Waiheke Island (day 2) – Stoney Batter & Man’O’War Bay

3 04 2011

Pour commencer l’aventure, rendez-vous ici.

Onetangi Beach (Waiheke Island), 3 avril 2010, 10h10

Hier, la soirée s’est déroulée de manière fort agréable, attablé dehors sur la terrasse, avec un kiwi, en vacances sur l’île, et un jeune couple d’anglais. Parmi la discussion, le sujet des marches, à nouveau le Tangariro Alpin Crossing sort en tête avec ses paysages lunaires et volcaniques. Définitivement à faire.  Vers 11h00, je me retire dans mon dortoir ; dehors la musique est toujours aussi forte. Début de nuit plutôt brillante, mais je m’endors rapidement comme un loir.

La terasse de Herekua Lodges

Ce matin, levé vers 7h00, départ vers 8h00, direction Palm Beach. Objectif : une petite baignade matinale pour se réveiller. Je continue ma promenade côtière en rejoignant Onetangi, par Ocean View Road, mais dont seulement le nom annonce une vue magnifique sur l’océan. Toutefois, la vue sur l’intérieur des terres est exceptionnelle : au loin, divers monts aux formes arrondies, plus proche quelques maisons éparses dont les toits pointent à travers les forêts. Onetangi est la plus grande plage de Waiheke : sable blanc, petits rouleaux qui viennent s’y briser, bachs faisant face à la mer, … un véritable lieu de villégiature.  Je profite d’un des deux petits café-bar pour siroter un véritable ice-chocolate, avec sa boule de glace vanille. Une petite baignade pour se rafraîchir à l’heure de l’apéro  et je reprends la route, direction l’extrémité est de l’île où se trouve le fort de Stony Batter.

Onetangi Beach

Frienz, Auckland, 3 avril 2010 20h30

Sur le chemin, je profite de traverser la réserve forestière d’Onetangi, un refuge pour nombre d’oiseaux, ainsi que des Kauris – une espèce menacée d’arbre local. Située en contrebas de la route, le bruit des véhicules est rapidement amorti dans la végétation, et l’on se retrouve comme seul au monde à avancer sur un chemin quelque peu boueux.  Encore plus qu’ailleurs, en raison du silence, le chant des oiseaux retentit, toujours aussi inconnu. J’aurai à peine le temps d’apercevoir deux volatiles, dont l’un arbore des plumes jaunes et oranges, avant qu’ils ne disparaissent dans la végétation. Même en restant immobile de longues minutes, rien ne bouge, les animaux ayant senti l’intrus présent dans leur domaine.

Finalement je ressors du côté est de la réserve, sur Waiheke Road. La vue est imprenable sur les monts et les vaux aux formes douces se dressant à perte de vue. Je longe la route en espérant tant bien que mal être pris en stop pour rejoindre Stoney Batter. La route qui y mène quitte alors la route principale et se transforme en chemin de terre battue. Au bout d’une bonne heure à admirer le paysage : moutons, vaches, prairies, quelques bosquets de végétaux exotiques, une paire de couple m’invite à monter dans leur jeep, et me déposeront au niveau de la route qui mène à Stony Batter. A titre d’information, durant la deuxième guerre mondiale, un fort pour protéger Auckland y fut construit : q il possède le plus grand complexe souterrain militaire de la Nouvelle-Zélande.

Intérieur des terres sur l'est de Waiheke Island

Une petite dizaine de minutes plus tard et j’arrive enfin dans les prairies qui ont donné le nom au fort. Ces dernières sont recouvertes de pierres ovoïdes, recouvertes de marbrures blanches, de différentes tailles. Ces pierres sont les résidus de lave qui coulèrent du volcan il y a 70 millions d’années. Elles doivent leurs coulures blanche à l’eau acide qui gouttait de la canopée de la forêt lorsque cette dernière recouvrait l’île. Il s’agit d’un phénomène unique dans la région d’Auckland, de même que leur pierre basaltique qui se trouve plus habituellement près de Warkworth. Ce paysage, complètement irréaliste pour un européen, est splendide. Au loin, depuis les Coromandel, le vent pousse les nuages ainsi qu’un rideau de pluie dans notre direction.

Une pierre de Stony Batter, couronnée par votre conteur

J’aurais pu rester des heures à le contempler, toutefois ayant entraperçu une fille et ses parents déjà âgés, je suis persuadé qu’ils sont venus en voiture. Je les rejoins donc au niveau du parking et leur demande s’il est possible de me faire un brin de conduite, ce qu’ils acceptent immédiatement. Dans la voiture la discussion, comme à l’accoutumée, va bon train avec les présentations, le pays d’origine, le pourquoi du comment, … j’apprends d’ailleurs que la mère a fait toutes ses études à Vevey. Toutefois, le temps me manquera pour lui en demander les raisons, car nous arrivons à Man’O’War Bay, ma prochaine étape. Man 'O' War Bay, avec son débarcadère

