Rapport, fishmarket and One Tree Hill

8 05 2011

Frienz, Auckland, 8 mai 2011, 20h40

Encore une journée de rédaction, malgré le soleil qui brille dehors. Heureusement que la luminosité n’atteint pas la salle dépourvue de fenêtre où je suis en train d’écrire. Le travail avance plutôt bien, bien que les phrases aient parfois de la difficulté à naître. Je me permettrai deux pauses, pour quand même profiter de la douceur de cette fin d’automne.

La première en fin de matinée m’amènera jusqu’à Auckland Fish Market. Je voyais déjà la criée, les cageots remplis de poissons, les grossistes surenchérissant, … Et bien non, comme beaucoup de noms trompeurs en Nouvelle Zélande, Auckland Fish Market n’est pas une criée. Je suis rentré en plein par la poissonnerie, où les poissons, crevettes, … sont présentés sur leurs lits de glace dans d’immenses étals réfrigérés, les crustacés encore plongés dans des bassins où l’eau ne cesse d’être renouvelée. Odeur, couleur, ambiance de la pêche sont plus que présentes, un vrai plaisir pour les sens. Plus loin, un autre stand présente steaks et filets de poissons, au naturel ou fumés, enfilés sur des brochettes ou simplement en sauce cocktail, …

Auckland Fish Market

A côté de ces deux seuls et uniques stands vendant du poisson, une épicerie vend quantité de produits aux noms et aux provenances alléchantes, chutney préparé avec soin, miel de fleurs recueilli sur South Islands, bonbons artisanaux, étals de fruits et légumes, … un petit café sert ses clients assis tranquillement autour d’une immense table de bois massif, ou confortablement installés dans des canapés; un traiteur apprête produits marins ou ovins en de succulents mets, dont les odeurs agacent mon estomac. Je ne quitterai pas l’endroit sans avoir acheté un petit steak d’hapuka.

Après avoir passé le début d’après-midi sur mon texte, je repars en fin d’après-midi avec François-Xavier, Anna, Pavel – un tchèque rencontré quelques semaines auparavant – et un français tout juste débarqué, direction One Tree Hill. Petite balade sympathique sur les flancs de ce volcan, occupé par le grandiose Cornwall Park. Les arbres que j’avais vu verdoyant à mon arrivée, ont aujourd’hui perdu quelques feuilles, alors que la plupart des autres ont déjà viré au brun.

One Tree Hill, enfin ce qu'il en reste depuis que des maoris ont coupé l'unique pin à coups de machette

Excellente petite balade pour se changer les idées. Repas commun avec François, au menu : steak d’hapuka, kumaras à la poêle, salade de tomates, … un vrai régal.

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Waiheke Island (day 2) – Stoney Batter & Man’O’War Bay

3 04 2011

Pour commencer l’aventure, rendez-vous ici.

Onetangi Beach (Waiheke Island), 3 avril 2010, 10h10

Hier, la soirée s’est déroulée de manière fort agréable, attablé dehors sur la terrasse, avec un kiwi, en vacances sur l’île, et un jeune couple d’anglais. Parmi la discussion, le sujet des marches, à nouveau le Tangariro Alpin Crossing sort en tête avec ses paysages lunaires et volcaniques. Définitivement à faire.  Vers 11h00, je me retire dans mon dortoir ; dehors la musique est toujours aussi forte. Début de nuit plutôt brillante, mais je m’endors rapidement comme un loir.

La terasse de Herekua Lodges

Ce matin, levé vers 7h00, départ vers 8h00, direction Palm Beach. Objectif : une petite baignade matinale pour se réveiller. Je continue ma promenade côtière en rejoignant Onetangi, par Ocean View Road, mais dont seulement le nom annonce une vue magnifique sur l’océan. Toutefois, la vue sur l’intérieur des terres est exceptionnelle : au loin, divers monts aux formes arrondies, plus proche quelques maisons éparses dont les toits pointent à travers les forêts. Onetangi est la plus grande plage de Waiheke : sable blanc, petits rouleaux qui viennent s’y briser, bachs faisant face à la mer, … un véritable lieu de villégiature.  Je profite d’un des deux petits café-bar pour siroter un véritable ice-chocolate, avec sa boule de glace vanille. Une petite baignade pour se rafraîchir à l’heure de l’apéro  et je reprends la route, direction l’extrémité est de l’île où se trouve le fort de Stony Batter.

Onetangi Beach

Frienz, Auckland, 3 avril 2010 20h30

Sur le chemin, je profite de traverser la réserve forestière d’Onetangi, un refuge pour nombre d’oiseaux, ainsi que des Kauris – une espèce menacée d’arbre local. Située en contrebas de la route, le bruit des véhicules est rapidement amorti dans la végétation, et l’on se retrouve comme seul au monde à avancer sur un chemin quelque peu boueux.  Encore plus qu’ailleurs, en raison du silence, le chant des oiseaux retentit, toujours aussi inconnu. J’aurai à peine le temps d’apercevoir deux volatiles, dont l’un arbore des plumes jaunes et oranges, avant qu’ils ne disparaissent dans la végétation. Même en restant immobile de longues minutes, rien ne bouge, les animaux ayant senti l’intrus présent dans leur domaine.

Finalement je ressors du côté est de la réserve, sur Waiheke Road. La vue est imprenable sur les monts et les vaux aux formes douces se dressant à perte de vue. Je longe la route en espérant tant bien que mal être pris en stop pour rejoindre Stoney Batter. La route qui y mène quitte alors la route principale et se transforme en chemin de terre battue. Au bout d’une bonne heure à admirer le paysage : moutons, vaches, prairies, quelques bosquets de végétaux exotiques, une paire de couple m’invite à monter dans leur jeep, et me déposeront au niveau de la route qui mène à Stony Batter. A titre d’information, durant la deuxième guerre mondiale, un fort pour protéger Auckland y fut construit : q il possède le plus grand complexe souterrain militaire de la Nouvelle-Zélande.

