A droite, deux tablards pour ranger ustensiles de cuisine et  nourriture; toujours à droite, réserve d’eau et cuisinière, un simple brûleur monté sur une bombonne, ainsi qu’un bac thermostatique. De chaque côté du meuble deux espaces, l’un occupé avec tables et chaises de camping, l’autre par des sacs de nourriture. Le carré est monté entre le cockpit et le meuble. Sous les sièges se trouvent d’immenses rangements. J’apprendrai toutefois qu’il ne faut pas rouler trop vite, sous peine que de l’eau jaillisse du réservoir, l’embranchement du tuyau n’étant pas des plus étanches. Quand la table est démontée, le carré se transforme en immense tatami pour y dormir, et les coussins sont maintenus en position par un drap. Et enfin le must du cocooning, à ma disposition, 3 moelleux duvets pour me faire un nid douillet. Je n’en n’utiliserai toutefois que deux, il ne faut pas exagérer quand même.

Avant de sombrer dans les bras de Morphée, je sors une dernière fois du Van: une demi-lune éclaire le paysage, sous une voûte dont l’éclat et le nombre d’étoiles est impressionnant. Bien loin de la pollution lumineuse entachant le ciel européen. Je me réjouis de la côte Ouest du South Islands, encore plus esseulée.

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A l’aventure, compagnons, je suis parti vers l’horizon

11 05 2011

Frienz, Auckland, 12 mai 2011, 8h06 (GMT+12)

Pendant ces 5 derniers jours, dévolus à l’écriture intensive d’un rapport, le soleil a brillé, les températures étaient clémentes. Une excellente météo pour aller faire un petit trek sur le Tongariro. Mais voilà, les nuages sont de retour depuis hier. Toutefois, il semblerait que je puisse bénéficier de quelques éclaircies jusqu’à samedi soir. Espérons que ces prévisions se maintiennent, cela me permettrait de faire le Tongariro Alpin Crossing, un chemin de montagne, magnifique pour son paysage volcanique : 6 à 9 heures de marches en fonction des options choisies. Allez! on se tient les pouces.

Je pense qu’au ton du précédent paragraphe, et surtout avec le titre du billet, vous aurez deviné qu’aujourd’hui c’est le grand départ, direction South Island, et qui sait, peut être un petit break on Steward Island, la troisième île de la Nouvelle Zélande. A 9h00, je récupère mon bus, quelques achats pour l’approvisionner en denrées premières : pâtes, thon en conserve, tomates en boîte, oignons, graines de couscous, oeufs, chocolats, … et je laisserai Auckland derrière moi. Date de retour prévue: 27 ou 28 juin : 7 semaines pour découvrir la Nouvelle-Zélande et en faire le tour.

Première étape, descendre jusqu’à Wellington en passant par Raglan, Waitomo Cames, Whaimangu Rivers, … et traverser le détroit de Cook. A partir de maintenant, les mises à jour se feront de manière un peu irrégulière, dépendants de la présence de wifi libre et de cybercafé sur ma route. Venez de temps à autres y faire un tour; peut être que quelques nouveaux articles et photos se seront ajoutés.





Dernier jour de travail

11 05 2011

CACM, Auckland, …

Et voilà, mon dernier jour de travail au Laboratoire de Technologies des Matériaux est arrivé. Si j’ai fini officiellement le 30 avril, j’avais décidé de mener à bien ce projet très intéressant. Le premier draft du rapport est envoyé à ma cheffe, restée en Suisse; les corrections devraient arriver dans la semaine.

Au menu de la journée: fignoler le rapport en mettant de jolies photos des fractures, emballer les échantillons et les renvoyer en Suisse avec quelques autres affaires (documents, un ou deux T-shirts en trop, souvenirs récupérés au gré de mes balades, …), imprimer quelques documents importants, … et régler les derniers petits détails. Bref, si le programme semble maigre, tous ces petits travaux additionnés prennent du temps. Je partagerai la pause de midi avec Tom, Quentin et un nouvel arrivant au CACM. Encore un dernier skype ce soir avec Véronique, ma cheffe, et Daniel, ingénieur en matériaux pour l’hydroptère.ch et je serai libre.

Déjà 16h00, mais tout est empaqueté, prêt à être envoyé en Europe. Un dernier tour du labo me permet de saluer mes collègues temporaires. Je finis la tournée par Mark, mon mentor pour ces quelques semaines. Grandes discussions sur les résultats obtenus, et leurs implications, mais aussi par où mon voyage va me mener.

Retour sur Auckland, où il me faut encore acheter quelques trucs, comme un power converter pour pouvoir prendre des photos, un disque dur pour faire quelques sauvegardes, des bouteilles d’eau à congeler, … Bref, préparer mon départ.





Rapport, fishmarket and One Tree Hill

8 05 2011

Frienz, Auckland, 8 mai 2011, 20h40

Encore une journée de rédaction, malgré le soleil qui brille dehors. Heureusement que la luminosité n’atteint pas la salle dépourvue de fenêtre où je suis en train d’écrire. Le travail avance plutôt bien, bien que les phrases aient parfois de la difficulté à naître. Je me permettrai deux pauses, pour quand même profiter de la douceur de cette fin d’automne.