Le temps de faire une petite esquisse de la baie où Cook ravitailla le HMS Endeavour en eau, au lieu dit « The Black Rock » sur lesquels je passerai après et la pluie arrive. Je me réfugie, dans une petite masure où la cave Man’O’War propose une dégustation gratuite. A la traditionnelle demande de ce que je voudrai déguster, je réponds simplement à la demoiselle, qu’elle connaît sûrement mieux l’ordre que moi. Résultats, je dégusterai l’ensemble des vins proposés. L’encaveur propose la gamme traditionnelle « Man’O’War », ou celle plus select appelée « Black label »  pressée avec les plus beaux raisins, et portant à chaque fois un nom :

  • Sauvignon blanc, Waiheke 2010 : très fruits exotiques au début, toutefois un peu court en bouche avec un arôme particulier sur la fin.
  • Sauvignon blanc Gravestone, Waiheke 2010 : composé à 70% de Sauvignon blanc, et 30 % de Sémillon. Son goût plus sauvage se termine avec un final d’herbe fraîche. Excellent, les arômes restent présents très longtemps.
  • Chardonnay 2009, composé à 70% de vin vieilli dans une cuve et de 30% vieilli en baril. Relativement doux, avec un chêne très fondu dans l’ensemble. Un peu acide en finale.
  • Chardonnay 2009, Black Label, élevé complètement en fût de chêne,  note de grapefruit. Il mérite d’attendre encore un peu.
  • Pinot Gris 2010, très charmeur, sucré, très proche des pinots gris alsaciens. Pour moi le vin où j’ai le plus retrouvé l’Europe à l’intérieur.
  • Pinot gris, Exiled, 2010 : composé d’un clone du Pinot Gris qui permet une vendange plus tardive en préservant les grains de la pourriture. L’attaque est très sucrée, avec un palais un peu minéral. Arôme d’épices (gingembre, cannelle). Il serait excellent avec un foie gras.
  • Merlot-Cabernet Franc (42% de Merlot, 27% Cabernet, 19% Malbec, 12% Cabernet Sauvignon). Vin à boire jeune, relativement léger. Parfais pour l’été.
  • Merlot-Cabernet Ironclad (52% Merlot, 27% Cabernet Franc, 10.5% Malbec, 9% Petit Verdot 1.4%  Cabernet Sauvignon). Elevé en fût de chêne provenant à 80% de Bordeaux. L’attaque, un peu terreuse, est très complexe : fruits rouges avec prédominance cassis. Tannique juste comme il faut pour accompagner un bon pavé de bœuf.
  • Syrah Dreadnought, 2008 : très Syrah au nez, équilibrée. Toutefois, très, trop courte. Nos valaisannes restent définitivement meilleures.

Je quitte Man’O’War Bay, en prenant un petit chemin parcourant l’Estran et les célèbres « Black Rock » où Cook s’est ravitaillé. Toutefois, je n’apercevrai pas le moindre court d’eau. Je remonte de l’autre côté de la pointe et rejoins la route qui va me ramener de l’autre côté de l’île. Alors que j’imaginais qu’elle parcourait les crêtes comme celle m’ayant amené depuis Onetangi, le paysage est moins plaisant, et ce n’est que rarement que je me retrouve au soleil, avec vue sur le paysage. Bien entendu, les voitures empruntant cette route sont rarissimes, je n’en croiserai que quatre sur les deux heures. Par chance, la cinquième s’arrête et me ramène jusqu’à Oneroa.

Îles d'Hauraki Gulf

Une dernière baignade, dans une mer agitée par le vent d’ouest, puis je descends à Matirait Wharf prendre le ferry qui me ramène à Auckland.

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Waiheke Island (day 1) : Fossil Bay, Goldwater, Te Whau

2 04 2011

Ecrit à Lazy Lounge, Oneroa, 2 avril 2010,  20h30

Après une excellente soirée passée sur la terrasse en compagnie d’un frouse, de deux tchèques et d’une anglaise, ainsi qu’une mission ravitaillement à SuperLiquor : les quelques bières étant parties plus rapidement que prévue et/ou – souligner ce qui convient – la soirée s’étant prolongée quelque peu.

Levé plus tardif que prévu vers 8h45. Après un solide petit déjeuner, eggs ‘n’ bacon, j’attrape mon sac à dos puis m’en vais prendre le ferry de 10h00, direction Waiheke Island. Le temps est idéal, avec un ciel bleu prévu pour les deux jours, avec éventuellement l’arrivée de nuage dimanche en fin d’après-midi. Les 35 minutes de la traversée me permettent de planifier quelque peu les endroits à visiter sur l’île, ainsi que l’encaveur chez qui le devoir m’appelle pour déguster son vin.

Browns Island, toutefois un brin trop verte

Sitôt débarqué, je trouve un prospectus avec quelques petites marches proposées sur le côté ouest de l’île. L’une d’elle débutant juste à côté du Wharf, je n’hésite pas une seconde à quitter la horde de touristes s’engouffrant dans la shuttle pour Oneroa. Je longe tout d’abord la grève, avant de gravir quelques cailloux sur lesquelles ont poussé en grappe les coquillages. Le chemin empruntant l’estran, et la marée basse étant déjà passée depuis deux bonnes heures, je quitte le tracé officiel et grimpe une abrupte dérupe recouverte d’herbes grasses. De l’autre côté de la tête, je rejoins le chemin officiel, maintenant situé en dehors de l’estran. Tout au long de la promenade, la vue est magnifique côté mer : grandes ou petites baies aux eaux turquoises, petites îles visibles à l’horizon, récifs épars recouverts par l’écume, … Côté terre, le paysage est partagé entre végétation sauvage, arbustes épineux, herbes couchées par le vent aux senteurs marines et maisons de millionnaires arborant de gigantesques baies vitrées, dressées dans des jardins tirés au cordeau, quadrillés d’olivier. Le contraste est saisissant.