Intérieur des terres sur l'est de Waiheke Island

Une petite dizaine de minutes plus tard et j’arrive enfin dans les prairies qui ont donné le nom au fort. Ces dernières sont recouvertes de pierres ovoïdes, recouvertes de marbrures blanches, de différentes tailles. Ces pierres sont les résidus de lave qui coulèrent du volcan il y a 70 millions d’années. Elles doivent leurs coulures blanche à l’eau acide qui gouttait de la canopée de la forêt lorsque cette dernière recouvrait l’île. Il s’agit d’un phénomène unique dans la région d’Auckland, de même que leur pierre basaltique qui se trouve plus habituellement près de Warkworth. Ce paysage, complètement irréaliste pour un européen, est splendide. Au loin, depuis les Coromandel, le vent pousse les nuages ainsi qu’un rideau de pluie dans notre direction.

Une pierre de Stony Batter, couronnée par votre conteur

J’aurais pu rester des heures à le contempler, toutefois ayant entraperçu une fille et ses parents déjà âgés, je suis persuadé qu’ils sont venus en voiture. Je les rejoins donc au niveau du parking et leur demande s’il est possible de me faire un brin de conduite, ce qu’ils acceptent immédiatement. Dans la voiture la discussion, comme à l’accoutumée, va bon train avec les présentations, le pays d’origine, le pourquoi du comment, … j’apprends d’ailleurs que la mère a fait toutes ses études à Vevey. Toutefois, le temps me manquera pour lui en demander les raisons, car nous arrivons à Man’O’War Bay, ma prochaine étape. Man 'O' War Bay, avec son débarcadère

Le temps de faire une petite esquisse de la baie où Cook ravitailla le HMS Endeavour en eau, au lieu dit « The Black Rock » sur lesquels je passerai après et la pluie arrive. Je me réfugie, dans une petite masure où la cave Man’O’War propose une dégustation gratuite. A la traditionnelle demande de ce que je voudrai déguster, je réponds simplement à la demoiselle, qu’elle connaît sûrement mieux l’ordre que moi. Résultats, je dégusterai l’ensemble des vins proposés. L’encaveur propose la gamme traditionnelle « Man’O’War », ou celle plus select appelée « Black label »  pressée avec les plus beaux raisins, et portant à chaque fois un nom :

  • Sauvignon blanc, Waiheke 2010 : très fruits exotiques au début, toutefois un peu court en bouche avec un arôme particulier sur la fin.
  • Sauvignon blanc Gravestone, Waiheke 2010 : composé à 70% de Sauvignon blanc, et 30 % de Sémillon. Son goût plus sauvage se termine avec un final d’herbe fraîche. Excellent, les arômes restent présents très longtemps.
  • Chardonnay 2009, composé à 70% de vin vieilli dans une cuve et de 30% vieilli en baril. Relativement doux, avec un chêne très fondu dans l’ensemble. Un peu acide en finale.
  • Chardonnay 2009, Black Label, élevé complètement en fût de chêne,  note de grapefruit. Il mérite d’attendre encore un peu.
  • Pinot Gris 2010, très charmeur, sucré, très proche des pinots gris alsaciens. Pour moi le vin où j’ai le plus retrouvé l’Europe à l’intérieur.
  • Pinot gris, Exiled, 2010 : composé d’un clone du Pinot Gris qui permet une vendange plus tardive en préservant les grains de la pourriture. L’attaque est très sucrée, avec un palais un peu minéral. Arôme d’épices (gingembre, cannelle). Il serait excellent avec un foie gras.
  • Merlot-Cabernet Franc (42% de Merlot, 27% Cabernet, 19% Malbec, 12% Cabernet Sauvignon). Vin à boire jeune, relativement léger. Parfais pour l’été.
  • Merlot-Cabernet Ironclad (52% Merlot, 27% Cabernet Franc, 10.5% Malbec, 9% Petit Verdot 1.4%  Cabernet Sauvignon). Elevé en fût de chêne provenant à 80% de Bordeaux. L’attaque, un peu terreuse, est très complexe : fruits rouges avec prédominance cassis. Tannique juste comme il faut pour accompagner un bon pavé de bœuf.
  • Syrah Dreadnought, 2008 : très Syrah au nez, équilibrée. Toutefois, très, trop courte. Nos valaisannes restent définitivement meilleures.

Je quitte Man’O’War Bay, en prenant un petit chemin parcourant l’Estran et les célèbres « Black Rock » où Cook s’est ravitaillé. Toutefois, je n’apercevrai pas le moindre court d’eau. Je remonte de l’autre côté de la pointe et rejoins la route qui va me ramener de l’autre côté de l’île. Alors que j’imaginais qu’elle parcourait les crêtes comme celle m’ayant amené depuis Onetangi, le paysage est moins plaisant, et ce n’est que rarement que je me retrouve au soleil, avec vue sur le paysage. Bien entendu, les voitures empruntant cette route sont rarissimes, je n’en croiserai que quatre sur les deux heures. Par chance, la cinquième s’arrête et me ramène jusqu’à Oneroa.

Îles d'Hauraki Gulf

Une dernière baignade, dans une mer agitée par le vent d’ouest, puis je descends à Matirait Wharf prendre le ferry qui me ramène à Auckland.

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Waiheke Island (day 1) : Fossil Bay, Goldwater, Te Whau

2 04 2011

Ecrit à Lazy Lounge, Oneroa, 2 avril 2010,  20h30

Après une excellente soirée passée sur la terrasse en compagnie d’un frouse, de deux tchèques et d’une anglaise, ainsi qu’une mission ravitaillement à SuperLiquor : les quelques bières étant parties plus rapidement que prévue et/ou – souligner ce qui convient – la soirée s’étant prolongée quelque peu.

Levé plus tardif que prévu vers 8h45. Après un solide petit déjeuner, eggs ‘n’ bacon, j’attrape mon sac à dos puis m’en vais prendre le ferry de 10h00, direction Waiheke Island. Le temps est idéal, avec un ciel bleu prévu pour les deux jours, avec éventuellement l’arrivée de nuage dimanche en fin d’après-midi. Les 35 minutes de la traversée me permettent de planifier quelque peu les endroits à visiter sur l’île, ainsi que l’encaveur chez qui le devoir m’appelle pour déguster son vin.

