Dernier jour de travail

11 05 2011

CACM, Auckland, …

Et voilà, mon dernier jour de travail au Laboratoire de Technologies des Matériaux est arrivé. Si j’ai fini officiellement le 30 avril, j’avais décidé de mener à bien ce projet très intéressant. Le premier draft du rapport est envoyé à ma cheffe, restée en Suisse; les corrections devraient arriver dans la semaine.

Au menu de la journée: fignoler le rapport en mettant de jolies photos des fractures, emballer les échantillons et les renvoyer en Suisse avec quelques autres affaires (documents, un ou deux T-shirts en trop, souvenirs récupérés au gré de mes balades, …), imprimer quelques documents importants, … et régler les derniers petits détails. Bref, si le programme semble maigre, tous ces petits travaux additionnés prennent du temps. Je partagerai la pause de midi avec Tom, Quentin et un nouvel arrivant au CACM. Encore un dernier skype ce soir avec Véronique, ma cheffe, et Daniel, ingénieur en matériaux pour l’hydroptère.ch et je serai libre.

Déjà 16h00, mais tout est empaqueté, prêt à être envoyé en Europe. Un dernier tour du labo me permet de saluer mes collègues temporaires. Je finis la tournée par Mark, mon mentor pour ces quelques semaines. Grandes discussions sur les résultats obtenus, et leurs implications, mais aussi par où mon voyage va me mener.

Retour sur Auckland, où il me faut encore acheter quelques trucs, comme un power converter pour pouvoir prendre des photos, un disque dur pour faire quelques sauvegardes, des bouteilles d’eau à congeler, … Bref, préparer mon départ.





Ka kite Aotearoa … Kia ora Asia

15 04 2011

Frienz, Auckland, 16 avril 17h00

Au menu de la journée : brasage des câbles sur les jauges de déformation d’un des panneaux flexibles, et surtout traitement des résultats et discussions des premiers essais.

Si au laboratoire de technologies composites et polymères, la tradition est que la personne qui nous quitte organise un apéro, au CACM, le laboratoire organise une tea party. Erwan a droit à la sienne aujourd’hui. Vers 10h45, tout le monde monte à la salle de réunion, dont la table est occupée par quelques gâteaux et autres grignotages. Toutefois, à l’inverse de nos pots de départ, tout le monde retourne sagement travailler jusqu’à la fin de matinée. A midi, Erwan embarque une partie des collègues postgraduate du CACM, ainsi que Mark, direction le pub  Garrison Public House, pour y dévorer un excellent burger, arrosé d’une Tui, bière néo-zélandaise.

Ce soir, direction The Big House, 42 St Georges Bay Road à Parnell, la gigantesque maison communautaire d’Erwan. En effet, comme ce dernier quitte la Nouvelle-Zélande en fin de semaine prochaine, pour retourner en France, en faisant un grand détour de quelques mois par l’Asie (Bali, Thaïlande, Laos, Chine, Inde, Népal, …), il organise sa fête de départ, Ka kite Aotearoa … Kia ora Asia. Excellente soirée qui ne finira plus, enfin oui pas très tôt le lendemain matin.





17h30 : on ferme

14 04 2011

CACM, Tamaki Campus, Auckland, 15 avril 2011, 900 (GMT+12)

Une petite note pour une petite mésaventure. Quand je suis arrivé la première fois au CACM, Erwan m’avait prévenu qu’à partir de 17h00 les portes de l’atelier sont verrouillées automatiquement et qu’il est impossible d’y rentrer.

Journée traitement de données, que du bonheur. MatLab est bien entendu un grand ami pour pouvoir automatiser le travail. Bref, devant faire encore quelques vérifications et calculer quelques nouvelles valeurs à la demande de Mark, je me retrouve à la bourre pour attraper le bus de 17h35. Après avoir dévalé les escaliers à 17h31, impossible d’ouvrir la porte pour sortir. A gauche de la poignée, le boîtier électronique arbore fièrement une lumière rouge. Même phénomène, à la porte située à l’autre bout du bâtiment, je suis enfermé entre les bureaux – fermés de la même manière – et l’extérieur. Pour une fois que Callum n’a pas quitté l’atelier à 17h00, il vient me libérer et ne peut s’empêcher de me taquiner en me traitant de sans-papier. Pour la petite histoire, la précision néo-zélandaise des chauffeurs me permet d’attraper le bus à 17h38.

