Waiheke Island (day 1) : Fossil Bay, Goldwater, Te Whau

2 04 2011

Ecrit à Lazy Lounge, Oneroa, 2 avril 2010,  20h30

Après une excellente soirée passée sur la terrasse en compagnie d’un frouse, de deux tchèques et d’une anglaise, ainsi qu’une mission ravitaillement à SuperLiquor : les quelques bières étant parties plus rapidement que prévue et/ou – souligner ce qui convient – la soirée s’étant prolongée quelque peu.

Levé plus tardif que prévu vers 8h45. Après un solide petit déjeuner, eggs ‘n’ bacon, j’attrape mon sac à dos puis m’en vais prendre le ferry de 10h00, direction Waiheke Island. Le temps est idéal, avec un ciel bleu prévu pour les deux jours, avec éventuellement l’arrivée de nuage dimanche en fin d’après-midi. Les 35 minutes de la traversée me permettent de planifier quelque peu les endroits à visiter sur l’île, ainsi que l’encaveur chez qui le devoir m’appelle pour déguster son vin.

Browns Island, toutefois un brin trop verte

Sitôt débarqué, je trouve un prospectus avec quelques petites marches proposées sur le côté ouest de l’île. L’une d’elle débutant juste à côté du Wharf, je n’hésite pas une seconde à quitter la horde de touristes s’engouffrant dans la shuttle pour Oneroa. Je longe tout d’abord la grève, avant de gravir quelques cailloux sur lesquelles ont poussé en grappe les coquillages. Le chemin empruntant l’estran, et la marée basse étant déjà passée depuis deux bonnes heures, je quitte le tracé officiel et grimpe une abrupte dérupe recouverte d’herbes grasses. De l’autre côté de la tête, je rejoins le chemin officiel, maintenant situé en dehors de l’estran. Tout au long de la promenade, la vue est magnifique côté mer : grandes ou petites baies aux eaux turquoises, petites îles visibles à l’horizon, récifs épars recouverts par l’écume, … Côté terre, le paysage est partagé entre végétation sauvage, arbustes épineux, herbes couchées par le vent aux senteurs marines et maisons de millionnaires arborant de gigantesques baies vitrées, dressées dans des jardins tirés au cordeau, quadrillés d’olivier. Le contraste est saisissant.

Entre végétation sauvage et jardins aux oliviers quadrillés

Après Owhanake Bay, où nombres de navires à l’ancre sont bercés par les vagues, je traverse à travers les terres pour atteindre la côte nord et Island Bay. D’île, elle ne possède que le nom à marrée basse : elles – très petites îles, parfois constituées uniquement d’un ou deux arbres poussant sur un rocher  – sont presque toutes atteignables à pieds. Alors que j’imaginais le relief de Waiheke peu escarpé, depuis le début je ne cesse de monter, descendre, prendre de la hauteur que pour mieux redescendre au niveau de la plage. Je gravis, cette fois-ci, un escalier, pour rejoindre la crête d’une pointe s’avançant dans la mer. Depuis son extrémité, la vue sur Fossil Bay, présentant des eaux aux couleurs de paradis, est splendide. Toutefois, il est impossible de s’aventurer à pied dans cette petite baie, bien dommage.

Fossil Bay, aux eaux couleurs paradis

Je rejoins Oneroa en passant, petit pincement de cœur, à travers mon premier vignoble néo-zélandais : Fossil Bay Wineyard, appartenant à l’Université d’Auckland. Elle doit sans doute être travaillée mécaniquement, à observer la distance entre deux lignes. Toutefois, au hasard de mes pérégrinations, il semblerait que cette méthode soit généralisée sur l’île.

Fossil Bay Wineyard

Un petit passage par l’iSite pour récupérer un plan de l’île un chouïa plus détaillé que celle existant dans le Lonely ou que l’on m’a fourni à mon arrivée. Je monte alors dans un bus, direction Goldwater pour une petite dégustation. Dans les vignobles attenants, les vendanges ont déjà eu lieu, aucune grappe ne pend plus à la vigne et les filets sont relevés. Quand à la raison du choix de la cave, j’ai préféré Goldwater aux autres, car d’une part ils sont les premiers à avoir planté des vignes sur Waiheke, et d’autre part ils font parties des 1001 vins à goûter dans sa vie.