Browns Island, toutefois un brin trop verte

Sitôt débarqué, je trouve un prospectus avec quelques petites marches proposées sur le côté ouest de l’île. L’une d’elle débutant juste à côté du Wharf, je n’hésite pas une seconde à quitter la horde de touristes s’engouffrant dans la shuttle pour Oneroa. Je longe tout d’abord la grève, avant de gravir quelques cailloux sur lesquelles ont poussé en grappe les coquillages. Le chemin empruntant l’estran, et la marée basse étant déjà passée depuis deux bonnes heures, je quitte le tracé officiel et grimpe une abrupte dérupe recouverte d’herbes grasses. De l’autre côté de la tête, je rejoins le chemin officiel, maintenant situé en dehors de l’estran. Tout au long de la promenade, la vue est magnifique côté mer : grandes ou petites baies aux eaux turquoises, petites îles visibles à l’horizon, récifs épars recouverts par l’écume, … Côté terre, le paysage est partagé entre végétation sauvage, arbustes épineux, herbes couchées par le vent aux senteurs marines et maisons de millionnaires arborant de gigantesques baies vitrées, dressées dans des jardins tirés au cordeau, quadrillés d’olivier. Le contraste est saisissant.

Entre végétation sauvage et jardins aux oliviers quadrillés

Après Owhanake Bay, où nombres de navires à l’ancre sont bercés par les vagues, je traverse à travers les terres pour atteindre la côte nord et Island Bay. D’île, elle ne possède que le nom à marrée basse : elles – très petites îles, parfois constituées uniquement d’un ou deux arbres poussant sur un rocher  – sont presque toutes atteignables à pieds. Alors que j’imaginais le relief de Waiheke peu escarpé, depuis le début je ne cesse de monter, descendre, prendre de la hauteur que pour mieux redescendre au niveau de la plage. Je gravis, cette fois-ci, un escalier, pour rejoindre la crête d’une pointe s’avançant dans la mer. Depuis son extrémité, la vue sur Fossil Bay, présentant des eaux aux couleurs de paradis, est splendide. Toutefois, il est impossible de s’aventurer à pied dans cette petite baie, bien dommage.

Fossil Bay, aux eaux couleurs paradis

Je rejoins Oneroa en passant, petit pincement de cœur, à travers mon premier vignoble néo-zélandais : Fossil Bay Wineyard, appartenant à l’Université d’Auckland. Elle doit sans doute être travaillée mécaniquement, à observer la distance entre deux lignes. Toutefois, au hasard de mes pérégrinations, il semblerait que cette méthode soit généralisée sur l’île.

Fossil Bay Wineyard

Un petit passage par l’iSite pour récupérer un plan de l’île un chouïa plus détaillé que celle existant dans le Lonely ou que l’on m’a fourni à mon arrivée. Je monte alors dans un bus, direction Goldwater pour une petite dégustation. Dans les vignobles attenants, les vendanges ont déjà eu lieu, aucune grappe ne pend plus à la vigne et les filets sont relevés. Quand à la raison du choix de la cave, j’ai préféré Goldwater aux autres, car d’une part ils sont les premiers à avoir planté des vignes sur Waiheke, et d’autre part ils font parties des 1001 vins à goûter dans sa vie.

La salle de dégustation, qui fait aussi office de magasin, est située dans un hangar où sont présentés divers outils du vigneron, les principaux crus, ainsi que l’huile d’olive qu’ils produisent. La gente demoiselle, arborant des boucles d’or, un sourire enchanteur, ainsi qu’un t-shirt orné du logo de la cave, ne pouvait pas me laisser indifférent – lequel des trois, à vous de le deviner.

Au|H2O, le symbole chimique de Goldwater, où Au est le symbole de l’or (Gold) et H2O la représentation du composé aqueux (water).

Je la plongerai d’ailleurs dans l’embarras en lui demandant de la prendre en photo, pour son t-shirt, devant un certain nombre de personnes, dont certaines participaient à un enterrement de vie de jeune fille.  Enfin, revenons à nos moutons :

  • Sauvignon Blanc, 2010,  issu des vignes du Marlborough : très fruité
  • Chardonnay 2010, Waiheke, élevé en fût de chêne. A mon avis beaucoup trop jeune, le chêne n’est pas du tout fondu. Toutefois d’ici 2 à 3 ans il devrait être excellent
  • Rosé de Waiheke, le vin que j’ai le moins apprécié
  • Cabernet-Merlot de Waiheke, 2007, issu de vignes plantées en 1983. La grande surprise de la journée : présentant un excellent bouquet, son arôme est puissant et présent longtemps en bouche. Très loin de ce que l’on ressent habituellement avec les rouges kiwis ou australien
  • Syrah de 2010, élevée en fût de chêne, vigne de 1983 également. Beaucoup trop jeune, avec une forte attaque en début, pareil à une explosion de saveurs, mais très courte.  Un peu dommage.

Après un petit tour sur la colline recouverte de vigne, et je rejoins la route principale pour gagner le village historique de l’île. J’arpente le chemin bitumeux le pouce levé. Peu de succès jusqu’à ce qu’une voiture fasse demi-tour sur la route, se maintient à ma hauteur alors que le copilote me lance « D’you’ll a drive ». Sitôt monté, les deux kiwis me demandent prénom et pays d’origine avant de me filer une Stèn’, comprendre une bouteille de Steinlager, bière emblématique de Nouvelle-Zélande.  Ils me déposent devant le musée, avant de repartir par où ils sont venus pour poursuivre leur route.

