J50 – AKL – SYD

30 06 2011

International Airport, Auckland, jeudi 30 juin 2011, 16h41 (GMT+12)

Trajet : Auckland – Sydney

Autre backpacker, autre aménagement, autre ambiance. Au Fat Camel, en plus d’un étage commun à tous les voyageurs comportant un salon géant, chaque étage comportant des chambres fonctionne comme une sous-unité propre avec un séjour (cuisine et petit salon) et sanitaires propres. Le point le plus important est sans doute les lits, avec des matelas de bonne qualité, suffisamment durs pour dormir confortablement, sans compter l’absence de grincement. Je viendrai presque à regretter de ne pas avoir déménagé, mais le passé est le passé, cela ne sert à rien de revenir là-dessus.

Après avoir passé une bonne partie du début de soirée à discuter avec un étasunien de Boston, un canadien de Vancouver et une israélite de Tel-Aviv, nous décidons finalement de rejoindre Globar, le bar d’un autre backpacker d’Auckland, où le prix des boissons défie toute concurrence dans la cité. Je n’avais encore jamais vu des pintes de bières à 5$ en Nouvelle-Zélande. La soirée sera sympathique, centrée sur des discussions de backpackers, comparant nos pays respectifs, narrant nos expériences dans le pays kiwi, nos envies de revenir, ou encore le plaisir d’y rester pour ceux qui séjourneront encore quelques mois. Autour de la table de billard, nous serons tour à tour challenger avant de gagner la partie, puis defender pour la garder. Notre équipe internationale jouant contre les locaux : maoris, descendants de colons anglophones ou encore asiatiques, reflétant le visage multiculturel d’Auckland. L’un des maoris est tout simplement impressionnant: jouant sans fioriture, il aligne les balles les unes après les autres, vidant le plateau en moins de temps qu’il n’en faut pour le décrire. Je m’y essaierai à mon tour, la première fois depuis au moins cinq longues années, je me surprendrai moi-même, ainsi que les autres en n’étant pas si mauvais que ça. Cette dernière soirée s’est déroulée presque trop rapidement: à 2h00 déjà passée nous rentrons au Fat Camel.

Loin du silence des contrées sauvages de Nouvelle-Zélande, les nuits d’Auckland sont bruyantes:  travaux nocturnes sur les chaussées, fêtards attardés, éboueurs vidant les poubelles avant que le soleil ne se lève, camions de livraisons circulant dès l’aube. Je ne dormirai pas mal, mais la nuit sera courte. Il n’est que 6h40 quand je suis complètement réveillé. Est-ce le tumulte urbain ou l’excitation de partir pour l’Australie? Je ne sais point. Je profiterai de l’heure matinale pour dévorer un solide petit déjeuner, finissant le pot de confiture, raclant soigneusement les dernières traces de miel sur le récipient, avalant un demi-litre de lait. Le temps de finir de rédiger mes notes, préparer un colis à destination de la Confédération Helvétique contenant cartes, livres et autres souvenirs, empaquetant toutes mes affaires dans mon sac à dos et il est déjà le milieu de la matinée.

Sur le chemin du City Campus, je m’arrête dans une libraire le temps d’acheter un guide sur Sydney et ses environs, avant de passer au Frienz, revoir d’anciennes connaissances, spécialement Nico et Marina, un couple de chiliens. Si Nico est absent, l’accueil de Marina est plus que chaleureux. Tout comme au CACM, j’ai droit à « welcome Grizzly bear » au vu de ma barbe de quelques jours. A sa question de « How are you today » (comment vas-tu), je lui répondrai par l’invariable « fine, as usual » (en pleine forme, comme d’habitude).  Une tradition qui s’était imposée entre nous lorsque je descendais préparer mon petit déjeuner aux environs de 6h30 il y a quelques mois en arrière. Nous nous raconterons nos aventures de ces dernières semaines, mon tour de Nouvelle-Zélande, leur escapade à Raglan, Waitomo, et Taupo. Ce n’est pas sans un petit pincement au cœur que je quitterai cette grande famille de backpackers qui séjournent longuement au même emplacement.