La salle de dégustation, qui fait aussi office de magasin, est située dans un hangar où sont présentés divers outils du vigneron, les principaux crus, ainsi que l’huile d’olive qu’ils produisent. La gente demoiselle, arborant des boucles d’or, un sourire enchanteur, ainsi qu’un t-shirt orné du logo de la cave, ne pouvait pas me laisser indifférent – lequel des trois, à vous de le deviner.

Au|H2O, le symbole chimique de Goldwater, où Au est le symbole de l’or (Gold) et H2O la représentation du composé aqueux (water).

Je la plongerai d’ailleurs dans l’embarras en lui demandant de la prendre en photo, pour son t-shirt, devant un certain nombre de personnes, dont certaines participaient à un enterrement de vie de jeune fille.  Enfin, revenons à nos moutons :

  • Sauvignon Blanc, 2010,  issu des vignes du Marlborough : très fruité
  • Chardonnay 2010, Waiheke, élevé en fût de chêne. A mon avis beaucoup trop jeune, le chêne n’est pas du tout fondu. Toutefois d’ici 2 à 3 ans il devrait être excellent
  • Rosé de Waiheke, le vin que j’ai le moins apprécié
  • Cabernet-Merlot de Waiheke, 2007, issu de vignes plantées en 1983. La grande surprise de la journée : présentant un excellent bouquet, son arôme est puissant et présent longtemps en bouche. Très loin de ce que l’on ressent habituellement avec les rouges kiwis ou australien
  • Syrah de 2010, élevée en fût de chêne, vigne de 1983 également. Beaucoup trop jeune, avec une forte attaque en début, pareil à une explosion de saveurs, mais très courte.  Un peu dommage.

Après un petit tour sur la colline recouverte de vigne, et je rejoins la route principale pour gagner le village historique de l’île. J’arpente le chemin bitumeux le pouce levé. Peu de succès jusqu’à ce qu’une voiture fasse demi-tour sur la route, se maintient à ma hauteur alors que le copilote me lance « D’you’ll a drive ». Sitôt monté, les deux kiwis me demandent prénom et pays d’origine avant de me filer une Stèn’, comprendre une bouteille de Steinlager, bière emblématique de Nouvelle-Zélande.  Ils me déposent devant le musée, avant de repartir par où ils sont venus pour poursuivre leur route.

Le petit musée présente divers objets de la vie quotidienne de l’île, regroupés par thèmes historiques. Tout débute bien sûr par la civilisation maorie qui s’est installé dans de nombreux Pa sur les hauteurs de l’île. Haches en pierre polies, pieux pour jardiner, ainsi qu’un magnifique Hei-Tiki sont présentés. De Hei le cou, ce pendentif représente Tiki, l’ancêtre de tous les genres humains. Ce bijou est finement ciselé dans la pierre verte océanienne, que certains nomment à tort le jade. Afin d’arriver à un résultat si propre et détaillé, le travail a dû prendre près d’une année. En effet, les maoris ne connaissant que la pierre, le bois et les os, et cette pierre étant une des plus dure, il a fallu beaucoup de patience pour polir ses diverses enjolivures, percer les trous en frottant avec un bâton en bois. Les autres thèmes abordés dans le musée sont liés à l’arrivée des européens avec l’exploitation de la laine de mouton, le bois de charpente et de cheminée, ainsi qu’au transport maritime, Waiheke restant une île. Finalement le début du XXe siècle est raconté à travers divers bachs historiques déplacés autour du musée. L’un présente les habillements, les jouets, l’infirmerie, un autre les tâches quotidiennes comme la lessive à la main ou encore  la vaisselle, avec la présentation d’une des toutes premières machines a laver. Mon préféré reste le troisième bach, le plus vieux de l’île construit en 1935 avec un mobilier original, et l’absence complète d’électricité, cette dernière étant arrivée sur l’île uniquement en 1957. Et finalement, un dernier coup d’œil à l’ancienne cellule de détention de la police de l’île est nécessaire : elle fut ramenée au musée en 2008.

