17h30 : on ferme

14 04 2011

CACM, Tamaki Campus, Auckland, 15 avril 2011, 900 (GMT+12)

Une petite note pour une petite mésaventure. Quand je suis arrivé la première fois au CACM, Erwan m’avait prévenu qu’à partir de 17h00 les portes de l’atelier sont verrouillées automatiquement et qu’il est impossible d’y rentrer.

Journée traitement de données, que du bonheur. MatLab est bien entendu un grand ami pour pouvoir automatiser le travail. Bref, devant faire encore quelques vérifications et calculer quelques nouvelles valeurs à la demande de Mark, je me retrouve à la bourre pour attraper le bus de 17h35. Après avoir dévalé les escaliers à 17h31, impossible d’ouvrir la porte pour sortir. A gauche de la poignée, le boîtier électronique arbore fièrement une lumière rouge. Même phénomène, à la porte située à l’autre bout du bâtiment, je suis enfermé entre les bureaux – fermés de la même manière – et l’extérieur. Pour une fois que Callum n’a pas quitté l’atelier à 17h00, il vient me libérer et ne peut s’empêcher de me taquiner en me traitant de sans-papier. Pour la petite histoire, la précision néo-zélandaise des chauffeurs me permet d’attraper le bus à 17h38.

Bref, à l’avenir je saurai que pour moi, il m’est impossible de rester travailler tard le soir.

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Funky Green Button

13 04 2011

Frienz, Auckland, mercredi 13 avril, 19:27 (GMT+12)

La journée a commencé en retard. 9h30. Alors qu’avec mon presque homonyme nous attendions, impatient, depuis près d’une demi-heure, l’arrivée de Tom, et surtout des panneaux qui l’accompagne, Mark reçoit un coup de téléphone. La voiture du troisième larron a déclaré forfait. Il est arrêté sur la grande avenue à moins de 500 mètres de son lieu de destination. Nous partons à sa rescousse, récupérons les panneaux, et laissons Tom à son triste sort, celui d’appeler une dépanneuse. Il nous rejoindra une heure plus tard, le sourire aux lèvres, seule la pompe à essence est décédée. Un dernier souci lors du montage du panneau est vite résolu. S’agissant de mon premier câblage, nous prenons un peu plus de temps, histoire que je sois autonome la prochaine fois.

Midi. Il est temps de mettre le circuit hydraulique sous pression, mais le traditionnel bourdonnement ne se fait pas entendre. En redémarrant le système par deux fois, sans avoir modifié de configuration, le miracle se produit, l’aiguille du manomètre indique les 200 bars habituels. Mark, étant attendu pour une réunion, nous quitte peu avant que nous procédions au premier essai. Si Tom s’occupe de régler les moult paramètres d’acquisition et d’expérimentation, l’honneur revient au producteur des panneaux d’appuyer sur le Funky Green Button. Après ces nombreuses semaines passées à instrumenter une première puis une deuxième fois les panneaux, résoudre les quelques problèmes, et surtout déplacer mon camp de base, le temps d’un ouikènne, dans une auberge au nom évocateur, je n’ai pas pu m’empêcher de nommer ainsi le bouton, de couleur verte, qu’il faut presser et maintenir enfoncé pour déclencher l’essai.

Si les premiers essais sont effectués à une vitesse de 1 [m/s], sa valeur est peu à peu augmentée par pas de 1 [m/s] jusqu’à atteindre 7 [m/s]. A toutes les étapes, les courbes obtenues correspondent à celles attendues : ce qui est encourageant. Les résultats seront toutefois traités et analysés plus finement demain, afin de savoir si les valeurs mesurées sont réelles ou proviennent d’une dimension supérieure.

Bien que le sommet du tank soit plus ou moins fermé avec des panneaux de plexiglas, dès l’instant où les 5[m/s] sont atteints, l’atmosphère devient un peu plus humide. Et il convient de protéger le matériel informatique à proximité.





Premier test … ou pas

6 04 2011

Frienz, Auckland, 6 avril 2010, 18h36 (GMT+12)

Hier soir, après quelques verres à la Cassette Number Nine, à Vulcan Lane, retour au bercail dans la cour intérieure pour siroter quelques verres de ginto, moins le tonic, plus la limonade. La discussion se déroule dans un mélange franco-germano-english, mâtiné de quelques expressions latinos, et divaguent entre les sujets backpackers : South Island, camper-van, tramping, et petits potins du backpack. Vers minuit, nous sommes éconduits de ce charmant endroit pour ne pas déranger les braves gens qui dorment. Alors que nous montons sur la terrasse au cinquième, je profite de m’esquiver pour rejoindre mon lit.