Bref, à l’avenir je saurai que pour moi, il m’est impossible de rester travailler tard le soir.





Aotearoa

11 04 2011

Frienz, Auckland, mardi 12 mars 2011, 17h16 (GMT+12)

Comme un lundi matin, je monte attraper le bus de 8h35. Toutefois je patienterai en compagnie d’Erwan et de Simon Bickerton, un collègue du CACM, jusqu’à son arrivée sur le coup de 9h00. Pendant le trajet jusqu’à Tamaki Campus, je ne cesserai de contempler le soleil, orné d’un long nuage blanc, s’étendant de loin au Nord d’Auckland, pour disparaître à l’horizon sud. Ce phénomène magnifique est aussi observé par mes compagnons de voyages pour la première fois, même par celui résidant depuis longtemps à Auckland.

Et bien sûr, devant finir aujourd’hui l’instrumentation des panneaux, je n’ai pas pris l’appareil photo, seul mon téléphone portable permettra d’immortaliser ce moment. Aotearoa, le pays du long nuage blanc, nom maori que la Nouvelle-Zélande porte si bien aujourd’hui.

Le long nuage blanc





Premier test … ou pas

6 04 2011

Frienz, Auckland, 6 avril 2010, 18h36 (GMT+12)

Hier soir, après quelques verres à la Cassette Number Nine, à Vulcan Lane, retour au bercail dans la cour intérieure pour siroter quelques verres de ginto, moins le tonic, plus la limonade. La discussion se déroule dans un mélange franco-germano-english, mâtiné de quelques expressions latinos, et divaguent entre les sujets backpackers : South Island, camper-van, tramping, et petits potins du backpack. Vers minuit, nous sommes éconduits de ce charmant endroit pour ne pas déranger les braves gens qui dorment. Alors que nous montons sur la terrasse au cinquième, je profite de m’esquiver pour rejoindre mon lit.

Levé en plein forme, revigoré par une bonne douche froide et un superbe petit déjeuner, je me réjouis de cette journée où les premiers tests seront effectués. Juste avant de partir, je me rappelle que le dispositif expérimental n’est pas complètement prêt et qu’il faut encore monter une barre d’aluminium sur laquelle sont fixés les capteurs de déplacements (LVDT). Or, comme le tank, où se trouve la machine, est déjà rempli d’eau, le montage de la barre ne sera pas des plus simples. Je récupère mon maillot de bain, au cas où il faudrait se mouiller Sur le chemin me menant à IRL, Mark me récupère dans sa voiture alors que nous attendions tout deux que le feu passe au vert. Au lieu d’arriver du côté des entrepôts, j’arrive pour la première fois par l’entrée officielle, qui est bien plus pimpante.

Industrial Research Limited : entrée principale

3 étages plus bas, Tom nous y attend déjà. Je profite qu’il discute avec Mark à propos de son article pour prendre quelques photos des panneaux instrumentés, car personne ne connaît quelle allure ils pourraient avoir à la sortie des essais, après avoir subi un certain nombre de chocs, plus ou moins forts,  avec l’eau. 9h30 : il est temps de passer aux choses sérieuses. Avec Tom nous entrons, pieds nus, dans le tank. De manière un peu acrobatique, afin de ne pas se mouiller, nous grimpons sur la cage, entourant le dispositif de tests, dont seul un rebord n’est pas recouvert par l’eau. La place étant plus que comptée pour deux personnes, avec une petite hauteur sous barrot nous sommes obligés de travailler accroupis.