Je prends alors congé du vieux monsieur m’ayant si bien conté diverses légendes maories et expliqué leur histoire, et montré les traces rémanentes de leur présence sur un Pa visible depuis l’une des fenêtres. Je reprends mon chemin, direction Te Whau Garden, un jardin de forêt vierge agrémenté de quelques sculptures. Il faut savoir que Waiheke, en dehors de ses millionnaires, est connue pour sa scène artistique (peinture, sculpture, ou encore musique). A nouveau je tente de faire du stop, une jeep décapotable conduite par une mère, accompagnée de se fille, s’arrête dans un crissement de pneu à ma hauteur, me demande où je vais, et redémarre aussitôt, en ayant juste le temps de dire que ce n’est pas sur leur chemin. Je reprends alors le mien, quand je vois surgir à nouveau la même voiture. Elles me font signe de monter et m’annoncent tout simplement qu’elles s’étaient rendues compte qu’elles pouvaient faire un petit détour pour me déposer. Conduisant à tombeau ouvert, les gravillons sont éjectés du dessous des roues, j’enlève ma casquette pour ne pas la perdre. Elles finiront par me déposer à 50 mètres de l’entrée du jardin. Himmel, Arsch und Zwirr, ce dernier est fermé jusqu’au 1er décembre.

Marcher, encore et toujours sur le chemin bitumeux

Qu’importe je reviens sur mes pas, et descends jusqu’à Omiha Bay en passant par la réserve forestière de Kuakarau Bay, avant de longer le rivage. A Omiha Bay je remonte à travers le Whakanehwa Regional Park, un petit chemin serpente à travers la forêt composée en grande partie de diverses fougères géantes, de palmiers et de quelques feuillus inconnus. Une grosse heure de marche plus tard, je rejoins une route, sans avoir vu les cascades du parc régional. Toutefois, je n’aurais pas tant de regret car il paraît qu’elles sont un peu asséchées par le manque de pluie de cet automne.

Il me faudra une bonne heure de marche avant qu’un jeune néo-zélandais ne me prenne en stop et me ramène jusqu’à Little Oneroa Beach. De là, je gagne mon backpack en empruntant un petit sentier zigzaguant dans une forêt. La maison blanche, pourvue d’une gigantesque terrasse et d’une piscine ronde, est entièrement entourée d’arbres ; seule une petite clairière occupée par quelques tentes en est exempt. J’y dépose mes affaires, ne garde sur moi que l’essentiel, carnet de croquis, appareil photo et affaires de bain.

Première opération de ce début de soirée : goûter à Oneroa Beach, l’une des trois plages les plus réputées de Waiheke. Je commence par Little Oneroa, avant de gagner la plus grande située à l’ouest, déjà recouverte par le voile de la nuit. La voie la plus direct passe  par les flancs d’une pointe rocheuse, cachant  une petite crique à moitié découverte par la marée descendante.  Des deux, Oneroa possède un sable plus fin, véritable tapis moelleux, mais la première a l’avantage d’être dardée par les derniers rayons soleils.

Oneroa Bay avec sa plage de sable fin

Après ce petit bain, il est temps d’aller me restaurer. Je regagne Ocean View Street et tombe sur le Lazy Lounge, un café-bar situé au premier étage d’un bâtiment repeint en bleu et rouge, rehaussés de blanc pour les encadrements de fenêtre et les balustrades.

Au menu, j’y dégusterai  le Lazy Bugga Burger, servi dans un pain carré à la croute dorée – quel plaisir que de croquer dedans – renfermant un bel hamburger placé entre bacons, tomates, et fromage fondu, accompagné d’une platelée de grosses frites très croustillantes. Un vrai bonheur. Pour arroser le tout la Black de Monteith’s, une bière de style Stout, puis une petite Spring de Mac’s bien plus légère pour finir la soirée.

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Ecrit à Hekerua Lodges, (Oneroa), 2 avril 2010, 22h10

Retour au backpack de nuit. Sitôt le centre du village quitté, les lampadaires se font plus rares, et l’obscurité règne en maître sur de larges espaces. C’est la première fois que je peux admirer les étoiles de l’autre hémisphère, habituellement cachées par les lumières d’Auckland. Un véritable bonheur que d’observer cette Croix du Sud, tant rêvée et tant contée par les navigateurs. J’emprunte de nouveau le petit chemin perdu dans la forêt, que je suivrai tant bien que mal, éclairé par la lueur bleutée de l’écran de mon appareil photo – la lampe de poche étant restée dans mon sac.