Le petit musée présente divers objets de la vie quotidienne de l’île, regroupés par thèmes historiques. Tout débute bien sûr par la civilisation maorie qui s’est installé dans de nombreux Pa sur les hauteurs de l’île. Haches en pierre polies, pieux pour jardiner, ainsi qu’un magnifique Hei-Tiki sont présentés. De Hei le cou, ce pendentif représente Tiki, l’ancêtre de tous les genres humains. Ce bijou est finement ciselé dans la pierre verte océanienne, que certains nomment à tort le jade. Afin d’arriver à un résultat si propre et détaillé, le travail a dû prendre près d’une année. En effet, les maoris ne connaissant que la pierre, le bois et les os, et cette pierre étant une des plus dure, il a fallu beaucoup de patience pour polir ses diverses enjolivures, percer les trous en frottant avec un bâton en bois. Les autres thèmes abordés dans le musée sont liés à l’arrivée des européens avec l’exploitation de la laine de mouton, le bois de charpente et de cheminée, ainsi qu’au transport maritime, Waiheke restant une île. Finalement le début du XXe siècle est raconté à travers divers bachs historiques déplacés autour du musée. L’un présente les habillements, les jouets, l’infirmerie, un autre les tâches quotidiennes comme la lessive à la main ou encore  la vaisselle, avec la présentation d’une des toutes premières machines a laver. Mon préféré reste le troisième bach, le plus vieux de l’île construit en 1935 avec un mobilier original, et l’absence complète d’électricité, cette dernière étant arrivée sur l’île uniquement en 1957. Et finalement, un dernier coup d’œil à l’ancienne cellule de détention de la police de l’île est nécessaire : elle fut ramenée au musée en 2008.

Je prends alors congé du vieux monsieur m’ayant si bien conté diverses légendes maories et expliqué leur histoire, et montré les traces rémanentes de leur présence sur un Pa visible depuis l’une des fenêtres. Je reprends mon chemin, direction Te Whau Garden, un jardin de forêt vierge agrémenté de quelques sculptures. Il faut savoir que Waiheke, en dehors de ses millionnaires, est connue pour sa scène artistique (peinture, sculpture, ou encore musique). A nouveau je tente de faire du stop, une jeep décapotable conduite par une mère, accompagnée de se fille, s’arrête dans un crissement de pneu à ma hauteur, me demande où je vais, et redémarre aussitôt, en ayant juste le temps de dire que ce n’est pas sur leur chemin. Je reprends alors le mien, quand je vois surgir à nouveau la même voiture. Elles me font signe de monter et m’annoncent tout simplement qu’elles s’étaient rendues compte qu’elles pouvaient faire un petit détour pour me déposer. Conduisant à tombeau ouvert, les gravillons sont éjectés du dessous des roues, j’enlève ma casquette pour ne pas la perdre. Elles finiront par me déposer à 50 mètres de l’entrée du jardin. Himmel, Arsch und Zwirr, ce dernier est fermé jusqu’au 1er décembre.

Marcher, encore et toujours sur le chemin bitumeux

Qu’importe je reviens sur mes pas, et descends jusqu’à Omiha Bay en passant par la réserve forestière de Kuakarau Bay, avant de longer le rivage. A Omiha Bay je remonte à travers le Whakanehwa Regional Park, un petit chemin serpente à travers la forêt composée en grande partie de diverses fougères géantes, de palmiers et de quelques feuillus inconnus. Une grosse heure de marche plus tard, je rejoins une route, sans avoir vu les cascades du parc régional. Toutefois, je n’aurais pas tant de regret car il paraît qu’elles sont un peu asséchées par le manque de pluie de cet automne.

Il me faudra une bonne heure de marche avant qu’un jeune néo-zélandais ne me prenne en stop et me ramène jusqu’à Little Oneroa Beach. De là, je gagne mon backpack en empruntant un petit sentier zigzaguant dans une forêt. La maison blanche, pourvue d’une gigantesque terrasse et d’une piscine ronde, est entièrement entourée d’arbres ; seule une petite clairière occupée par quelques tentes en est exempt. J’y dépose mes affaires, ne garde sur moi que l’essentiel, carnet de croquis, appareil photo et affaires de bain.

Première opération de ce début de soirée : goûter à Oneroa Beach, l’une des trois plages les plus réputées de Waiheke. Je commence par Little Oneroa, avant de gagner la plus grande située à l’ouest, déjà recouverte par le voile de la nuit. La voie la plus direct passe  par les flancs d’une pointe rocheuse, cachant  une petite crique à moitié découverte par la marée descendante.  Des deux, Oneroa possède un sable plus fin, véritable tapis moelleux, mais la première a l’avantage d’être dardée par les derniers rayons soleils.

Oneroa Bay avec sa plage de sable fin

Après ce petit bain, il est temps d’aller me restaurer. Je regagne Ocean View Street et tombe sur le Lazy Lounge, un café-bar situé au premier étage d’un bâtiment repeint en bleu et rouge, rehaussés de blanc pour les encadrements de fenêtre et les balustrades.

Au menu, j’y dégusterai  le Lazy Bugga Burger, servi dans un pain carré à la croute dorée – quel plaisir que de croquer dedans – renfermant un bel hamburger placé entre bacons, tomates, et fromage fondu, accompagné d’une platelée de grosses frites très croustillantes. Un vrai bonheur. Pour arroser le tout la Black de Monteith’s, une bière de style Stout, puis une petite Spring de Mac’s bien plus légère pour finir la soirée.

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Ecrit à Hekerua Lodges, (Oneroa), 2 avril 2010, 22h10

Retour au backpack de nuit. Sitôt le centre du village quitté, les lampadaires se font plus rares, et l’obscurité règne en maître sur de larges espaces. C’est la première fois que je peux admirer les étoiles de l’autre hémisphère, habituellement cachées par les lumières d’Auckland. Un véritable bonheur que d’observer cette Croix du Sud, tant rêvée et tant contée par les navigateurs. J’emprunte de nouveau le petit chemin perdu dans la forêt, que je suivrai tant bien que mal, éclairé par la lueur bleutée de l’écran de mon appareil photo – la lampe de poche étant restée dans mon sac.

Quand j’arrive, la maison est baignée dans une douce musique, dans le plus pur style bouddha bar, les guirlandes de Noël scintillent en rythme sur le balcon, et quelques lumignons dispensent une touche orangée. Ambiance sympathique, très baba cool. Mais à quoi s’attendre d’autre avec les quelques statuettes de bouddha, les peintures peace ‘n’ love, le sentiment d’être perdu au milieu de nulle part, sans lumière visible, …





Devonport

29 03 2011

29 mars, Frienz, Auckland, 22h18

Question boulot au CACM, j’ai rajouté quelques pages et quelques figures à mon rapport. Sur le projet impliquant ma présence à Auckland, la forme des adaptateurs pour les capteurs de pression est finalisée et validée. Callum, un des mécaniciens, est en train de les usiner aujourd’hui. Demain, les panneaux seront percés, les adaptateurs montés à l’intérieur, une partie des jauges de contraintes collées. J’espère pouvoir faire les premiers essais au début de la semaine prochaine.