La première en fin de matinée m’amènera jusqu’à Auckland Fish Market. Je voyais déjà la criée, les cageots remplis de poissons, les grossistes surenchérissant, … Et bien non, comme beaucoup de noms trompeurs en Nouvelle Zélande, Auckland Fish Market n’est pas une criée. Je suis rentré en plein par la poissonnerie, où les poissons, crevettes, … sont présentés sur leurs lits de glace dans d’immenses étals réfrigérés, les crustacés encore plongés dans des bassins où l’eau ne cesse d’être renouvelée. Odeur, couleur, ambiance de la pêche sont plus que présentes, un vrai plaisir pour les sens. Plus loin, un autre stand présente steaks et filets de poissons, au naturel ou fumés, enfilés sur des brochettes ou simplement en sauce cocktail, …

Auckland Fish Market

A côté de ces deux seuls et uniques stands vendant du poisson, une épicerie vend quantité de produits aux noms et aux provenances alléchantes, chutney préparé avec soin, miel de fleurs recueilli sur South Islands, bonbons artisanaux, étals de fruits et légumes, … un petit café sert ses clients assis tranquillement autour d’une immense table de bois massif, ou confortablement installés dans des canapés; un traiteur apprête produits marins ou ovins en de succulents mets, dont les odeurs agacent mon estomac. Je ne quitterai pas l’endroit sans avoir acheté un petit steak d’hapuka.

Après avoir passé le début d’après-midi sur mon texte, je repars en fin d’après-midi avec François-Xavier, Anna, Pavel – un tchèque rencontré quelques semaines auparavant – et un français tout juste débarqué, direction One Tree Hill. Petite balade sympathique sur les flancs de ce volcan, occupé par le grandiose Cornwall Park. Les arbres que j’avais vu verdoyant à mon arrivée, ont aujourd’hui perdu quelques feuilles, alors que la plupart des autres ont déjà viré au brun.

One Tree Hill, enfin ce qu'il en reste depuis que des maoris ont coupé l'unique pin à coups de machette

Excellente petite balade pour se changer les idées. Repas commun avec François, au menu : steak d’hapuka, kumaras à la poêle, salade de tomates, … un vrai régal.

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Zoo d’Auckland

7 05 2011

Frienz, Auckland, 7 mai 2011, 20h15

Et voilà, les dés sont jetés. J’ai décidé hier de partir à l’aventure jeudi matin. Aujourd’hui j’ai été réserver mon campervan chez Escape Rentals, en profitant de la super promotion disponible jusqu’au 13 de ce mois : 299NZD pour les 14 premiers jours et 20 dollars par jour supplémentaire. Une excellente affaire, un peu plus de 1000 box pour 49 jours de location.

En attendant le grand jour, il me reste deux gros dossiers à traiter consistant tous deux à rédiger un texte en anglais; le premier est le rapport  sur les essais effectués. Introduction et protocole expérimental sont déjà écrits. Par ailleurs, après avoir discuté avec Tom vendredi après-midi, j’ai décidé quels résultats j’allais présenter, et surtout quels graphiques insérer dans le rapport parmi les dizaines générés avec les données acquises.

Ce matin, levé vers 8h00 après une petite grasse matinée, quelques oeufs brouillés, une ou deux tartines toastées recouvertes de beurre et miel, un jus d’orange fraîchement pressé, et me voilà prêt à rédiger. Vers 13h00, alors que je n’arrive plus à aligner des phrases à moitié cohérentes, je décide de faire un petit break.

Avec François-Xavier, nous partons au Zoo d’Auckland, en emmenant avec nous, Ana, une jeune allemande qui vient de débarquer au backpack. Cela faisait longtemps que je n’avais plus pénétré dans l’enceinte d’un zoo. Je dois reconnaître que j’ai eu du plaisir, et que la grandeur des cages m’a étonnée. Enfin des cages, des biotopes reconstitués devrais-je plutôt dire. Car des barreaux, je n’en ai vu presque aucun. Seuls les animaux carnivores sont séparés du public par de grandes vitres; presque partout les animaux sont simplement séparés des visiteurs avec des barrières en bois, parfois doublées d’une clôture électrifiée.

Bien entendu, entre les traditionnels tigres, lions, girafes, hippopotames et autres animaux attirant les chalands, la faune de Nouvelle Zélande est bien représentée. J’y verrai mon premier kiwi en tant que volatile. Long bec, pattes épaisses, restes d’ailes et surtout un corps ovoïde et trapu sont ses principales caractéristiques, à se demander comment un tel oiseau est devenu un emblème national. Je dois dire par contre qu’il colle à la mentalité kiwie, bien éloignée d’une certaine arrogance étasunienne dont l’aigle en est le symbole. Et je découvrirai nombre de volatiles endémiques, ainsi que quelques reptiles dont le Tuatara. Ou encore les célèbres pingouins bleus, habitant North Islands ou phoques et lions de mer.

Deux autres attractions du zoo me marqueront. La réserve Aussie, un des nombreux surnoms australiens, avec les wallabies, les émeus, les kookaburas et encore un grand nombre d’oiseaux aux couleurs éclatantes. L’autre sera le coin décernés aux singes et lémuriens. Un concert plus que bruyant sera même donné par deux mâles d’une espèce aux poils noirs, agiles à grimper et dont le jabot gonflable leur permet de crier pendant de longues minutes.

Enfin, pour la première fois de ma vie, j’ai vu un porc-épic, véritable punk en avance sur son temps. La question de la manière dont il s’y prendra le jour où il devra reculer m’est d’ailleurs venue à l’esprit et reste jusqu’à présent irrésolue. Je fus aussi très ému pour ma première rencontre avec un panda rouge, plus connu sous le nom de firefox, dont le terme, pour la petite histoire, a été retenu pour baptiser un certain navigateur web et je dois reconnaître que le logo est très ressemblant.

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Retour en fin d’après-midi au Frienz, où je reprends mon travail enchanteur de rédacteur en chef pour un certain rapport. Mais, courage, il ne reste plus que quelques jours avant de grandes vacances.

Sinon, petite piqûre de rappel: vendredi 13 mai 2011 a lieu le festival Balélec, et vous devez y aller boire un verre à ma santé.

Et ne manquez surtout pas les 6 précédents épisodes de cette incroyable websérie