Sur le campus universitaire, je croise Max et profiterai de ses droits d’accès pour me connecter sur internet, vous raconter mes dernières aventures mais aussi lire quelques mails et chercher quelques informations sur ma prochaine destination, comme par exemple, la location d’une voiture avec le matériel de base pour quelques jours dans l’arrière pays australien. Un gentil courriel de ma môman me fait penser à vous donner des nouvelles suite aux mésaventures de hier. Aucun symptôme inquiétant, aucune douleur, je suis toujours en pleine forme. En début d’après-midi, je croise Tom Allen pour lui transmettre les données analysées des essais; nous discuterons de mon petit voyage et de ce qui m’attend à l’avenir. Avant de me quitter pour une petite navigation dans le golfe d’Hauraki, il me recommande un petit restaurant chinois situé à quelques centaines de mètres du campus si j’avais une petite faim. Pourquoi ne pas profiter des délices de ce mixage culturel. Impossible de découvrir ce restaurant auquel le seul accès est une porte vitrée, sans enseigne, au fond d’un escalier. Si j’aperçois des tables à l’intérieur, aucun comptoir ou cuisine n’est visible. Une jeune asiatique me confirmera qu’il s’agit bien du restaurant et me guidera dans les profondeurs du local, repeint dans un blanc clinique. Le mobilier est résolument épuré: un mur cache le comptoir qui pourrait troubler la zénitude de la salle à manger. Je dégusterai des nouilles apprêtées par un vieux chinois, dont le nom n’est pas prononçable pour un européen.

Peu avant deux heure, je repasse par le Fat Camel récupérer mes bagages, embarque dans le « blue bus » à destination de l’aéroport, passe le check-in aux environs de 15h30, profites de déambuler dans l’aéroport, visiter les dutyfree, alourdir mon sac d’un ou deux souvenirs, puis me dirige vers ma porte d’embarquement. Alors que les bâtiments rosissent sous le soleil couchant, il est l’heure d’embarquer.

Sydney Central YHA, Sydney, jeudi 30 juin 2011, 22h39 (GMT+9)

L’avion a décollé à l’heure prévue:  le nuage de cendre qui revenait à nouveau vers la Nouvelle-Zélande pour le 4ème ou 5ème survol du pays n’a pas perturbé le trafique aérien. Parti de nuit, dos à la cité, je ne pourrai admirer une dernière fois la Skytower. Après 3 heures de vol, il est possible d’apercevoir les premières lueurs de Sydney. Alors que nous survolons la ville, les longues artères se distinguent par les teintes orangées de leurs nombreux lampadaires au sodium, alors que les rues citadines sont éclairées de manière plus parcimonieuse. Aucun problème au passage de la frontière:  mes souliers sont considérés comme plus que propres. Encore heureux après le nettoyage à l’eau savonneuse  de mardi matin au retour de ma balade et des deux jours nécessaires pour les faire sécher. Je profite de mon trajet jusqu’à mon logement pour admirer l’architecture de la cité. Il y a un petit quelque chose qui me dit qu’elle me plaira bien. Ce soir, je dormirai au Sydney Central YHA, une auberge de jeunesse située à une vingtaine de minutes du célèbre Opera House. Affichant complet pour ce weekend, je migrerai à Funk House, un backpacker un peu plus éloigné du centre, mais aussi de plus petite taille. Si je m’y plais bien le premier soir, j’y installerai peut être mon quartier de base.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités




J49 – Auckland et crash

29 06 2011

Northern Steamship Co., Auckland, mercredi 29 juin 2011, 17h50

Trajet : Orere Point – Auckland

D = 7399.2 km

Encore une nuit aux averses intermittentes, entre deux passages de nuages, je profite d’admirer la Croix du Sud, dont l’éclat est malheureusement terni par les lueurs nocturnes d’Auckland dans le lointain.  A mon lever, l’horizon est barré de nuages;  je ne profiterai donc point d’un dernier magnifique lever de soleil sur le golfe d’Hauraki. Alors qu’une fine bruine résonne sur le campervan, le bacon dore dans la poêle et les œufs se brouillent sous mes coups de fourchette. Un vrai régal, ce dernier repas pris en compagnie d’Hibiscus! Après une dernière photographie souvenir, le long de la plage, je rejoins Auckland par le chemin des écoliers, en suivant la côte. Entre plages et pâturages, je profite de ces derniers instants de conduite en Nouvelle-Zélande. Un vrai régal. Au loin, des silhouettes connues réapparaissent : rangitoto, sky tower, …