Emirates Team New Zealand

Emirates Team New Zealand

Après avoir rapidement vu Mark Battley en début d’après-midi pour discuter de la suite, au lieu de me mettre en position d’attente au labo, et surtout comme le soleil brille dehors, je prends un petit après-midi de congé pour aller visiter Devonport. J’embarque sur le ferry qui me mène sur la rive Nord de Waitemata Habour. Durant la traversée, j’ai le plaisir d’admirer à tribord Emirates Team New-Zealand, un ancien IACC, et sur bâbord, un peu plus loin un AC 45, prénommé Artémis.

AC 45 : Artemis

A peine débarqué, un petit passage par le iSite, l’office du tourisme en Nouvelle-Zélande, puis je pars à la découverte du quartier, depuis le lieu de débarquement des premiers colons à Aotearao en direction de North Head. La ballade commence en longeant le bord de mer sur King Edward Parade, où deux maisons jumelles de style victorien peuvent être admirées. Construites dans les années 1900, elles furent ensuite réquisitionnées par la Navy pendant la deuxième guerre mondiale pour y loger les soldats. Elles ne furent rendues à l’utilisation civile qu’en 1990. Côté mer, quelques coulées de lave sont visibles au ras des flots. En bas de Church Street, le monument Tanui Memorial commémore le lieu d’arrivée d’un des sept premiers canoës de guerre maoris au environ de 1350. Le monument est surmonté de la réplique de l’oiseau mythique Korotangi qui fut amené par les maoris depuis leur terre natale.

Korotangi, l'oiseau mythique, ramené de la terre natale sur un canoë de guerre jusqu'à Aotearoa

30 mars, Frienz, Auckland, 7h40

Un petit aparté stratégique est nécessaire pour comprendre la militarisation de Devonport. Historiquement, si la Nouvelle-Zélande a toujours été en retrait des grands conflits en raison de son éloignement, la longueur de ses côtes n’en fait pas une nation facile à défendre ; de plus, son principal allié, la Grande Bretagne, est situé de l’autre côté de la terre. Ainsi dès l’instant où de puissantes flottes guerrières, appartenant à des nations considérées comme ennemies de celle du Commonwealth, telle que la Russie, il fut nécessaire à la Nouvelle-Zélande de se militariser. C’est pourquoi elle commença par ériger une ligne de défense autour d’Auckland, alors la capitale. Les meilleurs points de vue étaient bien sûr Rangitoto, où des casemates furent installés lors la deuxième guerre mondiale, North Head et Mont Victoria, plus près de la cité, qui possède une vue imprenable sur le Golf d’Hauraki et Waitemata Harbour. Ces deux volcans furent donc fortement militarisés, spécialement North Head, le verrou qui ferme l’accès au port. Cette dernière tête est d’ailleurs presque autant percée de galerie que les Alpes suisses, hérissées de tourelles, batteries sur tout son pourtour. A partir du XXe siècle, la Navy est la présence armée prépondérante à Devonport. Elle y possède toujours l’une de ses bases, du côté du Mont Victoria, à partir de laquelle des navires gris sillonnent le golf, ou encore son musée près de North Head.

Je ne profiterai pas de l’instruction offerte gratuitement sur la glorieuse histoire de la Navy, et gravirai tout de suite Maungauika. Toutefois, je ferai un détour par la batterie sud, pour rentrer dans la casemate souterraine. Les tunnels, non éclairés, sont libres d’accès pendant la journée. Tout un chacun est libre de prendre une lampe de poche et de s’y aventurer. Si au début cela m’a surpris, je me suis vite rendu compte que les souterrains ne sont pas aussi grand que ceux excavés en Suisse, et ne présentent pas de longs couloirs non protégés par une carapace en béton, où le risque d’un éboulement existe toujours. Petite visite sympathique, mais au final bien peu impressionnante.

King Edward Parade et North Head

Comme depuis tous les volcans d’Auckland, le panorama à partir du sommet est magnifique. A chaque fois le point de vue diffère, l’œil se focalise sur des détails différents, d’autres îles, découpes de côtes, … sont observées. Mais de tous les volcans, Maungauika est l’un des plus plaisants pour se balader. Des chemins sont soigneusement entretenus, tondus au travers de la prairie d’herbe grasse qui recouvre le mont. Quelques bancs épars sont situés à l’ombre des arbres aux branches tarabiscotées, … Un vrai petit parc mi-anglais pour les allées, mi-sauvage là où la nature est laissée à elle même.

North Head : juste profiter de la vue, du soleil et de la brise marine

Au nord, un escalier me permet de descendre jusqu’à la plage de Cheltenham, une des plus belles de North Shore. Alors que je suis déjà à moitié à l’eau, comme surgis de nulle apparaissent deux oiseaux noirs, aux ailes rigides. Les deux AC 45 d’Oracle, pattes levées tracent leur route, à une allure vertigineuse par cette petite brise. Un vrai plaisir de les voir passer. Je ne résisterai pas à la tentation, et me précipite vers mon appareil photo.

Le temps de prendre quelques clichés et me voilà à discuter de ces catamarans avec un baigneur, sortant de l’eau tel Neptune. 10 minutes plus tard, assis sur le muret délimitant la plage, en train de parler des raisons de ma présence à Auckland, ou encore des différents termes marins pour parler de la marée montante, descendante, du jusant, il sort le fatidique « My name is Mick, and you’re ». Moins de 5 minutes après, je suis invité à manger, 3 Saint-Aubyn Street, aux alentours de 18h00, 18h15. Je prends le temps de nager quelques longueurs, avant de longer la plage et admirer les quelques maisons dont les portes s’ouvrent sur l’océan.

