J 14 – Dunedin

25 05 2011

Dunedin, mercredi 25 mai 2011, 17h40

Trajet : Oamaru – Dunedin

D=2620.3 km

Dehors il fait encore nuit lorsque je grille mon bacon, tout comme quand je le dégusterai, accompagnés de ses œufs brouillés. Ce n’est que vers 7h00 que les premières lueurs s’allument, alors que le soleil se couche déjà tôt, vers 17h30. Le Sud se rapproche de plus en plus. Après une petite balade sur la plage, je roule le long de la côte, en direction de Moeraki. Comme le soleil se lève aussi lentement que les pingouins, peut être que j’arriverai aux boulders lorsqu’il pointera au-dessus de l’horizon.

Pile à l’heure! J’ai juste le temps de parcourir les derniers 300 mètres sur la plage. Et ils sont là, décorés d’une frange mordorée, paisiblement posés sur leur moelleux lit sablonneux. S’ils ne sont pas aussi nombreux que par marée basse, le spectacle de ces formations géologiques dont l’ovoïde est très proche de l’optimum sphérique est grandiose. La précipitation de carbonate de calcium autour d’un petit noyau génère ces concrétions, dont l’âge peut atteindre plusieurs millions d’années. Plus dure que leur gangue de molasse qui se désagrège peu à peu, abrasée par les vagues et le sable, ils apparaissent à la surface des plages. Il en existe de similaires sur Katiki Beach, plus au sud, ou encore à Waimarama Bech à Hawke’s Bay, mais la beauté de ceux de Moareki est due à leur nombre et à leur intégrité physique. La marée ne cessant de monter, et afin de les photographier autrement qu’à contre jour, chaussures, pantalons, t-shirt et pull sont délicatement déposés au sec, avant que j’aille rejoindre l’élément aqueux. Plutôt fraîche, surtout quand quelques nuages provenant du Nord sont venus cacher le soleil.

N’ayant pas pu profiter de la gastronomie de Fleur hier soir, je décide quand même de faire un détour pas Moeraki. Cela en vaudra la chandelle. Le restaurant occupe une ancienne demeure de pêcheur, près de l’ancien wharf en fer forgé, provenant directement d’une fonderie londonienne. La bâtisse, dont les murs en partie recouverts de tôles ondulées sont percés d’immenses fenêtres à croisillons, trône au milieu d’une place, mi-jardin, mi-quai où s’empilent dans un désordre ordonné nombre d’objets traditionnels : filets, barils, ancienne machine à laver manuelle, flotteurs, annexe, … Je me sens comme chez moi. Je profiterai d’y déguster le meilleur café qu’il m’ait été donné de boire en Nouvelle-Zélande, et que je classerai dans les 5 meilleurs de ma vie, tout en taillant une bavette avec deux employés.

Avant de rejoindre la SH1 qui devrait me conduire à Dunedin, je fais un petit détour par le phare de Katiki, une véritable carte postale avec une prairie verdoyante, une route de gravier traçant un sillon gris par monts et par vaux jusqu’à une petite tourelle blanche surmontée d’une lanterne, perdue dans la verdure. Je me baladerai un petit moment dans la réserve située juste à côté, découvrant une cache du DOC sur la plage où nichent deux colonies de pingouins. Si j’avais su je serai venu ici, la proximité de la plage doit rendre l’observation bien plus exaltante et surtout permettre de voir véritablement les volatiles.

Toutefois, je ne roulerai pas longtemps avant d’opérer un bref arrêt à Katiki Beach. Seule une maigre bande de sable n’étant pas encore recouverte par la marée montante, je n’observerai pas d’autre boulder. Presque d’une traite je parcours les 20 kilomètres me séparant de la réserve de Tavora. Un petit chemin, marqué par un tracé à l’herbe fauchée, mène le long d’une falaise. La vue sur les côtes déchiquetées de l’Otago est magnifique ; un banc y est d’ailleurs placé pour en profiter. Redescendant au niveau de la mer, le sentier mène à une petite plage au sable couleur ocre, attenant à une praire humide, où viennent nicher certains oiseaux menacés. Depuis ces dernières années, des actions visent à favoriser le développement de végétation sur les dunes afin de sauver ce précieux biotope mis à mal depuis le siècle dernier.

