A la découverte du Far North : Cape Reinga – Waipoua Forest

25 04 2011

Frienz, Auckland, 27 avril 2011, 18h23

Aujourd’hui, levé de bonne heure, j’avance mon campervan de 500 mètres jusqu’au parc du Cape Reinga, où trois demoiselles débarquent de leur voiture. Etudiantes en échange dans la ville de Dunedin au fond de la côte est de South Island, elles profitent des vacances pascales pour faire un saut dans le Nord, réputé plus chaud à cette saison. Toutefois, le temps n’est pas au soleil, et un vent d’Ouest à décorner un bœuf souffle sur le bout septentrional de la Nouvelle-Zélande, apportant avec lui nombre de nuages gris, quelques gouttes de pluie et des traînées brumeuses s’accrochant aux aspérités montagneuses. L’ambiance est bien différente de bon matin, lorsqu’il est possible d’embrasser du regard le paysage environnant. Comme une seconde découverte, où un autre sens, la vue, devient prépondérant : le ressac entendu hier soir ne semble plus qu’un murmure, alors que le vent n’a pas faibli, par contre, la luminescence des embruns se magnifie en fines dentelles et la texture de l’eau se détaille, les vagues prennent du relief,  les couleurs réapparaissent, une véritable renaissance.

Mon campervan au petit matin

Comme hier soir, le phare surgit très rapidement derrière la crête. Erigé presque au bout de la péninsule, il surplombe de 162 mètres la mer en contrebas. Chemin faisant, la croisée des mers apparaît, là où la mer de Tasmanie vient heurter violemment l’Océan Pacifique. Les vagues, poussées par leur vent respectif, viennent déferler les unes sur les autres, dessinant un croissant blanc d’embruns au large de la côte. De temps à autre le choc projette l’écume à plusieurs mètres au-dessus de l’océan. Je ne me lasserai pas de regarder. Le spectacle est aussi intéressant en contrebas, où les vagues viennent mourir en gros rouleaux sur la plage, à moins qu’elles ne s’écrasent contre les rochers formant l’extrémité du Cape Reinga (Te Rerenga-Wairua). Sur ce dernier un pohutukawa résiste aux ardeurs du temps depuis plus de 800 ans. Selon les légendes maories, les âmes des défunts rejoignent le monde spirituel en descendant le long de ses racines, après avoir remonté toute la péninsule Aupouri. Pour ma part, je vais remonter jusqu’à mon véhicule, sans oublier toutefois de gravir la colline autour de laquelle s’enroule le chemin. Au sommet, malgré les rafales qui tentent de me faire vaciller, j’y prendrai mon petit déjeuner, humant l’air marin, et admirant les plages plus à l’est rejoignant le cap Maya van Diemen. Les nuages prennent toutefois un malin plaisir à perdre de l’altitude, et à embrumer le paysage au loin, restreignant mon horizon à quelques centaines de mètres.

Cape Reinga et la croisée des mers en arrière plan

Avant d’embarquer dans mon van, je récupère sur le parking une luge en plastique, et bien que l’un de ses côtés soit fendu, il s’agit d’un instrument parfait pour la glisse. A Te Pika, je tourne à gauche, et traverse un vaste pâturage verdoyant coincé entre les landes de l’extrémité Nord de la péninsule, et les gigantesques dunes de sables marquant le commencement de Ninety Miles Beach sur la côte ouest. Sitôt débarqué, je retire mes lourds souliers de marche, et m’élance à l’assaut des pentes sablonneuses. Il est encore plus difficile d’y progresser que dans une bonne poudreuse fraîchement tombée, mais j’atteins le sommet assez rapidement. Et bien voilà, il est  temps de se lancer à la découverte du sandboarding, soit descendre une dune en glissant sur n’importe quel instrument : luge, surf, ou encore simple planche de bois. Fun, rigolo, mais l’activité se révèle rapidement abrasive, sans compter le désagrément du sable projeté dans le visage par le vent et la vitesse, avis partagé par deux autres touristes qui s’essaient aussi à cette activité.

Moi, peu avant de tester l'abrasion du sable lors d'une chute mémorable. J'en ai encore les dents qui crissent

Avant de s’asseoir, gros nettoyage afin d’enlever un maximum de grains de sable, mais ce dernier, humidifié par la bruine de la nuit passée, reste collé à la peau. Rien n’y fait, seule une bonne douche permettrait de les enlever. De retour sur la route principale, je la quitterai rapidement, direction Surville Cliffs, le point le plus au Nord de la Nouvelle-Zélande, que je m’étais promis de visiter. La lecture d’une carte topographique du pays m’avait appris qu’une route, terminant en cul de sac, se prolongeait en sentier jusqu’aux falaises : une belle balade d’une heure et demie en perspective. Quelle ne fut pas ma déception, lorsqu’arrivant à la bifurcation, je tombe sur une grosse barrière cadenassée au milieu de la route, avec un panneau indiquant propriété privée, accès interdit. Je serai donc privé de ce point extrême. Pour me réconforter, je poursuis mon chemin jusqu’à Spirit Bay, située au bout de la route secondaire. Le jeu en valait la chandelle, la plage Te Horo est encore vierge de toutes traces, j’y laisserai les premières empreintes en allant profiter d’un petit bain matinal, décrassage obligatoire après le sandboarding. Je préfère être salé que sablé pour le reste de la journée.