Entre végétation sauvage et jardins aux oliviers quadrillés

Après Owhanake Bay, où nombres de navires à l’ancre sont bercés par les vagues, je traverse à travers les terres pour atteindre la côte nord et Island Bay. D’île, elle ne possède que le nom à marrée basse : elles – très petites îles, parfois constituées uniquement d’un ou deux arbres poussant sur un rocher  – sont presque toutes atteignables à pieds. Alors que j’imaginais le relief de Waiheke peu escarpé, depuis le début je ne cesse de monter, descendre, prendre de la hauteur que pour mieux redescendre au niveau de la plage. Je gravis, cette fois-ci, un escalier, pour rejoindre la crête d’une pointe s’avançant dans la mer. Depuis son extrémité, la vue sur Fossil Bay, présentant des eaux aux couleurs de paradis, est splendide. Toutefois, il est impossible de s’aventurer à pied dans cette petite baie, bien dommage.

Fossil Bay, aux eaux couleurs paradis

Je rejoins Oneroa en passant, petit pincement de cœur, à travers mon premier vignoble néo-zélandais : Fossil Bay Wineyard, appartenant à l’Université d’Auckland. Elle doit sans doute être travaillée mécaniquement, à observer la distance entre deux lignes. Toutefois, au hasard de mes pérégrinations, il semblerait que cette méthode soit généralisée sur l’île.

Fossil Bay Wineyard

Un petit passage par l’iSite pour récupérer un plan de l’île un chouïa plus détaillé que celle existant dans le Lonely ou que l’on m’a fourni à mon arrivée. Je monte alors dans un bus, direction Goldwater pour une petite dégustation. Dans les vignobles attenants, les vendanges ont déjà eu lieu, aucune grappe ne pend plus à la vigne et les filets sont relevés. Quand à la raison du choix de la cave, j’ai préféré Goldwater aux autres, car d’une part ils sont les premiers à avoir planté des vignes sur Waiheke, et d’autre part ils font parties des 1001 vins à goûter dans sa vie.

La salle de dégustation, qui fait aussi office de magasin, est située dans un hangar où sont présentés divers outils du vigneron, les principaux crus, ainsi que l’huile d’olive qu’ils produisent. La gente demoiselle, arborant des boucles d’or, un sourire enchanteur, ainsi qu’un t-shirt orné du logo de la cave, ne pouvait pas me laisser indifférent – lequel des trois, à vous de le deviner.

Au|H2O, le symbole chimique de Goldwater, où Au est le symbole de l’or (Gold) et H2O la représentation du composé aqueux (water).

Je la plongerai d’ailleurs dans l’embarras en lui demandant de la prendre en photo, pour son t-shirt, devant un certain nombre de personnes, dont certaines participaient à un enterrement de vie de jeune fille.  Enfin, revenons à nos moutons :

  • Sauvignon Blanc, 2010,  issu des vignes du Marlborough : très fruité
  • Chardonnay 2010, Waiheke, élevé en fût de chêne. A mon avis beaucoup trop jeune, le chêne n’est pas du tout fondu. Toutefois d’ici 2 à 3 ans il devrait être excellent
  • Rosé de Waiheke, le vin que j’ai le moins apprécié
  • Cabernet-Merlot de Waiheke, 2007, issu de vignes plantées en 1983. La grande surprise de la journée : présentant un excellent bouquet, son arôme est puissant et présent longtemps en bouche. Très loin de ce que l’on ressent habituellement avec les rouges kiwis ou australien
  • Syrah de 2010, élevée en fût de chêne, vigne de 1983 également. Beaucoup trop jeune, avec une forte attaque en début, pareil à une explosion de saveurs, mais très courte.  Un peu dommage.

Après un petit tour sur la colline recouverte de vigne, et je rejoins la route principale pour gagner le village historique de l’île. J’arpente le chemin bitumeux le pouce levé. Peu de succès jusqu’à ce qu’une voiture fasse demi-tour sur la route, se maintient à ma hauteur alors que le copilote me lance « D’you’ll a drive ». Sitôt monté, les deux kiwis me demandent prénom et pays d’origine avant de me filer une Stèn’, comprendre une bouteille de Steinlager, bière emblématique de Nouvelle-Zélande.  Ils me déposent devant le musée, avant de repartir par où ils sont venus pour poursuivre leur route.

