Waiheke Island (day 2) – Stoney Batter & Man’O’War Bay

3 04 2011

Pour commencer l’aventure, rendez-vous ici.

Onetangi Beach (Waiheke Island), 3 avril 2010, 10h10

Hier, la soirée s’est déroulée de manière fort agréable, attablé dehors sur la terrasse, avec un kiwi, en vacances sur l’île, et un jeune couple d’anglais. Parmi la discussion, le sujet des marches, à nouveau le Tangariro Alpin Crossing sort en tête avec ses paysages lunaires et volcaniques. Définitivement à faire.  Vers 11h00, je me retire dans mon dortoir ; dehors la musique est toujours aussi forte. Début de nuit plutôt brillante, mais je m’endors rapidement comme un loir.

La terasse de Herekua Lodges

Ce matin, levé vers 7h00, départ vers 8h00, direction Palm Beach. Objectif : une petite baignade matinale pour se réveiller. Je continue ma promenade côtière en rejoignant Onetangi, par Ocean View Road, mais dont seulement le nom annonce une vue magnifique sur l’océan. Toutefois, la vue sur l’intérieur des terres est exceptionnelle : au loin, divers monts aux formes arrondies, plus proche quelques maisons éparses dont les toits pointent à travers les forêts. Onetangi est la plus grande plage de Waiheke : sable blanc, petits rouleaux qui viennent s’y briser, bachs faisant face à la mer, … un véritable lieu de villégiature.  Je profite d’un des deux petits café-bar pour siroter un véritable ice-chocolate, avec sa boule de glace vanille. Une petite baignade pour se rafraîchir à l’heure de l’apéro  et je reprends la route, direction l’extrémité est de l’île où se trouve le fort de Stony Batter.

Onetangi Beach

Frienz, Auckland, 3 avril 2010 20h30

Sur le chemin, je profite de traverser la réserve forestière d’Onetangi, un refuge pour nombre d’oiseaux, ainsi que des Kauris – une espèce menacée d’arbre local. Située en contrebas de la route, le bruit des véhicules est rapidement amorti dans la végétation, et l’on se retrouve comme seul au monde à avancer sur un chemin quelque peu boueux.  Encore plus qu’ailleurs, en raison du silence, le chant des oiseaux retentit, toujours aussi inconnu. J’aurai à peine le temps d’apercevoir deux volatiles, dont l’un arbore des plumes jaunes et oranges, avant qu’ils ne disparaissent dans la végétation. Même en restant immobile de longues minutes, rien ne bouge, les animaux ayant senti l’intrus présent dans leur domaine.

Finalement je ressors du côté est de la réserve, sur Waiheke Road. La vue est imprenable sur les monts et les vaux aux formes douces se dressant à perte de vue. Je longe la route en espérant tant bien que mal être pris en stop pour rejoindre Stoney Batter. La route qui y mène quitte alors la route principale et se transforme en chemin de terre battue. Au bout d’une bonne heure à admirer le paysage : moutons, vaches, prairies, quelques bosquets de végétaux exotiques, une paire de couple m’invite à monter dans leur jeep, et me déposeront au niveau de la route qui mène à Stony Batter. A titre d’information, durant la deuxième guerre mondiale, un fort pour protéger Auckland y fut construit : q il possède le plus grand complexe souterrain militaire de la Nouvelle-Zélande.

Intérieur des terres sur l'est de Waiheke Island

Une petite dizaine de minutes plus tard et j’arrive enfin dans les prairies qui ont donné le nom au fort. Ces dernières sont recouvertes de pierres ovoïdes, recouvertes de marbrures blanches, de différentes tailles. Ces pierres sont les résidus de lave qui coulèrent du volcan il y a 70 millions d’années. Elles doivent leurs coulures blanche à l’eau acide qui gouttait de la canopée de la forêt lorsque cette dernière recouvrait l’île. Il s’agit d’un phénomène unique dans la région d’Auckland, de même que leur pierre basaltique qui se trouve plus habituellement près de Warkworth. Ce paysage, complètement irréaliste pour un européen, est splendide. Au loin, depuis les Coromandel, le vent pousse les nuages ainsi qu’un rideau de pluie dans notre direction.