Levé en plein forme, revigoré par une bonne douche froide et un superbe petit déjeuner, je me réjouis de cette journée où les premiers tests seront effectués. Juste avant de partir, je me rappelle que le dispositif expérimental n’est pas complètement prêt et qu’il faut encore monter une barre d’aluminium sur laquelle sont fixés les capteurs de déplacements (LVDT). Or, comme le tank, où se trouve la machine, est déjà rempli d’eau, le montage de la barre ne sera pas des plus simples. Je récupère mon maillot de bain, au cas où il faudrait se mouiller Sur le chemin me menant à IRL, Mark me récupère dans sa voiture alors que nous attendions tout deux que le feu passe au vert. Au lieu d’arriver du côté des entrepôts, j’arrive pour la première fois par l’entrée officielle, qui est bien plus pimpante.

Industrial Research Limited : entrée principale

3 étages plus bas, Tom nous y attend déjà. Je profite qu’il discute avec Mark à propos de son article pour prendre quelques photos des panneaux instrumentés, car personne ne connaît quelle allure ils pourraient avoir à la sortie des essais, après avoir subi un certain nombre de chocs, plus ou moins forts,  avec l’eau. 9h30 : il est temps de passer aux choses sérieuses. Avec Tom nous entrons, pieds nus, dans le tank. De manière un peu acrobatique, afin de ne pas se mouiller, nous grimpons sur la cage, entourant le dispositif de tests, dont seul un rebord n’est pas recouvert par l’eau. La place étant plus que comptée pour deux personnes, avec une petite hauteur sous barrot nous sommes obligés de travailler accroupis.

Et un écrou, un, qui ne sait pas nager. Il coule devant notre regard médusé. L’IRL étant un centre de recherche collaboratif entre l’Université d’Auckland et des industries, qui abrite la machine, seuls les outils nécessaires à son fonctionnement y sont présents. Les pièces de remplacements, petites visseries et autres outils se trouvent au CACM, à 20 minutes en voiture. Après avoir encore quelque peu tergiversé sur la meilleure manière de mettre en place cette fameuse barre porte-LVDT, je sors du tank pour chercher les clefs à molette. Le temps de descendre l’échelle, j’entends un petit « plouf ». Passant devant la fenêtre, permettant d’observer l’intérieur du réservoir, un regard confirme mon inquiétude : Tom hausse les épaules, et pointe du doigt la barre, reposant nonchalamment au fond du réservoir.

Bref, j’attrape les clefs à molette, troque mes habits contre mon maillot de bain. Je plonge, récupère la barre et l’écrou. L’eau n’est pas très chaude : si les 15’000 litres ont eu le temps depuis hier de se thermostatiser à température de la salle, elle doit être de 18-19°C. Par ailleurs, j’ai déjà connu de meilleurs bains, cette piscine étant quelque peu mal entretenue : les micro-organismes végétaux colorent les parois blanches du tank d’un joli beige, virant sur le vert pâle. Tant qu’à être mouillé, je reste au fond du tank pour voir ce qui cloche dans le positionnement de la barre. Tout devient plus facile quand l’ensemble du dispositif est visible: la barre est trop longue : à première vue, seuls quelques millimètres sont en trop.

Ce que l'on ne ferait pas pour la science

Comme la modification est mineure, nous l’effectuons à IRL : une lime, de l’huile de coude et une petite demi-heure plus tard, la pièce est raccourcie. Nouvelle immersion dans l’eau, mais à nouveau, la barre ne rentre pas dans le dispositif : un des angles est remis en cause, il est nécessaire de l’arrondir, et la même extrémité doit être raccourcie de 3-4 millimètres supplémentaires.

Après avoir dégoté une veille scie à métaux qui traîne dans un coin l’usinage peut commencer. La lame rouillée ne résistera pas longtemps aux efforts conjugués d’un kiwi et d’un valaisan. Toutefois, l’inventivité helvético-néo-zélandaise triomphera, tout en confirmant l’adage que rien ne résiste à la douceur. La solution :

  1. A l’aide d’un des angles de la lime, utilisé comme une scie, entailler l’aluminium sur une profondeur de 1 ou 2 millimètres selon la découpe à effectuer
  2. Utiliser une clef à molette pour plier et déplier l’aluminium. Ce  mouvement de va et vient va fatiguer le métal, et finalement un petit volet de la largeur de la clef va se détacher
  3. Effectuer l’opération 2 autant de fois que nécessaire pour « découper » les parties excédentaires
  4. Fignoler le travail à la lime, si le temps le permet (ce qui n’est pas le cas)

Le résultat est un peu rustique, mais elle possède les bonnes dimensions. Il ne reste plus qu’à percer deux trous pour passer la vis, avant de mettre en place la pièce. Les écrous serrés, la voilà scellée pour la durée des tests. Bien qu’il commence à faire un peu frisquet dans l’eau, j’y reste encore une vingtaine de minute le temps de fixer les LVDTs sur la barre et récupérer les deux vis et la clef Allen que Tom précipitera dans l’eau par maladresse. Dernière étape, monter les capteurs de pressions, rassembler les câbles épars pour en faire une unique torche, et le dispositif est prêt à recevoir un panneau.