Une déferlante à Spirit Bay

Je redescends la péninsule presque d’une traite, quelques arrêts pour prendre des photos, et peu avant d’arriver à Paparore, je m’arrête au Gumdigger Park. J’ai évoqué précédemment que les maoris troquaient des gums de kauris contre des mousquets européens, sans en avoir donner aucune explication. Il faut dire que jusqu’à aujourd’hui, je ne connaissais ni la signification de gums, ni l’allure végétale d’un kauri. Tout d’abord, le kauri, qui pousse en Nouvelle Zélande, est endémique à la région du Far North. De son nom latin agathis australis, il appartient à la famille des conifères. La gomme de Kauri est la résine secrétée par l’arbre suite à un endommagement, afin d’étanchéifier la cicatrice. Lorsque l’arbre grandit, l’écorce tombe, et avec elles les morceaux de gomme. Si les maoris ramassaient les gums tombés des arbres, les européens commencèrent à aller la chercher dans les frondaisons, ou encore à creuser le sol pour la déterrer. Il y a quelques milliers d’années, une forêt de kauri occupant le début de la péninsule fût complètement abattue suite à un cataclysme et les troncs furent conservés dans les marais. Les colons commencèrent alors à creuser le sol à la recherche des gums enterrées, d’où leur nom de gumdiggers. Les maoris utilisaient principalement la gomme pour la cuisson et l’éclairage en raison de ses propriétés combustibles, à moins d’être utilisée comme pâte à mastiquer ou comme pigment pour les tatouages. Les européens trouvèrent rapidement le moyen de la transformer en verni de haute qualité, ou encore à des fins plus commerciales comme adjuvant dans des peintures, revêtement en linoléum. Bien que le travail soit dur et sale, il attirait un grand nombre de travailleurs. La raison de l’adjonction d’un gumdigger croate à la sculpture Pou de Whangarei est facilement expliquée quand l’on sait que près de 8000 dalmates débarquèrent en Nouvelle-Zélande pour y creuser des trous et chercher les gums. Ce que la nature mit plusieurs milliers d’année à produire fut complètement épuisé en moins d’un siècle. Alors qu’à la fin du XIXe siècle, il était courant d’utiliser un gum comme cale-porte, la moindre chips (gum de petite taille) vaut aujourd’hui quelques dollars.

Différentes gums de kauri

Quelques kilomètres plus loin, je visite la salle d’exposition de l’entreprise Ancient Kauri Kingdom, qui transforme les fûts de kauris, conservés depuis plus de 50’000 dans les marais, en objet usuel : table, services à salades, plats, fauteuil, … Alors qu’à l’époque des gumdiggers le tronc était considéré comme un déchet, car aucune gums ne s’y trouvait le long, aujourd’hui ces futs valent de l’or. En effet, la plupart des kauris enterrés étant âgés de plusieurs centaines d’années lorsqu’ils furent abattus, leur circonférence est gigantesque. Peut être, comme moi, lorsque vous étiez enfant, vous avez rêvé d’un escalier sculpté à l’intérieur d’un tronc gigantesque, et bien l’unique exemplaire au monde y est exposé. Pièce maîtresse de l’exposition, elle est bien sûr non disponible à la vente.

L'escalier sculpté dans le fut d'un ancien grand kauri des marais

Je reprends ma route vers le Sud. Comme m’avaient prévenu quelques amis, la côte ouest est beaucoup moins riche en paysage que la côte est. Effectivement, le paysage est plus monotone, les prairies sont entrecoupées de forêts, pour la plupart colonisées par des pins européens. Pour découvrir les essences locales, il faut prendre le temps de marcher dans les parcs forestiers du Northland, temps qui me fait malheureusement défaut. Mes arrêts étant moins nombreux, je sais que j’ai atteint les rives d’Hokianga Harbour lorsque la mangrove remplace rapidement toutes les autres espèces végétales. Un petit arrêt à Kohukohu me permet de découvrir un village possédant une grande densité de maisons victoriennes construites en bois de kauri. Cet halte me coûtera les 5 petites minutes de retard accumulées sur l’heure de départ du ferry, devant me mener de l’autre côté de la rade. Devant patienter une petite heure, je profite de me préparer un bon plat de pâtes que je déguste avec vue sur Hokianga Harbour, la rive étant complètement dégagée de cette mangrove impénétrable.