Alors que je suis encore à plus de trente kilomètres de la cité, le paysage s’urbanise, les frontières entre les villages s’amenuisent, les banlieues se développent. Cela aurait pu être si simple, et pourtant. Mes parents m’avaient souhaité beaucoup d’aventures. Je crois qu’aujourd’hui j’en ai eu plus que ma part. Alors que j’atteignais péniblement le sommet d’une côte, une voiture me double sur les derniers mètres de la voie de dépassement, avant de se rebattre à peu de distance devant moi, en une demi queue de poisson. Je vous laisse imaginer la scène en vous donnant les derniers éléments : la côte se termine avec un virage se terminant sur un rond-point. N’ayant pas la priorité, la conductrice de la voiture pile sur les freins, sans penser qu’elle venait de se rabattre à une distance inférieure à celle de sécurité juste devant moi… Pas de blessé, juste de la casse matérielle. Hibiscus, cette bonne vieille camionnette en tôle d’acier, possède un pare-choc un peu enfoncé, alors que sa carrosserie frontale est légèrement défoncée. L’autre voiture, une Renault Scénic, véhicule en plastique, ne peut pas en dire autant… La police, survenue peu après, entendra nos griefs respectifs et finira par trancher que les assurances devront se partager la casse, ma faute n’étant que partielle… Piètre consolation, à moins de 3 kilomètres de l’arrivée, après 7 semaines et plus de 7000 kilomètres, cela me fait vraiment mal au ventre, et aussi au porte-monnaie.

Je rejoins le CACM, dominé par Mount Wellington. Je profiterai des commodités du labos pour refaire une beauté à mon fidèle compagnon, quelque peu cabossé. Le nettoyage intérieur est plus que nécessaire après ces sept semaines d’exploration. Jamais je n’aurai imaginé aspirer autant de graviers, sables et autres poussières. Je profite de l’arrêt pour mettre de l’ordre dans mes affaires, empaqueter mon sac, ranger mes provisions, afin que tout soit prêt lorsque je rendrai le véhicule. 12h00, un dernier adieu à mes anciens collègues et je roule jusqu’au dépôt. Chez Escape, je remplis les divers papiers nécessaires pour l’assurance. Lisa, l’employée, me demande si je vais bien et si je ne ressens pas de contrecoups. Je la rassurerai, et lui propose même une ou deux améliorations pour l’aménagement des bus, et lui signale un joint défectueux sur Hibiscus. Sachant que ma prochaine destination est l’Australie, elle me recommandera d’être prudent, car les Aussies sont encore plus mauvais conducteurs que les kiwis. De retour à Auckland, je choisis le Fat Camel comme backpack. Le temps que ma lessive tourne, je retourne me balader dans les rues : Queens Street, Viaduc Harbour, Sky Tower, … un vrai bonheur, je m’y sens presque comme de retour à la maison. Au passage devant la banque BNZ, je profite de clore mon compte. Demain je volerai pour l’Australie. Avant de retourner au Backpack me cuisiner un bon plat de pâtes, j’irai me régaler d’une dernière Black Mac au Northern Steamship Co. à Quay Street. A l’endroit même où j’avais dégusté ma première bière dans un bar à Auckland. La boucle est bouclée.

Sinon, à propos de ce voyage, je peux vous fournir quelques chiffres, et comme je sais que certains scientifiques lisent ce blogue, parmi les photographies, vous trouverez un petit graphique résumant l’évolution des principaux facteurs :

  • 7399.2 kilomètres parcourus avec Hibiscus
  • 835.16 litres d’essence sans plomb consommés
  • 1000 kilomètres approximativement parcourus à pied
  • 42 jours de beau temps
  • 11.29 litres de moyenne aux cent kilomètres light
  • 9 brasseries dont la production fût dégustée
  • 7 jours de pluies
  • 4 bouteilles de vins
  • 4 fish’n’chips
  • 4 nuits en cabanes
  • 2 traversées en ferry aller-retour
  • 3 îles
  • 3 bouteilles de GPL pour la cuisinière
  • 3 îles visitées
  • 2 kiwi-burgers
  • 2 jours de bruine
  • 2 kiwis observés
  • 1 accident
  • 1 obligation de revenir (Tongariro Alpine Crossing)

Ce diaporama nécessite JavaScript.