Quand j’arrive, la maison est baignée dans une douce musique, dans le plus pur style bouddha bar, les guirlandes de Noël scintillent en rythme sur le balcon, et quelques lumignons dispensent une touche orangée. Ambiance sympathique, très baba cool. Mais à quoi s’attendre d’autre avec les quelques statuettes de bouddha, les peintures peace ‘n’ love, le sentiment d’être perdu au milieu de nulle part, sans lumière visible, …

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Devonport

29 03 2011

29 mars, Frienz, Auckland, 22h18

Question boulot au CACM, j’ai rajouté quelques pages et quelques figures à mon rapport. Sur le projet impliquant ma présence à Auckland, la forme des adaptateurs pour les capteurs de pression est finalisée et validée. Callum, un des mécaniciens, est en train de les usiner aujourd’hui. Demain, les panneaux seront percés, les adaptateurs montés à l’intérieur, une partie des jauges de contraintes collées. J’espère pouvoir faire les premiers essais au début de la semaine prochaine.

Emirates Team New Zealand

Emirates Team New Zealand

Après avoir rapidement vu Mark Battley en début d’après-midi pour discuter de la suite, au lieu de me mettre en position d’attente au labo, et surtout comme le soleil brille dehors, je prends un petit après-midi de congé pour aller visiter Devonport. J’embarque sur le ferry qui me mène sur la rive Nord de Waitemata Habour. Durant la traversée, j’ai le plaisir d’admirer à tribord Emirates Team New-Zealand, un ancien IACC, et sur bâbord, un peu plus loin un AC 45, prénommé Artémis.

AC 45 : Artemis

A peine débarqué, un petit passage par le iSite, l’office du tourisme en Nouvelle-Zélande, puis je pars à la découverte du quartier, depuis le lieu de débarquement des premiers colons à Aotearao en direction de North Head. La ballade commence en longeant le bord de mer sur King Edward Parade, où deux maisons jumelles de style victorien peuvent être admirées. Construites dans les années 1900, elles furent ensuite réquisitionnées par la Navy pendant la deuxième guerre mondiale pour y loger les soldats. Elles ne furent rendues à l’utilisation civile qu’en 1990. Côté mer, quelques coulées de lave sont visibles au ras des flots. En bas de Church Street, le monument Tanui Memorial commémore le lieu d’arrivée d’un des sept premiers canoës de guerre maoris au environ de 1350. Le monument est surmonté de la réplique de l’oiseau mythique Korotangi qui fut amené par les maoris depuis leur terre natale.

Korotangi, l'oiseau mythique, ramené de la terre natale sur un canoë de guerre jusqu'à Aotearoa

30 mars, Frienz, Auckland, 7h40

Un petit aparté stratégique est nécessaire pour comprendre la militarisation de Devonport. Historiquement, si la Nouvelle-Zélande a toujours été en retrait des grands conflits en raison de son éloignement, la longueur de ses côtes n’en fait pas une nation facile à défendre ; de plus, son principal allié, la Grande Bretagne, est situé de l’autre côté de la terre. Ainsi dès l’instant où de puissantes flottes guerrières, appartenant à des nations considérées comme ennemies de celle du Commonwealth, telle que la Russie, il fut nécessaire à la Nouvelle-Zélande de se militariser. C’est pourquoi elle commença par ériger une ligne de défense autour d’Auckland, alors la capitale. Les meilleurs points de vue étaient bien sûr Rangitoto, où des casemates furent installés lors la deuxième guerre mondiale, North Head et Mont Victoria, plus près de la cité, qui possède une vue imprenable sur le Golf d’Hauraki et Waitemata Harbour. Ces deux volcans furent donc fortement militarisés, spécialement North Head, le verrou qui ferme l’accès au port. Cette dernière tête est d’ailleurs presque autant percée de galerie que les Alpes suisses, hérissées de tourelles, batteries sur tout son pourtour. A partir du XXe siècle, la Navy est la présence armée prépondérante à Devonport. Elle y possède toujours l’une de ses bases, du côté du Mont Victoria, à partir de laquelle des navires gris sillonnent le golf, ou encore son musée près de North Head.