Hokianga Harbour

Une fois de l’autre côté, à Rawene, je me dégourdis encore un peu les jambes en faisant quelques pas dans ce village, conservant un grand nombre de vieux bâtiments et comptant pas moins de six églises. Lors de la préparation de ces courtes vacances, j’avais planifié de faire un saut à Wairere Boulders Park, un énorme pâturage où d’énormes blocs basaltiques furent sculptés par l’acidité des anciennes forêts de kauris. Toutefois, je n’aurai point le temps de faire le détour, et repars dans la direction opposée, vers Oponini et Omapere. Ces deux villages font faces à North Head, la tête de la côte nord, une gigantesque dune de sable fermant l’embouchure de Hokianga Harbour, où une barre de rouleaux est visible. Le point de vue d’Arai-Te-Uru, situé sur les falaises de la rive sud, permet de profiter pleinement des déferlantes de la longue houle de la mer Tasmane sur les hauts-fonds situé à l’entrée de la rade. Le théâtre est magique, et ni vidéo, ni photo ne permettraient de capter l’intensité des mouvements et la puissance des vagues.

Déferlantes à l'entrée d'Hokianga Harbour

Quelques kilomètres plus loin, la route pénètre dans Waipoua Forest, la forêt où nombre de kauris vieux de plusieurs centaines d’années poussent encore, épargnés par les hordes de colons et de maoris à la recherche de son précieux bois. La végétation est dense, deux murs impénétrables semblent érigés de part et d’autre de la route, les places d’évitement sont petites et rares. J’arrive rapidement au sentier menant à Tane Mahuta, le kauri nommé d’après le Dieu maoris de la forêt. Si les chiffres sont impressionnants : 51 mètres de haut, 13.8 mètres de circonférence, 255.5 mètres cubes de masse ligneuses font de lui le plus grand kauri vivant. Le voir fait pleinement ressentir ce que le terme grandeur possède au plus profond de lui même. Je crois qu’il n’y a rien à ajouter d’autre, et juste le contempler, de longues minutes.

Tane Mahuta dans toute sa grandeur

Le crépuscule est tombé pendant mon admiration de Tane Mahuata, je reprends mon chemin, et parcours environ 2 kilomètres vers le sud avant de tomber sur le parking du DOC (Departement of Conservation), d’où partent trois sentiers vers trois autres grands kauris. Bien que la nuit soit prête à tomber, je m’aventure, une frontale dans mon sac à dos sur le chemin menant à Yakas, le septième plus grand de son espèce. Peu à peu, l’obscurité gagne la forêt, et la faune se réveille. Lorsque j’arrive à Cathedral Cove, un lieu où de nombreux jeunes kauris poussent parmi quelques grands anciens, dont Yakas, elle est complètement tombée. Ayant marché doucement, sans lampe, je serai récompensé d’attendre encore un moment, à l’affût des bruits nocturnes : j’entendrai deux cris particuliers, et si j’avais déjà une bonne idée des animaux ayant pu les émettre, un petit contrôle effectué mercredi matin m’a persuadé que j’avais vu juste. L’un était proche du hululement, celui de la chouette morepork, et l’autre celui du très célèbre kiwi, dont le nom est très proche de son cri « ki-oui ». Sans doute le meilleure souvenir de ces cinq jours.De retour de ma balade en même temps qu’une visite guidée nocturne avec un responsable du DOC, ce dernier attendra que je quitte le parc afin d’être sûr que je ne profite pas de l’opportunité d’y dormir, avant de partir à son tour. Toutefois, cela ne marche pas avec mon esprit retors qui m’a poussé à y revenir 10 minutes plus tard, pour profiter d’une excellente nuit en pleine forêt de Waipoua, une des dernières demeures des grands Kauris. Je n’aurai toutefois pas la chance d’entendre une deuxième fois la faune nocturne: le vent s’est mis à souffler, et bientôt une averse s’est mise à tambouriner sur le toit de mon gîte.

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A la découverte du Far North : Whangarei – Russel

23 04 2011

Opua, Bay of Islands, 23 avril 2011, 20h30

Après une bonne nuit de sommeil, un petit déjeuner simple, mais équilibré un peu de pain sous le miel, quelques fruits, un bon bol de lait et une tasse de thé, me voilà repartis pour de nouvelles aventures. Un premier arrêt à un Park’n’Save me permet d’acheter une petite poêle, des linges à vaisselle, et une nouvelle bouteille d’eau. Le deuxième sera plus touristique, je profiterai de l’absence des hordes de voyageurs encore endormis à cette heure pour contempler les chutes de Whangarei. Effectivement, même si l’eau ne plonge que de 26 mètres,  leur beauté doit être reconnue. Je ne me pose cependant pas en expert, les seules dont je me souvienne, à part la Pisse-Vache en Valais, sont les Chutes du Rhin près de Schaffhouse, un véritable fleuron national suisse.