Le petit musée présente divers objets de la vie quotidienne de l’île, regroupés par thèmes historiques. Tout débute bien sûr par la civilisation maorie qui s’est installé dans de nombreux Pa sur les hauteurs de l’île. Haches en pierre polies, pieux pour jardiner, ainsi qu’un magnifique Hei-Tiki sont présentés. De Hei le cou, ce pendentif représente Tiki, l’ancêtre de tous les genres humains. Ce bijou est finement ciselé dans la pierre verte océanienne, que certains nomment à tort le jade. Afin d’arriver à un résultat si propre et détaillé, le travail a dû prendre près d’une année. En effet, les maoris ne connaissant que la pierre, le bois et les os, et cette pierre étant une des plus dure, il a fallu beaucoup de patience pour polir ses diverses enjolivures, percer les trous en frottant avec un bâton en bois. Les autres thèmes abordés dans le musée sont liés à l’arrivée des européens avec l’exploitation de la laine de mouton, le bois de charpente et de cheminée, ainsi qu’au transport maritime, Waiheke restant une île. Finalement le début du XXe siècle est raconté à travers divers bachs historiques déplacés autour du musée. L’un présente les habillements, les jouets, l’infirmerie, un autre les tâches quotidiennes comme la lessive à la main ou encore  la vaisselle, avec la présentation d’une des toutes premières machines a laver. Mon préféré reste le troisième bach, le plus vieux de l’île construit en 1935 avec un mobilier original, et l’absence complète d’électricité, cette dernière étant arrivée sur l’île uniquement en 1957. Et finalement, un dernier coup d’œil à l’ancienne cellule de détention de la police de l’île est nécessaire : elle fut ramenée au musée en 2008.

Je prends alors congé du vieux monsieur m’ayant si bien conté diverses légendes maories et expliqué leur histoire, et montré les traces rémanentes de leur présence sur un Pa visible depuis l’une des fenêtres. Je reprends mon chemin, direction Te Whau Garden, un jardin de forêt vierge agrémenté de quelques sculptures. Il faut savoir que Waiheke, en dehors de ses millionnaires, est connue pour sa scène artistique (peinture, sculpture, ou encore musique). A nouveau je tente de faire du stop, une jeep décapotable conduite par une mère, accompagnée de se fille, s’arrête dans un crissement de pneu à ma hauteur, me demande où je vais, et redémarre aussitôt, en ayant juste le temps de dire que ce n’est pas sur leur chemin. Je reprends alors le mien, quand je vois surgir à nouveau la même voiture. Elles me font signe de monter et m’annoncent tout simplement qu’elles s’étaient rendues compte qu’elles pouvaient faire un petit détour pour me déposer. Conduisant à tombeau ouvert, les gravillons sont éjectés du dessous des roues, j’enlève ma casquette pour ne pas la perdre. Elles finiront par me déposer à 50 mètres de l’entrée du jardin. Himmel, Arsch und Zwirr, ce dernier est fermé jusqu’au 1er décembre.

Marcher, encore et toujours sur le chemin bitumeux

Qu’importe je reviens sur mes pas, et descends jusqu’à Omiha Bay en passant par la réserve forestière de Kuakarau Bay, avant de longer le rivage. A Omiha Bay je remonte à travers le Whakanehwa Regional Park, un petit chemin serpente à travers la forêt composée en grande partie de diverses fougères géantes, de palmiers et de quelques feuillus inconnus. Une grosse heure de marche plus tard, je rejoins une route, sans avoir vu les cascades du parc régional. Toutefois, je n’aurais pas tant de regret car il paraît qu’elles sont un peu asséchées par le manque de pluie de cet automne.

Il me faudra une bonne heure de marche avant qu’un jeune néo-zélandais ne me prenne en stop et me ramène jusqu’à Little Oneroa Beach. De là, je gagne mon backpack en empruntant un petit sentier zigzaguant dans une forêt. La maison blanche, pourvue d’une gigantesque terrasse et d’une piscine ronde, est entièrement entourée d’arbres ; seule une petite clairière occupée par quelques tentes en est exempt. J’y dépose mes affaires, ne garde sur moi que l’essentiel, carnet de croquis, appareil photo et affaires de bain.

Première opération de ce début de soirée : goûter à Oneroa Beach, l’une des trois plages les plus réputées de Waiheke. Je commence par Little Oneroa, avant de gagner la plus grande située à l’ouest, déjà recouverte par le voile de la nuit. La voie la plus direct passe  par les flancs d’une pointe rocheuse, cachant  une petite crique à moitié découverte par la marée descendante.  Des deux, Oneroa possède un sable plus fin, véritable tapis moelleux, mais la première a l’avantage d’être dardée par les derniers rayons soleils.

Oneroa Bay avec sa plage de sable fin

Après ce petit bain, il est temps d’aller me restaurer. Je regagne Ocean View Street et tombe sur le Lazy Lounge, un café-bar situé au premier étage d’un bâtiment repeint en bleu et rouge, rehaussés de blanc pour les encadrements de fenêtre et les balustrades.

Au menu, j’y dégusterai  le Lazy Bugga Burger, servi dans un pain carré à la croute dorée – quel plaisir que de croquer dedans – renfermant un bel hamburger placé entre bacons, tomates, et fromage fondu, accompagné d’une platelée de grosses frites très croustillantes. Un vrai bonheur. Pour arroser le tout la Black de Monteith’s, une bière de style Stout, puis une petite Spring de Mac’s bien plus légère pour finir la soirée.