Maisons sur Cheltenham Beach

Revenant dans Devonport, j’emprunte Albert Road pour voir le numéro 28, paraît-il une splendide maison de style edwardienne. La légende urbaine ne ment pas, malgré les hauts taillis et la grille qui en protège l’accès, il est tout de même possible de voir le corps du logis, arborant une magnifique galerie, flanqué de deux annexes aux fenêtres blanches courant sur le pourtour.

28 Albert Road : une maison de style edwardienne

Je m’aiguille alors sur Church Street et emprunte l’impasse Flagstaff, d’où je gagne le sommet du Mont Victoria par un escalier qui se transforme en petit chemin abrupte. Dans la réalité, il existe un petit sentier légèrement pentu qui s’enroule autour du volcan, mais je ne voyais aucune raison de l’utiliser. A peine arrivé au sommet, je vois un champ de gros champignons au bonnet rouge à pois blancs. Que celui qui ne pense pas à Mario Bros en voyant ces champignons m’offre une bière.

Mario Bros, fut ma première idée, mais non, il s'agit simplement de la décoration des events des casemates sur le Mont Victoria

Le temps d’admirer le paysage, maudire l’énorme bloc locatif qui gâche la vue sur Auckland Harbour Bridge, et il est déjà presque 18h00. Je me mets donc en quête de la maison de mon hôte. Ce dernier vit seul, sa femme l’ayant quitté il y a 9 ans, avec un magnifique labrador noir. Pour commencer apéro, vin rouge et terrine – d’agneau il me semble au goût. Pendant que l’on prépare le repas, nous poursuivons notre discussion : famille, travail, … J’apprends ainsi que cet Anglais d’origine travaillait pour une entreprise londonienne travaillant dans les chemins de fer, possédant des succursales dans de nombreux pays. Il s’est occupé entre autres de la rénovation des wagons de l’Orient-Express dont les pièces provenaient de l’Europe entière. Il y a plus de 20 ans, il a atterri à Auckland, une cité où il fait bon vivre, un pays avec un système scolaire performant pour ses quatre enfants (juges, avocat, banquier et un dernier possédant aussi un très bon travail), et surtout la nature à proximité. Actuellement, il a repris les affaires, et monte une boîte avec des contacts dans divers pays d’Asie. Un sexagénaire qui ne doit avoir que quarante ans dans sa tête.

La maison de Mick

Vers 8h20 je prends le chemin du retour, Mick ayant une présentation à préparer pour demain, moi quelques courses à effectuer avant de rentrer à Frienz. Au moment de partir, il me fait promettre que si je reviens à  Devonport, je dois passer le voir. J’attrape le ferry de 8h30, admire Auckland, qui comme beaucoup d’autres cités, peut ravir à Paris le surnom de Ville des Lumières dans son sens littéral.

Auckland by Night, vu depuis l'autre côté de Waitemata Harbour

Finalement, si je n’ai pas découvert Devonport de la manière dont je m’y attendais, je garde un excellent souvenir de ce quartier. En effet, il représente pour moi une sorte d’archétype de ce à quoi devait ressembler Auckland il y a une dizaine d’années en arrière. Il s’agit d’ailleurs du quartier qui a conservé l’un des plus grands nombre de maisons de style victorien et edwardien. Dès l’instant où j’ai commencé à le visiter, je me suis senti comme chez moi, très à l’aise avec ces grandes rues ouvertes, ces maisons à partir desquelles l’océan est visible, l’ouverture dont les gens font preuve, … Et bien sûr sans oublier Mick et cette superbe soirée passée en sa compagnie.

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Rangitoto et Motutapu

26 03 2011

28 mars 2011, Frienz, Auckland, 7h10 (GMT+12)

Levé de bonne heure, bien que la majorité de mes collègues de chambre ne finisse de regarder leur film qu’à 2h00, et que la petite moitié ne rentre qu’à 4h00, je dévale les escaliers jusqu’à la rue, observe le ciel avec méfiance : le sol est toujours mouillé, le plafond nuageux semble plus élevé, le sommet de la Skye Tower est d’ailleurs largement visible, une éclaircie semble se profiler sur l’horizon. Adjugé, vendu, je pars à Rangitoto, le dernier né des volcans du Golf d’Hauraki, avec son éruption ne datant que de 600 ans en arrière.

Le temps d’avaler un solide petit déjeuner, préparer des sandwichs au pain mou, remplir ma gourde, et me voilà parti, direction le quai n°2 à partir duquel, à 9h15 sonnante, partira le ferry Fullers à destination de Rangitoto, avec escale à Devonport. Finalement, le premier départ aura lieu à 9h15, mais à peine nous étions-nous éloignés du quai, que nous y revenons pour y récupérer une personne n’étant pas montée à bord. Ce n’est pas en Suisse que l’on verrait une telle chose : se mettre en retard pour le retard d’un illustre inconnu.

40 minutes de traversée de la baie d’Auckland, à admirer la City ou North Shore, les deux volcans ou encore les pêcheurs sur la jetée de Devonport, Rangitoto dont le sommet est couronné par la brume, ou encore à discuter avec une rousse australienne, doctorante de son état, profitant d’une conférence en Nouvelle-Zélande pour faire un peu de tourisme.

Pêcheurs sur la jetée de Devonport

Pêcheurs sur la jetée de Devonport

Une dernière annonce pendant la traversée nous rappelle que l’île est complètement dépourvue de point d’eau ou encore de kiosque et qu’il est encore temps de passer à bord de celui du navire. L’île est intégralement recouverte d’une forêt, dont la verdure s’aperçoit de loin.

Rangitoto

Rangitoto, couronné par les nuages

En dehors de sa silhouette, il faut attendre d’être proche de l’île pour découvrir le noir de ses rives, pierres volcaniques solidifiées au contact de l’eau, ainsi que des champs de lave épars dans la forêt. De même, ce n’est qu’à ce moment que l’on peut observer quelques Bach perdu sur la côte.

