Les pyramides de Gypses

9 08 2012

Trajet :           Les Tailles – La Truche – Bretayes – Col de la Croix – Lac des Chavonnes – Bretayes – La Truche – Les Tailles

Samedi 18 août 2012, 11h00, train Renens VD – Zürich HB

Ce matin, le soleil se lève sur un ciel exempt de nuage. Peu à peu les sombres silhouettes des Montagnes Valaisannes se parent de couleurs vives. Mais Morphée m’emporte avant même que le Muveran en soit complètement drapé. Deux heures plus tard, sous un soleil éclatant je me réveille en sueur dans mon sac de couchage. Rien de mieux qu’une douche d’eau froide pour me redonner vie, avant d’avaler un copieux petit déjeuner.

Lever de soleil sur les Dents de Morcle

Pour rejoindre les Pyramides de Gypse, Vanessa et moi gravissons la raide montée jusqu’à la Truche, avant de longer la route jusqu’à Bretayes. Bien que le soleil soit déjà haut, j’apprécie les températures plus clémentes que lorsque j’ai suivi le même chemin hier en début d’après-midi. Quittant la route goudronnée, nous empruntons une route de terre battue aux ornières saillantes. Dominé par le Roc à l’Ours, nous avançons à flanc de coteau tantôt sur l’alpage, tantôt à couvert de la forêt. Si la vue sur la plaine du Rhône, recouverte d’une brume bleutée, n’est pas des plus jolies, le Val d’Illiez, dominé au Nord par les Dents du Midi est un magnifique écrin pour le massif du Mont-Blanc, dont les cimes enneigées se dressent dans le lointain : Mont-Blanc, Mont-Maudit, Les Drus, l’Aiguille Vert et Celle d’Argentière, les Courtes et les Droites, le Glacier du Trient, autant de noms liés aux excellents souvenirs hivernales de la Vallée Blanche.

Devant nous se dresse le pittoresque hameau d’Ensex. Une dizaine de vieilles bâtisses aux fondations de pierre arbore encore des toits de bardeaux. L’odeur du fromage fraîchement pressuré charme mes narines, alors que passons devant une alignée de boilles d’aluminium, séchant au soleil. En tout début d’après-midi, nous arrivons au but de notre randonnée. Les Pyramides de Gypse doivent être cachée dans le bosquet qui nous sépare encore du Col de la Croix. Le chemin s’enfonce dans les conifères, où les formations blanches restent invisibles. Avisant une petite sente, je quitte le sentier pédestre, sur lequel continue Vanessa. Grimpant en zigzag à travers les arbres, j’arrive sur un petit faîte. De l’autre côté d’une doline, se dresse un monticule dont la couleur blafarde tranche avec la verdure environnante. S’avançant entre les emposieus, tantôt grimpant abruptement jusqu’à une crête, tantôt dérupitant à mi-hauteur, je continue le long de la sente. Bien que je ne sois pas éloigné de plus d’une centaine de mètres de l’itinéraire pédestre, je suis comme perdu au milieu de nulle part. Jouant à l’équilibriste entre les trous, les uns remplis de ronces, les autres occupés par de l’eau stagnante, j’apprécie ce spectacle d’érosion de ces pyramides qui se dressent autour de moi.

Les Pyramides de Gypse

De retour sur le chemin officiel, je retrouve Vanessa, qui n’a encore aperçu aucune ombre des formations géologiques. Au Col de la Croix, un panneau portant la mention « Pyramides de Gypse » envoie sur un petit sentier retournant dans les bois, qui débouche sur un point de vue au bout de quelques dizaines de mètres. Le sentier semblant continuer plus loin, nous empruntons le tracé en terre battue s’enfonçant dans les hautes herbes. A mesure de notre progression, la pente se fait plus raide, la piste plus étroite, le sol plus glissons au point de devenir impropre à la circulation de touristes. Ne reculant presque devant rien, Vanessa me suit sans broncher. Finalement, de l’autre côté des Pyramides nous déboucherons sur un terrain humide où foisonnent des épilobes, dont les semences pelucheuses s’envolent autour de nous.