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Ecrit à Hekerua Lodges, (Oneroa), 2 avril 2010, 22h10

Retour au backpack de nuit. Sitôt le centre du village quitté, les lampadaires se font plus rares, et l’obscurité règne en maître sur de larges espaces. C’est la première fois que je peux admirer les étoiles de l’autre hémisphère, habituellement cachées par les lumières d’Auckland. Un véritable bonheur que d’observer cette Croix du Sud, tant rêvée et tant contée par les navigateurs. J’emprunte de nouveau le petit chemin perdu dans la forêt, que je suivrai tant bien que mal, éclairé par la lueur bleutée de l’écran de mon appareil photo – la lampe de poche étant restée dans mon sac.

Quand j’arrive, la maison est baignée dans une douce musique, dans le plus pur style bouddha bar, les guirlandes de Noël scintillent en rythme sur le balcon, et quelques lumignons dispensent une touche orangée. Ambiance sympathique, très baba cool. Mais à quoi s’attendre d’autre avec les quelques statuettes de bouddha, les peintures peace ‘n’ love, le sentiment d’être perdu au milieu de nulle part, sans lumière visible, …





Sky Tower

31 03 2011

Ecrit à Frienz, Auckland, 31 mars 2011, 22:25

17h00 : il est temps de quitter le CACM, après une journée passée à coller des jauges. Un bol d’air frais me fera le plus grand bien après avoir passé une bonne partie de la journée à respirer des vapeurs de divers solvants. Retour à Auckland, un petit passage à Frienz pour déposer mes affaires. Le soleil brille sur un fond céruléen marbré de quelques nuages. C’est parti pour admirer un nouveau coucher de soleil, toutefois, cette fois-ci, je prendrais de la hauteur. Je remonte Victoria Street de l’autre côté de Queen Street, et pénètre dans l’Atrium du plus haut bâtiment de l’hémisphère sud. La Sky Tower domine du bout de son antenne culminant à 328 mètres la Cité de la Voile et ses nombreux volcans. Sa fière silhouette est devenue le symbole de la skyline d’Auckland ; l’élégance de ce tube d’acier et de verre, couronné par un disque où prennent place restaurants et galeries panoramiques, n’est plus à démontrer.

La Sky Tower se découpant sur l'horizon aucklandais

Depuis le temps que je shootais son profil photogénique à partir de presque tous les lieux que j’ai visité : Mt Eden, One Tree Hill, Rangitoto, Devonport, Auckland CBD, … Après 2 ans et 9 mois de constructions, Auckland accouché d’un jeune monument touristique. Son poids à la naissance, environ 20’000 tonnes d’acier, de béton et de verre. Une fois le ticket acheté, un des trois ascenseurs, m’amène à la vitesse de 18[km/h], soit en environ 40 secondes à 186 mètres de haut, au pont d’observation principal. De là, la vue s’étend à plus de 80 kilomètres sur 360° par beau temps

Cage d'ascenseur vu depuis son plancher vitré : le sol est 200 mètres plus bas

Le panorama est juste vertigineux et embrase tout Auckland, des buildings centraux aux petites maisons de sa banlieue. De place en place, un volcan pointe son cratère, ou quelques parcs étendent leur verdure. Vraiment magnifique. La salle d’observation est ceinte d’une petite coursive, où le béton est remplacé par deux plaques de verre (épaisseur 38 mm)  aux quatre points cardinaux. Un grand moment de bonheur que de marcher dessus, et regarder passants et voitures près de 200 mètres en contrebas. Bien qu’un écriteau indique que le verre est aussi résistant que le béton sur lequel les gens marchent sans soucis, bien peu de monde traverse calmement ces zones, sans compter les quelques personnes qui osent s’y aventurer en poussant des cris d’effroi.

38 millimètres de vitre, 186 mètres de vide en dessus de Victoria Street

Je profite du dernier ascenseur pour monter au Sky Deck, situés 34 mètres plus haut. Les architectes ont voulu ici une baie vitrée exempte de montants opaques, les renforts sont ainsi aussi construits en verre. Si la vue sur l’horizon ne diffère pas énormément, celle offerte en contreplongée est saisissante. Des portions de place alors cachée se dévoilent complètement à notre regard. Je ne me lasserai pas de la vue, ni de regarder quels endroits j’ai déjà visité, et où je dois encore aller.

Westland Marina & Auckland Harbour Bridge

Le temps passe toutefois trop rapidement et le soleil se couche déjà. Quelques grincheux nuages empêchent que tout Auckland se pare de bronze, mais le spectacle est magique. En contrebas, toutes les rues sont recouvertes par l’ombre, tandis que nous profitons encore des derniers rayons de soleil.

Devonport et Rangitoto

Avant de descendre, je prends un petit verre au Sky Lounge, situé en-dessous du pont principal. Dégustant un verre de Stonleigh, j’y ferai la connaissance d’une finnoise, Era, venant de passer près de 3 mois à visiter la Nouvelle-Zélande, et la discussion se poursuit pendant l’apéro. Elle me conseillera quelques lieux à visiter, ainsi qu’un ou deux parcs nationaux à absolument ne pas manquer. Comme beaucoup d’autres, si elle ne devait retourner sur un dernier lieu avant de partir dans 3 jours, elle aurait été incapable de faire un choix.