Rapport, fishmarket and One Tree Hill

8 05 2011

Frienz, Auckland, 8 mai 2011, 20h40

Encore une journée de rédaction, malgré le soleil qui brille dehors. Heureusement que la luminosité n’atteint pas la salle dépourvue de fenêtre où je suis en train d’écrire. Le travail avance plutôt bien, bien que les phrases aient parfois de la difficulté à naître. Je me permettrai deux pauses, pour quand même profiter de la douceur de cette fin d’automne.

La première en fin de matinée m’amènera jusqu’à Auckland Fish Market. Je voyais déjà la criée, les cageots remplis de poissons, les grossistes surenchérissant, … Et bien non, comme beaucoup de noms trompeurs en Nouvelle Zélande, Auckland Fish Market n’est pas une criée. Je suis rentré en plein par la poissonnerie, où les poissons, crevettes, … sont présentés sur leurs lits de glace dans d’immenses étals réfrigérés, les crustacés encore plongés dans des bassins où l’eau ne cesse d’être renouvelée. Odeur, couleur, ambiance de la pêche sont plus que présentes, un vrai plaisir pour les sens. Plus loin, un autre stand présente steaks et filets de poissons, au naturel ou fumés, enfilés sur des brochettes ou simplement en sauce cocktail, …

Auckland Fish Market

A côté de ces deux seuls et uniques stands vendant du poisson, une épicerie vend quantité de produits aux noms et aux provenances alléchantes, chutney préparé avec soin, miel de fleurs recueilli sur South Islands, bonbons artisanaux, étals de fruits et légumes, … un petit café sert ses clients assis tranquillement autour d’une immense table de bois massif, ou confortablement installés dans des canapés; un traiteur apprête produits marins ou ovins en de succulents mets, dont les odeurs agacent mon estomac. Je ne quitterai pas l’endroit sans avoir acheté un petit steak d’hapuka.

Après avoir passé le début d’après-midi sur mon texte, je repars en fin d’après-midi avec François-Xavier, Anna, Pavel – un tchèque rencontré quelques semaines auparavant – et un français tout juste débarqué, direction One Tree Hill. Petite balade sympathique sur les flancs de ce volcan, occupé par le grandiose Cornwall Park. Les arbres que j’avais vu verdoyant à mon arrivée, ont aujourd’hui perdu quelques feuilles, alors que la plupart des autres ont déjà viré au brun.

One Tree Hill, enfin ce qu'il en reste depuis que des maoris ont coupé l'unique pin à coups de machette

Excellente petite balade pour se changer les idées. Repas commun avec François, au menu : steak d’hapuka, kumaras à la poêle, salade de tomates, … un vrai régal.

Ce diaporama nécessite JavaScript.





Zoo d’Auckland

7 05 2011

Frienz, Auckland, 7 mai 2011, 20h15

Et voilà, les dés sont jetés. J’ai décidé hier de partir à l’aventure jeudi matin. Aujourd’hui j’ai été réserver mon campervan chez Escape Rentals, en profitant de la super promotion disponible jusqu’au 13 de ce mois : 299NZD pour les 14 premiers jours et 20 dollars par jour supplémentaire. Une excellente affaire, un peu plus de 1000 box pour 49 jours de location.

En attendant le grand jour, il me reste deux gros dossiers à traiter consistant tous deux à rédiger un texte en anglais; le premier est le rapport  sur les essais effectués. Introduction et protocole expérimental sont déjà écrits. Par ailleurs, après avoir discuté avec Tom vendredi après-midi, j’ai décidé quels résultats j’allais présenter, et surtout quels graphiques insérer dans le rapport parmi les dizaines générés avec les données acquises.

Ce matin, levé vers 8h00 après une petite grasse matinée, quelques oeufs brouillés, une ou deux tartines toastées recouvertes de beurre et miel, un jus d’orange fraîchement pressé, et me voilà prêt à rédiger. Vers 13h00, alors que je n’arrive plus à aligner des phrases à moitié cohérentes, je décide de faire un petit break.