Après avoir grimpé à travers les pâturages, nous franchissons les barbelés pour rejoindre le sentier situé de l’autre côté de la crête. La vue sur les Pyramides de Gypse, dominée par le massif des Diablerets, est bien plus charmante que lors de notre arrivée. Alors qu’il était impossible de les voir lors de notre arrivée, d’ici les formations géologiques portent bien leur nom. Montant tranquillement jusqu’au col d’Encrène, le chemin ne devient abrupt que pour franchir la dernière cinquantaine de mètre. De l’autre côté, il dérupite dans le versant, suivant presque la ligne de plus grande pente. Au fond du vallon, nous rejoignons une route gravillonnée qui nous ramène sur les hauteurs du Lac des Chavonnes en passant par l’alpage de la Perche.

Le Lac des Chavonnes

Un petit tour du lac à la nage pour se rafraîchir, un morceau ou deux de saucissons et de fromage pour se restaurer, nous reprenons en suite la route en direction du chalet. Col de Bretayes, Les Bouquetins, La Truche et nous voici déjà aux Tailles. En attendant l’arrivée de Max, il est l’heure de prendre l’apéro.

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Chemin de l’eau (an 2012)

8 08 2012

Chesières, le 7 août 2012

Trajet : Les Tailles – Chemin de l’Eau – Lac des Chavonnes – Les Tailles

Réveillé à 7h30, il me faudra patienter deux petites heures avant que Vanessa sorte de sa tanière et daigne monter à l’étage pour prendre le petit déjeuner. Une heure après, nous partons pour une petite randonnée le long du Chemin de l’Eau avec un retour par le lac des Chavonnes. Je ne vais pas à nouveau vous décrire la balade dans son intégrité, les paysages n’ont presque pas changé depuis l’année dernière. L’itinéraire est toujours aussi plaisant entre les épilobes poussant dans les pierriers aux pieds des falaises à pic, plongeant sur l’ubac du Chamossaire et toutes les autres espèces alpines en pleine floraison : chardon, tréfle, menthe à feuille ronde, … De plus, en traversant l’une des nombreuses zones humides, nous sommes passés à travers une véritable « grenouillère », où j’ai compté une vingtaine de jeunes et petites grenouilles.

Si la forêt autour du chalet de Vanessa a beaucoup souffert de la tempête de janvier, au premier abord, les arbres ont tenu bon le long du sentier. Seules quelques branches déjà sèches ont dû se rompre sous les assauts du vent et jonchent en plus grand nombre l’humus. Ce n’est qu’en arrivant dans la forêt du Dard, que nous observons les dégâts : de nombreux troncs se sont rompus, éclatant à ras du sol, avant de basculer dans les dévaloirs.

Arrivés au lieu-dit des Cougnons, je suis cette fois  le véritable itinéraire pédestre, au lieu d’emprunter la route sans-issue puis de crapahuter dans les champs et la forêt à la recherche d’une sente qui a disparue. Nous retrouvons les prairies marécageuses en aval de la Fontaine. La dernière fois, pour grimper jusqu’au Lac des Chavonnes, j’étais passé par la gauche pour traverser les prairies éponymes et me souvenais d’un chemin, de type muletier, qui cotait sec. Vanessa n’étant pas la plus grande randonneuse, j’ai emprunté – en espérant que le sentier serait un peu moins raide – le deuxième itinéraire remontant par la Loutze. A peine avons-nous abordé la montée que je dois me rendre à l’évidence qu’il est tout aussi ardu. Montant à travers un champ d’épilobe au sol légèrement boueux, le sentier nous fait par moment grimper sur des pierres. Pauses après pauses, pour que la demoiselle conserve son souffle, nous gagnons peu à peu en altitude. Sa motivation sera dopée quand elle verra un vieux monsieur qui gagne lentement du terrain sur notre équipée et finalement, nous le laisserons – quand même – derrière nous.

Arrivé au Lac des Chavonnes, une planche posée en équilibre sur deux rochers jouera le rôle de banc pendant que nous avalons une morce. Alors que Vanessa restaure toujours ses forces, je me glisse dans l’eau turquoise foncée du lac. Un vrai régal. La température est excellente ni trop fraîche, ni trop chaude. Une fois dehors, il nous reste plus qu’à passer le Col de Bretaye puis à redescendre jusqu’aux Tailles en suivant la route d’alpage.

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