La partie la plus délicate consiste à amener le panneau mesurant 110 [cm] x 55 [cm] dans le tank, sans que le gros cordon gris ne glisse de la surface, tombe à son tour à l’eau humidifiant les connecteurs. Il est alors déposé dans deux sangles, comme un bébé dans son berceau. Il ne reste alors plus qu’à tendre les spansets et plaquer l’échantillon contre le support.

Panneau instrumenté : trois jauges de contraintes sur la face supérieur, trois capteurs de pression et une jauge de contrainte sur la face inférieur qui sera en contact avec l'eau.

Simple, beaucoup trop simple. Tout ne pouvait fonctionner aussi facilement que ça. Effectivement, alors que Tom et moi nous nous activons à tendre les deux sangles, le panneau ne se montre pas coopératif, opposant de plus en plus de résistance. Un rapide coup d’œil dévoile que l’échantillon n’est pas en place, mais que les capteurs de pression touchent déjà le support. Quelques minutes plus tard, Tom tilte. Avant l’instrumentation, il a confirmé à Erwan et moi que les capteurs sont placés à 35 millimètres du bord, valeurs qui correspondent à celle trouvées dans ses papiers et sur les schémas. En réalité, cette distance ne doit pas être mesurée à partir du bord du panneau, mais à partir du bord du support. Tom, habitué à cette machine, avait complètement oublié de nous mettre au courant : les capteurs sont trop proches du bord du panneau. Les essais sont reportés, une cellule de crise est montée.

Un bon quart d’heure de cogitation est nécessaire à trois cerveaux pour trouver la solution. S’il s’agit de la plus évidente : déplacer les capteurs, de nombreuses questions se sont posées sur l’influence des trous par lesquels passent les capteurs de pression, sur la suite des expériences. Toutefois, la chance est avec nous, car l’ancienne position des capteurs ne devrait pas influencer les résultats.

Après un petit casse-croûte à 13h00, retour au CACM. Je lance l’opération « instrumentation : le retour ». Callum, mon technicien préféré, est rapidement mis au courant. Il est bien sûr enchanté d’une part de fraiser 10 nouveaux trous dans des panneaux, déjà instrumentés, opération bien plus délicate que la dernière fois, et d’autre part d’usiner les 10 chanfreins, avec un outil dont le tranchant est émoussé par la première phase d’instrumentation.

Ah oui, j’allais oublier la bonne nouvelle de la journée, j’ai enfin reçu l’adhésif pour coller le restant des jauges sur les panneaux. Comme quoi, il ne faut pas complètement désespérer. Promis, juré, la prochaine fois que je vous parle de mon travail en longueur, ce sera avec des résultats et des grosses éclaboussures.





Parnell & Newmarket

22 03 2011

Frienz Backpacker, Auckland, 22h30

Dîner sur le pouce. Nous rejoignons Tom à l’Industrial Research Limited, là où se trouve la SSTS, pour lui donner un coup de main. En effet, ce matin, il a vidangé les 22 mille litres d’eau de la cuve pour nous permettre de rentrer à l’intérieur et changer l’angle du support, de 10° à 20°. Cette opération prend du temps, car il est nécessaire d’enlever toute l’instrumentation, retirer 4 grosses vis, roter le support et enfin le visser à nouveau. Par ailleurs, l’angle ayant changé, il est nécessaire de modifier encore le support d’un capteur, et prendre quelques mesures pour découper les échantillons aux dimensions finales. Retour au CACM pour effectuer ces quelques manipulations, avec Erwan nous profitons encore de prendre un peu d’avance sur le collage des jauges de contraintes, qui nous permettront de connaître la déformation de la peau et bien entendu les contraintes dans les panneaux : notation des emplacements, préparations des surfaces …

17h00. Retour sur Auckland. Erwan me ramène et me dépose dans le quartier de Parnell, où il habite, et que j’ai décidé de découvrir en même temps que celui juxtaposé de Newmarket. Il s’agit d’un des plus vieux quartiers de la cité, et, à ce titre, il possède encore un certain nombre de bâtiments de l’époque. La visite commence par la cathédrale Holy Church, de facture moderne, qui possède de magnifiques vitraux éclatants. A côté, l’église St Mary’s, construite en bois dans un style renaissance gothique, flamboie de blancheur sur le fond couleur brique du chœur de Holy Church Cathedral.