Avec François-Xavier, nous partons au Zoo d’Auckland, en emmenant avec nous, Ana, une jeune allemande qui vient de débarquer au backpack. Cela faisait longtemps que je n’avais plus pénétré dans l’enceinte d’un zoo. Je dois reconnaître que j’ai eu du plaisir, et que la grandeur des cages m’a étonnée. Enfin des cages, des biotopes reconstitués devrais-je plutôt dire. Car des barreaux, je n’en ai vu presque aucun. Seuls les animaux carnivores sont séparés du public par de grandes vitres; presque partout les animaux sont simplement séparés des visiteurs avec des barrières en bois, parfois doublées d’une clôture électrifiée.

Bien entendu, entre les traditionnels tigres, lions, girafes, hippopotames et autres animaux attirant les chalands, la faune de Nouvelle Zélande est bien représentée. J’y verrai mon premier kiwi en tant que volatile. Long bec, pattes épaisses, restes d’ailes et surtout un corps ovoïde et trapu sont ses principales caractéristiques, à se demander comment un tel oiseau est devenu un emblème national. Je dois dire par contre qu’il colle à la mentalité kiwie, bien éloignée d’une certaine arrogance étasunienne dont l’aigle en est le symbole. Et je découvrirai nombre de volatiles endémiques, ainsi que quelques reptiles dont le Tuatara. Ou encore les célèbres pingouins bleus, habitant North Islands ou phoques et lions de mer.

Deux autres attractions du zoo me marqueront. La réserve Aussie, un des nombreux surnoms australiens, avec les wallabies, les émeus, les kookaburas et encore un grand nombre d’oiseaux aux couleurs éclatantes. L’autre sera le coin décernés aux singes et lémuriens. Un concert plus que bruyant sera même donné par deux mâles d’une espèce aux poils noirs, agiles à grimper et dont le jabot gonflable leur permet de crier pendant de longues minutes.

Enfin, pour la première fois de ma vie, j’ai vu un porc-épic, véritable punk en avance sur son temps. La question de la manière dont il s’y prendra le jour où il devra reculer m’est d’ailleurs venue à l’esprit et reste jusqu’à présent irrésolue. Je fus aussi très ému pour ma première rencontre avec un panda rouge, plus connu sous le nom de firefox, dont le terme, pour la petite histoire, a été retenu pour baptiser un certain navigateur web et je dois reconnaître que le logo est très ressemblant.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Retour en fin d’après-midi au Frienz, où je reprends mon travail enchanteur de rédacteur en chef pour un certain rapport. Mais, courage, il ne reste plus que quelques jours avant de grandes vacances.

Sinon, petite piqûre de rappel: vendredi 13 mai 2011 a lieu le festival Balélec, et vous devez y aller boire un verre à ma santé.

Et ne manquez surtout pas les 6 précédents épisodes de cette incroyable websérie





Connection Valaisanne

5 05 2011

Frienz, 6 mai 2011, 7h32 (GMT+12)

Après avoir quitté le CACM plus tôt que d’habitude, j’ai rejoint un pote valaisan au Frienz. En compagnie d’un de ses anciens camarades de l’HES-SO, il est parti faire un petit tour du monde : 8 mois, 6 pays et quelques galères. Ils rendaient leur campervan en début d’après-midi après 2 mois de voyage au pays des Kiwis. Leur prochaine destination, l’Australie : Cairns, Uluru, Adelaïde, Sydney en 5-6 semaines avant d’aller naviguer aux Fidji.

Je les rejoins au Frienz, où je profite de transmettre à John un colis que j’ai reçu la semaine passée au travail. Puis direction Viaduct Harbour pour se boire une ou deux bières sur une terrasse, face aux AC45 qui rentrent au port après une journée d’entraînement. Déballage du paquet: une magnifique BD, Magasins Générals, de Loisel et Tripp, que je vous recommande de lire.  Après m’avoir refilé une ou deux cartes, des petits trucs et autres endroits à voir absolument, nous ne résisterons pas à aller voir les  AC45 de plus près, à une petite douzaine de mètres. Définitivement des machines fabuleuses.