Whangarei Falls, vue depuis la rive

Certains me diront que je me focalise sur les murets et séparations agricoles, mais toutefois, à la sortie de Whangarei, la route est bordée sur quelques kilomètres de part et d’autre par un muret de pierres sèches, quelque peu humidifiées par la rosée matinale et les ondées nocturnes. Ce dernier semble presque discontinu, épousant les formes courbes du paysage, sans aucune cassure aux limites de deux propriétés. Seule la présence des portails apporte un peu de dynamisme à l’ensemble. Derrière, parfois cachés par des haies, parfois à découvert, parfois dérobés aux regards,  à l’abri de quelques arbres, des demeures, des vignes, ou quelques vergers sont plantés. Chemin faisant, les murs jumeaux disparaissent, mais d’autres réapparaîtront plus tard, clôturant quelques pâturages, à la place des traditionnelles barrières à fils métalliques (le célèbre n°8) et piquets de bois.

Muret de pierres basaltiques, dans la brume du petit matin

Peu à peu, les flancs collinéens deviennent plus abrupts, les virages courts apparaissent, la signalétique indiquant les vitesses conseillées dans les courbes fleurit sur les routes, autant de signes indiquant que je m’approche de la côte. Peu avant d’y arriver, je franchirai enfin la frontière me séparant du district du Far North. Au passage, je subirai mon premier alcootest au sommet d’une colline. Bien que la procédure soit quasi industrielle, en testant les chauffeurs de trois voitures, après trois voitures, le gendarme est bien sympathique et nous taillons un brin de causette afin que l’éthylomètre analyse mon haleine. Je reprends la route Kiripaka, Ngunguru, Tutukaka. Tous ces noms maoris font partie désormais de mon paysage quotidien. Au détour d’un dernier virage, la vue dégagée sur une baie presque fermée est magnifique : une plage en premier plan, deux caps protégeant l’anse, une bande de sable s’avançant dans la baie. Matapouri est un véritable village de vacances: les baies vitrées des maisons s’ouvrant sur la baie,  séjour au premier étage pour profiter de la vue, terrasse surélevée pour jouir du paysage. Il ne me dérangerait point d’y avoir une petite demeure au front d’océan.

Matapouri Bay

Sans savoir que ce petit coin perdu serai si joli, j’avais prévu d’y faire un tour. Il paraît qu’à l’extrémité Nord de la plage, en traversant une prairie, il est possible d’arriver à Mermaid Pool, une sorte de piscine circulaire creusée dans la roche par l’action des vagues, où il fait bon d’y faire trempette, en observant l’océan tout en étant protégé des vagues. Je me mets donc en quête de cet endroit. La marée étant presque haute, je me glisse avec de l’eau jusqu’à mi-cuisse pour accéder à la crique, d’où par le sentier à travers les herbes grasses. Toutefois au lieu d’accéder « simplement » comme cela est spécifié dans le Lonely Planet, le voilà qu’il se met à grimper. Si la montée est quelque peu raide, la descente de l’autre côté semble hasardeuse, et je redescendrai par le même chemin. De retour à la plage, après une petite baignade, je discute avec un Kiwi. Ce dernier me dit que l’ancien chemin, facile, a disparu suite à un glissement de terrain, et que le nouveau plus difficile, était effectivement celui que je suivais. Il aurait donc fallut persévérer en redescendant de l’autre côté.

Mermaid Pool se cache quelques part en contrebas

Impossible de continuer à longer de près ou de loin l’océan, la route retourne à l’intérieur des terres. A nouveau sur la Twin Coast Tourist Road, alors qu’elle monte directement sur Paihia, je bifurque en direction d’Oakura. Les tronçons rectilignes de la SH1, leur voie rapide, bidirectionnelle limitée à 100 km/h, n’est pas le meilleur chemin pour profiter du paysage. Bien qu’elle possède de part et d’autre une bande d’arrêt d’urgence, servant aussi de place de stationnement, dès l’instant où l’on sort du trafic, il est toujours long, voire très long, de trouver un instant où s’y glisser à nouveau. Si les routes primaires possèdent de part et d’autre deux petits fossés interdisant tout arrêt, elles sont toutefois dotées de-ci, de-là de places d’évitements ; ou encore les nombreux accès aux champs attenants sont autant d’endroits où stationner quelques minutes pour profiter des paysages différents.