Je ne profiterai pas de l’instruction offerte gratuitement sur la glorieuse histoire de la Navy, et gravirai tout de suite Maungauika. Toutefois, je ferai un détour par la batterie sud, pour rentrer dans la casemate souterraine. Les tunnels, non éclairés, sont libres d’accès pendant la journée. Tout un chacun est libre de prendre une lampe de poche et de s’y aventurer. Si au début cela m’a surpris, je me suis vite rendu compte que les souterrains ne sont pas aussi grand que ceux excavés en Suisse, et ne présentent pas de longs couloirs non protégés par une carapace en béton, où le risque d’un éboulement existe toujours. Petite visite sympathique, mais au final bien peu impressionnante.

King Edward Parade et North Head

Comme depuis tous les volcans d’Auckland, le panorama à partir du sommet est magnifique. A chaque fois le point de vue diffère, l’œil se focalise sur des détails différents, d’autres îles, découpes de côtes, … sont observées. Mais de tous les volcans, Maungauika est l’un des plus plaisants pour se balader. Des chemins sont soigneusement entretenus, tondus au travers de la prairie d’herbe grasse qui recouvre le mont. Quelques bancs épars sont situés à l’ombre des arbres aux branches tarabiscotées, … Un vrai petit parc mi-anglais pour les allées, mi-sauvage là où la nature est laissée à elle même.

North Head : juste profiter de la vue, du soleil et de la brise marine

Au nord, un escalier me permet de descendre jusqu’à la plage de Cheltenham, une des plus belles de North Shore. Alors que je suis déjà à moitié à l’eau, comme surgis de nulle apparaissent deux oiseaux noirs, aux ailes rigides. Les deux AC 45 d’Oracle, pattes levées tracent leur route, à une allure vertigineuse par cette petite brise. Un vrai plaisir de les voir passer. Je ne résisterai pas à la tentation, et me précipite vers mon appareil photo.

Le temps de prendre quelques clichés et me voilà à discuter de ces catamarans avec un baigneur, sortant de l’eau tel Neptune. 10 minutes plus tard, assis sur le muret délimitant la plage, en train de parler des raisons de ma présence à Auckland, ou encore des différents termes marins pour parler de la marée montante, descendante, du jusant, il sort le fatidique « My name is Mick, and you’re ». Moins de 5 minutes après, je suis invité à manger, 3 Saint-Aubyn Street, aux alentours de 18h00, 18h15. Je prends le temps de nager quelques longueurs, avant de longer la plage et admirer les quelques maisons dont les portes s’ouvrent sur l’océan.

Maisons sur Cheltenham Beach

Revenant dans Devonport, j’emprunte Albert Road pour voir le numéro 28, paraît-il une splendide maison de style edwardienne. La légende urbaine ne ment pas, malgré les hauts taillis et la grille qui en protège l’accès, il est tout de même possible de voir le corps du logis, arborant une magnifique galerie, flanqué de deux annexes aux fenêtres blanches courant sur le pourtour.

28 Albert Road : une maison de style edwardienne

Je m’aiguille alors sur Church Street et emprunte l’impasse Flagstaff, d’où je gagne le sommet du Mont Victoria par un escalier qui se transforme en petit chemin abrupte. Dans la réalité, il existe un petit sentier légèrement pentu qui s’enroule autour du volcan, mais je ne voyais aucune raison de l’utiliser. A peine arrivé au sommet, je vois un champ de gros champignons au bonnet rouge à pois blancs. Que celui qui ne pense pas à Mario Bros en voyant ces champignons m’offre une bière.