Avant de redescendre, je fais un dernier tour sur le pont d’observation, afin de profiter des lumières de la ville que j’ai tant admirées de loin.

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Rangitoto et Motutapu

26 03 2011

28 mars 2011, Frienz, Auckland, 7h10 (GMT+12)

Levé de bonne heure, bien que la majorité de mes collègues de chambre ne finisse de regarder leur film qu’à 2h00, et que la petite moitié ne rentre qu’à 4h00, je dévale les escaliers jusqu’à la rue, observe le ciel avec méfiance : le sol est toujours mouillé, le plafond nuageux semble plus élevé, le sommet de la Skye Tower est d’ailleurs largement visible, une éclaircie semble se profiler sur l’horizon. Adjugé, vendu, je pars à Rangitoto, le dernier né des volcans du Golf d’Hauraki, avec son éruption ne datant que de 600 ans en arrière.

Le temps d’avaler un solide petit déjeuner, préparer des sandwichs au pain mou, remplir ma gourde, et me voilà parti, direction le quai n°2 à partir duquel, à 9h15 sonnante, partira le ferry Fullers à destination de Rangitoto, avec escale à Devonport. Finalement, le premier départ aura lieu à 9h15, mais à peine nous étions-nous éloignés du quai, que nous y revenons pour y récupérer une personne n’étant pas montée à bord. Ce n’est pas en Suisse que l’on verrait une telle chose : se mettre en retard pour le retard d’un illustre inconnu.

40 minutes de traversée de la baie d’Auckland, à admirer la City ou North Shore, les deux volcans ou encore les pêcheurs sur la jetée de Devonport, Rangitoto dont le sommet est couronné par la brume, ou encore à discuter avec une rousse australienne, doctorante de son état, profitant d’une conférence en Nouvelle-Zélande pour faire un peu de tourisme.

Pêcheurs sur la jetée de Devonport

Pêcheurs sur la jetée de Devonport

Une dernière annonce pendant la traversée nous rappelle que l’île est complètement dépourvue de point d’eau ou encore de kiosque et qu’il est encore temps de passer à bord de celui du navire. L’île est intégralement recouverte d’une forêt, dont la verdure s’aperçoit de loin.

Rangitoto

Rangitoto, couronné par les nuages

En dehors de sa silhouette, il faut attendre d’être proche de l’île pour découvrir le noir de ses rives, pierres volcaniques solidifiées au contact de l’eau, ainsi que des champs de lave épars dans la forêt. De même, ce n’est qu’à ce moment que l’on peut observer quelques Bach perdu sur la côte.

Jetée de Rangitoto

Jetée du débarcadère à Rangitoto

Débarqué avec les autres touristes à Rangitoto Wharf, je prends tout de suite le chemin des écoliers en pénétrant dans la forêt pour rejoindre Kowhai Grove puis Kidney Fern Walk. Si, de loin, la forêt ne semblait pas si sauvage, dès l’instant où quelques pas nous mènent sous la canopée, la forêt vierge se laisse découvrir. Seul le chemin marqué de chaque côté par une petite bordure de basaltes recouverts par la mousse et le lichen me permet de ne pas me perdre et être sûr de suivre le bon chemin.

Kowhais : il s'agit des grands arbres formant la canopée de la forêt

Forêt de Kowhais : il s'agit des grands arbres qui forment la canopée

Les couleurs me semblent de deux tonalités, les verts de la forêt et les noirs de cette pierre basaltique. Il s’agit pour moi de ma première marche sur quelque volcan que ce soit, et surtout de voir des scories. Des gens bien attentionnés m’en avaient déjà ramené, connaissant ma passion pour les pierres, mais je n’en avais jamais encore observé dans leur état naturel, si je puis m’exprimer ainsi. C’est très différent de voir une scorie en Valais, où elle prend tout de suite une dimension extraordinaire, que d’en fouler du pied des dizaines. Mais toujours est-il que je ne me lasse pas de regarder ce minéral: toutes pareilles avec leur porosité, et si différentes par leur taille et leur forme. En continuant ma route, je croise les ruines de la prison dont Rangitoto était pourvue à l’époque. Dans la réalité, des ruines il ne reste pas grand chose, si ce n’est quelques petits murs, hauts d’à peine d’un mètre.

Ruine des anciennes prisons, admirez les murs en basaltes

Quittant la petite sente entourée par les fougères géantes, je rejoins le sentier principal, en route pour le sommet. Je suis étonné du peu de monde que je croise, il semble que la majorité des personnes ait choisi l’option motorisée pour rejoindre le volcan, plutôt que de se dégourdir les pattes. Le temps s’y prête d’ailleurs plutôt bien, l’absence de soleil rend la marche très agréable, bien que je n’aie pas l’habitude de me promener avec une humidité si importante.