Jetée de Rangitoto

Jetée du débarcadère à Rangitoto

Débarqué avec les autres touristes à Rangitoto Wharf, je prends tout de suite le chemin des écoliers en pénétrant dans la forêt pour rejoindre Kowhai Grove puis Kidney Fern Walk. Si, de loin, la forêt ne semblait pas si sauvage, dès l’instant où quelques pas nous mènent sous la canopée, la forêt vierge se laisse découvrir. Seul le chemin marqué de chaque côté par une petite bordure de basaltes recouverts par la mousse et le lichen me permet de ne pas me perdre et être sûr de suivre le bon chemin.

Kowhais : il s'agit des grands arbres formant la canopée de la forêt

Forêt de Kowhais : il s'agit des grands arbres qui forment la canopée

Les couleurs me semblent de deux tonalités, les verts de la forêt et les noirs de cette pierre basaltique. Il s’agit pour moi de ma première marche sur quelque volcan que ce soit, et surtout de voir des scories. Des gens bien attentionnés m’en avaient déjà ramené, connaissant ma passion pour les pierres, mais je n’en avais jamais encore observé dans leur état naturel, si je puis m’exprimer ainsi. C’est très différent de voir une scorie en Valais, où elle prend tout de suite une dimension extraordinaire, que d’en fouler du pied des dizaines. Mais toujours est-il que je ne me lasse pas de regarder ce minéral: toutes pareilles avec leur porosité, et si différentes par leur taille et leur forme. En continuant ma route, je croise les ruines de la prison dont Rangitoto était pourvue à l’époque. Dans la réalité, des ruines il ne reste pas grand chose, si ce n’est quelques petits murs, hauts d’à peine d’un mètre.

Ruine des anciennes prisons, admirez les murs en basaltes

Quittant la petite sente entourée par les fougères géantes, je rejoins le sentier principal, en route pour le sommet. Je suis étonné du peu de monde que je croise, il semble que la majorité des personnes ait choisi l’option motorisée pour rejoindre le volcan, plutôt que de se dégourdir les pattes. Le temps s’y prête d’ailleurs plutôt bien, l’absence de soleil rend la marche très agréable, bien que je n’aie pas l’habitude de me promener avec une humidité si importante.

La route trace un sillon noir de scories entre deux pans végétales jusqu'au sommet de Rangitoto

La route trace un sillon noir de scories entre deux pans végétaux jusqu'au sommet de Rangitoto

Dans son ensemble l’île ressemble à un gigantesque œuf au plat. Il faut tout d’abord parcourir le blanc, avec une courte marche d’approche entre forêt vierge, champs de lave, chemin de scories, et souvent l’impression d’être loin de tout océan puisque le sentier est presque plat.

Coulée de lave, en attente depuis 600 ans d'être colonisée par la forêt

Puis finalement gravir le jaune, le cône de lave, où les scories perdent leur couleur noire, pour prendre une teinte ocre. A l’approche du sommet, le chemin se perd dans une brume légère. Une longue volée d’escaliers à gravir et l’on se retrouve à côté d’un point de triangulation.  Entre deux passages de brume, la vue sur Auckland, Devonport, Brown Island, Waikiki est magnifique.

Devonport avec Auckland Harbour Bridge, reliant Auckland à North Shore

Avant de redescendre en direction de Motutapu, je contourne le cratère sur le chemin de crête. Grosse déception : le mur de végétation ne permet pas de voir l’intérieur du cratère. Seule une plateforme surplombant les arbres permet d’embraser les 200 mètres de diamètre du cratère et ses 80 mètres de profondeur recouverts par une forêt dense.

Vue du cratère depuis la plateforme

Vue du cratère depuis la plateforme

Il semblerait qu’un début de piste se soit créé depuis le dessous de la plateforme. J’ose. Toutefois des écriteaux à l’arrivée sur l’île indiquent qu’il est interdit de quitter les sentiers officiels. Je n’ose pas. Pourtant ça serait magnifique de descendre au fond de ce cratère. J’ose. Mais encore, les cratères étant hautement tapù (tabou) pour les maoris, y descendre est un sacrilège. Je n’ose pas. Un coup d’œil à gauche, une furtive vision à droite, aucun touriste. Départ, j’ose. Je descends rapidement les quelques premiers mètres. Les petites scories roulent sous mes pieds. Je comprends mieux que la majorité des personnes ne s’y aventurent pas avec leurs simples baskets. 10 minutes à crapahuter dans une belle végétation, encore humide de la pluie de la veille, à me faufiler entre deux fougères, me baisser pour passer sous une branche et me voilà au fond du cratère, T-shirt et short trempés. Il est occupé à moitié par un massif d’arbrisseau mort, et à moitié par une minuscule prairie d’herbe grasse, profitant du trop plein d’humidité pour pousser. Tout autour se dresse une magnifique muraille verte, couronnée par le brouillard qui s’effiloche sur la crête.

Arbres morts et prairie verdoyante se partage le fond du cratère

Arbres morts et prairie verdoyante se partagent le fond du cratère

La remontée est un peu plus difficile car les gravillons, sur lesquels l’appui se fait, ont une fâcheuse tendance à être soumis à la force de gravité. Un coup d’œil en haut, personne sur la plateforme, je me glisse à nouveau sur le chemin, en direction de Motutapu. Un petit détour en route m’amène aux grottes de lave, deux couloirs d’environ huitante mètres de long dans lesquels il faut s’aventurer avec une lampe torche. Atmosphère Indiana Jones garantie, avec au plafond nombre de toiles d’araignée, des racines surgissant de la terre, des gouttes d’humidité tombant à intervalle régulier, au sol humide des cailloux épars, et quelques trous. Sympathique visite, mais qui ne vaut pas toutefois la petite heure de détour. Une fois encore je pesterai contre ces brochures néo-zélandaises qui n’ont aucun respect des distances et surtout où il est impossible de savoir sur quel chemin l’on se trouve.

Toiles d'araignées, racines tombantes, ... tout un programme

Toiles d'araignées, racines tombantes, ... tout un programme

L’heure de marche suivante sera très agréable; je tombe sur un charmant couple de retraités aucklandais qui sont venus avec leur fifty-fifty mouillé en baie d’Islington et ont profité de faire une petite balade sur l’île. Nous poursuivrons notre chemin de conserve en discutant d’Auckland, de Nouvelle-Zélande, de Suisse, des Kiwis (tant animal qu’humain), … Je les quitte peu avant d’arriver au petit pont me menant sur Motutapu.