Flying AC45 Artemis

Retour au backpack. Nous continuerons à discuter, avant de prendre un repas bien mérité, qui achèvera une bouteille de rouge. Et finalement, la bouteille de Sauvignon blanc/Sémillon que j’avais ramenée de Waiheke Island terminera à l’état de cadavre en fin de cette excellente soirée. Un petit peu trop de sucre résiduel quand même. Papa, maman Oggier, Papa, Maman Besse, veuillez nous pardonner, mais malheureusement il n’y a pas de verre dans les backpacks de Nouvelle-Zélande et nous avons dû nous contenter de vulgaires tasses en céramiques (mais une jolie, avec des dessins)





Waitakare Ranges Regional Park

1 05 2011

Frienz, Auckland, 1 mai 2011, 20h36

Levé vers 7h00, après avoir avalé un petit déjeuner, je pars avec François-Xavier, direction Waitakare Ranges Regional Park, située sur la côte ouest, plus ou moins à la même altitude qu’Auckland. Après avoir récupéré son Campervan à Parnell, nous quittons définitivement les faubourgs la ville par le nord-ouest; la moitié de l’île est traversée dans sa largeur, et nous pénétrons directement dans la forêt de Waitakare par Scenic Drive.

Le premier arrêt, effectué au centre des visiteurs d’Arataki, nous permet de faire une première connaissance avec cette jungle. Les 16’000 hectares du parc étaient recouverts par des kauris jusqu’au début de leur exploitation au milieu du XIXe. Aujourd’hui, poussant par amas dans le bush, et la forêt tropicale régénérée, ils représentent moins de 5% des arbres. Une boîte, au couvercle vitré, contenant une poudre noire, attire mon regard. Sur le verre repose un aimant, dont le mouvement dessine des arabesques avec les grains. De la limaille de fer, non, bien mieux encore: il s’agit de sable noir provenant des plages de la côte ouest. Ce dernier, issu de l’érosion de la roche basaltique contient une fraction élevée d’éléments ferreux, le rendant réactif au courant magnétique. L’accès au centre, occupant un immense bâtiment en bois, se fait par deux immenses rampes de part et d’autre de la forêt principale. Celle située à gauche étendant sa langue à hauteur de la canopée, la frondaison des kauris est alors admirable, un fait plutôt surprenant pour ces arbres, qui, dès leur très jeune âge, possèdent un long fût. La demeure est affublée de moelleux matelas aux pieds d’une immense baie vitrée donnant sur la jungle. La vue est encore plus magnifique depuis la terrasse, sur la jungle en contrebas.

Sur le trajet menant à Piha, la jungle borde la route des deux côtés. Toutefois, elle me semble un peu rabougrie, chétive, peu sauvage, alors qu’avant d’avoir pénétré Waipoua, elle m’avait sembler luxuriante. Peut-être que la forêt où pousse Tane Mahuta représentait mon archétype de forêt vierge, et  que, devant le souvenir de sa grandeur, les jungles régénérées depuis quelques dizaines d’années me paraîtront ternes. Peu avant le milieu de matinée, Lion Rock, élévation rocheuse dont le sommet culmine à une centaine de mètre, apparaît au détour d’une courbe. Piha, nous voilà. Impression étrange que de contempler un sable noir, virant quand même sur le gris en raison des nombreux coquillages réduits en poussières, et des grains de silice.

La visite commence par le sud: nous longeons les falaises faites d’un agglomérat solide de sables et de pierres ovoïdes de différentes tailles. Un panneau met en garde contre le danger de chutes de pierres. Escaladant quelques gros morceaux d’un pan écroulé, nous atteignons une sorte de petite piscine, protégée du large par un immense roc. Les vagues se ruent soit par un petit goulet, soit ressortent en gargouillant d’un trou dans le roc, alimentant le tranquille lagon. Pieds nus, chaussures et pantalons dans les mains, nous traversons le réservoir et escaladons le rocher, dénommé Camel. Du sommet, la vue sur l’eau couleur caraïbe de la baie de Piha est fantastique; en contrebas des falaises, quelques pêcheurs aventureux, casqués et arborant gilet de flottabilité s’adonnent à leur sport favoris, campés sur le rocher glissant.

La piscine, vue du Camel : admirez en bas à droite, la vague en demi-arc surgissant du tunnel

De retour au niveau de la mer, nous gagnons l’extrémité Nord de la plage. Le Lonely Planet parle d’une colonie de pingouins bleus y nichant, mais seuls des surfeurs et quelques touristes sont visibles. Légèrement déçus, nous grimperons Lion Rock, dont le sommet, un ancien Pâ, est inaccessible, le sentier ayant disparu dans un éboulement, laissant le rocher à nu.