Une pierre de Stony Batter, couronnée par votre conteur

J’aurais pu rester des heures à le contempler, toutefois ayant entraperçu une fille et ses parents déjà âgés, je suis persuadé qu’ils sont venus en voiture. Je les rejoins donc au niveau du parking et leur demande s’il est possible de me faire un brin de conduite, ce qu’ils acceptent immédiatement. Dans la voiture la discussion, comme à l’accoutumée, va bon train avec les présentations, le pays d’origine, le pourquoi du comment, … j’apprends d’ailleurs que la mère a fait toutes ses études à Vevey. Toutefois, le temps me manquera pour lui en demander les raisons, car nous arrivons à Man’O’War Bay, ma prochaine étape. Man 'O' War Bay, avec son débarcadère

Le temps de faire une petite esquisse de la baie où Cook ravitailla le HMS Endeavour en eau, au lieu dit « The Black Rock » sur lesquels je passerai après et la pluie arrive. Je me réfugie, dans une petite masure où la cave Man’O’War propose une dégustation gratuite. A la traditionnelle demande de ce que je voudrai déguster, je réponds simplement à la demoiselle, qu’elle connaît sûrement mieux l’ordre que moi. Résultats, je dégusterai l’ensemble des vins proposés. L’encaveur propose la gamme traditionnelle « Man’O’War », ou celle plus select appelée « Black label »  pressée avec les plus beaux raisins, et portant à chaque fois un nom :

  • Sauvignon blanc, Waiheke 2010 : très fruits exotiques au début, toutefois un peu court en bouche avec un arôme particulier sur la fin.
  • Sauvignon blanc Gravestone, Waiheke 2010 : composé à 70% de Sauvignon blanc, et 30 % de Sémillon. Son goût plus sauvage se termine avec un final d’herbe fraîche. Excellent, les arômes restent présents très longtemps.
  • Chardonnay 2009, composé à 70% de vin vieilli dans une cuve et de 30% vieilli en baril. Relativement doux, avec un chêne très fondu dans l’ensemble. Un peu acide en finale.
  • Chardonnay 2009, Black Label, élevé complètement en fût de chêne,  note de grapefruit. Il mérite d’attendre encore un peu.
  • Pinot Gris 2010, très charmeur, sucré, très proche des pinots gris alsaciens. Pour moi le vin où j’ai le plus retrouvé l’Europe à l’intérieur.
  • Pinot gris, Exiled, 2010 : composé d’un clone du Pinot Gris qui permet une vendange plus tardive en préservant les grains de la pourriture. L’attaque est très sucrée, avec un palais un peu minéral. Arôme d’épices (gingembre, cannelle). Il serait excellent avec un foie gras.
  • Merlot-Cabernet Franc (42% de Merlot, 27% Cabernet, 19% Malbec, 12% Cabernet Sauvignon). Vin à boire jeune, relativement léger. Parfais pour l’été.
  • Merlot-Cabernet Ironclad (52% Merlot, 27% Cabernet Franc, 10.5% Malbec, 9% Petit Verdot 1.4%  Cabernet Sauvignon). Elevé en fût de chêne provenant à 80% de Bordeaux. L’attaque, un peu terreuse, est très complexe : fruits rouges avec prédominance cassis. Tannique juste comme il faut pour accompagner un bon pavé de bœuf.
  • Syrah Dreadnought, 2008 : très Syrah au nez, équilibrée. Toutefois, très, trop courte. Nos valaisannes restent définitivement meilleures.

Je quitte Man’O’War Bay, en prenant un petit chemin parcourant l’Estran et les célèbres « Black Rock » où Cook s’est ravitaillé. Toutefois, je n’apercevrai pas le moindre court d’eau. Je remonte de l’autre côté de la pointe et rejoins la route qui va me ramener de l’autre côté de l’île. Alors que j’imaginais qu’elle parcourait les crêtes comme celle m’ayant amené depuis Onetangi, le paysage est moins plaisant, et ce n’est que rarement que je me retrouve au soleil, avec vue sur le paysage. Bien entendu, les voitures empruntant cette route sont rarissimes, je n’en croiserai que quatre sur les deux heures. Par chance, la cinquième s’arrête et me ramène jusqu’à Oneroa.

Îles d'Hauraki Gulf

Une dernière baignade, dans une mer agitée par le vent d’ouest, puis je descends à Matirait Wharf prendre le ferry qui me ramène à Auckland.