La route trace un sillon noir de scories entre deux pans végétales jusqu'au sommet de Rangitoto

La route trace un sillon noir de scories entre deux pans végétaux jusqu'au sommet de Rangitoto

Dans son ensemble l’île ressemble à un gigantesque œuf au plat. Il faut tout d’abord parcourir le blanc, avec une courte marche d’approche entre forêt vierge, champs de lave, chemin de scories, et souvent l’impression d’être loin de tout océan puisque le sentier est presque plat.

Coulée de lave, en attente depuis 600 ans d'être colonisée par la forêt

Puis finalement gravir le jaune, le cône de lave, où les scories perdent leur couleur noire, pour prendre une teinte ocre. A l’approche du sommet, le chemin se perd dans une brume légère. Une longue volée d’escaliers à gravir et l’on se retrouve à côté d’un point de triangulation.  Entre deux passages de brume, la vue sur Auckland, Devonport, Brown Island, Waikiki est magnifique.

Devonport avec Auckland Harbour Bridge, reliant Auckland à North Shore

Avant de redescendre en direction de Motutapu, je contourne le cratère sur le chemin de crête. Grosse déception : le mur de végétation ne permet pas de voir l’intérieur du cratère. Seule une plateforme surplombant les arbres permet d’embraser les 200 mètres de diamètre du cratère et ses 80 mètres de profondeur recouverts par une forêt dense.

Vue du cratère depuis la plateforme

Vue du cratère depuis la plateforme

Il semblerait qu’un début de piste se soit créé depuis le dessous de la plateforme. J’ose. Toutefois des écriteaux à l’arrivée sur l’île indiquent qu’il est interdit de quitter les sentiers officiels. Je n’ose pas. Pourtant ça serait magnifique de descendre au fond de ce cratère. J’ose. Mais encore, les cratères étant hautement tapù (tabou) pour les maoris, y descendre est un sacrilège. Je n’ose pas. Un coup d’œil à gauche, une furtive vision à droite, aucun touriste. Départ, j’ose. Je descends rapidement les quelques premiers mètres. Les petites scories roulent sous mes pieds. Je comprends mieux que la majorité des personnes ne s’y aventurent pas avec leurs simples baskets. 10 minutes à crapahuter dans une belle végétation, encore humide de la pluie de la veille, à me faufiler entre deux fougères, me baisser pour passer sous une branche et me voilà au fond du cratère, T-shirt et short trempés. Il est occupé à moitié par un massif d’arbrisseau mort, et à moitié par une minuscule prairie d’herbe grasse, profitant du trop plein d’humidité pour pousser. Tout autour se dresse une magnifique muraille verte, couronnée par le brouillard qui s’effiloche sur la crête.

Arbres morts et prairie verdoyante se partage le fond du cratère

Arbres morts et prairie verdoyante se partagent le fond du cratère

La remontée est un peu plus difficile car les gravillons, sur lesquels l’appui se fait, ont une fâcheuse tendance à être soumis à la force de gravité. Un coup d’œil en haut, personne sur la plateforme, je me glisse à nouveau sur le chemin, en direction de Motutapu. Un petit détour en route m’amène aux grottes de lave, deux couloirs d’environ huitante mètres de long dans lesquels il faut s’aventurer avec une lampe torche. Atmosphère Indiana Jones garantie, avec au plafond nombre de toiles d’araignée, des racines surgissant de la terre, des gouttes d’humidité tombant à intervalle régulier, au sol humide des cailloux épars, et quelques trous. Sympathique visite, mais qui ne vaut pas toutefois la petite heure de détour. Une fois encore je pesterai contre ces brochures néo-zélandaises qui n’ont aucun respect des distances et surtout où il est impossible de savoir sur quel chemin l’on se trouve.

Toiles d'araignées, racines tombantes, ... tout un programme

Toiles d'araignées, racines tombantes, ... tout un programme

L’heure de marche suivante sera très agréable; je tombe sur un charmant couple de retraités aucklandais qui sont venus avec leur fifty-fifty mouillé en baie d’Islington et ont profité de faire une petite balade sur l’île. Nous poursuivrons notre chemin de conserve en discutant d’Auckland, de Nouvelle-Zélande, de Suisse, des Kiwis (tant animal qu’humain), … Je les quitte peu avant d’arriver au petit pont me menant sur Motutapu.

10 mètres de pont sépare Rangitoto de Motutapu

10 mètres de pont séparent Rangitoto de Motutapu

La différence entre les deux îles est à l’image de leur terrain. Si Rangitoto, jeune et volcanique, s’est laissé envahir il y a 600 ans en arrière par une végétation dense, Motutapu, plus âgée et non-volcanique est recouverte de prairies, avec quelques bosquets éparpillés. Très tôt colonisée par les maoris, elle est aujourd’hui encore exploitée : vaches et moutons paissent sur ses pâturages.  Il y a un petit côté d’Appenzell, avec ces collines aux pentes douces, ces verts presque électriques. Je longe la route en terre battue, enfin plutôt en terre boueuse aujourd’hui, pour gagner le plus au point de l’île. Chemin faisant, deux grosses jeeps passent à côté, et à chaque fois le conducteur me demande si j’ai besoin d’un brin de conduite. Définitivement sympathiques ces kiwis.