Et un écrou, un, qui ne sait pas nager. Il coule devant notre regard médusé. L’IRL étant un centre de recherche collaboratif entre l’Université d’Auckland et des industries, qui abrite la machine, seuls les outils nécessaires à son fonctionnement y sont présents. Les pièces de remplacements, petites visseries et autres outils se trouvent au CACM, à 20 minutes en voiture. Après avoir encore quelque peu tergiversé sur la meilleure manière de mettre en place cette fameuse barre porte-LVDT, je sors du tank pour chercher les clefs à molette. Le temps de descendre l’échelle, j’entends un petit « plouf ». Passant devant la fenêtre, permettant d’observer l’intérieur du réservoir, un regard confirme mon inquiétude : Tom hausse les épaules, et pointe du doigt la barre, reposant nonchalamment au fond du réservoir.

Bref, j’attrape les clefs à molette, troque mes habits contre mon maillot de bain. Je plonge, récupère la barre et l’écrou. L’eau n’est pas très chaude : si les 15’000 litres ont eu le temps depuis hier de se thermostatiser à température de la salle, elle doit être de 18-19°C. Par ailleurs, j’ai déjà connu de meilleurs bains, cette piscine étant quelque peu mal entretenue : les micro-organismes végétaux colorent les parois blanches du tank d’un joli beige, virant sur le vert pâle. Tant qu’à être mouillé, je reste au fond du tank pour voir ce qui cloche dans le positionnement de la barre. Tout devient plus facile quand l’ensemble du dispositif est visible: la barre est trop longue : à première vue, seuls quelques millimètres sont en trop.

Ce que l'on ne ferait pas pour la science

Comme la modification est mineure, nous l’effectuons à IRL : une lime, de l’huile de coude et une petite demi-heure plus tard, la pièce est raccourcie. Nouvelle immersion dans l’eau, mais à nouveau, la barre ne rentre pas dans le dispositif : un des angles est remis en cause, il est nécessaire de l’arrondir, et la même extrémité doit être raccourcie de 3-4 millimètres supplémentaires.

Après avoir dégoté une veille scie à métaux qui traîne dans un coin l’usinage peut commencer. La lame rouillée ne résistera pas longtemps aux efforts conjugués d’un kiwi et d’un valaisan. Toutefois, l’inventivité helvético-néo-zélandaise triomphera, tout en confirmant l’adage que rien ne résiste à la douceur. La solution :

  1. A l’aide d’un des angles de la lime, utilisé comme une scie, entailler l’aluminium sur une profondeur de 1 ou 2 millimètres selon la découpe à effectuer
  2. Utiliser une clef à molette pour plier et déplier l’aluminium. Ce  mouvement de va et vient va fatiguer le métal, et finalement un petit volet de la largeur de la clef va se détacher
  3. Effectuer l’opération 2 autant de fois que nécessaire pour « découper » les parties excédentaires
  4. Fignoler le travail à la lime, si le temps le permet (ce qui n’est pas le cas)

Le résultat est un peu rustique, mais elle possède les bonnes dimensions. Il ne reste plus qu’à percer deux trous pour passer la vis, avant de mettre en place la pièce. Les écrous serrés, la voilà scellée pour la durée des tests. Bien qu’il commence à faire un peu frisquet dans l’eau, j’y reste encore une vingtaine de minute le temps de fixer les LVDTs sur la barre et récupérer les deux vis et la clef Allen que Tom précipitera dans l’eau par maladresse. Dernière étape, monter les capteurs de pressions, rassembler les câbles épars pour en faire une unique torche, et le dispositif est prêt à recevoir un panneau.

La partie la plus délicate consiste à amener le panneau mesurant 110 [cm] x 55 [cm] dans le tank, sans que le gros cordon gris ne glisse de la surface, tombe à son tour à l’eau humidifiant les connecteurs. Il est alors déposé dans deux sangles, comme un bébé dans son berceau. Il ne reste alors plus qu’à tendre les spansets et plaquer l’échantillon contre le support.

Panneau instrumenté : trois jauges de contraintes sur la face supérieur, trois capteurs de pression et une jauge de contrainte sur la face inférieur qui sera en contact avec l'eau.