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Waiheke Island (day 1) : Fossil Bay, Goldwater, Te Whau

2 04 2011

Ecrit à Lazy Lounge, Oneroa, 2 avril 2010,  20h30

Après une excellente soirée passée sur la terrasse en compagnie d’un frouse, de deux tchèques et d’une anglaise, ainsi qu’une mission ravitaillement à SuperLiquor : les quelques bières étant parties plus rapidement que prévue et/ou – souligner ce qui convient – la soirée s’étant prolongée quelque peu.

Levé plus tardif que prévu vers 8h45. Après un solide petit déjeuner, eggs ‘n’ bacon, j’attrape mon sac à dos puis m’en vais prendre le ferry de 10h00, direction Waiheke Island. Le temps est idéal, avec un ciel bleu prévu pour les deux jours, avec éventuellement l’arrivée de nuage dimanche en fin d’après-midi. Les 35 minutes de la traversée me permettent de planifier quelque peu les endroits à visiter sur l’île, ainsi que l’encaveur chez qui le devoir m’appelle pour déguster son vin.

Browns Island, toutefois un brin trop verte

Sitôt débarqué, je trouve un prospectus avec quelques petites marches proposées sur le côté ouest de l’île. L’une d’elle débutant juste à côté du Wharf, je n’hésite pas une seconde à quitter la horde de touristes s’engouffrant dans la shuttle pour Oneroa. Je longe tout d’abord la grève, avant de gravir quelques cailloux sur lesquelles ont poussé en grappe les coquillages. Le chemin empruntant l’estran, et la marée basse étant déjà passée depuis deux bonnes heures, je quitte le tracé officiel et grimpe une abrupte dérupe recouverte d’herbes grasses. De l’autre côté de la tête, je rejoins le chemin officiel, maintenant situé en dehors de l’estran. Tout au long de la promenade, la vue est magnifique côté mer : grandes ou petites baies aux eaux turquoises, petites îles visibles à l’horizon, récifs épars recouverts par l’écume, … Côté terre, le paysage est partagé entre végétation sauvage, arbustes épineux, herbes couchées par le vent aux senteurs marines et maisons de millionnaires arborant de gigantesques baies vitrées, dressées dans des jardins tirés au cordeau, quadrillés d’olivier. Le contraste est saisissant.

Entre végétation sauvage et jardins aux oliviers quadrillés

Après Owhanake Bay, où nombres de navires à l’ancre sont bercés par les vagues, je traverse à travers les terres pour atteindre la côte nord et Island Bay. D’île, elle ne possède que le nom à marrée basse : elles – très petites îles, parfois constituées uniquement d’un ou deux arbres poussant sur un rocher  – sont presque toutes atteignables à pieds. Alors que j’imaginais le relief de Waiheke peu escarpé, depuis le début je ne cesse de monter, descendre, prendre de la hauteur que pour mieux redescendre au niveau de la plage. Je gravis, cette fois-ci, un escalier, pour rejoindre la crête d’une pointe s’avançant dans la mer. Depuis son extrémité, la vue sur Fossil Bay, présentant des eaux aux couleurs de paradis, est splendide. Toutefois, il est impossible de s’aventurer à pied dans cette petite baie, bien dommage.

Fossil Bay, aux eaux couleurs paradis

Je rejoins Oneroa en passant, petit pincement de cœur, à travers mon premier vignoble néo-zélandais : Fossil Bay Wineyard, appartenant à l’Université d’Auckland. Elle doit sans doute être travaillée mécaniquement, à observer la distance entre deux lignes. Toutefois, au hasard de mes pérégrinations, il semblerait que cette méthode soit généralisée sur l’île.

Fossil Bay Wineyard

Un petit passage par l’iSite pour récupérer un plan de l’île un chouïa plus détaillé que celle existant dans le Lonely ou que l’on m’a fourni à mon arrivée. Je monte alors dans un bus, direction Goldwater pour une petite dégustation. Dans les vignobles attenants, les vendanges ont déjà eu lieu, aucune grappe ne pend plus à la vigne et les filets sont relevés. Quand à la raison du choix de la cave, j’ai préféré Goldwater aux autres, car d’une part ils sont les premiers à avoir planté des vignes sur Waiheke, et d’autre part ils font parties des 1001 vins à goûter dans sa vie.

La salle de dégustation, qui fait aussi office de magasin, est située dans un hangar où sont présentés divers outils du vigneron, les principaux crus, ainsi que l’huile d’olive qu’ils produisent. La gente demoiselle, arborant des boucles d’or, un sourire enchanteur, ainsi qu’un t-shirt orné du logo de la cave, ne pouvait pas me laisser indifférent – lequel des trois, à vous de le deviner.