Motutapu : patûrage et clôture

Motutapu : patûrages et clôture

Malgré l’envie d’aller encore plus loin, jusqu’au bout de l’île, je rebrousse chemin. Il ne faudra pas que je rate le dernier départ du ferry à 17h00, et les panneaux indicatifs me donnent encore 3 heures pour retourner au point de départ. Les kiwis n’étant pas de grands randonneurs, je peux en tout cas diminuer ce temps de ¾ d’heure. Au lieu de prendre la morne route noire qui amène directement au wharf, je m’engage sur un petit chemin pédestre menant à la jetée d’Islington Bay, où l’on trouve quelques petits bachs, bien entretenus, ou ce qu’il en reste.

Ruine d'un bach : seul les éléments solides perdurent

Ruine d'un bach : seuls les éléments solides perdurent

J’emprunte alors the coastal track, qui, malgré son nom, m’engloutit dans la végétation, et me prive de la vue sur Hauraki Gulf. Le chemin, traçant sa route sur la lave, ne cesse de zigzaguer pour éviter marais ou agrégats volcaniques, de monter ou de redescendre pour escalader les coulées. Parfois, quelques petites surprises, tel ce poteau électrique perdu au milieu de nulle part

Poteau électrique, sis sur une coulée de lave, perdu dans la forêt vierge

Poteau électrique, sis sur une coulée de lave, perdu dans la forêt vierge

Finalement, je parcourais le trajet en un peu plus d’1h15. Je profite de l’avance acquise pour me jeter une première fois à l’eau, dont la température est plus qu’agréable. Par contre, malgré ma prudence, quelques coquillages ont profité de lâchement s’attaquer à ma plante du pied. Résultat : deux petites coupures qui ne m’empêchent toutefois pas de marcher.

Jetée de Rangitoto, mon premier lieu de baignade

Jetée de Rangitoto, mon premier lieu de baignade

Retour à Auckland. Rangitoto est maintenant exempt de nuage. Pour souper, un bon steak découpé dans un gigot d’agneau désossé. L’emballage en contenait deux, j’ai grillé les deux en pensant en garder un pour le lendemain, j’ai bien dit penser.

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P.S. Des fois je me demande comment je fais pour être si loquace.






Première nav’ en baie d’Hauraki

23 03 2011

Frienz, Auckland, 22h39 (GMT+23)

Après une longue journée de travail à préparer des surfaces pour le collage des jauges (ponçage et autres joyeusetés), Quentin – il faut prononcer Kwentine-, un franco-suisse naviguant avec Erwan et travaillant au CACM, m’amène jusqu’à Westland Marina. Le but : trouver un voilier sur lequel naviguer. Déposé au Royal Squadron of New-Zealand, il ne me faut pas plus de 10 minutes pour trouver un équipage et son bateau, Pork Chop. Sitôt arrivé à bord, Tom, le skipper, me demande d’où je viens, et sitôt qu’il a entendu le mot Swiss, me charrie à propos d’une montre que je devrais porter, en tant que suisse, pour le chrono du départ. Ses coéquipiers, J, Mat’, Michael, …, ne cesseront dès lors de plaisanter aussi sur le chocolat que je n’ai pas apporté.

Pork Chop', le voilier sur lequel j'ai navigué

Il s’agit d’un Elliot 10.5, un bateau de 22 ans d’âge, mais dont le bau et sa forme, proportionnellement à sa longueur, sont loin de faire son nombre d’années. Arrivé à bord vers 17h40, le skipper me présente à son équipage qui ne cesse d’arriver. De 3 à l’origine nous seront finalement 7 à bord. Avec près de 10.5 mètres à la flottaison, la place n’est pas comptée et personne ne s’est senti à l’étroit sur le pont. Un vent établi à 3-4 Bf, rafales à 5, nous propulse dans le golfe d’Hauraki, longer Devonport, virer la pointe de North Head avec Rangitoto, Waiheke et Motukorea se détachant sur l’horizon.

Rangitoto pendant la régateSi le bateau est sportif, avec un côté gîtard bien développé, l’ambiance à bord est franchement « régate saucisson ». Après virement de bord, une nouvelle tournée de bière apparaît sous la forme de bouteilles dans les mains de l’équipage au rappel. Retour à la nuit tombée, par vent arrière, tangonnage du génois, cap sur Harbour Bridge, reliant North-Shore à Auckland Central. La vue sur la skyline de la cité est magnifique, dommage que par ce crépuscule, le temps de prise soit si important avec un voilier qui ne cesse de bouger.

Skyline d'Auckland sous Grand LargueAvant même d’arriver au port, le bateau est rangé, les voiles pliées, les bouts lovés. Toutefois le skipper tolérera que l’on parte uniquement une fois la cave vidée. Bref, une ou deux bières néo-zélandaises plus tard, un franc moment de rigolade, et je repars avec la permission et la promesse de revenir mercredi prochain et celui d’après (enfin, tous les mercredis jusqu’à ce que je sois absent) pour venir naviguer. Retour au Friend : une petite heure de marche pour se dégourdir les jambes, éliminer un peu les toxines.