Fin de la digression routière, je suis le rivage de près ou de loin, certaines routes en cul-de-sac permettant d’accéder localement à la petite baie desservie. Helena Bay est un petit coin charmant, avec un immense pohutukawa, se découpant à contre-jour. Baie après baie, je m’approche lentement de Russel. Chaque nouvelle pause grappillée est une étape supplémentaire de franchie.

le pohutukawa d'Helena Bay

Mon dernier détour me conduit sur une route de terre battue. Au bout de quelques kilomètres je m’arrête à la hauteur de Whangamumu Reserve. J’embarque mon sac à dos, y fourre bouteille d’eau, appareil photo, clefs, documents de voyages, franchis la clôtures et me voilà sur le chemin me menant à Whangamumu Harbour, (tristement) célèbre pour son passé à l’époque de la chasse à la baleine. En effet, cette crique ne servait pas seulement de base où le gras était récupéré sur les cadavres et fondu, mais a aussi joué le rôle de piège pour ces cétacés. En effet, nombre d’entre eux s’aventuraient dans cette crique, à l’étroite entrée. Un filet relevé entre les deux promontoires les emprisonnait à l’intérieur, et le harponnage pouvait alors commencer. A mi-chemin, peu après être arrivé au sommet de la montée, ma vue embrasse la baie, semblable à une pince de homard, prête à se fermer sur l’imprudent qui y glisserait un doigt. De gros nuages gris plombant le ciel, et n’ayant pas pris ma veste, je fais demi-tour. Dans ce pays, les averses sont brèves mais vigoureuses, elles vous trempent jusqu’à l’os en moins de cinq minutes.

Whangamumu Harbour, avec sa forme caractéristique en pince de homard

Frienz, Auckland, 26 avril 2011, 21h00

Je m’imaginais Russel plus grand, si j’avais lu attentivement le Lonely, j’aurai su que cette petite bourgade ne compte que 820 habitants. Pourtant, au XIXe siècle, sous le nom Kororareka, elle fut la première colonie européenne en Nouvelle-Zélande. Son premier nom est le même que celui du village fortifié de la tribu Ngahpui, cis au même emplacement, qui agréa le peuplement étranger. Tout comme les maoris, les européens trouvèrent que Bay of Islands (baie des îles) étaient un endroit merveilleux : riche en ressources premières (eau, poisson….). Très vite, de nouveaux arrivants vinrent s’établir et la baie grouilla de navires. Les transactions colons-maoris sont florissantes : les premiers échangent mousquets et poudre contre Kumara, bois de Kauri, … et autres richesses dont la valeur sur le Vieux-Continent est importante. Des repris de justice exilés d’Europe arrivent dans ce nouvel Eden qui bientôt gagnera le surnom de Hell Hole of the Pacific (Trou de l’enfer du Pacifique). Aujourd’hui la ville a perdu sa notoriété, mais gardé le charme des temps passés avec nombre de maisons victoriennes, et aussi le plus vieux bâtiment du pays, une église datant de 1836.

Eglise de Russel, au centre d'un cimetière engazonné, comme à leur habitude en Nouvelle-Zélande

Je commence ma visite par le petit musée citadin qui retrace la découverte de la Bay of Islands par le Capitaine Cook, l’arrivée des premiers colons, sa lente descente aux enfers, son histoire liée à celle des baleiniers, puis l’arrivée des touristes avec la plaisance, les plages, … Le point fort du musée est sans doute la réplique au 1/5e de l’Endeavour, le navire de Cook, ou encore la section maorie. Une brève balade me mènera entre les principaux bâtiments chargés d’histoire, comme l’église, quelques cottages en front de mer, ou encore  la maison Pompallier. Cette dernière est une ancienne mission catholique. Durant 28 ans, depuis 1842, 40’000 ouvrages en maoris y furent traduits et imprimés, avant d’être vendue en 1870 à un privé. La visite, en plus de m’apprendre un peu plus sur le dénommé Pompallier, un missionnaire français, est un musée vivant où la fabrication d’un livre selon la méthode utilisée au XIXe siècle est mise en application. Depuis l’impression des pages à partir d’une presse de type Gutenberg, à la reliure manuelle, et enfin le collage de la couverture en cuir tout y est présenté. Bien entendu, le cuir utilisé est tanné sur place : à l’arrière du bâtiment, prennent place quatre cuves, chacune plus tannique que la précédente, dans lesquelles sont passées successivement les peaux en cuir, avant de passer à l’assouplissement nécessitant, lui, cinq étapes.

Maison Pompallier

Avant de quitter la ville, je sirote une petite bière sur la terrasse de l’hôtel Duke of Marlbourgh, quatrième établissement érigé sur le site, les précédents ayant été détruits soit par le feu, soit suite à l’un des sacs de la sulfureuse adolescence de Russel. Actuellement, il possède encore la License n°1, établie pour la première fois en Juillet 1840 pour le bar à grog de monsieur John Johnson, cis au même emplacement. Et cette petite bière, il la fallait bien pour fêter l’anniversaire, avec un jour de retard soit, d’une mémorable soirée d’avril de l’an 2010.

Duke of Marlbourgh

Je reprends le volant, et pour conclure ma découverte de Russel, je monte à Maiki, la colline où fût hissé le deuxième drapeau néozélandais. Pour la petite histoire, par trois fois, dans les mois qui suivirent la signature du traité, le mat fut coupé à coup de haches par des maoris, menés par Hone Heke, le premier signataire du traité. Mais à quatre reprises la colline fut reprise et le drapeau hissé à nouveau. Durant la dernière tentative, les navires anglais ancrés dans la baie n’hésitèrent pas à ouvrir le feu sur la ville, et des boulets de canons y sont déterrés presque lors de chaque excavation.