Lion Rock

Quittant les plages noires de Piha pour celles de Karekare nous nous arrêterons au sommet d’une côte pour pénétrer sous le couvert de la forêt, bien décidés à rendre visite aux Chutes d’eau de Kitekite. Sitôt sur le chemin, un écriteau, avec à ses pieds une caisse contenant brosse et bouteille à spray, nous incite à bien rincer nos souliers pour éviter la propagation de la Maladie des Kauris, fatale à ces derniers. Le trajet se poursuit sans encombre sur un sentier marqué profondément dans le sol ; aucune herbe ne repoussera plus sur ce sol dénudé. Toutefois de part et d’autre la végétation, à laquelle je suis désormais habitué, présente quelques faits surprenants, dont un arbre ayant décidé de se rebeller au cours de sa croissance : son tronc, pourtant rectiligne à la base, effectue un looping avant de retrouver sa droiture habituelle.

L'arbre rebelle

A l’approche des chutes, le chemin, redevenu plat, longe une petite rivière dont l’eau laiteuse présente de légers reflets. Un grand bon nous permet de traverser la rivière et d’accéder au chemin nous menant jusqu’à la goulotte au pied des chutes : 40 mètres de franchis en l’espace de 3 bonds. Une végétation luxuriante de part et d’autre, des kauris à nos côtés, cette balade est sans doute l’un des moments les plus merveilleux de cette journée, et la couleur opalescente de l’eau restera longtemps fixée dans mon souvenir.

Une eau laiteuse coule dans la rivière

De retour sur la côte, une petite balade sur la plage de Karekare révèlera un sable encore plus foncé que celui de Pahi. Un cours d’eau a découpé une tranchée dans la dune, dont le  noir contraste avec la couleur platine des hautes herbes y poussant. Sur la plage, un tronc mort, amené par la marée, est recouvert d’un grand nombre de petits coquillages blancs, et de petits trous d’un demi-centimètre de diamètre. Si certains sont vides, d’autres sont reliés aux coquilles par un petit corps cylindrique et rougeâtre.

Le tronc flotté et ses coquillages

Avant de repartir, un petit détour pédestre nous amène au pied de la Chute d’Eau de Karekare, ricochant à plusieurs reprises contre le roc. Elle est moins jolie que la précédente, et d’ailleurs mon regard est plus accroché par une maison aux formes tarabiscotées, reliées aux divers corridors avec des angles tout sauf droits.

La surprenante maison de Karekare

Avant de rentrer, un dernier détour nous conduit jusqu’à Anawhata, la plage de sable noir préférée de Sir Edmund Hillary. Un peu à l’écart de celle de Piha ou Karekare: une route gravillonnée termine en cul de sac après 9 kilomètres. De là, un long raidillon conduit jusqu’à la plage; il faut bien compter une petite demi-heure pour y descendre. D’ailleurs, bien moins de surfeurs y profitent des vagues. Il s’agit d’un petit coin de paradis, reculé en pleine nature, seules deux maisons sont construites à proximité. Au milieu de la longue plage s’écoule une rivière, qui finit par former un immense delta sur la plage, la marée quotidienne l’empêchant de creuser un véritable lit.

Anawhata Beach, la préférée de Sir Edmund Hillary

Lors de la remontée depuis la plage, la pluie nous rattrape et nous aurons droit à notre petite douche quotidienne. Retour sur Auckland en empruntant Scenic Drive, qui comme à son habitude n’a pas grand chose de scénique : la mer est invisible, la route traverse des quartiers d’habitations, … Je me demande définitivement où les néo-zélandais vont chercher leur inspiration. Nous nous arrêterons chez un maraîcher faire le plein de légumes frais, pour  un prix bien moindre à celui pratiqué par les magasins à Auckland. Un petit arrêt au Countdown permet de compléter les futurs repas avec de la viande, et quelques pâtes ou grains de semoule. François m’a aussi fait connaître les TimTam chocolat noir, un biscuit aux forts arômes de cacao, une véritable drogue-dur. N’existant actuellement qu’en Nouvelle-Zélande et Australie, je songe d’ailleurs à créer une filière d’exportation vers l’Europe, je suis persuadé qu’il existe un marché.

Ce diaporama nécessite JavaScript.





