Noël

25 12 2011

La Tsoumaz, 30 décembre 2011, 16h00

Comme depuis des années, la famille se réunie à Riddes le 24 au soir pour fêter Noël. Je suis donc rentré hier en Valais. Bien que je sache que la neige a envahi le canton, blanchissant tout sur son passage, de l’arrête sommitale des montagnes aux vergers des plaines, je reste agréablement surprise devant ce manteau qui scintille au sol. Depuis bien longtemps, je n’avais plus passé un réveillon blanc en plaine.

Le temps d’une soirée, mes grands-parents, ma sœur, Valérie, et son copain, Ozgür, mes parents et moi, nous nous sommes réunis autour de l’apéro, puis de la traditionnelle fondue chinoise et du désert. Chants de Noël et ambiance festive ont réchauffés les cœurs. Ce n’est que peu avant la messe de minuit que nous nous sommes séparés, mes grands-parents accompagnés de maman sont allés à l’église, alors que ma sœur, Ozgür, papa et moi avons joué aux marmitons.

Le lendemain, aucun réveil n’a retentit. Le ciel était déjà bleu claire lorsque je me suis réveillé. Les montagnes avaient perdu leur teinte rose depuis bien longtemps. Aucune trace de nuage, l’atmosphère est pure comme après un gros orage. Après avoir préparé nos affaires, mes parents et moi sommes montés au chalet à La Tsoumaz pour les deux prochaines semaines.

Le temps de décharger la voiture, de dégager les balcons envahis par la neige, d’allumer les feux pour chauffer le chalet, d’effectuer un premier rangement des nombreuses affaires, puis je me suis équipé pour aller skier. Aujourd’hui j’abandonne mes télémarks pour me saisir de ma veille planche Silberpfeil, un surf alpin que j’avais acheté il y a quelques années. Arrivé à Savolyeres, il n’y a pas trop de monde sur les pistes, comme c’est souvent le cas l’après-midi du 25 décembre. Splendide journée pour tracer de longues courbes, sans être gêné par un quelconque pingueli égaré – touristes ne sachant pas skier –. La neige est presque un peu molle, je grave un profond sillage dans la piste. Ephémère, demain il aura déjà disparu. Entre descente rapide, lente montée, je salue et discutes avec les employés des remontées mécaniques, mes anciens collègues lorsque je travaillais pendant mes études chez Verbier 4 Vallée comme remplaçant.

Ce n’est que lorsque l’ombre a bien envahi les versants nord que je redescends au chalet. Le froid a glissé sur les pentes, gelant l’activité diurne. Plus rien ne bouge, les oiseaux se sont tus, la lune se lève et la nuit tombe.

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P.S. Avec un peu de retard, j’espère que vous avez passé un sympathique Noël et que vous avez été bien gâtionné par votre famille !

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Pressage

19 09 2011

Ecublens, mardi le 20 septembre 2011

Le temps maussade de cette fin de semaine me coupa dans mes aspirations de longue randonnée montagnarde, j’ai profité d’aiguiser samedi mon sens culturel en visitant la Fondation Pierre Gianadda à Martigny où sont exposés des toiles de Monet et de parfaire ma « culture » cinématographique le dimanche en regardant du film originel « Destination Finale » après un excellent repas chez des amis. Comme la prévision météorologique annonçait un temps tout aussi pluvieux pour le lundi, j’avais proposé à papa de m’occuper de presser la vendange en début de semaine.

C’est ainsi que sur le coup de 8h00, une fois le pressoir assemblé, que je me retrouve à inhaler cette odeur si caractéristique de vinasse entre vapeur d’alcool et odeur de raisins fermentés. Ne la respirant qu’en de courte occasion, je ne la trouve pas désagréable. Toutefois, j’en conviens qu’elle pourrait devenir pénible si je devais passer des jours dans cette atmosphère. A pleine main, je plonge un seau dans la cuve de fermentation pour le verser la mixture dans le pressoir. Le vin, enfin le liquide qui deviendra dans quelques mois ce nectar, s’écoule rapidement dans un récipient. Tout l’art consiste à ne pas ajouter trop rapidement du moût supplémentaire, sous peine de voir le jus déborder de la rigole ceignant le pressoir.