Mario Bros, fut ma première idée, mais non, il s'agit simplement de la décoration des events des casemates sur le Mont Victoria

Le temps d’admirer le paysage, maudire l’énorme bloc locatif qui gâche la vue sur Auckland Harbour Bridge, et il est déjà presque 18h00. Je me mets donc en quête de la maison de mon hôte. Ce dernier vit seul, sa femme l’ayant quitté il y a 9 ans, avec un magnifique labrador noir. Pour commencer apéro, vin rouge et terrine – d’agneau il me semble au goût. Pendant que l’on prépare le repas, nous poursuivons notre discussion : famille, travail, … J’apprends ainsi que cet Anglais d’origine travaillait pour une entreprise londonienne travaillant dans les chemins de fer, possédant des succursales dans de nombreux pays. Il s’est occupé entre autres de la rénovation des wagons de l’Orient-Express dont les pièces provenaient de l’Europe entière. Il y a plus de 20 ans, il a atterri à Auckland, une cité où il fait bon vivre, un pays avec un système scolaire performant pour ses quatre enfants (juges, avocat, banquier et un dernier possédant aussi un très bon travail), et surtout la nature à proximité. Actuellement, il a repris les affaires, et monte une boîte avec des contacts dans divers pays d’Asie. Un sexagénaire qui ne doit avoir que quarante ans dans sa tête.

La maison de Mick

Vers 8h20 je prends le chemin du retour, Mick ayant une présentation à préparer pour demain, moi quelques courses à effectuer avant de rentrer à Frienz. Au moment de partir, il me fait promettre que si je reviens à  Devonport, je dois passer le voir. J’attrape le ferry de 8h30, admire Auckland, qui comme beaucoup d’autres cités, peut ravir à Paris le surnom de Ville des Lumières dans son sens littéral.

Auckland by Night, vu depuis l'autre côté de Waitemata Harbour

Finalement, si je n’ai pas découvert Devonport de la manière dont je m’y attendais, je garde un excellent souvenir de ce quartier. En effet, il représente pour moi une sorte d’archétype de ce à quoi devait ressembler Auckland il y a une dizaine d’années en arrière. Il s’agit d’ailleurs du quartier qui a conservé l’un des plus grands nombre de maisons de style victorien et edwardien. Dès l’instant où j’ai commencé à le visiter, je me suis senti comme chez moi, très à l’aise avec ces grandes rues ouvertes, ces maisons à partir desquelles l’océan est visible, l’ouverture dont les gens font preuve, … Et bien sûr sans oublier Mick et cette superbe soirée passée en sa compagnie.

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Mission Bay

28 03 2011

29 mars 2011, Frienz, Auckland, 7h20 (GMT+12)

Aujourd’hui, journée de travail plutôt tranquille. J’attends toujours les pièces d’adaptation pour mes capteurs de pression : l’usinage de la première est presque terminé en fin d’après-midi. Le premier essai de montage sera pour demain matin, avec perçage de nombreux trous sur les panneaux, puis collage des jauges de contrainte. Bref, pour tuer le temps, et surtout pour avancer dans mon travail, je passe la journée à finir de rédiger un rapport, pas le boulot le plus attrayant du monde. Mais il faut bien une fois traiter les données, et en tirer des conclusions.

Comme il fait beau, grand ciel bleu avec juste quelques traces de nuages, une température plus que clémente (24°C), je me fais déposer à Mission Bay par Quentin et Erwan en fin d’après-midi. Il s’agit de LA plage où les Aucklandais vont se détendre pendant la fin de semaine et se dégourdir les jambes après une journée de travail.

Mission Bay

Peu de monde, beaucoup de volatiles marins (mouettes & goélands), et un grand plongeon dans l’eau salée. Que du bonheur. Un peu comme la plage des Pélicans à Saint-Su’ après une dure journée d’étude, mais en mieux. Et bien sûr une vue magnifique, sur Rangitoto dont la silhouette se détache parfaitement sur le fond céruléen.

Rangitoto vu depuis Mission Bay

Imaginez ce paysage, maintenant, avec deux AC45, leurs voiles rigides brillant au soleil, se tirer la bourre dans la baie. Un moment définitivement magique. Par contre, étant en train de nager, je n’ai pas pu immortaliser cet événement, peut être qu’une prochaine fois… Je retourne vers la cité en empruntant Tamaki Drive, la route côtière avec une vue imprenable sur la baie et Auckland, dont la skyline se détache à contre jour.

Auckland's skyline vu depuis OkahuSoirée tardive à Frienz, avec des backpackers allemands en jouant à Januv – à prononcer Januf – un jeu de carte afghan, qui consiste à marquer le moins de point possible.