Je rejoins alors Okiato, lieu d’embarquement pour le ferry qui me mènera à Opua, de l’autre côté de la Bay of Islands. Suite à la signature du traité, Okiato devint la première capitale de la Nouvelle-Zélande. Lorsque ce privilège fut transféré à Auckland en 1841, dont l’emplacement fut choisi en raison de la fonction future, Okiato est abandonnée, et son nom d’alors, Russel, transféré au village nommé Korokareka,

Okiato, un simple rond-point, avec mon campervan, pour marquer l'emplacement de la première capitale de Nouvelle-Zélande

La traversée en ferry me permet de profiter d’une des nombreuses anses de Bay of Islands. Si le paysage est joli, je n’en vois pas la raison d’en faire un plat. Une fois débarqué, je rejoins le Holiday Park Top 10, pour passer la nuit en camping, et surtout charger la batterie afin de profiter de ma réserve de 40 litres d’eau. Je ne vous ferai pas une longue digression, mais à 16$, soit presque le même prix qu’une nuit en backpack, sans avoir la qualité d’accueil, ni les partages, mais par le défaut de subir celui des désagréments des touristes, je doute que j’y remette les pieds de sitôt. Par contre, au menu du soir, le deuxième steak d’agneau et le kumara poêlé accompagnés d’une petite salade de tomates en entrée passent à merveille.

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A la découverte du Far North : Auckland – Whangarei

22 04 2011

Whangarei, 22 avril 2010, 19h55 (GMT+12)

Cette nuit m’a fait du bien, et bien que ce soit vendredi saint, je me lève de bonne heure, embarque mes affaires préparées depuis la veille et descends prendre mon petit déjeuner. Je récupère mon sac à provision dans lequel je glisse une grande bouteille d’eau gelée sortant du congélateur pour le réfrigérer, et je rejoins l’office de location de campervan backpacker. Quelques menus problèmes apparaissent au moment de fignoler le contrat de location : ma carte de crédit est allergique au montant du dépôt exigé pour couvrir les frais en cas d’accident. Bien entendu, il est possible de réduire sa valeur en sélectionnant une assurance quotidienne. Après quelques tentatives de discussions, et n’ayant pas trop de temps à perdre pour tergiverser, je finis par opter pour l’assurance la moins chère, mais ces quelques dizaines de dollars, la moitié du prix de la location au final, font mal par là où ils sortent.

Au moment de m’amener devant mon véhicule, l’employée me signale que l’agence n’avait plus le modèle que je désirais et qu’elle me fournissait le modèle en dessus. Effectivement, le confort est au rendez-vous avec un toit surélevé, un micro-onde, des lampes, un véritable robinet à pression, … Le revers de la médaille est que tout cela fonctionne sur batterie, sauf bien entendu le toit surélevé qui, lui, est fixe. Et que les batteries, vides au début de chaque location, ne se chargent qu’en branchant l’alimentation externe. Pas très pratique pour quelqu’un qui ne compte pas forcément rejoindre un parc à caravane ou un camping chaque soir. Comme, de toute façon, l’agence ne possède rien d’autre en stock, je le prends et me voilà parti pour cinq jours sur les routes du Northland.

Je laisse rapidement Auckland derrière moi, traverse Waitemata Harbour en empruntant le photogénique Auckland Harbour Bridge puis quitte la Northern Motorway, peu avant son tronçon payant à Silverdale; je la quitte en rejoignant la Coastal Road qui passe par Orewa, monte dans le nord et reviens par la côte Ouest. Comme pour beaucoup de noms de routes néo-zélandaises, l’adjectif ne se reporte point au fait que la route longe continuellement la côte, ou alors elle est bien camouflée par les arbres et les collines qui défilent devant mes yeux. Mais je ne m’en plaindrai pas: les paysages sont magnifiques. Entre pâturages et forêts naturelles, il convient quand même de regarder de temps à autre la route. A Warworth, je suis toujours l’itinéraire de Twin Coast Tourists Route, et quitte la SH1 pour une route de 1ère catégorie qui me mènera aux environs du Cape Rodney. Toutefois, en chemin, je fais un petit détour par le Tawharanui Regional Park, que Tom m’a conseillé d’aller visiter. Le macadam de la route secondaire se transforme au bout de quelques kilomètres en route simplement gravillonnée, puis à l’approche du parc est de nouveau revêtue d’une sorte de goudron.

Le parc régional de Tawharanui occupe toute l’extrémité de la pointe : une barrière au grillage fin et pourvu de pièges traversant la langue de terre permet de protéger la faune et la flore originale, réintroduite dans le parc, entre autre le célèbre kiwi, des prédateurs amenés par l’homme en Nouvelle-Zélande comme les opossums, les chiens, les rats, … Pour y entrer, soit parquer sa voiture à l’extérieur et passer à travers un sas, dont les deux portes ne peuvent pas être ouvertes simultanément. Ou alors, comme je l’ai fait, rentrer en voiture à travers un portail automatique et aller la parquer quelques kilomètres plus loin à proximité d’Anchor Bay.