Le futur nectar s'écoule

Une fois la cuve vide, il est temps de presser la pulpe pour en extraire le liquide subsistant dans les grains. A nouveau, il est nécessaire de procéder avec délicatesse, sinon, la pulpe pourrait bien jaillir des interstices présents entre les barreaux verticaux du pressoir. Par étape, je presse la pulpe, le liquide s’écoulant contribue à diminuer la pression. Lorsque la valeur de cette dernière reste élevée et que seul une goutte de temps à autre ne tombe dans le seau, il est temps de casser. Cette opération consiste à défaire le moût compacté par la pression, avant de le presser à nouveau pour en retirer le jus résiduel. A l’époque, cette opération était répétée deux, voire trois fois. S’il permet d’augmenter substantiellement la quantité de vin, la qualité du jus se dégrade toutefois très rapidement. Aujourd’hui, nous nous contentons de ne le presser que deux fois. A titre indicatif, 150 litres de jus sont récoltés lorsque la récolte fermentée est versée dans le pressoir, 100 litres lors de la première étape, et seulement une petite vingtaine après l’avoir casser.

Etape intermédiaire, consistant à casser la pulpe compactée

Alors que midi sonne au clocher du village, le travail est finis. Je nettoierais le pressoir et évacuerai le marc au composte cette après-midi. Il est temps d’aller dîner : un excellent rôti/purée comme dans mon enfance.





Vendanges

7 09 2011

Ecublens, mardi le 20 septembre 2011

Depuis que je suis rentré de Nouvelle Zélande, malgré un mois de juillet froid et pluvieux, j’ai appris que la vigne conserve son avance acquise au printemps : les vendanges auront lieu bien plus tôt que d’habitude. Mercredi passé, papa m’annonce que les vendanges se feront ce samedi autour de la maison. Sur le chemin de la maison, je m’arrête vendredi soir à la Tour-de-Peilz chez les parents de Vanessa. Accompagné de cette dernière, nous allons écouter le concert des Brigitte au Rocking Chair. Si cela vous intéresse un peu, je vous laisse lire son compte-rendu (qui apparaîtra bientôt ici)

Après une bonne, mais courte nuit de sommeil je quitte la bourgade vaudoise peu avant 8h00 du matin. Une heure plus tard, j’arrive à Riddes : le soleil étincelle sur un fond céruléen. Vers 10h00, après que Valérie et Özgür nous aient rejoint, nous gagnons notre petit vignoble, un parchet comptant une vingtaine de lignes. Özgür vendangeant pour la première fois, il – ou plutôt on – le plaça au centre de manière à ce que son habilité nouvelle ne prête pas à conséquence. En effet, nous n’avons pas hésité à couper quelques-unes de ses grappes pour qu’il puisse se maintenir à notre hauteur.

Les vendangeurs en fin de ligne

Toutes les caissettes étant remplies, bien qu’il reste encore six lignes à vendanger, elles sont transportées jusqu’au garage où est installer l’égrappeur, une veille machine construite en bois qui me paraît de plus en plus petite alors que les années passent. Je me souviens encore quand, petit je peinais à tourner la roue, tant la poignée au sommet de la course était haute. Son fonctionnement est des plus simples, les grappes de raisons sont entraînées entre deux rouleaux qui écrasent les graines : pulpe et peau sont récupérés dans un grand bac situé sous la machine, alors que les rafles sont évacués à l’arrière. Si l’égrappeur peut fonctionner mécaniquement, mon grand-père n’en voyait pas l’utilité pour notre petite production, et de père en fils, nous actionnons toujours la roue manuellement. Après cette opération, le jus est transvasé dans une cuve métallique où il fermentera quelques jours.

Egrappage

Une fois les dernières grappes récoltées et égrappées, un petit moment de repos est bienvenu. Au soleil, nous nous délecterons d’un apéro, qui se prolongera par une petite raclette au feu de bois.

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