10 mètres de pont sépare Rangitoto de Motutapu

10 mètres de pont séparent Rangitoto de Motutapu

La différence entre les deux îles est à l’image de leur terrain. Si Rangitoto, jeune et volcanique, s’est laissé envahir il y a 600 ans en arrière par une végétation dense, Motutapu, plus âgée et non-volcanique est recouverte de prairies, avec quelques bosquets éparpillés. Très tôt colonisée par les maoris, elle est aujourd’hui encore exploitée : vaches et moutons paissent sur ses pâturages.  Il y a un petit côté d’Appenzell, avec ces collines aux pentes douces, ces verts presque électriques. Je longe la route en terre battue, enfin plutôt en terre boueuse aujourd’hui, pour gagner le plus au point de l’île. Chemin faisant, deux grosses jeeps passent à côté, et à chaque fois le conducteur me demande si j’ai besoin d’un brin de conduite. Définitivement sympathiques ces kiwis.

Motutapu : patûrage et clôture

Motutapu : patûrages et clôture

Malgré l’envie d’aller encore plus loin, jusqu’au bout de l’île, je rebrousse chemin. Il ne faudra pas que je rate le dernier départ du ferry à 17h00, et les panneaux indicatifs me donnent encore 3 heures pour retourner au point de départ. Les kiwis n’étant pas de grands randonneurs, je peux en tout cas diminuer ce temps de ¾ d’heure. Au lieu de prendre la morne route noire qui amène directement au wharf, je m’engage sur un petit chemin pédestre menant à la jetée d’Islington Bay, où l’on trouve quelques petits bachs, bien entretenus, ou ce qu’il en reste.

Ruine d'un bach : seul les éléments solides perdurent

Ruine d'un bach : seuls les éléments solides perdurent

J’emprunte alors the coastal track, qui, malgré son nom, m’engloutit dans la végétation, et me prive de la vue sur Hauraki Gulf. Le chemin, traçant sa route sur la lave, ne cesse de zigzaguer pour éviter marais ou agrégats volcaniques, de monter ou de redescendre pour escalader les coulées. Parfois, quelques petites surprises, tel ce poteau électrique perdu au milieu de nulle part

Poteau électrique, sis sur une coulée de lave, perdu dans la forêt vierge

Poteau électrique, sis sur une coulée de lave, perdu dans la forêt vierge

Finalement, je parcourais le trajet en un peu plus d’1h15. Je profite de l’avance acquise pour me jeter une première fois à l’eau, dont la température est plus qu’agréable. Par contre, malgré ma prudence, quelques coquillages ont profité de lâchement s’attaquer à ma plante du pied. Résultat : deux petites coupures qui ne m’empêchent toutefois pas de marcher.

Jetée de Rangitoto, mon premier lieu de baignade

Jetée de Rangitoto, mon premier lieu de baignade

Retour à Auckland. Rangitoto est maintenant exempt de nuage. Pour souper, un bon steak découpé dans un gigot d’agneau désossé. L’emballage en contenait deux, j’ai grillé les deux en pensant en garder un pour le lendemain, j’ai bien dit penser.

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P.S. Des fois je me demande comment je fais pour être si loquace.






Coast-to-Coast Walkway

20 03 2011

Debout à 7h30, un petit déjeuner, que je ne qualifierais pas de bon, étant donné que je ne me suis pas encore complètement habitué au pain mou. Mais bref, je suis en pleine forme et saute à 8h30 dans le train, en route pour Auckland Central. Un petit tour à l’iSite pour dégoter le plan du chemin coast-to-coast qui part de Viaduc Harbour pour arriver à Manukau Harbour, de l’autre côté de l’île, baigné par l’Océan Pacifique.

Comme je m’étais déjà baladé par le port et le quai hier, je prends le chemin en route à Albert Park.

… /* L’histoire sera écrite un peu plus tard, seules les conclusions seront présentes */ …

De retour à Pentland’s Backpackers, je déguste tranquillement une bière sur la terrasse en compagnie d’autres gens. Les discussions vont bon train sur les reventes de Campervan à l’arrivée de l’automne, l’utilité d’une voiture pour découvrir la Nouvelle-Zélande, …

Comme je déménage demain de Backpack, le souper est un peu frugal, histoire de finir les restes. Si, en Suisse, le célèbre pain-fromage-pomme est excellent, en Nouvelle-Zélande il ne représente pas l’excellence, si l’on parle du goût. Ces deux jours n’ont pas contribué à rendre les fromages plus goûtus, par contre, le pain, lui, s’est un peu raffermi sous l’effet de la déshydratation. Renseignement pris, il semblerait que dans ce pays tous les fromages doivent être préparés à partir de lait pasteurisé. Avant de retourner prendre l’air, je transfère des photographies de la carte SD sur l’ordinateur.  « Ô rage, Ô désespoir » pourrais-je m’exclamer – dans la réalité, j’ai utilisé un terme bien plus propre à la langue anglaise – : lors du transfert, la carte est notée comme corrompue. Bref, aucune photo d’aujourd’hui. Toutefois le splendide coucher de soleil que le ciel gris a négocié me fait vite oublier cette mésaventure. De toute façon, je repasserai sûrement par les plus jolis endroits.

Enfin, comme il s’agit du dernier soir à Pentland’s, je décide de gravir à nouveau rapidement le Maungawhau (Mt Eden) pour admirer Auckland by night, paysage si vanté pour sa luminosité par deux allemandes. L’effort – enfin pas tellement pour une dénivelée inférieure à 200 mètres – vaut le coup. Après un petit quart d’heure dans un chemin en terre battue serpentant dans les herbes grasses, Auckland se dévoile à l’œil. Si, de jour, le spectacle est terne avec ces petites maisons qui s’étalent à perte de vue, de nuit, les lampadaires des rues rendent ce paysage fantastique.

Auckland by Night, vu de Maungawhau (Mt Eden)

One Tree Hill, un lieu si che r à U2 (vu de Maungawhau, Mt Eden)