Tawharanui Regional Park

A partir de là, une petite marche s’impose pour découvrir le parc, recouvert dans sa première partie par des pâturages où paissent tranquillement vaches et moutons. Un peu à la manière des agriculteurs alpins, préservant les prairies d’alpage si photogéniques, ceux de Nouvelle-Zélande sont importants pour sauvegarder les vertes étendues caractéristiques de leur paysage. Une demi-heure avant d’arriver à Takaktu Point, la nature est laissée à elle-même, seuls quelques sentiers sont tracés à travers le bush impénétrables afin de canaliser les touristes –  j’en conviens souvent – vers des points de vue magnifiques. Bien entendu, je me suis laissé aller à la balade et je n’ai pas vu le temps passer. Doutant arriver dans les heures d’ouverture d’un musée qui semblait intéressant à Whangarei, je décide de rejoindre la ville par le chemin des écoliers passant par Mangahawei, dont une balade le long des falaises ne semble pas dénuée de charme, et surtout il s’y trouve le Sail Rock Cafe, dont un des plats provoque une véritable addiction.

Je reprends la route, rejoins Twin Coast Tourists Road, papillonne jusqu’au port de Leigh, où est réunie une pittoresque flottille de pêche, patinée par la rouille. Et là, j’affronte mes premières routes de montagne néo-zélandaises. Alors que je roulais tranquillement sur une route macadamisée de première catégorie, passé la tête, celle-ci diminue d’un bon tiers en largeur et se recouvre de gravier. Je vous rassure, d’une part je trouve la route suffisamment large, même dans les endroits spécifiés « passage rétréci« , d’autre part, je circule toujours sur une route de première catégorie. Je n’ai pas encore compris comment l’office des routes néo-zélandaises catégorise les routes, ni décide de leur revêtement. Et je le comprendrai encore moins au cours des heures qui suivent. Pour en revenir aux routes de montagne, ce n’est point à cause de l’altitude, ni à cause de la dénivelée, mais en raison du nombre de lacets resserrés les uns après les autres. Si certains cols menant sur la Côte d’Azur serpentant entre la France et l’Italie possèdent des virages en épingles à cheveux, ici, il s’agit tout simplement d’une pelote de nœuds : aucun bout droit, que des petites courbes. Un vrai bonheur à conduire, surtout avec cette automatique au comportement un peu pataud.

Takaktu Point

Magical Mangahawei prônent les panneaux publicitaires. Si magique que je ne verrai aucune trace de la ville. Pas la moindre maison, pas la moindre route pour y aller,… à moins que … la petite route qui partait sur le côté, sans nom, sans signalisation aucune, peut-être menait-elle vers Mangahawei. Mais il est trop tard. Lorsque j’ai vu l’océan, je me suis dit que j’arrivais à cette cité perdue, mais non, le panneau nominatif indique « Waipu Cove« , un village situé quelques kilomètres plus loin, construit par les 934 écossais arrivés entre 1856 et 1860, qui préfèrent les rivages ensoleillés du Nord, à la région d’Otago, dans l’île du Sud où vivaient déjà depuis quelques années leurs compatriotes. Les phénomènes d’invisibilité doivent être nombreux dans les parages : le petit musée de Waipu, contant la colonisation, que je comptais visiter, n’est pas au carrefour où il devrait se trouver. Je continuerai donc ma route vers le Nord, le long de Bream Bay. A nouveau la route s’éloigne de la côte, et je ne verrai de la gigantesque plage de sable blanc, qui a vu des générations de kiwis apprendre à nager, qu’un petit bout à Uretiti. Toutefois, le détour vaut la peine : des kilomètres et des kilomètres sur lesquels viennent rouler les vagues, sans aucune aspérité rocheuse; seule une digue érigée de plantes grasses s’oppose au vent du Pacifique.

Longue plage de sable blanc à Bream Bay (Waipu Cove)

En toute fin d’après-midi j’arrive à Whangarei. Je m’arrêterai tout d’abord à côté de l’ancienne bibliothèque. Ce n’est pas son architecture Art Déco qui m’intéresse, quoiqu’elle présente un splendide porche d’entrée, mais plutôt la sculpture dénommée Pou. Cette dernière est constituée de 10 poteaux, posés sur un grand demi-cercle. Chacun est finement ciselé dans un style maori, polynésien, celtique ou encore coréen, le dernier est d’ailleurs censé représenter un gum digger, toutefois ce dernier serait croate. Un manuel explicatif est d’habitude disponible à la librairie, mais cette dernière est malheureusement close en ce jour saint.