En descendant Parnell Road, j’observe Kinder House, une maison construite en pierre basaltique  en 1857, ayant appartenu au Révérend Dr John Kinder, avec un joli petit jardinet. En contrebas, dans Ayr street est situé Ewelme Cottage, construit en 1864, qui est étonnamment bien conservé. Ces deux bâtisses se visitent cependant uniquement jusqu’au milieu de l’après-midi. Je reviendrai sûrement un ouikènne pour les observer plus particulièrement, en faisant un petit saut jusqu’au bout de Newmarket où se trouve une maison de style gothique Carpenter plantée, paraît-il, au milieu d’un paysage luxuriant.

En remontant en direction de Parnell Rose Gardens, je me perds dans les faubourgs du quartier et découvre de typiques petites ruelles qui se perdent dans l’ombre de la végétation importante ou encore de celle de la colline. Une bâtisse fait tache avec son air mi-italien, mi donjon fortifié ; elle ne démérite pas son nom de « Palazzio » qui orne son fronton. J’aime bien son petit cachet vieillot. Le jardin se révèle un lieu calme, malgré la route qui passe à côté. Les senteurs humées me sont connues, pas comme celles de toutes les espèces que j’ai croisées ces derniers jours. De Dove Myer Robinson Park, la vue se perd entre deux arbres dans le bleu grisé de Judges Bay.

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Retour à Frienz, en passant par le supermarché, une bonne tortilla pour manger, une petite présentation à finir pour le travail, puis au lit.





Back to work

21 03 2011

Hier soir, avant de remonter sur Mt Eden, j’ai téléphoné au Dr Mark Battley, Senior Research Assistant, qui m’accueille au Center for Advanced Composite Materials à l’Université d’Auckland. Il passe me chercher ce matin vers 9h, pas trop dur pour un premier jour de travail.

Un peu avant 10h, arrivé sur le Campus de Tamaki, situé dans le sud d’Auckland, il me présente aux ingénieurs du laboratoire avant de récupérer leur nouveau jouet : une caméra à haute vitesse. Nous repartons alors en direction du centre d’Auckland, là où est logée la machine sur laquelle je vais travailler. Son doux nom : SSTS Machine, acronyme de  Servo-hydraulic Slam Testing System. Sous ce nom barbare se cache une presque merveille technologique qui permet de simuler un impact de type vague sur une plaque structurelle de grande dimension (1030 x +/- 600 mm). Sur le chemin pour y aller, Mark me fait faire un peu de tourisme pour découvrir Mission Bay, la plage où, par temps ensoleillé, les néo-zélandais vont se baigner et Hodson Bay, une gigantesque marina protégée par une digue sur laquelle passe une route.

Une fois arrivé à destination, Mark me présente deux de ses assistants, l’un, Tom Allen que je connaissais via courriel, un néo-zélandais pure souche, l’autre, Erwan, un français de Montpellier, ayant effectué son master au CACM et occupant actuellement le poste d’associé de recherche, jusqu’à mi-avril, avant de parcourir l’Asie pour les 6 prochains mois. Au menu de la journée, présentation de la machine à quelques assistants du laboratoire qui ne l’avaient encore jamais vue en réalité, ainsi que quelques tests pour filmer à haute vitesse. Excellent premier contact avec les bêtes. Pour les photos, il faut que je demande à Mark si je peux en poster au moins une sur ce blog.

Retour l’après-midi au Campus, avec une petite visite à la clef, le temps de grignoter nos sandwichs. L’Université est particulière, tous les cours d’ingénierie sont donnés sur l’Epsom Campus, la majeure partie du département de mécanique se trouve encore sur le Campus d’Auckland. Le bâtiment voisin du CACM est un département consacré à l’œnologie. Les ingénieurs sont en train de presser le moût et observer le vieillissement en fût de chêne d’autres vins. Bref, très surprenant.

Ce soir, retour sur Auckland avec le bus de l’Université qui relie le Campus de Tamaki à celui d’Auckland, puis je monte au Frienz, mon nouveau backpack, situé au centre ville, plus proche des commodités, et surtout, plus proche de mon travail. Mission ravitaillement de mon frigo en arrivant, puis je me cuisine un petit émincé d’agneau aux poivrons et tomates, avant de vous mettre au courant de ces derniers jours. Première impression sur ce nouveau logis, un peu plus « auberge espagnole » que l’autre, un peu plus bruyant mais tout aussi sympathique.