Parnell et Winter Series

30 04 2011

Frienz, Auckland, 3o avril 2011, 19h30

Comme tous les soirs, à partir de 23h00, le toit est fermé. Nous sommes donc descendus de cinq étages, pour finir nos bières juste devant l’immeuble. La consommation d’alcool étant bannie des rues, excepté les fêtes et les terrasses licenciées, il ne faudra pas longtemps avant que des vigiles nous reconduisent à l’intérieur. Bien qu’il soit interdit à partir de minuit de consommer quelques verres dans le backpack, nous nous glisserons dans le salon pour finir tranquillement nos Cuba Libre ! Après avoir refait le monde plusieurs fois, je regagnerai mon plumard au alentour de 2h00.

Réveillé ce matin par les bruits de circulation, je suis en pleine forme bien que ce ne soit que 7h30. N’ayant que grignoté hier soir, je meurs presque de faim; une demi-douzaine d’œufs brouillés, du bacon et deux bonnes tartines de miel auront tôt fait de me caler l’estomac, et me donneront de l’énergie pour la régate de cette après-midi, les Winter Series débutant cette après-midi.

La dernière visite dans le quartier de Parnell m’ayant laissé un excellent souvenir et ayant récupéré un prospectus narrant l’histoire de quelques maisons lors de la visite de Kinder House, j’en ferai les jalons de ma promenade matinale. Ces bâtisses se regroupent en deux architectures. La première est celle du XIXe siècle, du Parnell originel, datant des années suivant l’installation des colons à Auckland. Hulm Court en est un très bel exemple. L’histoire raconte qu’il s’agit du plus vieux bâtiment d’Auckland, érigé encore sur son site original. L’autre style, plus tardif, est le style Arts and Craft, du début du XXe siècle, où l’utilisation des briques est prépondérante, comme pour les 4 maisons de Parnell Terraces,  ou Neligan House, l’ancienne demeure de l’Evêque.

Une des portes de Parnell Terraces

Avant de retourner au backpack récupérer mes habits de voile, je fais un dernier détour par Ruskin Street, à la Cigale. Tous les samedis et dimanches matins un marché de grande notoriété se tient; presque aucun produit n’est lié à la culture néo-zélandais:  tout est résolument tourné vers le vieux continent : étals de fromages français, mets marocains dont les odeurs d’épices envahissent les étals, véritables mozzarelles fumées, fabriquées à partir de buffles déportés en terre kiwie, olives marinées à la mode espagnole ou italienne, humus aux différentes senteurs, … L’ambiance habituelle, déjà très festive, est aujourd’hui renforcée par la ferveur populaire. En effet, un des princes du Commonwealth s’étant marié hier, les drapeaux anglais flottent au vent, un livre d’or est présenté, dans lequel les gens s’empresse d’y annoter leurs meilleurs vœux, les chapeaux mêmes sont aux couleurs de l’Union Jack.

Le marché de La Cigale, aux senteurs européennes

Au Frienz, j’emporte mes habits, et file en compagnie de François-Xavier, un français formé en architecture navale à Southampton, jusqu’à Westhaven Marina. Après avoir arpenté quelque peu les quais, nous trouvons chacun de notre côté un équipage et son fidèle destrier. Le mien est un FARR MXR, le deuxième des onze monotypes amarrés côte à côte dans le bassin. Alors que tous les autres sont ornés de publicités, celui sur lequel je navigue arbore une coque vierge d’écritures, et si ses voiles ont dû arborer un certain temps des encarts, aujourd’hui ces derniers sont décousus. Alors que sur Pork Chops mon rôle se bornait à celui d’être un ballast sur pattes, id est, de me masser contre la filière au vent à chaque virement de bord afin de disposer le poids de manière idéale, mon rôle aujourd’hui est plus sportif en tant que trimmer. A chaque virement, mon travail consiste d’une part à avaler le maximum d’écoute, afin de border au maximum le génois, le réglage fin étant effectué par Georgy, un grec habitant Auckland depuis plus de 9 ans, d’autre part à préparer le prochain en redisposant l’autre écoute autour de son winch, avant de retourner m’accrocher dans la filière au vent. Lors du long bord de retour, je me bornerai au rôle de trimmer, autrement dit à être la force motrice des winchs, en tournant la manivelle lorsque la demande se fait sentir. Très belle course: l’équipage termine deuxième sur les 8 Farr MXR de sortie aujourd’hui. Comme à l’accoutumée, je suis invité à participer à la prochaine régate dans deux semaines.

Ce diaporama nécessite JavaScript.