Pou, le gum digger croate

Je quitte le centre pour rejoindre une des collines surplombant la ville, direction Abbey Caves, les grottes de l’Abbaye. A l’instar de Waitomoto Caves, devenu une attraction touristique, les grottes possèdent aussi des glowworms, dont la traduction est simplement « vers phosphorescents ». Les grottes sont librement accessibles au public, toutefois lampes torches et bonnes chaussures sont conseillées, ainsi qu’éventuellement le port d’un casque. Comme un casque de chantier se trouvait dans la boîte help yourself au Frienz, ce matin je l’ai embarqué. Possédant l’attirail nécessaire pour cette aventure spéléologique, j’emprunte le chantier me menant à l’entrée des grottes. Ce dernier parcourt une prairie boisée, plantée de pierres possédant des découpes  affûtées, rappelant celles que j’avais vues à Stony Batter sur Waiheke Islands. Bien qu’ici les pierres soient plus rongées par l’acide et présentent des découpes plus marquées, elles ne présentent pas la même identité de forme ovoïde qu’à Waiheke. De même, elles sont ici abritées par quelques arbres épars, descendant des Kauris, desquels gouttait l’acide, sculptant ces pierres. Bref, si leur coefficient d’étrangeté est bien plus faible, leur dentelure est plus majestueuse.

Rochers près d'Abbey Caves

Opua, Bay of Islands, 23 avril 2011, 19h50

Je pénètre sous le couvert de la forêt, et aperçois la bouche béante d’Organe Caves. En s’approchant, le murmure d’un petit ruisseau ruisselant au fond de cette première grotte se fait entendre. Toutefois, pour y descendre, une seule voie, une grande dalle presque verticale, des blocs de pierres, des aspérités émoussées par le temps, une mousse humide et visqueuse, rendant l’adhérence plutôt glissante. Je ne m’y aventurerai pas, en tout cas pas seul, à la nuit tombante, en étant le dernier touriste de la journée. En continuant mon chemin, je visite brièvement Middle Cave, d’accès bien plus facile, mais ô combien peu profonde, et sans aucune trace de glowworms. Il faut dire que, à ce stade, j’en sais autant que vous sur ce qu’est un glowworms, si ce n’est qu’il brille dans la nuit à la manière de nos vers luisants. Enfin, je m’enfoncerai dans Ivy Cave,  quelques gros blocs empilés à angle proche de quarante-cinq degrés, un cours d’eau ruisselant sur le sol, quelques rochers servant de marche-pied, et me voilà au fond de leur grotte, à une cinquantaine de mètre de l’entrée. Comme précédemment après avoir regardé partout, j’éteins ma lampe afin d’observer quelques traces de ces animaux fabuleux. Et c’est alors que  j’entraperçois au plafond deux taches bleutées. J’éclaire à nouveau la voûte, afin de mieux discerner où les glowworms se cachent et aussi pour voir si aucune aspérité ne bouche mon champ de vision. L’illumination a lieu lorsque j’éteins ma lampe : les deux précédentes tâches brillent plus intensément, et d’autres sont apparues. Il semblerait que les glowworms soit de type fluorescent : ils brillent sous l’effet d’une excitation lumineuse extérieure. Je resterai un moment à les regarder luire  dans l’obscurité, les attisant  de temps à d’autre d’une douche éblouissante.

Lueurs des Glowworms dans l'obscurité de la grotte

Quand je ressors, le crépuscule, bien avancé, a laissé une averse se déverser. Je remonte à travers les herbes mouillées jusqu’à mon van. Direction Whangarei Falls, les chutes d’eau les plus photographiées de Nouvelle-Zélande. Je voulais profiter des quelques dernières lueurs du jour pour les photographier, mais une nouvelle ondée de forte intensité m’en empêchera. Je reprends mon véhicule en quête d’une place pour y passer la nuit. Ne voulant point trop m’éloigner de Whangarei, et devant les trombes d’eau se répandant, je finis par m’arrêter sur le parc du stade de football, quelques places plus loin d’un autre campervan.

Je farfouillerai un moment à l’intérieur du campervan, ne trouvant ni poêles ni casseroles, pestant contre ces agences de location. Comme tout malheur a du bon, je finirai par transformer  mon steak d’agneau en un simple tartare mixé avec un peu d’oignon, de poivre, d’huile d’olive, et quelques herbes provenant d’un mélange sec. Accompagné d’un morceau de brie et de quelques tranches beurrées de pseudo-ciabatta à la croûte mollachue, il me trouvera le cœur. Toutefois, au moment de la vaisselle, je pesterai deux fois de plus. La première contre moi qui ai oublié de prendre des torchons, la deuxième contre cet engin à quatre roues à l’avant-garde de la technologie : la pompe à eau c’est pratique du moment que la batterie est chargée pour la fournir en électricité. Une vaisselle à l’ancienne, l’eau se déversant d’une bouteille à l’horizontal. Bon demain, c’est décidé, je tente de trouver un camping pour régler ce problème d’électricité.

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