Au|H2O, le symbole chimique de Goldwater, où Au est le symbole de l’or (Gold) et H2O la représentation du composé aqueux (water).

Je la plongerai d’ailleurs dans l’embarras en lui demandant de la prendre en photo, pour son t-shirt, devant un certain nombre de personnes, dont certaines participaient à un enterrement de vie de jeune fille.  Enfin, revenons à nos moutons :

  • Sauvignon Blanc, 2010,  issu des vignes du Marlborough : très fruité
  • Chardonnay 2010, Waiheke, élevé en fût de chêne. A mon avis beaucoup trop jeune, le chêne n’est pas du tout fondu. Toutefois d’ici 2 à 3 ans il devrait être excellent
  • Rosé de Waiheke, le vin que j’ai le moins apprécié
  • Cabernet-Merlot de Waiheke, 2007, issu de vignes plantées en 1983. La grande surprise de la journée : présentant un excellent bouquet, son arôme est puissant et présent longtemps en bouche. Très loin de ce que l’on ressent habituellement avec les rouges kiwis ou australien
  • Syrah de 2010, élevée en fût de chêne, vigne de 1983 également. Beaucoup trop jeune, avec une forte attaque en début, pareil à une explosion de saveurs, mais très courte.  Un peu dommage.

Après un petit tour sur la colline recouverte de vigne, et je rejoins la route principale pour gagner le village historique de l’île. J’arpente le chemin bitumeux le pouce levé. Peu de succès jusqu’à ce qu’une voiture fasse demi-tour sur la route, se maintient à ma hauteur alors que le copilote me lance « D’you’ll a drive ». Sitôt monté, les deux kiwis me demandent prénom et pays d’origine avant de me filer une Stèn’, comprendre une bouteille de Steinlager, bière emblématique de Nouvelle-Zélande.  Ils me déposent devant le musée, avant de repartir par où ils sont venus pour poursuivre leur route.

Le petit musée présente divers objets de la vie quotidienne de l’île, regroupés par thèmes historiques. Tout débute bien sûr par la civilisation maorie qui s’est installé dans de nombreux Pa sur les hauteurs de l’île. Haches en pierre polies, pieux pour jardiner, ainsi qu’un magnifique Hei-Tiki sont présentés. De Hei le cou, ce pendentif représente Tiki, l’ancêtre de tous les genres humains. Ce bijou est finement ciselé dans la pierre verte océanienne, que certains nomment à tort le jade. Afin d’arriver à un résultat si propre et détaillé, le travail a dû prendre près d’une année. En effet, les maoris ne connaissant que la pierre, le bois et les os, et cette pierre étant une des plus dure, il a fallu beaucoup de patience pour polir ses diverses enjolivures, percer les trous en frottant avec un bâton en bois. Les autres thèmes abordés dans le musée sont liés à l’arrivée des européens avec l’exploitation de la laine de mouton, le bois de charpente et de cheminée, ainsi qu’au transport maritime, Waiheke restant une île. Finalement le début du XXe siècle est raconté à travers divers bachs historiques déplacés autour du musée. L’un présente les habillements, les jouets, l’infirmerie, un autre les tâches quotidiennes comme la lessive à la main ou encore  la vaisselle, avec la présentation d’une des toutes premières machines a laver. Mon préféré reste le troisième bach, le plus vieux de l’île construit en 1935 avec un mobilier original, et l’absence complète d’électricité, cette dernière étant arrivée sur l’île uniquement en 1957. Et finalement, un dernier coup d’œil à l’ancienne cellule de détention de la police de l’île est nécessaire : elle fut ramenée au musée en 2008.