Simple, beaucoup trop simple. Tout ne pouvait fonctionner aussi facilement que ça. Effectivement, alors que Tom et moi nous nous activons à tendre les deux sangles, le panneau ne se montre pas coopératif, opposant de plus en plus de résistance. Un rapide coup d’œil dévoile que l’échantillon n’est pas en place, mais que les capteurs de pression touchent déjà le support. Quelques minutes plus tard, Tom tilte. Avant l’instrumentation, il a confirmé à Erwan et moi que les capteurs sont placés à 35 millimètres du bord, valeurs qui correspondent à celle trouvées dans ses papiers et sur les schémas. En réalité, cette distance ne doit pas être mesurée à partir du bord du panneau, mais à partir du bord du support. Tom, habitué à cette machine, avait complètement oublié de nous mettre au courant : les capteurs sont trop proches du bord du panneau. Les essais sont reportés, une cellule de crise est montée.

Un bon quart d’heure de cogitation est nécessaire à trois cerveaux pour trouver la solution. S’il s’agit de la plus évidente : déplacer les capteurs, de nombreuses questions se sont posées sur l’influence des trous par lesquels passent les capteurs de pression, sur la suite des expériences. Toutefois, la chance est avec nous, car l’ancienne position des capteurs ne devrait pas influencer les résultats.

Après un petit casse-croûte à 13h00, retour au CACM. Je lance l’opération « instrumentation : le retour ». Callum, mon technicien préféré, est rapidement mis au courant. Il est bien sûr enchanté d’une part de fraiser 10 nouveaux trous dans des panneaux, déjà instrumentés, opération bien plus délicate que la dernière fois, et d’autre part d’usiner les 10 chanfreins, avec un outil dont le tranchant est émoussé par la première phase d’instrumentation.

Ah oui, j’allais oublier la bonne nouvelle de la journée, j’ai enfin reçu l’adhésif pour coller le restant des jauges sur les panneaux. Comme quoi, il ne faut pas complètement désespérer. Promis, juré, la prochaine fois que je vous parle de mon travail en longueur, ce sera avec des résultats et des grosses éclaboussures.





Dernière régate des Summer Series

30 03 2011

Ecrit à Frienz, Auckland,  le 31 mars 2011, 7h30 (GMT+12)

Au menu de la journée, fraisage des trous pour les capteurs de pression, suite de l’usinage de leurs adaptateurs, marquage des emplacements des jauges de pression, lecture d’un ou deux papiers supplémentaires relatifs à ma problématique. La journée passera très vite, et surtout dans l’expectative de la dernière régate.

En compagnie d’Erwan, Quentin nous conduit à Viaduct Harbour pour la dernière régate des Summer Series de l’année 2011. 17h30 : j’embarque à nouveau sur Pork Chop. La météo est splendide : ciel avec quelques traînées nuageuses, une bonne brise établie (3bf), la marée descendante. Malgré un petit cafouillage en pré-départ, nous talonnons les deux premiers de notre catégorie. L’ambiance est aussi détendue que la dernière fois, même un peu plus. La présence des rayons du soleil couchant et d’un néo-zélandais revenu d’un expatriement de 9 ans à Londres en sont sans doute la raison. Je ne vais pas poursuivre plus longtemps dans les détails et juste vous laisser admirer quelques photos d’une régate à Waitemata Harbour avec le soleil couchant :

Ce diaporama nécessite JavaScript.






Douane kiwies

22 03 2011

Center for Advanced Composite Material, Auckland, 12h05 (GMT+12)

Comme hier, et comme sans douter les nombreux prochains jours, j’attrape la navette à l’Université d’Auckland à 8h35, et me retrouve au CACM à 9h00. Ce matin, direction l’immeuble de Menzies Aviation pour récupérer mon colis. Stephen me conduit avec Erwan jusque là-bas. Bien entendu, récupérer un colis est une opération bien trop simple. Par conséquent, une fois le carnet ATA (qui permet d’éviter de payer à chaque passage de frontière la TVA et diverses autres taxes) récupéré, il faut se rendre aux douanes néo-zélandaises pour le faire stampelliser, puis retourner auprès du transporteur, payer quelques royalties supplémentaires, et enfin attendre une bonne vingtaine de minutes avant de récupérer le colis au quai de chargement. Sur le chemin du retour, petits arrêts pour faire quelques achats de matériel nécessaire et aussi de quoi nous restaurer à la Noodle Canteen, proche du campus.

Les échantillons emballés à leur arrivée au CACM