A une vingtaine de kilomètres de Dunedin, le paysage se modifie profondément; la hauteur des collines s’accentue, les routes deviennent pentues pour monter, et encore plus pour descendre, de véritables toboggans par endroits. Le soleil qui ne m’avait pas quitté ces derniers jours est caché par des nuages, scotchés sur les monts érigés dans l’Otago. Le climat lui même est plus frais, et même si les palmiers poussent toujours, la végétation est plus rude, plus adaptée aux conditions rigoureuses de l’Otago. Pour mon premier contact avec cette région, je comprends que les écossais s’y soient plus à merveille, météo et morphologie du terrain devaient ressembler à leur terre natale. La route passe par Port Chalmer, une ravissante petite ville portuaire, fondée au XIXe siècle, dont la rue centrale est bordée de vieux bâtiments Si le port est actif dans le commerce du bois, la cité draine actuellement nombre d’artistes dunédins, comme en témoigne les nombreuses échoppes de joaillers, sculpteurs et autres artisans. Toutefois, ce qui m’a le plus frappé en arrivant est l’une des église surplombant la ville, d’architecture (néo-)gothique, érigée en pierres taillées. Son caractère froid et fier rappelle le climat humide et rude des landes.

Arrivé à Dunedin, qui fut longtemps capitale de la Nouvelle-Zélande, je ne m’attendais pas à une ville construite en longueur à flanc de colline. Cela explique la description du Lonely Planet faisant état de nombreuses côtes. D’ailleurs, cette ville possède la rue résidentielle la plus pentue du monde, inscrite au Guinness Book. Ce sera ma première visite, et effectivement, pentue, elle l’est, avec une portion de 70 mètres atteignant 28.6%.

Je rejoins ensuite l’Octogone, le centre de la cité, d’où partent toutes les rues sur un plan orthogonale. Après avoir parqué le van, je profite qu’il fasse encore jour pour me balader dans la ville. Dès le début, la forte influence anglaise est ressentie dans l’architecture générale de la ville, tant pour les bâtiments officiels (gare, université), que pour les petites maisons individuelles, possédant leur petit jardinet privatif. En passant par le campus de l’Université de l’Otago, la plus ancienne du pays, je retrouve la même architecture que celle pour l’église de Port-Chalmer. Une véritable merveille qui me fait presque regretter de ne pas avoir étudié dans de tel bâtiment. Si le reste de la vieille ville n’est pas aussi caricatural, Dunedin est véritablement un petit bout de terre anglaise perdu de l’autre côté de la planète. J’adore.

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J 14 – nouvelles

24 05 2011

Dunedin, mercredi 25 mai 2011, 21h00

De retour à la civilisation, le temps de poster quelques nouvelles. Je vous laisse découvrir mes dernières aventures le 18 mai. Comme j’ai un certain nombre de billets à mettre à jour, les photos ne seront visibles que sur le diaporama. Je laisse vos méninges travailler pour placer les illustrations aux bons endroits durant la lecture.

Ce soir au menu, rien de plus sain qu’un bon fish’n’chips après la lessive hebdomadaire, au cours de laquelle je rencontrerai Tillian un kiwi pure souche de Dunedin. Et pour terminer la soirée, je passerai boire un verre au Capitain Cook, au moins 8 fois plus grand que celui de Lausanne. Toutefois, l’ambiance y est aussi électrisée par le match de rugby, que par un rencontre footballistique sur le vieux continent. Excellente soirée! Un peu avant minuit je quitterai le bar: il n’est pas question d’héberger des petits nains quand tant de choses restent à découvrir.

Demain, je quitte Dunedin pour les Caitlins, en passant d’abord par la péninsule d’Otago.