Je prends alors congé du vieux monsieur m’ayant si bien conté diverses légendes maories et expliqué leur histoire, et montré les traces rémanentes de leur présence sur un Pa visible depuis l’une des fenêtres. Je reprends mon chemin, direction Te Whau Garden, un jardin de forêt vierge agrémenté de quelques sculptures. Il faut savoir que Waiheke, en dehors de ses millionnaires, est connue pour sa scène artistique (peinture, sculpture, ou encore musique). A nouveau je tente de faire du stop, une jeep décapotable conduite par une mère, accompagnée de se fille, s’arrête dans un crissement de pneu à ma hauteur, me demande où je vais, et redémarre aussitôt, en ayant juste le temps de dire que ce n’est pas sur leur chemin. Je reprends alors le mien, quand je vois surgir à nouveau la même voiture. Elles me font signe de monter et m’annoncent tout simplement qu’elles s’étaient rendues compte qu’elles pouvaient faire un petit détour pour me déposer. Conduisant à tombeau ouvert, les gravillons sont éjectés du dessous des roues, j’enlève ma casquette pour ne pas la perdre. Elles finiront par me déposer à 50 mètres de l’entrée du jardin. Himmel, Arsch und Zwirr, ce dernier est fermé jusqu’au 1er décembre.

Marcher, encore et toujours sur le chemin bitumeux

Qu’importe je reviens sur mes pas, et descends jusqu’à Omiha Bay en passant par la réserve forestière de Kuakarau Bay, avant de longer le rivage. A Omiha Bay je remonte à travers le Whakanehwa Regional Park, un petit chemin serpente à travers la forêt composée en grande partie de diverses fougères géantes, de palmiers et de quelques feuillus inconnus. Une grosse heure de marche plus tard, je rejoins une route, sans avoir vu les cascades du parc régional. Toutefois, je n’aurais pas tant de regret car il paraît qu’elles sont un peu asséchées par le manque de pluie de cet automne.

Il me faudra une bonne heure de marche avant qu’un jeune néo-zélandais ne me prenne en stop et me ramène jusqu’à Little Oneroa Beach. De là, je gagne mon backpack en empruntant un petit sentier zigzaguant dans une forêt. La maison blanche, pourvue d’une gigantesque terrasse et d’une piscine ronde, est entièrement entourée d’arbres ; seule une petite clairière occupée par quelques tentes en est exempt. J’y dépose mes affaires, ne garde sur moi que l’essentiel, carnet de croquis, appareil photo et affaires de bain.

Première opération de ce début de soirée : goûter à Oneroa Beach, l’une des trois plages les plus réputées de Waiheke. Je commence par Little Oneroa, avant de gagner la plus grande située à l’ouest, déjà recouverte par le voile de la nuit. La voie la plus direct passe  par les flancs d’une pointe rocheuse, cachant  une petite crique à moitié découverte par la marée descendante.  Des deux, Oneroa possède un sable plus fin, véritable tapis moelleux, mais la première a l’avantage d’être dardée par les derniers rayons soleils.

Oneroa Bay avec sa plage de sable fin

Après ce petit bain, il est temps d’aller me restaurer. Je regagne Ocean View Street et tombe sur le Lazy Lounge, un café-bar situé au premier étage d’un bâtiment repeint en bleu et rouge, rehaussés de blanc pour les encadrements de fenêtre et les balustrades.

Au menu, j’y dégusterai  le Lazy Bugga Burger, servi dans un pain carré à la croute dorée – quel plaisir que de croquer dedans – renfermant un bel hamburger placé entre bacons, tomates, et fromage fondu, accompagné d’une platelée de grosses frites très croustillantes. Un vrai bonheur. Pour arroser le tout la Black de Monteith’s, une bière de style Stout, puis une petite Spring de Mac’s bien plus légère pour finir la soirée.

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Ecrit à Hekerua Lodges, (Oneroa), 2 avril 2010, 22h10

Retour au backpack de nuit. Sitôt le centre du village quitté, les lampadaires se font plus rares, et l’obscurité règne en maître sur de larges espaces. C’est la première fois que je peux admirer les étoiles de l’autre hémisphère, habituellement cachées par les lumières d’Auckland. Un véritable bonheur que d’observer cette Croix du Sud, tant rêvée et tant contée par les navigateurs. J’emprunte de nouveau le petit chemin perdu dans la forêt, que je suivrai tant bien que mal, éclairé par la lueur bleutée de l’écran de mon appareil photo – la lampe de poche étant restée dans mon sac.

Quand j’arrive, la maison est baignée dans une douce musique, dans le plus pur style bouddha bar, les guirlandes de Noël scintillent en rythme sur le balcon, et quelques lumignons dispensent une touche orangée. Ambiance sympathique, très baba cool. Mais à quoi s’attendre d’autre avec les quelques statuettes de bouddha, les peintures peace ‘n’ love, le sentiment d’être perdu au milieu de nulle part, sans lumière visible, …